Shadows On The Moon, Zoe Marriott (2009)

Shadows On The Moon, Zoe Marriott (2009)

shadows on the moon book cover 1Shadows On The Moon (Des ombres sur la Lune) m’a été donné par ma soeur lorsque j’ai perdu le livre que j’étais en train de lire, alors que j’étais en weekend chez mes parents. Il est resté longtemps dans ma bibliothèque, un an ou plus… et pourtant, lorsque je l’ai commencé, j’ai été complètement emportée dans l’histoire et ne pouvais plus le lacher.

Shadows On The Moon est pour toujours lié à la danse orientale pour moi. En effet, je l’ai lu pendant un weekend de stage intensif de danse orientale avec la grande Suhaila Salimpour, pendant les pauses, afin de décrocher un peu et pour me ressourcer.


Résumé et avis en bref: la vie de Suzumé bascule le jour où des gardes impériaux arrivent chez elle et tuent son père, accusé de trahison. Dans sa fuite pour échapper au massacre de sa maisonée, Suzumé découvrira qu’elle a des pouvoir magiques: elle tisse les ombres. Suzumé changera plusieurs fois d’identité, à chaque fois qu’elle devra fuir ou se cacher. Guidée par les mentors que le destin mettra sur sa route, elle afinera son art et préparera sa vengeance. Mais la vengeance et l’amour peuvent-ils aller de pair? Suzumé devra-t-elle choisir?

Zoë Marriott a décidé de réécrire Cendrillon, en faisant du personnage principal une héroïne badass qui fomente sa vengeance, au lieu d’être une pauvre enfant éplorée qui attend son prince charmant. D’ailleurs, le prince en question devra batailler pour que sa belle accepte son amour!

Shamisen

L’action est située dans un Japon médiéval fantasmé, ce qui donne un petit coté exotique à notre histoire. L’écriture est efficace, il y a du suspense, et surtout, on cherche les élements de Cendrillon. La narration originale est msie sens dessous dessous, mais on retrouve la jeune fille dans la cheminée, un horrible beau parent et une chassure abandonnée.

J’ai particulièrement apprécié le soin que l’auteure a mis à se documenter sur les us et coutûmes du Japon médiéval, même si elle met un point d’honneur au début de son livre à expliquer qu’il s’agit d’une version fantasmée de ce pays.


Les jaquettes: Mon édition montre la moitié du visage d’une jeune femme asiatique, encadré de fleurs de cerisiers blanches. Le titre en rose donne une touche girlie. Le sous titre est « Les plus brillantes illusions chachent les plus noires vérités », ce qui permet de sous-entendre le côté noir de ce roman.

Shadows-on-the-moon jaquette

En anglais encore: une édition montrant le visage d’une jeune femme asiatique, comme éclairé par la Lune. Le fond donne un côté un peu inquiétant, ça me rappelle un peu Ring et Sadako (sauf que Sadako n’a pas ce petit sourire paisible). Cette édition n’a rien de girlie et est donc marketée pour tous….

…Contrairement à une autre édition en anglais, dont l’illustration est un chignon élaboré, piqué de peignes et d’épingles à cheveux. La pointe de l’épingle à cheveux est pleine de sang, ce qui fait référence à la scarification que s’impose Suzumé, et donne aussi un petit aperçu de la violence à laquelle est confrontée l’héroïne. Fleurs de cerisiers à gogo là aussi, roses en plus, et un sous-titre qui finit de convaincre qu’il s’agit bien de chick-lit, avec une référence à Cendrillon.

Enfin, l’édition polonaise est très consensuelle: un portrait de jeune femme asiatique (encore!) et en filigrane, une calligraphie chinoise.


Trailer: https://www.youtube.com/watch?v=vo66Z9rhLzc


Mon avis: Shadows On The Moon est une réécriture surprenante de Cendrillon. Dans une note explicative au début du livre, Zoë Marriott nous explique que l’attitude de jeune demoiselle en détresse de Cendrillon l’a toujours exaspérée… jusqu’au jour ou elle s’est dit que peut-être, Cendrillon n’était pas si niaise que cela, et qu’elle pourrait écrire cette histoire du point de vue de l’héroïne… une héroïne qui n’attend pas sagement son prince charmant, qui n’est pas résignée, mais qui a la rage et qui prépare sa vengeance.

