Nana ナナ (2000-en pause) Ai Yazawa

Nana ナナ (2000-en pause) Ai Yazawa

Nana - Ai Yazawa

« Hey, Nana… » C’est ainsi que débutent les chapitres de l’oeuvre de Ai Yazawa. Un refrain qui a rythmé mes années lycée et fac, à chaque sortie d’un nouveau tome.

J’ai découvert Ai Yazawa grâce à ma soeur, qui a un jour ramené Paradise Kiss de la même auteure. J’étais tombée amoureuse de la mangaka, mais Para Kiss, c’était la série de ma soeur (une histoire de territorialité, on faisait chacune pipi autour de nos possessions, à cette époque).

Donc quand j’ai vu le premier tome de Nana, la dernière série de Yazawa, j’ai tout de suite sauté dessus. Ma soeur a un peu fait la tronche, parait que je lui aurais « volé » son auteure, mais bon…

Vingt-et-un tomes plus tard (et un bonus), la série est en suspens. Ai Yawaza est en effet malade et n’a plus l’énergie de travailler. Cela fait maintenant quelques années… Comme tous les fans de la série de par le monde, j’ai l’espoir fou qu’un jour, elle reprenne la plume pour mettre un point final a cette fantastique histoire d’amitié.


Lnana walking‘histoire: Nana Oozaki et Nana Komatsu n’ont de commun que leur prénom. La première est une orpheline rebelle, punk et rock’n’roll. La seconde vient d’une famille très comme il faut, fashion victim à souhait, coeur d’artichaut, et super naïve.

Le yin et le yang. Nana et Nana habitent toutes les deux dans des petites villes de province, et décident d’aller s’installer à Tokyo, la capitale, pour échapper au passé/poursuivre leurs rêves.

Nana Oozaki est tranquillement assise dans le train, avec sa guitare à ses côtés. Nana Komatsu monte dans un train déjà bondé, et repère la place « libre » prise par la guitare. Un coup de frein un peu brusque, et nos deux Nanas font connaissance! Elles passent un bon moment ensemble, mais se perdent de vue sur le quai de la gare à Tokyo.

C’était au départ un one shot, et l’histoire aurait pu s’arrêter là… Mais elle continue sur plus de 20 volumes 🙂

Nana et Nana cherchent toutes les deux un appart. Coïncidence, elles visitent le même appart, en même temps, et bien sur flashent toutes les deux dessus. Et comme il y a deux chambres, et que le loyer est hors budget, elles décident de s’installer ensemble pour partager les frais.

Ces deux jeunes filles que tout sépare vont devenir les meilleures amies du monde. Très vite, Nana Oosaki surnomme Nana Komatsu « Hachiko« , le nom d’un chien fidèle à son maître jusqu’à la mort, en raison de son côté mignon (des fois on dirait vraiment un jeune chiot qui agite la queue).

Nana et Hachi trainent au lit

Nana est venue à Tokyo pour tirer un trait sur sa vie d’avant, et sur son ex-petit ami Ren, qui l’a quittée pour devenir guitariste dans un groupe de rock qui fait maintenant fureur: Trapnest. Nana est punk jusqu’au bout des ongles. Quant à Hachiko, elle est venue rejoindre son copain, qui fait ses études à Tokyo, et qui travaille dans un restaurant pour se faire trois sous. Hachi est cute jusqu’au bout des ongles.

Mais rien ne se passe comme prévu. Le copain d’Hachiko la trompe, et des amis de Nana débarquent un soir pour essayer de la convaincre de reprendre la musique, avec un concert improvisé dans le salon de Nana et Hachiko. Bien sur, Nana ne peut tirer un trait définitif sur le rock, et accepte donc de reprendre le micro en compagnie de Yasu, le batteur (avocat de profession) et de Nobu, le bassiste.

Il leur manque un guitariste pour remplacer Ren (il a quitté son groupe de rock ET Nana pour la gloire, le traître), et c’est via les petites annonces qu’ils vont rencontrer Shin. C’est un gamin de 15 ans surdoué de la guitare. C’est ainsi que les Black Stones, ou BLAST pour les intimes, renait de ses cendres à Tokyo.

