Pachinko, Min Jin Lee

Pachinko, Min Jin Lee

pachinko EnglJ’ai choisi ce livre au hasard lors de mon pèllerinage à Crossword, l’équivalent indien la la FNAC, lors de notre dernier voyage en Inde. C’est le seul livre qui ne parle pas de l’Inde. Le titre et l’illustration m’ont interpellée, car j’aime beaucoup tout ce qui s’intéresse de près ou de loin à l’Asie extrême-orientale. J’ai jeté un coup d’oeil rapide au résumé, et ça m’avait l’air plutôt intéressant.


Jacquettes: La jacquette de mon édition est magnifique. Elle représente une peinture extrême-orientale (coréenne je suppose) à la symétrie parfaite, reprenant des élément de la peinture asiatique classique: grues et lotus, et l’océan tout en bas. Ca me rappelle un peui les robes des Empereurs Jaunes (les empereurs chinois). Le titre et les critiques qui encensent le livre se détachent sur fond rouge, une couleur jugée auspicieuse en Asie extrême-orientale. Le titre et le nom de l’auteure sont en lettres dorées, une autre couleur porte-bonheur. Pas de référence directe à l’histoire, si ce n’est qu’elle se passe dans cette partie du monde, mais une illustration de toute beauté qui m’a tout de suite attirée.

Une autre édition anglaise montre tout simplement un pachinko, le petit billard vertical qui sert de machine de jeu aux japonais, et qui donne son nom au livre. C’est un choix simple et élégant.

Une édition reprennant le titre en coréen et en anglais (je n’arrive pas à savoir, du coup, si c’est l’édition coréenne?) montre une femme coréenne en hanbok, la tenue coréenne féminine traditionelle, vendant des snacks sur un marché. C’est une référence à Sunja, la matriarche de cette saga familiale. Des silouhettes de pivoines se détachent en rouge sur la photo est en noir et blanc.


Résumé et avis en bref: Sunja a 15 ans à Yeongdo, une petite ville de Corée, au début des années 1900. Elle tombe enceinte d’un yakuza. Désespérée, elle accepte l’offre de mariage d’un pasteur de passage, Izak Boek, qui vient de Pyongyang et qui s’en va rejoindre son frère à Osaka, au Japon.

Yeongdo
Yeongdo

C’est une saga familiale qui commence avec Honnie, le père de Sunja, et qui suit cinq générations; d’abord en Corée à Busan, puis au Japon à Osaka et Tokyo.

Surtout, c’est une leçon d’histoire magistrale. Saviez-vous que la Japon avait annexé la Corée au 20è siècle? Moi non plus. La Corée est donc un genre de colonie japonaise, comme a pu l’être l’Algérie pour la France. Les mêmes problématiques d’intégration se posent. Les coréens sont traités comme des citoyens de seconde zone.

On apprend aussi pas mal de choses à propos de la minorité chrétienne coréenne. Je savais qu’il y avait pas mal de chrétiens en Corée, mais c’était tout.

Pachinko 1Le pachinko, un jeu qui ressemble à un billard vertical, et sur lequel on parie, va sauver la famille de Sunja de la misère et de la pauvreté. On réfléchi beaucoup sur ce qui est moral, et ce qui ne l’est pas, dans ce livre. La fierté de Sunja, qui s’est faite avoir par son yakuza alors qu’elle était complètement ignorante des choses de la vie, refusera son aide longtemps… jusqu’à ce qu’elle en ai vraiment besoin.

C’est une saga qui court de 1900 aux années 1990, autant dire qu’il se passe pas mal de choses. Sur la fin on a du mal à s’attacher réellement aux personnages. il aurait peut-être fallut plusieurs tomes pour plus développer les années les plus récentes. C’est quelque chose que je retrouve fréquemment dans les sagas (que ce soit la Trilogie du Siècle ou Le Mont-Brûlé). Je pense que vers la fin, les auteurs en ont marre 😉

Une très bonne découverte, pas sorti en français malheureusement (à ma connaissance). A lire pour tous ceux que l’histoire d’Asie intéresse.