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Cendrillon: J’ai beaucoup aimé chercher les éléments de Cendrillon dans ce livre. L’histoire est tellement différente de celle que l’on connaît tous, que c’est un peu comme une chasse au trésor. Mais tous les éléments du conte originel sont bien présents, avec un petit twist: ce n’est pas la mère de Suzumé qui meurt, mais son père. Son beau-père prend donc le rôle de la méchante marâtre. La mère de Suzumé ne meurt pas, mais se range aux côtés de son nouvel époux contre sa fille. Exit les deux laiderons, la mère de Suzumé donne naissance à des jumeaux après son remariage. Pour échapper aux assassins de son père, Suzumé se cache dans un four et se retrouve couverte de suie. Le bal: Suzumé danse de manière époustouflante, et même le Prince est sous le charme. La chaussure: dans la chambre nuptiale, alors que Suzumé attend son nouvel époux princier, elle se rend compte que le véritable amour vaut plus que la plus froide des vengeances, et perd une de ses chaussures en faisant le mur.

JapaneseFarmers
Japon féodal

Le Japon: Zoë Marriott a décidé de situer l’action de son roman dans une version fantasmée et fantastique du Japon médiéval. Cela veut dire qu’elle s’est inspirée du Japon de l’époque pour créer cet univers, mais elle n’a en aucun cas prétention à décrire les choses avec une précision historique. Et pourtant, elle a fait un travail de recherche de fou!

Les termes de politesse japonais sont repris (onee-san pour « grande soeur » par exemple). La description des coiffures, du maquillage, des danses, de la musique, du tir à l’arc, des kimonos est superbe et bien renseignée. La politesse japonaise, l’art de vivre, l’art, sont retranscrits de manière fidèle (pour ce que j’en sais en tout cas!).

Suzumé change d’identité plusieurs fois, ce qui permet d’explorer différentes strates de la société: une famille noble de la campagne, une famille noble de la ville, une souillon de cuisine, et la vie des courtisanes.

Suzumé Otieno
Couple blasiatique (black-asiatique)

La mixité: je dois dire qu’un effort tout particulier a été fait par Zoë Marriott au niveau de la mixité de ses personnages. Tout d’abord, les rôles de la méchante belle-mère et de la bonne fée sont endossés par des hommes dans cette histoire. Bam! Gender-reverse. D’ailleurs, il y a deux bonnes fées au lieu d’une: un cuisinier, et un transsexuel. Re-Bam! Une asiatique et un africain tombent amoureux. Bam bam bam!

Suzumé et Otiéno forment un couple mixte, mais avec un mélange pas souvent représenté. Ok, il y a de plus en plus d’enfant sino-africains, avec la Chine qui envoie pléthore d’ouvriers chinois sur ses chantiers africains, mais ça reste un phénomène très récent. Et les métisses nippo-africains, alors? Encore plus rares!! Si vous voulez en savoir plus sur les afro-asiatiques, cliquez ici ou visitez ce super site sur les couples afro-asiatiques.

maiko-kanzashi hairpin
Epingle à cheveux

La scarification: Suzumé est traumatisée par l’assassinat de son père et de sa cousine. Sa mère et son beau-père lui demandent de ne plus jamais mentionner cet évènement et d’oublier. Super méthode pour faire son deuil et gérer ses émotions, ahahah. Non mais sans blague! Du coup notre petite Suzu-chan internalise sa douleur et sa culpabilité. mais des fois, c’en est trop pour elle. Le seul moyen de calmer sa douleur, c’est de se taillader les avant-bras avec son épingle à cheveux.

J’ai trouvé que cet élément, très sombre, était très bien intégré à l’histoire. Quand Suzumé a commencé à faire couler son sang pour se soulager, je me suis dit: « ben dis donc, l’auteure a choisi un thème pas facile à traiter, elle est courageuse! ». Ce livre s’adresse plutôt aux adolescentes, et on sait tous et toutes que cette période de la vie nous fait passer par des choses pas simples.

Les désordres psychologiques (ce terme ne me plaît pas trop mais je n’ai rien trouvé de mieux) des adolescent(e)s sont connus, mais pas souvent traités dans la littérature. Ou alors, c’est le grand thème du livre. Ici, la scarification n’est pas le sujet central, elle est présente et traitée par l’auteure comme faisant partie intégrante du cheminement de son héroïne. La manière dont cela est accepté et géré par l’entourage de Suzumé est aussi plein de justesse: Yota le cuisinier lui signifie qu’il n’est pas d’accord mais ne condamne pas la jeune fille, lui donnant même des conseils pour dissimuler ses cicatrices.