Hachi est complètement fan de sa coloc et de son groupe, et les soutient à 100%. Mais c’est aussi une groupie de première heure de TRAPNEST, le groupe dans lequel Ren, l’ex de Nana, joue de la guitare. Il accompagne Reira, la chanteuse, Takumi, le bassiste, et Naoki, le batteur. Bien sur Hachi ignore tout du secret de Nana.

Le décors est planté, et les protagonistes présentés. Les membres des deux groupes, rivaux, se connaissent depuis l’enfance. Nana et Ren renouent, mais le passé et les addictions les rattrapent. Hachi, quant à elle, avec son coeur d’artichaut, tombe enceinte de Takumi, qui la trouve mimi, mais au point de faire sa vie avec?…

La série s’arrête après 21 tomes, sur un drame et un point d’interrogation. En effet, la mangaka étant tombée malade, son récit est suspendue… peut-être plus pour très longtemps?


Mon avis: Un manga culte! C’est ma série préférée – exaequo avec Complément Affectif, c’est dire! J’ai vibré avec ses héroïnes, je les ai accompagnées, on a grandi ensemble.

Bien sur l’identification est facile quand on a 19-20 ans, l’âge des deux Nana. Mais pas que. L’intrigue est crédible et ancrée dans la réalité. Une réalité certes japonaise, et centrée sur le monde de la musique, mais la réalité quand même.

Nana est un manga initiatique. La vie d’adulte commence, avec la dose de liberté et de responsabilités que cela implique. Pour moi qui l’ai lu à l’âge des deux Nana, l’identification a été très forte. Lorsque j’ai eu mon premier appart, j’ai cherché (et trouvé!) des verres à fraise, comme ceux que Hachi dégotte.

Ma chambre était organisée comme la sienne aussi (bon, c’était meublé et les meubles étaient déjà dans cette configuration là, mais c’est le destin, n’est-ce pas? 🙂 ). Et mes déboires… et bien, ce n’était bien sur pas les mêmes, mais certaines choses sont universelles à cet âge là… Par contre je cherche toujours une copine rockstar ^^
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Nana est un manga qui explore énorméments de thématiques au travers des personnages, la principale étant tout de même l’amitié qui unit Nana et Hachi. D’ailleurs, la notion de fil rouge du destin, accroché aux petits doigts des personnes destinées l’une à l’autre est souvent évoqué – cette notion de destin pouvant faire référence à l’amour ou à l’amitié.

Les autres thématiques abordées – dont certaines sont développées plus bas – sont les relations amoureuses, familiales, la musique, l’univers du punk, la prostitution, la drogue, et le show-biz. Et bien sur la culture japonaise en général, si éloignée de la nôtre – mais ce thème n’est pas « traité » par l’auteure, il est juste inhérent à l’oeuvre, puisqu’elle est écrite par une japonaise pour un public japonais, au Japon.

Nana Komatsu et sa fille Satsuki

La dernière partie du manga est construite en flashback, et se déroule quelques années après le drame. Les personnages ont mûri, et la fille de Nana Komatsu a maintenant 6 ans. Si la série reprenait maintenant, je pense que je replongerais dedans avec autant de délices – et puis je suis aussi maman, donc l’identification peut continuer!

Enfin, le trait de Ai Yazawa est vraiment spécifique. Oui, elle reprend les codes « manga » (longues jambes, grands yeux), mais elle les cuisine à sa sauce. Son style est gracieux et identifiable au premier coup d’oeil. Elle sait retranscrire les émotions de ses personnages avec justesse.

Un manga que je recommande vraiment à tous ceux qui s’intéressent aux thèmes évoqués ci-dessus, et qui veulent découvrir la jeunesse japonaise. Un classique pour les jeunes adultes!


Les personnages:

Nana Komatsu

Nana Komatsu est vraiment fleur bleue et coeur d’artichaut. Au lycée, déjà, elle se met dans des situations rocambolesques en entretenant une relation avec un homme marié. Bien sur, son petit coeur sera brisé. Lorsqu’elle part rejoindre son petit ami à Tokyo, celui-ci la trompe, mettant encore une fois ses sentiments à rude épreuve. Mais Hachi continue à croire en l’amour avec Takumi, son fantasme sur pieds, de qui elle va tomber enceinte, et de Nobu, un garçon bien comme il faut, mais qu’elle quitte lorsqu’elle découvre sa grossesse, pour se marier avec le père de son enfant.

