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Chiisako’s Garden , KODAMA Yuki 小玉ユキ (2017)

Comme j’ai recommencé à lire des mangas, je redécouvre le plaisir d’aller choisir de nouveaux titres en librairie. Sauf que je n’ai plus ni le temps, ni la place, ni le budget pour les séries à ralonge, donc je vise les one shot. Celui-ci est une petite pépite de poésie.

As I’ve started reading manga again, I rediscover the pleasure of haunting bookstores in search of new titles. The only difference between now and then is that I don’t have the time, the space and the budget anymore for long series. So I’m targeting one shots of very short series. This one is a little gem.


Synopsis

Les chiisako sont de petits êtres vivant dans la nature, les forêts et les jardins. Seuls les enfants, ceux qui ne sont jamais tombés amoureux, et ceux qui vont mourir, peuvent les voir.

Chiisakos are small people living in nature, forests and garden. They can only be seen by children, people who have never been in love, and people who are about to die.


Mon avis – Review

Les dessins sont simples mais efficaces. Les arrières plans en intérieur ne sont pas très travaillés (par exemple, la chambre des filles se résume à plein de lignes horizontales et verticales, et si on y regarde de plus près on se rend compte que c’est un lit superposé et le parquet de la chambre :p ). Par contre les extérieurs en nature sont de toute beauté.

The art is simple but efficient. Indoor backgrounds aren’t getting much work on them and are pretty simple (for example the girls’ bedroom looks like lots of horizontal and vertical lines, which are supposed to be a bunk bed and the wooden floor :p ). But outdoor backgrounds are very pretty and beautifully executed.

Le design des personnages m’a un peu rappelé les studio Ghibli. C’est certainement la raison pour laquelle j’ai été attirée par ce volume, d’ailleurs 🙂

The character design reminded me a bit of Studio Ghibli. To be honest, that might be the reason why I was drawn to this manga in the first place.

Luna lit un livre sur les chiisako dans sa chambre, devant son jardin – Luna reads a book on chiisako in her room, facing the garden

Le livre est divisé en cinq chapitres qui pourraient être lus independement les uns des autres. Cependant il existe tout de même un fil conducteur entre trois chapitres, qui est la famille de la petite Luna.

The book is divided into five chapter, each of them can be read independently. There is however a continuity between three of the chapters, as they center around Luna, her family and her home.

Luna vient d’emménager dans une nouvelle maison à l’architecture traditionelle: des batiments organisés en carré autour d’un jardin central. Luna y découvre un chiisako qui s’appelle Ten (ce qui veut dire « poing », car il n’est pas plus gros que le poing de la main). Mais Luna est la seule à pouvoir voir le chiisako.

Luna is a little girl who just moved into a new house with her parents and elder sister. The house is a traditional old one, with four buildings surrounding a square garden. Luna discovers a chiisako in her new garden, called ten « which means « fist », as he is no bigger than a fist). But Luna is the only one who is able to see the chiisako.

Ten le chiisako qui habite dans le jardin de Luna – Ten, who lives in Luna’s garden

Elle connait l’existence de ce petit peuple de l’herbe car ses parents travaillent dans l’édition de livres pour enfants. Sa mère est éditrice et son père auteur-dessinateur. Elle a plein de livres d’une auteure de la maison d’édition de sa mère qui parlent des chiisako. Ten les lit avec elle.

She knows about these little people from children books. Her parents both work for a children book editing house; her mom as an editor, and her father as an author. Hence, Luna has all the books about chiisako at home.

Mais Luna en a marre qu’on ne la crois pas et s’enfuit avec Ten. Ce dernier, bien qu’il soit invisible aux yeux de la famille de Luna, va les aider à retrouver la petite fille. La mère de Luna se rappelle alors qu’elle aussi, quand elle était petite, elle avait rencontré un chiisako.

But over a disagreement with her parents, Luna decides to run away from home with Ten. Although he cannot be seen by Luna’s family members, Ten will help them to find the little girl. Luna »s mom then remember that she also encountered chiisako when she was little, but she had forgotten about it up until now.

C’est une jolie fable sur le fait d’être connecté à son âme d’enfant, à apprécier la nature telle qu’elle est (la maman voulait faire du jardin une terrasse, détruisant ainsi l’habitat du chiisako).