Mon avis: C’est un livre que j’ai beaucoup aimé. Je me suis attachée à quelques personnages – Sunja, l’héroïne et matriarche de la famille, et ses fils Noa et Mozasu (la transcription japonaise de Moïse).

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L’histoire avec un « Grand H »: Le Japon engage une politique expansioniste et colonialiste, à l’image des pays coccidentaux, dès la fin du 19è siècle. Suite à une bataille entre la Russie et le Japon en 1905, la Corée devient un protectorat japonais. Une résistance coréenne se met en place et une tentative d’assassinat du représentant du Japon en Corée a lieu en 1909. En représailles, le Japon annexe officiellement la Corée en 1910. Le Japon annexe ensuite la Mandchourie et une partie de la Chine.

La colonisation de la Corée signifie que tout ce que les coréens possédaient leur est peu à peu enlevé. La Corée sert de réservoir à soldats pendant les différentes guerres que mène le japon, et les femmes sont prostituées pour le bon plaisir des soldats japonais. Les propriétaires perdent leurs terres et leurs maisons. Ayant tout perdu, beaucoup de coréens fuient leur pays pour tenter leur chance en Mandchourie ou au Japon.

En 1945, la Seconde Guerre Mondiale prend fin, en Asie, avec les bombardement d’Hiroshima et Nagasaki. La Corée est divisée entre le nord, sous influence soviétique et communiste, et le sud, sous influence américaine. Le Japon est du côté des perdants, et est occupé par les américains de 1945 à 1952, qui imposent la démocratisation du pays.

La Guerre de Corée a lieu de 1950 à 1953, et se solde par un armistice. Le status quo entre les deux Corées est de mise depuis. Quant au Japon, il connait un essort économique impressionant, malgré quelques chocs financiers.

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Colonisation et discrimination: j’ai été frappée par les paralèles évident que l’on peut faire entrela colonisation de la Corée par le Japon, et celle que notre douce France a menée en Afrique du nord notament. Les problématiques sont identiques: on pille un pays de ses ressources, et on traite ses ressortissants comme des citoyens de seconde zone.

Les coréens qui viennent vivre au Japon, qui est donc « leur » pays aussi, vu que la Corée est désormais le Japon, n’ont de facto pas le droit de louer ou acheter des logements en dehors du ghetto crasseux dans lequel ils doivent s’entasser. Personne ne leur louera ou vendra quoi que ce soit en dehors du ghetto. Ils vivent à plusieurs dans un espace restraint avec poules et cochons.

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Ghetto coréen au Japon

Discrimination à l’emploi aussi: Personne ne veut engager des coréens, même s’ils sont qualifiés. Les coréens travaillent de manière diligente et sans faire de vagues… ou se tournent vers l’empire du jeu -le pachinko- et de la mafia – les yakuza. Ce sont les seules secteurs dans lesquels un coréen établi au Japon peut faire fortune. Sunja est obligée de vendre du kimchi et des confiseries qu’elle fabrique dans sa cuisine au marché local pour subvenir aux besoins de sa famille.

Discrimination à l’école: on est traité de « sale coréen » par ses camarades, comme d’autres pourraient traiter un enfant d’origine maghrébine de « sale arabe ». d’ailleurs, un gosse n’y survit pas: il se jette par la fenêtre.

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Fillettes coréennes

L’identité culturelle coréenne est effacée autant que faire se peut: le hanbok, le costume traditionel coréen, une robe très bouffante, est vite abandoné au profit de vêtements européens, afin de pouvoir se fondre dans la masse. Le prénom et le nom des coréens sont japonisés, ce qui fait que les coréens ont souvent plusieurs « identités ».