Elle est plus suiveuse que meneuse (d’ailleurs elle suit scrupuleusement la mode: cheveux décolorés, robes roses toutes mimis, ongles manucurés et accessoires à foison), et n’a pas vraiment de volonté propre (elle suit Junko, sa meilleure amie, en école d’art, alors qu’elle n’a aucun talent ni intérêt pour cela).

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Elle a ce côté naïf, touchant mais agaçant, et très enfantin. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Nana Oosaki la surnomme Hachiko – on dirait un mignon petit chien qui saute et jappe de joie quand on lui fait une caresse sur la tête.

Des fois on a vraiment envie de lui mettre des baffes, et d’autres, on admire sa détermination et son courage.

Nana Komatsu, dite Hachiko, est celle à qui l’on s’identifie le mieux dans ce manga, car c’est une jeune fille « normale », avec une famille « normale » et une vie « normale ». Enfin, jusqu’à ce qu’elle rencontre Nana Oosaki 🙂

Nana Oosaki

Nana Oosaki n’a pas eu une enfance facile. Abandonnée par sa mère à l’âge de quatre ans, et élevée par sa grand-mère de façon plutôt rude, elle s’est construite une carapace de solitude. C’est au lycée qu’elle rencontre Nobu, qui révèle son potentiel de chanteuse. Elle forme le groupe punk Blast avec lui à la basse, Yasu à la batterie, et Ren à la guitare.

814058-nana_osaki_2_by_nanaosaki_chanD’ailleurs, Ren et Nana sont irrémédiablement attirés l’un par l’autre, et vivent un amour fusionnel et passionnel. Nana a vraiment Ren « dans la peau », puisqu’elle va jusqu’à se faire tatouer un lotus sur l’épaule (« ren » signifiant « lotus »). Mais celui-ci la quitte pour poursuivre sa carrière de guitariste dans un groupe à succès, à Tokyo.

Nana et RenLa fierté de Nana l’empêche de tout quitter pour suivre son amoureux, et ils décident donc de rompre. Une blessure, une trahison qui vient s’ajouter à celle de l’abandon de sa mère. Quand Nana Oosaki rencontre Nana Komatsu, elle s’y attache énormément, et devient très possessive. Elle est jalouse de sa relation avec Takumi, qui lui « vole » sa copine.

Lorsque son groupe Blast, reformé avec Shin à la guitare (en remplacement de Ren), est propulsé sous les projecteurs, Nana fait des crises d’hyper-ventilation. Sa relation avec Ren, l’amour de sa vie, est renouée, mais rien n’est plus comme avant. La trahison de Ren, qui lui avait annoncé sa décision d’aller à Tokyo en dernière minute, n’a jamais vraiment été pardonnée.

Nana est un personnage complexe. Sous des dehors féroces et forts, se cache l’enfant et l’adolescente trahies, qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Sous le masque punk rock, il y a une jeune femme fragile, qui n’arrive pas à gérer ses émotions, et qui se raccroche comme elle peut à ses bouées de sauvetage (en l’occurrence, Yasu).

Nana - les personnages
Nana K., Nana O., Nobu, Shin, Yasu, Misato Takumi, Ren, Junko, Naoki, Reira, Shoji

Tous les autres personnages ont aussi leur histoire et leurs démons: Reira, la métisse américano-japonaise, pas vraiment d’ici ni de là-bas (lire sur les « hafu », les métisses japonais, tout un programme! Et aussi ce film.) et amoureuse d’un homme qu’elle ne peut avoir; Shin, le petit prodige de la guitare, qui se prostitue; l’addiction à la drogue de Ren; Junko, l’artiste peintre qui a les pieds sur terre; Takumi, écrasé par les responsabilités (manager de son groupe, futur papa et futur époux); Hachi enceinte; Nobu qui doit faire face à la pression familiale de reprendre le business au lieu de faire de la musique (parce que la musique n’est pas une activité respectable, hein); etc…


La musique et la mode dans Nana: un hommage au punk

La musique est au centre du manga, avec l’exploration du monde du show-biz. Comment ça fonctionne en coulisse, comment on produit un album, quel est le rôle du manager, les répétitions, la promo, les paparazzi, la drogue, tout ça quoi! Très instructif de ce point de vue là.