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Les cheveux: les cheveux de Suzumé témoignent de ses changements d’identité successifs: longs et coiffés en chignon en tant que jeune fille de bonne famille, massacrés à la machette et jetés dans le feu quand elle se cache en souillon dans les cuisines, et enfin ils reprennent vie et sont coiffés de façon spécifique lorsque Suzumé devient une apprentie Geisha.

La coiffure et ses ornements indiquent le statut social de la femme. Ainsi, bien que seulement deux années se soient écoulées entre le moment où Suzumé est une jeune fille de bonne famille et celui où elle réapparaît en tant que geisha, sa coiffure change du tout au tout. Une jeune fille de bonne famille a un chignon élaboré mais sobre. Une geisha du même âge voit sa coiffure apprêtée de beaucoup d’épingles à cheveux, et la coiffure est réalisée de manière à ce que les hommes puissent connaître le « niveau » de la geisha – et surtout si elle est vierge.

Les ornements sont aussi décrits minutieusement; épingles à cheveux, peignes, perles…

shamisen

Le don: la magie est présente sous la forme du don que reçoivent certaines personnes. Pour autant, j’ai trouvé ce don difficile à cerner. Au début, avec Yota, c’est simple: le tissage d’ombres. Ok, ça veut dire créer des illusions d’optique. Et puis on se rend compte que ce don peut se manifester à travers un art: le tir à l’arc pour Otiéno, le shamisen pour Suzumé. Encore mieux: les tisseurs d’ombre de haut niveau peuvent changer de forme. C’est donc pour cela que Suzumé, qui fuyait comme un lapin devant les soldats, a perdu ses vêtements: elle s’était véritablement transformée en lapin! Et pour les tisseurs d’ombres de très, très haut niveau: le pouvoir de guérir les autres.

Je trouve que cela fait beaucoup, et ça dépasse largement le terme de « tisseur d’ombres ». J’ai bien conscience que ça vient en opposition à la lumière de la Lune, tout ça tout ça, mais pour moi, soit il aurait fallut se cantonner à l’illusion d’optique, soit il aurait fallu un terme plus général, comme socrière ou magicienne. Ou guérisseuse.

Yué rejette son don, du coup elle en fait un usage limité ce qui est dommage. C’est de manière instinctive, en situation de vie ou de mort, qu’elle laisse son don s’exprimer.

Les relations mère-fille: La jalousie joue un rôle central dans les relations entre Suzumé et sa mère. Suzumé n’a jamais connu sa mère l’aimant. Elle ne se rappelle d’elle que lui donnant des ordres, et lui intimant d’être une fille sage, bridant son caractère franc. Suzumé joue très bien du shamisen, mais sa mère, jalouse, déclare que sa fille n’a aucun talent pour la musique et lui fait arrête ses leçons.

Mother and daughter

Au coeur de cette relation tumulteuse, se tient le désir d’enfant: Suzumé est née au terme d’une grossesse difficile, et on a dit à sa mère qu’elle ne pourrait plus jamais avoir d’enfant, car une seconde grossesse lui serait fatale. La mère de Suzumé, qui a toujours désiré avoir plusieurs enfants et qui s’épouit dans la maternité, en garde une amertume certaine.

S’ajoute à cela la grande complicité entre Suzumé, naturellement douée pour les arts, et son père, poète. La mère se sent exclue de cette relation privilégiée, et dispute encore plus sa fille. Suzumé se bride pour pouvoir correspondre à la fille parfaite que sa mère voudrait avoir: une fille telle qu’Aimi, sa douce cousine orpheline, que la famille a recueillie.

Lorsque leur vie change, et que la mère de Suzumé tombe enceinte de Terayama, une nouvelle complicité apparait entre les deux femmes. C’est Suzumé qui prend soin de sa mère lors de cette grossesse difficile. Elle y trouve de la joie, se sentant utile et appréciée par cette mère qui l’a toujours rejetée.

Mais après la naissance de ses demi-frères, des jumeaux, la mère de Suzumé n’en n’a plus que pour eux, et délaisse à nouveau sa fille ainée. Cette femme revit, elle s’épanoui dans la maternité, alors que Suzumé se trouve rongée par un deuil qu’on lui interdit de faire.