Et même après des générations, les coréens nés de parents eux-mêmes nés au Japon ne peuvent demander la nationalité japonaise. Ils doivent ad vitam eternam s’enregistrer au poste de police à partir de le 16è anniversaire. Happy birthday!

 

Vintage Photos of Yakuza with Their Tattoos (2)
Yakuza tatoué

Les yakuza: les yakuza sont la mafia japonaise. On rencontre cette organisation tentaculaire par le biais de Koh Hansu, un coréen qui a rejoint la mafia et qui s’est marié avec la fille de son boss.

 

On n’en sait pas trop sur Koh Hansu lui-même, mais ses actions montrent qu’il a une vie privilégiée: une villa qui ressemble plutôt à un chateau, des serviteurs en veux-tu en voilà, il est toujours impecablement habillé, offre une montre suisse en or à Sunja… alors que la moitié du pays, Corée comme Japon, crève de faim.

Grâce à son réseau, il a les moyens de cacher Sunja et sa famille lors de la guerre et des bombardements, assurant leur survie. Il aide aussi indirectement Sunja lorsqu’elle a besoin d’un travail pour subvenir aux besoins de sa famille, mais qu’elle refuse son aide financière.

Mais l’argent n’achète pas tout, et ce qu’il désire le plus au monde, il ne l’obtiendra jamais: l’amour de Sunja et de son fils naturel, Noa.

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Pachinkos

Le pachinko: la deuxième carière de coréen au Japon. Le pachinko est une sorte de billard vertical sur lequel on parie. Ca se joue en arcade, comme les machines à sous. Tremper dans l’univers du pachinko, c’est comme tremper dans l’univers des casinos: c’est louche, c’est sale, y’a anguille sous roche. Les japonais jouent, mais ne s’abaisseraient certainement pas à trravailler dans une arcade de Pachinko.

Finalement, c’est le pachinko qui sauve la famille de Sunja. Après des années, que dis-je, des décénies de galère, son plus jeune fils Mozasu commence à travailler au pachinko, et devient rapidement gérant, puis propriétaire. Enfin, on peut respirer, financièrement parlant. Ouf! Même Noa, le fils ainé, éduqué et universitaire de Sunja, se tournera finalement vers le pachinko pour vivre.

Solomon, le fils de Mozasu, s’essaiera à une carière de banquier, mais le pachinko le rattrapera. Bref, le pachinko, ils ont ça dans le sang, mamgré eux.

Le pachinko étant un jeu de hasard, on voit bien comment la petit famille de Sunja est baladée comme une bille de pachinko, au gré des évènements historiques et du bon vouloir de ceux qui croisent leur route.

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Une église coréenne au début de l’occupation japonaise

La religion: alors alors, il ya des chrétiens en Corée! Et même qu’ils allaient prêcher la bonne parole au Japon! Et je ne parle pas de missionaires étrangers, mais bien de coréens convertis. Le mari de Sunja, Izak Baek, est l’un d’entre eux. Complètement exhalté par sa foi, il sauve Sunja du déshoneur en épousant la jeune fille enceinte.

Sous l’empire japonais, les citoyens se doivent de se rendre au temple (bouddhiste? shinto?) du coin pour faire allégence à l’Empereur du Japon, sachant que l’empereur est une incarnation divine. Même les chrétiens. Il est intéressant de noter que l’autorité chrétienne du coin a décrété qu’il n’y avait aucune contradiction là dedans: les chrétiens du Japon doivent remplir leur devoir civique en faisant allégence à l’Empereur, cela n’quivaut pas du tout à s’incliner devant des idoles ou que sais-je d’autre. un bon comprmis pour sauver la peau des peu de fidèles de l’Eglise.

Sunja ne comprend pas vraiment la religion de son mari, mais elle suit ce qu’on lui enseigne, et finit par devenir chrétienne dans son coeur. Enfin je crois. La Bible guide les actions d’Izak et de son frère ainé Yakob. Elle guide aussi les pas de Noa.

Etre chrétien en plus d’être coréen, c’est vraiment cumuler les handicaps.