Les références musicales sont aussi légion, avec entre autres les Sex Pistol (avec un parallèle entre l’histoire de Sid et Nancy et celle de Ren et Nana – Nana offre d’ailleurs à Ren un cadenas qu’il porte autour de son cou, tout comme Sid Vicious), Clapton, j’en passe et des meilleurs… Que du bon, quoi!

Shin porte un briquet Vivienne Westwood en forme d'orbeN’oublions pas non plus l’univers de la mode, avec un hommage assumé à la reine du No-Future: Vivienne Westwood. Pantalons à carreaux, chaînes, colliers de chien, bracelets à piques, cheveux arc-en-ciel (Shin a les cheveux bleus, ceux de Reira sont roses, et Naoki et Nobu ont les cheveux décolorés), vêtements déchirés et épingles de sûreté, chaussures plateformes, la panoplie totale du petit punk en herbe.

Shin et Nana portent des bijoux Vivienne Westwood ornés de sa fameuse orbe – un globe entouré d’anneaux et surmonté d’une croix – en pendantif pour Shin, et en boucles d’oreilles pour Nana.

La mangaka Ai Yazawa a donc fait un énorme travail de recherche sur l’univers de la musique et du punk. Ayant elle-même étudié la mode, il n’est pas étonnant qu’elle ait porté autant d’attention aux tenues et à l’apparence de ses personnages.


hachikoLe chiffre 7: « nana » signifie « sept » en japonais. Ce chiffre accompagne les filles tout au long de leurs aventures. Tout d’abord, pour se distinguer l’une de l’autre, Nana Oosaki appelle Nana Komatsu « Hachi », qui signifie « huit ».

Ca tombe bien, car « Hachiko » est aussi le nom d’un chien japonais très connu pour avoir attendu son maître à la sortie du métro tous les soirs après sa mort. Hachi a en effet ce petit côté chiot qu’on a envie d’adopter!

Le numéro de l’appartement des filles est le 707 – encore ce fameux chiffre 7!


PLe bar de Junko, 7è étageages Bonus: Le bar de Junko.

Il est courant pour les mangakas d’utiliser l’espace qui reste sur leurs planches pour y glisser quelques mots, directement de l’auteur au lecteur, sur leurs humeurs ou sur le déroulement du manga.

Ai Yazawa pousse le concept encore plus loin avec Le bar de Junko, dans lequel les personnages du manga viennent se détendre après toutes les aventures qu’ils ont vécu dans le volume. Un genre de monde parallèle, en somme, dans lequel l’auteur s’autorise des petits délires qui n’auraient pas leur place dans le manga.

JunkoC’est Junko qui tient ce bar, situé au 7è étage de l’immeuble Yazawa. Junko, c’est la copine cool et mature de Nana Komatsu. Elle a une carrière artistique, elle est classe, son mec est parfait (attends, j’essuie la bave qui coule du coin de ma bouche), et elle a les pieds sur terre.

Par contre elle n’a pas beaucoup de place dans le manga, c’est peut-être la raison pour laquelle c’est elle la star des pages bonus 🙂


Les jaquettes: Elles mettent alternativement l’accent sur l’une ou l’autre des deux protagonistes, soulignant bien que malgré tous les autres évènements qui ont lieu pendant les 21 tomes du manga (et Dieu sait s’il y en a!), le plus important dans tout ça, c’est l’amitié indéfectible qui unit Nana et Hachiko.

Ces jaquettes racontent d’ailleurs une histoire: les filles se lèvent et prennent le petit dej chez elles, puis elles décident de faire une escapade, prennent le train, font du shopping, vont au resto, au ciné, il se met à neiger, elles vont au karaoké, rentrent à l’hôtel, prennent un bon bain, et finalement prennent le train le lendemain matin pour rentrer chez elles. Rien à voir avec le contenu de chaque volume, et je trouve ça plutôt bien trouvé.