It is a beautiful fable about being connected to our inner child and nature (Luna’s mom originally wanted to make the garden into a terrace, thus destroying the natural habitat of the chiisako).

Luna découvre Ten le chiisako – Luna meets chiisako Ten for the first time

Un autre chapitre nous renvoie dans le passé, quand un samourai et sa jeune épouse habitaient la maison de Luna. Ten habite alors déjà le jardin, mais a les cheveux courts. La jeune femme peut le voir, mais pas son mari. On comprend alors que l’apouse du samourai n’a jamais été amoureuse. Il faudra qu’un concurent arrive pour que la jeune femme réalise qu’elle aime son mari. Et encore, elle ne s’en rend compte que parce qu’elle ne voit plus Ten.

Another chapter shows the house in ancient times, when it was inhabited by a samurai and his much younger wife. Ten is already there, his hair is just much shorter. The young lady can see him, but her husband cannot. We understand that he loves her but she doesn’t love him. After the samurai is ready to give her up to another so that she can be happy, the young woman finally realises that she loves her husband. She does so because she cannot see Ten anymore.

Dans la même veine, un chapitre raconte l’histoire d’un jeune homme très charmant dont toutes les femmes sont amoureuses, mais qui, lui, ne l’a jamais été. Lors d’une sortie avec une collègue en montagne, pour un réparage, ils rencontrent un chiisako. Les deux jeunes gens n’ont donc jamais été amoureux, ni l’un ni l’autre. Quand tout à coup, le chiisako disparait pour le jeune homme, alors que la jeune femme continue de papoter tranquillement avec lui. Et donc, il se rend aussi compte qu’il vient de tomber amoureux. Super chou.

About being in love, there is another chapter with a similar storyline. A very charming young man who’s never been in love and her colleague go on a field trip to the mountain for work. They meet a chiisako there. As both of them have never been in love, they can both see him and start chatting with him, spending the day together. But at the certain point, the chiisako disappears for the young man, while his colleague still happily chats up the chiisako. He then realises that he has fallen for her.

Pour revenir à Luna, le dernier chapitre montre sa maman, éditrice, qui rend visite à l’auteure, vieille et malade, des livres d’enfant sur les chiisako. La vieille dame se souvient de comment elle a rencontré les chiisako alors qu’elle avait eu un accident mortel en montagne. Etant sur le point de mourir, les chiisako l’avaient emmenée dans leur royaume, et elle était tombée amoureuse de leur prince. Mais elle avait été trouvée et miraculeusement sauvée. C’est ainsi qu’elle a pu écrire les livres sur les chiisako que lit Luna. Au seuil de sa vie, la vieille dame reçoit la visite du prince des chiisako, et ensemble ils s’en vont.

Back to Luna: the last chapter is about her mom, who works as an editor for a children book editing house, and how goes to visit an old lady. She’s the author of the chiisako book series, and she remembers how she first met them when she was a young woman who had sustained a deathly fall in the mountains. As she was about to die anyway, the chiisako had taken her soul with them to show her around their kingdom,a nd she had fallen in love with their prince. But she was miraculously saved. Remembering everything she had witnessed when she was about to die, she started writing the chiisako book series. Now that she is about to die of old age, the chiisako prince is back to take her soul with him so that they can be together for ever.

Super triste et super poétique 🙂

So sad but so beautiful 🙂

Il y a un autre chapitre qui raconte l’histoire d’un ado qui n’ose plus sortir de chez lui, et qui rencontre une chiisako qui arrive par erreur sur son balcon. Grâce à elle, il va reprendre goût à la vie et oser affronter le monde extérieur.

There is another chapter about a teenage boy who doesn’t dare going out of his house anymore. A female chiisako ends up on his balcony after riding a bird. Thanks to her, he starts appreciating life again and dares to live his life.

Comme vous pouvez le constater, ce sont des petites histoires douces et poétiques. La nature est omni présente. Les chiisako sont un mix entre fées et lutins, qui aident les humains à se reconnecter à leurs sentiments (par exemple, comprendre qu’ils sont amoureux :p ), et à affronter les épreuves de la vie.