En bref: un roman aux thématiques fortes et avec une écriture fluide. Une histoire d’amour un peu niaise mais qui devrait accrocher avec les jeunes lectrices – et même les moins jeunes 😉 Un univers bien mis en place et recherché. Une réécriture très originale d’un conte classique. Un très bon mélange, qui a fait que j’ai dévoré ce bouquin dès que l’occasion s’en présentait lors de mon stage de danse orientale!


Zoe MariottL’auteure: Zoe Marriott est née et a grandit dans le Lincolnshire, en Grande-Bretagne, entourée de sa soeur ainée et de son frère cadet. Les trois enfants avaient toute une ménagerie d’animaux qu’ils avaient sauvés.

Elle décida de devenir écrivain à l’âge de huit ans.  Sa première histoire fut à propos d’un lapin et d’un cochon qui organisaient une fête, et la seconde à propos de chaussures sous les pas desquelles poussaient des fleurs. Elle publia son premier roman à l’âge de 24 ans.

Zoë Marriott vit maintenant dans une petite maison qui fait face à la mer, avec ses deux chats et son cocker. Elle travaille dans son salon, penchée sur son ordinateur, ou planifiant l’action de ses romans dans ses carnets. Elle en possède d’ailleurs une impressionante colelction, qui ne demandent qu’à être utilisés un jour!

Elle adore le chocolat, les jonquilles et les saules pleureurs. Cliquez ici pour visiter son site (en anglais).


Bande son: le shamisen:

Ou alors, la musique orientale:


L’histoire: Suzumé a 14 ans. Elle vit tranquillement à la campagne, dans la maison familiale, entourée de son père, un poète qui l’adore, de sa mère, avec qui les relations sont difficiles, et de sa cousine Aimi, orpheline.

Feudal Japan horse riding soldiersAu printemps, la mère part rendre visite à de la famille, laissant Suzumé, son père et sa cousine Aimi seuls pendant un mois. Un jour, des soldats font irruption dans la demeure familiale et accusent le père de Suzumé de traîtrise, le sommant d’exécuter le seppuku – le suicide par le sabre – afin de laver son honneur.

Le père de Suzumé refuse, clamant son innocence et sa fidélité à son souverain. Les soldats exécutent alors le poète, sous les yeux de Suzumé et de sa cousine, qui sont cachées dans les buissons. Comprenant que leur vie est en danger lorsque les soldats commencent à mettre à sac la maison et à tuer les gens de maison, les deux jeunes filles fuient.

Malheureusement, la cousine de Suzumé est abattue par la flèche d’un archer. Suzumé, elle, court aussi vite que possible. Tellement vite, qu’elle a l’impression d’être entourée de lumière. Tellement vite qu’elle pourrait être un lièvre. Les soldats la poursuivant toujours, Suzumé trouve refuge dans les cuisines et se cache dans un four. Bizarrement, elle n’a plus de vêtement, elle les a perdu dans sa course folle. Tapie dans la cendre, elle attend.

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Après ce qui lui semble être des heures interminables, elle entend un homme l’appeler. c’est Yota, le cuisinier. Il a aussi réchappé au massacre. Yota met Suzumé en sécurité, et lui explique qu’elle a un don: Suzumé, comme Yota, est une tisseuse d’ombres. Elle peu tisser l’ombre et la lumière pour créer des illusions. C’est comme cela qu’elle a réussi à s’échapper: tout d’abord en se créant un manteau de lumière lorsqu’elle courrait, puis en se fondant dans les ombres du four.

La mère de Suzumé revient, accompagnée du meilleur ami de son père, Terayama, chez qui elle s’est arrêtée sur le chemin du retour. Suzumé est la seule survivante, Yota disparaissant dans les ombres lorsque la mère de Suzumé et Terayama arrivent. Comme la famille d’un traître ne peut survivre au Royaume de la Lune, Terayama propose d’emmener Suzumé et sa mère chez lui, en sécurité, à la capitale, et de les faire passer pour des cousines éloignées. Suzumé change ainsi de nom de famille.

OtienoQuittant la campagne et la maison de son enfance, Suzumé voyage pour la première fois. Elle traverse la campagne et doit prendre le bateau pour arriver à la capitale. Sur le bateau, elle rencontre Otiéno, un jeune homme à la peau noire, qui semble la comprendre sans parler. Otiéno la sauve alors que Terayama essaie de faire passer Suzumé par dessus bord « accidentellement ». Une étrange connection a lieu entre les deux jeunes gens.