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LAi Yazawa‘auteure: Ai Yazawa 矢沢 あい est née le 7  mars  1967, dans la préfecture de Hyogo, au sud-ouest du Japon. Elle remporte un prix destiné aux jeunes mangakas à l’âge de 13 ans, et commence sa carrière de mangaka à l’âge de 17 ans, en 1985.

Elle entre a 18 ans dans une école de stylisme, mais abandonne rapidement, écrasée sous la charge de travail que demande son métier de mangaka et des études. Sa passion pour la mode est cependant perceptible dans plusieurs de ses oeuvres, notamment dans Paradise Kiss, qui décrit le quotidien d’étudiants en stylisme.

Ai Yazawa est l’auteur d’une dizaine de séries, pratiquement toutes publiées dans le magazine Ribon. Nana fait exception à cette règle en étant publié par le magazine Cookie.

En 2009, Ai Yazawa a du être hospitalisée. Sa dernière série, Nana, est donc suspendue. Aucune info sur sa maladie, mais par contre quelques planches ont été publiées par Cookie il y a quelques temps. Malheureusement, rien de plus.

Je comprends tout à fait le besoin d’intimité de la mangaka, traversant une phase de sa vie sûrement très difficile. La plupart des fans se demandent comment elle va, s’inquiétant bien sur de la reprise du manga, mais surtout de l’état de santé de Ai Yazawa.

Personnellement, je suis fan de son coup de crayon et de ses histoires, et lui envoie une cargaison de bonnes ondes. Que Nana n’ait jamais de fin, ce n’est pas si dramatique, si on met cela en perspective de la santé d’un être humain.


Produits dérivés: Nana fut un succès au Japon comme à l’étranger, et comme toute série à succès, elle a eu le droit à une adaptation en dessin animé, mais aussi à deux films sortis au cinéma. Bien sur, j’ai tout regardé. Tout, de fond en comble.

La série anime est sympa mais le côté kawai m’a un peu tapé sur les nerfs. Quand on lit pour soi, on « entend » les voix des protagonistes dans notre tête (je sais, j’entends des voix!). Dans mon cas, en plus, ces voix étaient en français. Là je me suis retrouvée avec les personnages qui parlaient japonais, donc avec des intonations très différentes de celles que moi j’aurais mis, et en plus avec des intermèdes kawai.

Bref, ceci est du au décalage culturel, mais ça m’a un peu refroidie. Autant dans les animé « cute » ce côté-là est bienvenue, autant dans une série un peu plus adulte, ça fait bizarre (à noter que j’avais 19-20 ans quand j’ai regardé l’anime, donc je n’étais quand même pas bien vieille).

Mais on passe quand même un très bon moment, sachant aussi que le graphisme de Ai Yazawa a été respecté (super travail des dessinateurs!).

Quant aux films, ce sont selon moi de gros flops. Oui, ils respectent la ligne de narration, mais c’est lent, et les décors laissent à désirer (par exemple le train, c’est flagrant que c’est un décors et pas un vrai train). Là encore je me dis qu’il doit y avoir du lost in translation quelque part, peut-être que certaines choses très japonaises m’échappent. Mais pour avoir vu quand même pas mal de bons films japonais, je suis sure d’une chose: ceux-ci n’en font pas partie.

L’actrice qui joue Nana est vraiment bien, mais le reste du casting est bof-bof. Et puis les chansons… On m’avait vendu du rock, du punk… et c’est plutôt de la J-pop. J’ai eu du mal à être transportée. Encore une fois, je pense que ma vision française des choses y est pour beaucoup.

Et bien sur, il y a des tonnes d’accessoires: des verres à fraises des filles aux pendentifs Vivienne Westwood de pacotille, on peut trouver TOUT ce qui est dessiné dans le manga dans le commerce.

Last but not least, les jeux dérivés du manga et les albums de chansons tirés des films et de l’anime…


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22 réflexions sur “Nana ナナ (2000-en pause) Ai Yazawa

  1. Je te remercie de m’avoir fait connaître cette série, elle a l’air vraiment sympa et je pense m’y mettre sérieusement. J’ai commencé Paradise Kiss il y a peu de temps.
    Je t’ai tagué là: https://lachambreroseetnoire.wordpress.com/2015/07/02/je-craque-un-article-finalement-livres-et-cine-tele
    et en bonus:https://lachambreroseetnoire.wordpress.com/2015/04/22/de-retour-dans-les-livres-et-bandes-dessinees/
    Merci beaucoup pour l’article!

