Sneak Peak « Tudor » dans La Princesse de Clèves

Sneak Peak « Tudor » dans La Princesse de Clèves

princesse2 Vous l’avez sûrement remarqué, j’aime bien tout ce qui se rapporte aux Tudors (en témoigne mes articles sur les livres de Philippa Gregory consacrés aux femmes de cette dynastie).

Quelle ne fût donc pas ma surprise, en pleine lecture du très classique La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette, d’y trouver un résumé de la vie d’Anne Boleyn! Il se trouve qu’un gentilhomme de la cour de France est désigné par le roi français à essayer de bien se faire voir de la Reine Elizabeth 1ère, et donc on a le droit à l’histoire de sa mère, la fameuse Anne…

elizabeth1er… elle s’enquérrait seulement de la beauté, de l’esprit et de l’humeur de la reine Elisabeth. On apporta un de ses portrait chez le roi, qu’elle trouva plus beau qu’elle n’avait envie de le trouver; et elle ne put s’empêcher de dire qu’il était flatté.

« Je ne le crois pas, reprit Mme la dauphine, qui était présente; cette princesse a la réputation d’être belle et d’avoir un esprit fort au dessus du commun, et je sais bien qu’on me l’a proposée toute ma vie pour exemple. Elle doit être aimable, si elle ressemble à Anne de Boulen, sa mère. Jamais femme n’a eu tant de charmes et tant d’agréments dans sa personne et dans son humeur. J’ai ouï dire que son visage avait quelque chose de vif et de singulier, et qu’elle n’avait aucune ressemblance avec les autres beautés anglaise.

-Il semble aussi, reprit Mme de Clève, que l’on dit qu’elle était née en France.

-Ceux qui l’ont cru se sont trompés, répondit Mme la dauphine, et je vais vous conter son histoire en peu de mots.

Anneboleyn2Elle était d’une bonne maison d’Angleterre. Henri VIII avait été amoureux de sa soeur et de sa mère, et l’on a même soupçonné qu’elle était sa fille. Elle vint ici avec la soeur de Henri VII, qui épousa le roi Louis XII. Cette princesse, qui était jeune et galante, eut beaucoup de peine à quitter la cour de France après la mort de son mari; mais Anne de Boulen, qui avait les mêmes inclinations que sa maitresse, ne put se résoudre à en partir. Le feu roi en était amoureux, et elle demeura fille d’honneur de la reine Claude. Cette reine mourrut, et Mme Marguerite, soeur du roi, duchesse d’Alençon, et depuis reine de Navarre, dont vous avez vu les contes, la pris auprès d’elle, et elle pris auprès de cette princesse les teintures de la religion nouvelle. Elle retourna ensuite en Angleterre et y charma tout le monde; elle avait les manières de France qui plaisent à toutes les nations; elle chantait bien, elle dansait admirablement; on la mit fille de la reine Catherine d’Aragon, et le roi Henri VIII en devint éperdument amoureux.

Le cardinal de Wosley, son favori et son premier ministre, avait prétendu au pontificat et, mal satisfait de l’empereur, qui ne l’avait pas soutenu dans cette prétention, il résolu de s’en venger, et d’unir le roi, son maitre, à la France. Il mit dans l’esprit d’Henri VIII que son mariage avec la tante de l’Empereur était nul et lui proposa d’apouser la duchesse d’Alençon, dont le mari venait de mourir. Anne de Boulen, qui avait de l’ambition, regarda ce divorce comme un chemin qui pouvait la conduire au trône. Elle commença à donner au roi d’Angleterre des impressions de la religion de Luther et engagea le feu roi à favoriser à Rome le divorce de Henri, sur l’espérance du mariage de Mme d’Alençon. Le cardinal de Wosley se fit députer en France sur d’autres prétextes pour traiter cette affaire; mais son maitre ne put se résoudre  à souffrir qu’on en fit seulement la proposition et il lui envoya un ordre, à Calais, de ne point parler de ce mariage.

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Au retour de France, le cardinal de Wosley fut reçu avec des honneurs pareils à ceux que l’on rendait au roi  même; jamais favori n’a porté l’ogueil et la vanité à un si haut point. Il ménagea une entrevue entre les deux rois, qui se fit à Boulogne. François 1er donna la main à Henri VIII qui ne la voulait point recevoir. Ils se traitèrent tour à tour avec une magnificience extraordinaire, et se donèrent des habits pareils à ceux qu’ils avaient fait faire pour eux-mêmes. Je me souviens d’avoir ouï-dire que ceux que le feu roi envoyat au roi d’Angleterre étaient de satin cramoisi, chamarré en triangle, avec des perles et des diamants, et la robe de velour blanc brodé d’or. Après avoir été quelques jours à Boulogne, ils allèrent encore à Calais. Anne de Boulen était logée chez Henri VIII avec le train d’une reine, et François 1er lui fit les mêmes présents et les mêmes honneurs que si elle l’eut été. Enfin, après une passion de neuf années, Henri l’épousa sans attendrela dissolution de son premier mariage, qu’il demandait à Rome depuis longtemps. Le papa prononça des fulminations contre lui avec précipitation et henri en fut tellement irrité qu’il se déclara chef de la religion et entraîna toute l’Angleterre dans le malheureux changement où vous la voyez.

Anne de Boulen ne jouit pas longtemps de sa grandeur; car, lorsqu’elle la croyait plus assurée par la mort de Catherine d’Aragon, un jour qu’elle assistait avec toute la cour à des courses de bague que faisait le vicomte de Rochefort, son frère, le roi en fut frappé d’une telle jalousie qu’il quitta brusquement le spectacle, s’en vint à Londres et laissa ordre d’arrêter la reine, le vicomte de Rochefort et plusieurs autres, qu’il croyait amants ou confidents de cette princesse. Quoique cette jalousie parût née dans ce moment, il y avait déjà  quelque temps qu’elle lui avait été inspirée par la vicontesse de Rochefort, qui, ne pouvant souffrir la liaison étroite de son mari avec la reine, la fit regarder au roi comme une amitié criminelle, en sorte que ce prince, qui d’ailleurs, était amoureux de Jeanne Seymour, ne songea qu’à se défaire d’Anne de Boulen.  En moins de trois semaines, il fit faire le procès à cette reine et à son frère, leur fit couper la tête et épousa Jeanne Seymour. Il eut ensuite plusieurs femmes, qu’il répudia ou qu’il fit mourir, et entre autre Catherine Howard, dont la comtesse de Rochefort était confidente, et qui eut la tête coupée avec elle. Elle fut ainsi punie des crimes qu’elle avait supposée à Anne de Boulen, et Henri VIII mourut, étant devenu d’une grosseur prodigieuse ».

TudorSi vous n’avez pas tout compris, attendez que je vous ponde ma chronique sur The King’s Curse, qui traite justement de la vie d’Henri VIII, ça vous éclairera 😉

Je dois avouer avoir été bien contente de lire ce passage et de tout comprendre, car le language empoulé de l’époque n’aide pas vraiment.

Sur ce, je m’en vais continuer mes lectures.

Ce billet fait partie du Challenge Tudor lancé par Titine et Shelby.

 

 

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2 réflexions sur “Sneak Peak « Tudor » dans La Princesse de Clèves

    1. Ca se lit très vite en plus. C’est un roman court. Bon, le style décriture peut être un frein à la lecture pour certains, mais ça ne m’a pas gênée outre mesure et je me suis facilement laissée prendre par l’histoire.

      Aimé par 1 personne

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