Arrivés à la capitale, chez Terayama, Suzumé est sommée d’oublier ce qui s’est passé. Sous le guidage de Yota, elle développe son don. Elle s’en sert pour reproduire le doux sourire de sa défunte cousine, afin que tout le monde pense qu’elle a oublié.

Japanese-hairpin-artist-sakae-04Mais la douleur la ronge tellement qu’un jour, elle s’entaille l’avant-bras à l’aide de son épingle à cheveux. C’est le début d’une longue série de blessures que la jeune fille s’infligera lorsque sa douleur mentale se fait trop forte. Lorsque Yota découvre qu’elle se mutile, il la somme d’arrêter, mais comprend que Suzumé n’en fera rien. Il apprend à la jeune fille à dissimuler ses cicatrices grâce au tissage des ombres.

Terayama et la mère de Suzumé se marient rapidement, et cette dernière tombe enceinte. La vie est de plus en plus insupportable pour Suzumé, qui n’a jamais eu le droit de faire son deuil. Son beau-père lui envoie de mauvaises ondes, bien qu’il fasse semblant d’être attentionné. Et sa mère la délaisse, alors que Suzumé voudrait tellement qu’elle lui témoigne de l’attention. La mère de Suzumé donne naissance a des jumeaux, qui deviennent le centre de son monde.

Un soir, Suzumé surprend une conversation entre Terayama et sa mère, et comprend que ces derniers, amants, avaient fomenté ensemble la chute du père de Suzumé. C’est eux qui l’ont dénoncé comme étant un traître à la couronne, c’est donc eux qui sont responsables de sa mort et de celle d’Aimi, la cousine de Suzumé. Se découvrant surpris, Terayama cherche à faire taire Suzumé, mais cette dernière s’échappe en se fondant dans les ombres. Elle sait que son beau-père veut la tuer.

A court d’idée, elle se dirige vers les cuisines pour trouver refuge auprès de Yota. Ce dernier la déguise en souillon de cuisine: il taillade sa belle chevelure, et brûle ce qu’il a coupé dans le four, enduit Suzumé de suie, et lui fait enfiler des loques. Suzumé devient aux yeux de tous Rin, une nièce éloignée de Yota, qui vient aider en cuisine. Rin effectue les tâches les plus simples et les plus basses: elle lessive les sols et vide les poubelles.

Chihiro scrubs the floor

Mais un jour qu’elle est justement en train de vider les poubelles, Otiéno apparaît. Otiéno et sa famille, qui sont des diplomates africains, sont invités chez Terayama. Otiéno, qui peut « sentir » la jeune fille, est venu la rejoindre. Rin, d’abord sur ses gardes, fini par se laisser conquérir peu à peu. Otiéno revient régulièrement chez Terayama, et retrouve toujours Rin, où qu’elle se cache. Un soir, il lui vole même un baiser.

Mais cachée dans l’ombre des cuisines, Rin observe sa mère, et la vois s’épanouir dans son rôle de jeune maman. Elle n’a pas l’air du tout de se soucier du fait que sa fille ainée ait disparu, et elle ne pleure en aucun cas son défunt premier mari. Rongée par la haine à l’égard de cette mère qui n’en n’est plus une, Rin veut lui donner une leçon. Elle verse dans le thé de sa mere une herbe qui donne des maux de ventre, en grande quantité. Lorsque Yota découvre ce que Rin a fait, il est horrifié: la quantité utilisée par Rin est bien trop grande, et l’issue est certaine… sa mere va mourir.

Rin ne peut plus rester dans les cuisines de Terayama, car ce dernier va vouloir châtier la personne responsable de cet empoisonnement. Yota rend a Rin son kimono de soie et ses épingles à cheveux – ses affaires de Suzumé – et la chasse, en lui souhaitant bonne chance.

kintaikyo-bridge

Rin erre dans les rues. Elle essaie de frapper aux portes pour trouver du travail, mais elle a l’air tellement miséreux qu’on la chasse sans ménagement. Pour survivre, elle vend son peigne de nacre, mais elle se rend vite compte qu’elle s’est faite avoir. Elle vagabonde ainsi quelques jours dans les rues de la capitale du Royaume de la Lune.