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    1. Merci pour les tag! Du boulot en perspective 🙂
      C’est bien de commencer par Para Kiss, car c’est une serie assez courte (et finie).
      Nana est plus long, et pas encore fini. Mais à chaque fois, on retrouve cette façon si particulière d’aborder des comportements ou des émotions qui peuvent paraitre borderline ou « mauvaises ». Yazawa est vraiment une auteure de talent, qui sait rendre la complexité de l’âme humaine.

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  2. J’avais entendu parler de l’anime mais comme je ne l’ai jamais suivi, je ne m’attendais pas à un truc un peu « girly », j’imaginais ça beaucoup plus sombre. J’avoue que je ne m’y connais pas trop en manga, en fait, je ne m’y suis mise qu’il y a peu de temps – l’automne dernier. Avec deux séries. Un historico-fantastique « Thermae Romae » présenté sur mon blog, sympathique et cocasse, et un thriller assez génial sur lequel je suis en ce moment, « Monster ».
    Qui sait, peut-être qu’un jour je jetterai un oeil à « Nana »? 🙂

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    1. Ah, « Monster » est génial, je suis sure que tu adores 🙂
      Nana, oui c’est girly, mais pas tant que ça. J’aime beaucoup la façon de traiter les sentiments de l’auteure. C’est jamais ni tout noir, ni tout blanc. Tout le monde oscille dans des nuances de gris. L’ambivalence et l’ambiguité sont présents dans tous les personnages. Le côté sombre est là: sexe, drogue et rock’n’roll. Mais ça n’est jamais trash.
      Tu peux facilement trouver des scans en ligne je pense, comme ça tu pzeux y jeter un oeil.

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    1. sachant que le dernier volume a été publié en 2009, à mon avis tu n’étais pas loin de la « fin »…
      De mon côté, le fait que le manga soit en pause m’a frustrée. Il se passe plein de choses, et on aimerait vraiment, mais vraiment savoir comment, pourquoi, etc… Mais pour moi ça reste quand même un merveilleux manga, et je trouve que ça vaut le coup. En plus à mon avis il doit être facile de les trouver en occasion, maintenant.

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  3. J’avais adoré lire ce manga, je l’avais trouvés à la bibliothèque du coin ^ ^. Je n’ai pas été au bout du livre et de l’anime, j’ai quand même beaucoup aimer :). Nana en punk, j’avais envie de lui ressembler =). Quand j’ai vu Shin avec son piercing, c’était pareil, j’avais très envie d’avoir le même ! En plus, on m’a toujours surnommer Nana dans ma famille, et du coup, j’étais encore plus fière :D. C’est grâce à ce manga que j’ai su que Nana était le chiffre 7, un de me chiffres fétiche x). Enfin bref, j’étais vraiment a fond dessus ! Je te remercie parce que ça faisait longtemps que j’en avais entendu parler et j’ai envie de le reprendre maintenant xD !

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    1. Ravie de t’avoir replongée dans de bons souvenirs 🙂 Tu peux rejoindre le gang des accros de Nana alors! Aux dernière nouvelles, la série est toujours en pause – le dernier album sorti était le numéro 21… Depuis, plus rien…

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      1. Oh oui, je serais heureuse de rejoindre votre gang *-*. Je ne savais pas, par contre, qu’elle continuait toujours, j’ai appris ça hier, lorsque je t’ai lu ^ ^’. Ah oui ok, et on ne sait pas quand ça reprendra alors, c’est ça ?

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  4. Je crois que je n’ai aperçu qu’une seule fois ce manga, parce qu’il me dit quelque chose quand même mais je ne sais pas absolument pas d’où, ni de quoi… En tous cas, ta chronique très complète m’a donné une envie folle de me plonger dans l’ambiance des deux Nana! ^^ Si je pouvais, je sauterai acheter les premiers tomes tout de suite! 😀
    Truc.