As you can see, these are short and sweet stories. Nature is at the center of the book. Chiisako are a mix of fairies and elves but without wings. They help humans to reconnect with their inner feelings (like: being in love :p ), and to face life’s hardships.

J’ai lu le premier chapitre avec ma fille de 5 ans et elle a beaucoup aimé (l’histoire de Luna qui s’enfuit et sa maman qui la retrouve grâce au chiisako, même si elle ne peut le voir). Elle a d’abord été surprise par le fait qu’il n’y ait pas de couleurs (« c’est moche maman, c’est tout noir et gris »), mais très vite elle est passée outre et a vraiment été prise par l’histoire. C’est son premier manga :)Je suis toute fière.

I read the first chapter to my 5yo daughter, and she liked it a lot (the story of little Luna running away and her mom finding her with the chiisako’s help, even though she can’t see him). My daughter was first surprised by the lack of colours (« Mom it’s all black and grey, so ugly »), but very quickly she was absobded by the story and forgot about it. It’s her first manga. I’m so proud!

Je l’ai bien sur acheté pour moi en premier lieu, mais après l’avoir lu , je me suis rendue compte que c’était des jolies fables tout à fait accessibles aux enfants, avec un beau message. Et comme les chapitres sont courts, c’est parfait pour son âge. On avait lu l’adaptation en livre du Voyage de Chihiro ainsi que d’Arrietty, et ça faisait quand même long pour elle. On devait lire les livres en plusieurs fois. Là, on a une « histoire du soir » complète, ni trop longue, ni trop courte.

Of course I bought the book for myself, but after reading it, I realised it was perfect for children as well. These are beautiful fables, accessible to children, with a beautiful message. And since chapters are short, it’s perfect for my daughter. Previously we read the book adaptation of Studio Ghibli’s Chihiro and Arrietty, and even though they were coloured, the story was too long and it took us a few evenings to go through the book each time. Here one chapter is a full story and it’s perfect as a bedtime story, as it isn’t too long but not too short either.

Ten essuie les larmes de Luna – Ten wipes away Luna’s tears

Il y a même un chouïa de suspense dans certaines histoires, ce n’est pas juste contemplatif et tranche de vie. On a un peu d’action 🙂

There is even a bit of suspense in some stories, it isn’t just a slice of life kind of thing. A bit of action 😉

C’est donc une très belle découverte pour moi. Je recommande à 100% si vous cherchez un truc mignon mais pas neuneu, qui parle de sentiments et de nature. Et qui se lise vite 😉

It is a beautiful manga. I warmly recommend it is you are looking for something cute but not stupid, which deals with nature and feelings. And that you can read quickly 😉


Pour aller plus loin

Voici un article du Monde sur le manga.


L’auteure – Mangaka

KODAMA Yuki 小玉ユキ est née le 26 septembre à Sasebo dans la préfecture de Nagasaki, au Japon.

Elle se fait connaître par la série Kids on the Slope qui raconte l’amitié de deux lycéens japonais, le sérieux Kaoru et le rebelle Sentaro, dans les années 1960 : bien que tout semble les opposer, ils aiment se retrouver dans l’arrière-boutique d’un disquaire pour jouer du jazz, un plaisir qui fait naître une amitié non-dite ; en 2011, la série obtient le prix Shōgakukan en catégorie « général ».

En 2017, elle publie Chiisako Garden, une nouvelle œuvre reposant également sur des non-dits. Elle y ajoute un nouveau chapitre paru en août 2019 dans le magazine de prépublication Flowers. Les éditions Vega en propose une publication en français avec une traduction des textes par Ryoko Akiyama.

Vous pouvez consulter son site et la suivre sur Twitter.

KODAMA Yuki 小玉ユキ was born on September 26th in Sasebo of Nagasaki Prefecure, Japan.

She got famous for her series Kids on the Slope, which is about two teenage boys, serious Kaoru and rebellious Sentaro in the 1960s. Even though they are very different, they like to meet at the back of a music shop to listen to jazz music, starting a secret friendship. In 2011, the series won the Shogakukan prize in the general category.

In 2017, she publishes Chiisako Garden. A new chapter is added in August 2019 in the magazine Flowers.

You can have a look at her website and follow her on Twitter.

2 réflexions au sujet de “Chiisako’s Garden , KODAMA Yuki 小玉ユキ (2017)”

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