Pernette du Guillet, A un sot rimeur, qui trop l’importunait d’aimer

Pernette du Guillet, A un sot rimeur, qui trop l’importunait d’aimer

Grâce au blog Ecrit’urbulente, j’ai appris qu’ajourd’hui, c’était la Journée Mondiale de la Poésie!
Savourez ce poème truculent qui nous vient du 16è siècle!

Écri'turbulente, c'est en écrivant qu'on devient écrevisse.

Tu te plains que plus ne rimasse,
Bien qu’un temps fut que plus aimasse
À étendre vers rimassés,
Que d’avoir biens sans rime assez :
Mais je vois que qui trop rimoye
Sus ses vieux jours enfin larmoye.
Car qui s’amuse à rimacher
À la fin n’a rien à mâcher.
Et pource, donc, rime, rimache,
Rimone tant et rime hache,
Qu’avecques toute ta rimaille
N’aies, dont tu sois marri, maille :
Et tu verras qu’à ta rimasse
Comme moi feras la grimace,
Maudissant et blâmant la rime,
Et le rimasseur qui la rime,
Et le premier qui rimona
Pour le grand bien qu’en rime on a.
Et tu veux qu’à rimaillerie
Celui qui n’aura maille rie ?
Je te quitte, maître rimeur,
Et qui plus a en sa rime heur,
En rime lauds, en rime honneurs.

Pernette du GUILLET   (1520-1545)

À l’occasion de la journée mondiale de la poésie

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8 réflexions sur “Pernette du Guillet, A un sot rimeur, qui trop l’importunait d’aimer

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