Un soir, affamée et a bout de force, elle considère se jeter d’un pont pour en finir. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle se trouve sur le pont qui mène au quartier des plaisirs. Deux soldats l’abordent et la violentent, mais Rin se défend bec et ongles, et est jetée en prison.

Dans sa cellule, se trouve un gros homme qui ronfle… mais lorsque Rin se réveille, se tient à sa place une très belle femme qui est blessée au flanc. Rin l’approche et lui parle, lui demandant si elle se sent bien. La femme saigne et est tres faible. Rin la soigne comme elle peut. La femme explique à Rin qu’elle peut « sentir » son pouvoir, que les tisseurs d’ombres se reconnaissent mutuellement. En unissant leurs pouvoir, Rin et sa compagne de cellule arrivent à s’échapper. La mystérieuse femme guide Rin dans rues de la ville, jusqu’à une maison.

geishaLorsqu’on ouvre la porte, les deux femmes, exténuées et affaiblies, sont soignées et prises en charge par les femmes qui habitent la maison. Rin va de mieux en mieux, mais la santé de la femme qui l’a guidée jusqu’ici se détériore, et les médecins ne lui donnent pas longtemps a vivre. Un soir, Rin prend la main de sa compagne mourante, et un étrange phénomène se produit: Rin sent une chaleur monter en elle, et se transmettre a la mystérieuse femme via leurs mains enlacées. Le lendemain, les deux femmes sont faibles, mais guéries.

Enfin, la mystérieuse femme peut se présenter: c’est Akira, l’ancienne Princesse de la Lune. La Princesse de la Lune est la seconde épouse, éphémère, du souverain du Royaume de la Lune. La première femme est une epouse qui reste aux côtés du souverain tout au long de sa vie. La Princesse de la Lune reste, en tant que seconde épouse, pendant un an ou plus avec le souverain. Mais l’ancien souverain s’était tellement épris d’Akira qu’il l’a gardée auprès de lui toute sa vie. Lorsqu’il est décédé, quelques années auparavant, Akira a disparu, craignant la revanche de la Reine.

Akira a donc été blessée par des sbires de la Reine. Les deux femmes ont été soignées par des geishas du quartier des plaisirs de la capitale. Akira considère Rin comme étant sa soeur, car elle l’a sauvée. Elle lui propose de venir vivre avec elle dans sa résidence. Rin accepte, et se voit renommée Yué, ce qui veut dire « Lune ».

25Browns-Field

Rin-Yué accepte, mais est toujours rongée par la culpabilité (elle est la seule à avoir survécu au massacre, et elle est persuadée d’avoir tué sa mère). Akira lui explique alors que le jeune roi, fils de son ancien amant royal, va donner un bal, durant lequel il choisira sa première Princesse de la Lune. Durant l’année que passe la jeune femme sélectionnée aux côtés du Roi, elle peut lui demander UNE faveur. Si Yué arrive à séduire le jeune Roi, elle pourrait alors se servir de cette fameuse faveur pour obtenir vengeance.

Yue se met à travailler d’arrache-pied pour devenir une danseuse et une musicienne accomplie. Pendant ce temps, Akira, dont la renommée n’est plus à faire, réapparaît sur la scène publique, et fait courir le bruit que sa jeune soeur Yué s’apprête a faire ses débuts. En effet, avant de séduire le Roi, Yue doit déjà recevoir une invitation au bal, car seules les jeunes femmes les plus talentueuses y sont invitées.

geisha dancing with fans

Lors de la soirée durant laquelle Yué fait ses débuts, devinez qui est dans l’assemblée… Otiéno! Yué est pourtant distante avec lui, car elle doit se concentrer. Sa performance au shamisen, un instrument à cordes japonais, et son chant, font sensation. l’assemblée est transportée, émue. C’est le début d’une lente ascension sociale pour Yue, qui est invitée par des maisons de plus en plus prestigieuses à jouer du shamisen et à chanter.

Otiéno persiste et arrive à se faire accepter par Yué et Akira, qui encourage la jeune fille à passer du temps avec son amoureux. Pour autant, Yué est déchirée entre ses sentiments pour Otiéno et son désir de vengeance, qui ne passe que par le titre de Princesse de la Lune. Yué continue donc d’osciller entre tendresse et froideur, ne sachant que faire, et profitant autant qu’elle peut des moments de grâce qu’elle passe en sa compagnie.