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    1. Comme il est « en pause » depuis pas mal de temps deja, effectivement, le manga doit se faire un peu plus rare sur les etageres des vendeurs de BD… Je suis sure que tu peux trouver les premiers volumes à la FNAC, ou chez n’importe quel vendeur de BD. Sinon, je pense que les scans en anglais sont dispo sur internet aussi.
      Je ne peux que t’encourager à les lire, moi j’ai adoré! Et l’univers du punk/rock est quand même fascinant.

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      1. Oh, je pense que pour le trouver, je n’aurai pas trop de soucis à me faire, je sais à peu près où chercher. Au pire comme tu dis, j’irai consulter les scans en anglais.;)
        En plus, la musique en général, j’adore! Ne me le vends pas plus! 😀

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  5. Je ne savais pas que l’auteur était malade ! J’avais commencé Nana il y a longtemps, et j’avais bien accroché. J’ai arrêté après une dizaine de tomes car ça commençait à me lasser pour deux choses : quand le groupe commence à être connu et suivi par les paparrazi je trouvais que cela faisait trop, je trouvais tout cela de moins en moins crédible et un peu cliché. Et surtout : le manque d’évolution d’Hachi. Alors que généralement je m’attache plutôt aux têtes brûlées comme la Nana punk, je m’étais vraiment prise d’affection pour Hachi. Je lui trouvais un énorme potentiel d’évolution et j’avais hâte de la voir murir. Quand elle tombe enceinte de Takumi, je me suis vraiment lassée car je trouvais qu’elle reproduisait toujours les mêmes erreurs. Peut être me suis-je arrêtée trop tôt. Ton article me donne presque envie de m’y remettre. C’est vrai que la patte de Yazawa est gracieuse. Ses dessins sont très beaux, et elle parle de beaucoup de thèmes avec une certaine justesse. Je suis d’accord avec le côté initiatique.
    On m’avait conseillé « Je ne suis pas un ange » du même auteur, et je replonge en ce moment le temps de quatre tomes dans une ambiance lycée. Aux premières pages j’ai cru que je n’allais pas tenir un tome (Le côté « Akira il est trop bôôô » a failli me faire claquer fissa la jaquette) . Et puis non, il y a un je ne sais quoi dans l’ambiance, dans les sentiments des personnages qui me tient amarrée. Malgré les redites, les passages un chouilla niannian, je continue à lire pour voir l’évolution de l’héroine et de ses amis. Je pense que Yazawa sait faire grandir ses personnages et ses lecteurs (je suis un peu vieille pour Je ne suis pas un ange, mais je trouve que c’est un manga parfait pour les ados car il est assez lucide -sur les questions de jalousie notamment (j’entends par là qu’elle ne la glorifie pas comme on peut voir dans certaines séries),- et toujours altruiste). Désolée, au lieu de parler de Nana, je parle d’un manga de Yazawa que je lis en ce moment, mais c’est là que sont mes souvenirs les plus frais sur le style bien particulier de cette auteure. ^^

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    1. Tout a fait d’accord avec ton analyse 🙂 Par contre il se passe un truc assez sympa, c’est que Yazawa a commencé à faire des flash backs dans le futur (nouveau concept hehe :p), c’est à daire qu’on a en parallèle l’histoire qui continue au début des années 2000, et six ans après. A ce moment là, Hachi a évolué. C’est une maman de 26 ans, de deux enfants (spoil!!!) et qui travaille. Bref, une femme responsable, plus un petite écervelée!
      Mais bon, c’est sur les deux ou trois derniers tomes si je me souviens bien, et comme la série est en suspend… Je doute qu’on ait un jour l’épilogue. Ca reste une très belle histoire d’amitié, avec un apperçu du monde de la musique backstage.
      J’avais commencé Je Ne Suis Pas Un Ange, mais je n’avais pas accroché, pour les mêmes raisons que toi. Et puis c’est une oeuvre de jeunesse, le trait si spécifique d’Ai Yazawa n’est pas encore reconnaissable, et pour moi il était aussi un peu tard pour, comme tu dis, replonger dans les histoires de lycée. je crois que j’avais lu le premier tome à la Fnac, et c’est tout.
      J’avais préféré Paradise Kiss, avec des dessins plus racés et des personnages plus borderline et torturés.

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