L’ascension sociale de Yué est fulgurante. En deux mois, elle se fait inviter à chanter et jouer du shamisen par des personnages de plus en plus haut placés, dont un comte qui pourrait lui obtenir une invitation au bal de la Lune. Cependant, ce comte est un vicieux personnage, et Yué va devoir naviguer en eaux troubles: elle doit arriver à le charmer pour obtenir son invitation, sans qu’il croit qu’elle soit en train de lui faire une proposition indécente. Après tout, elle est la jeune soeur d’Akira, une célèbre geisha, et il serait « normal » qu’elle se prostitue.

Shamisen

Mais rien ne se passe comme prévu, et le comte coince Yué dans le jardin. Alors qu’il s’apprête à la violenter, Otiéno surgit et l’envoie valdinguer. Yué pense que ses chances d’assister au Bal de la Lune viennent de s’envoler, mais le comte, plus terrorisé qu’en colère, décide d’envoyer des invitations à Yué et Akira pour être certain qu’Otiéno ne reviendra pas le massacrer.

Yué et Otieno se voient presque tous les jours. Otieno lui apprend que son don est très fort, et que si Yue n’apprend pas à le maîtriser, il pourrait la tuer. Mais Yué refuse ce don, elle ne veut l’utiliser que pour assouvir sa vengeance. Akira essaie de la convaincre, mais Yué refuse tout net. Otiéno et Akira doivent se résoudre à laisser Yué vivre de manière dangereuse, avec un don si puissant qu’il pourrait l’anéantir. En effet, seuls les tisseurs d’ombre très puissant ont le pouvoir de guérison, comme lorsque Yué avait guéri Akira après qu’elles se soient échappées de prison.

Après quelques mois à vivre ensemble, Yué découvre qu’Akira est en fait un homme. Elle utilise ses pouvoirs pour avoir l’apparence d’une femme. Le Roi l’a acceptée telle qu’elle était, ce qui a rendue la Reine, son épouse officielle, furieuse. Non seulement son mari s’éprenait d’une courtisane, la gardait à ses côtés toute sa vie, mais en plus il s’agissait d’un homme!

Maiko_and_geisha_back

Yué est tiraillée entre ses sentiments pour Otiéno, qui deviennent de plus en plus forts, et son projet de vengeance. Tant et si bien qu’elle recommence à se scarifier. Akira, inquiète, essaie de la persuader de mettre tout ça derrière elle, de vivre son amour avec Otiéno. Mais rien n’y fait. Yué est déterminée, mais elle n’a jamais dévoilé son projet à Otiéno. Ce dernier lui explique que bientôt, sa délégation rentrera au pays, après deux ans au Royaume de la Lune. Otiéno propose à Yué de partir avec lui.

Sachant que la fin est proche, Yué cède aux avances d’Otiéno. Les amants tissent autour d’eux les ombres et connaissent leur première fois en plein air, sous un arbre.  Ce sont leurs adieux.

Geisha and cranesYué se prépare pour le Bal de la Lune. Elle met dans sa danse toute sa douleur liée à la perte de son amoureux. Elle transcende l’assemblée, et bien sur le jeune Roi. Cependant, à la fin de sa performance, qui vient lui rendre visite dans sa loge? Sa mère! Elle n’est pas du tout morte! Yué-Suzumé se montre froide et distante, mais évidement, elle ne résiste pas à la tentation de dévoiler son plan de vengeance à sa mère… qui disparaît, effarée.

Yué est choisie comme Princesse de la Lune, et conduite à la chambre nuptiale. Elle se rend compte que tout cela n’a pas de sens: sa mère est en fait en vie et heureuse, Otiéno l’aime… Yué décide de s’échapper avant que son nouvel époux royal n’arrive. ce faisant, elle perd une chaussure 😉

Mais, qui l’attend à la sortie de sa chambre? Cet horrible Terayama, qui veut en finir une fois pour toute avec Yué! Un combat sans merci s’engage entre la jeune fille et son beau-père. Yué finit par tuer Terayama et saute par dessus la balustrade pour atterrir… dans les bras d’Otiéno! Il n’était pas parti. Akira lui avait demandé de rester un peu plus, et lui avait tout raconté. Certaine que Yué allait changer d’avis, Akira avait posté Otiéno à la sortie du palais.

On ne retrouva jamais la jeune fille qui dansa si bien au Bal de la Lune. Et pour cause… elle voguait vers d’autres horizons, accompagnée de son amant.

Suzumé Otieno

 

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