Pyongyang
Pyongyang comme elle ne sera plus jamais

L’identité coréenne et la diaspora: Quand un pays traverse autant de merdes que la Corée au siècle dernier, il ne faut pas s’étonner que beaucoup de ses citoyens parent tenter leur chance ailleurs. Chez les Baek, tous nés au Japon depuis que Sunja et Izak y ont immigré, on se sent coréen parce qu’on n’est pas intégré à la société d’accueil.

Les vieux parlent avec nostalgie de Yeongdo (le village d’origine de Sunja) ou de Pyongyang, où les parents d’Izak et Yakob étaient de riches propriétaires terriens. Mais lorsque Mozasu et son fils Solomon, tous deux nés au Japon, s’y rendent, ils sont considérés comme des japonais par les locaux. Et ils ne se sentent aucune attache particulière avec le pays.

Parlons un peu de la chérie américano-coréenne de Solomon: née aux USA de parents d’origine coréenne, elle est un pur produit de la société dans laquelle elle a grandit. Elle ne sait pas cuisiner coréen parce que sa mère travaillait trop pour cuisiner. Ils mangeaient des pizzas et allaient de temps en temps au resto coréen, pour les occasions.

Elle s’offusque lorsque des japonais lui demande si elle est coréenne du sud ou du nord. Ses parents ont quitté la Corée avant la partition, donc cette question n’a aucun sens. Elle est américaine d’origine coréenne. Elle n’arrive pas à se faire à la discrimination que subissent les coréens au Japon, et fera ses valises lorsque son chéri lui explique qu’il va prendre la relève du paternel au pachinko.

Les coréens du Japon essaient autant que faire se peut de cacher leur identité coréenne. Yumi, la femme de Mozasu, se fait appeler par son prénom japonais. Il en est de même pour Noa, qui préfère être Nobuko, et qui vivra sa vie japonaise en toute tranquilité jusqu’à ce que son passé et sa famille refassent surface.

Busan circa 1900
Busan, la « grande-vile » près du village de Sunja

 

La partition de la Corée: avec la partition de la Corée, il devient presque impossible pour ceux qui sont partis de rentrer chez eux. Le pays qu’ils ont laissé derrière eux n’existe plus. Les propriétaires terriens ont été expropriés et/ou tués, le pays est ravagé… auncun retour en arrière n’est possible. Ceux qui veulent tenter leur chance dans la nouvelle République démocratique populaire de Corée (autrement dit, la Corée du Nord), on n’en n’entend plus jamais parler… Les coréens du Japon sont donc coincés, le cul en tre deux chaises: plus vraiment coréens, mais jamais vraiment japonais.

La société japonaise en crise: la famille de Sunja se retrouve coincée au Japon, alors que celui-ci subuit une défaite en se retrouvant du côté des perdants après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les bombardements atomiques laissent leur emprunte sur la famille, avec le beau-frère de Sunja qui est brûlé – mais pas mort. Ce sont les femmes qui devront assurer la survie de la famille, renversant les rôles traditionels.

Après la guerre viennent les crises économiques successives, mais la famille arrivera à s’en sortir grâce au soutient discret de Koh Hansu.

Jeune coréenne circa 1900
Sunja, telle que je me la représente à 15 ans

Et l’amour dans tout ça? Les histoires d’amour sont en général très belles dans ce roman. Il s’agit d’amour véritable. Le seul mariage arrangé dont il est question a lieu entre deux jeunes gens qui se connaissent et s’aiment depuis l’enfance. Ok, Il y a aussi le mariage d’intérêt de Koh hansu avec la fille de son patron, mais il vit un amour véritable pour Sunja, sa petite coréenne.

Sunja et Koh Hansu sont amoureux, c’est indéniable, mais dans les mauvaises circonstances. Pourtant il ne renoncera jamais à elle, et encore moins à Noa, leur fils. Surtout qu’il n’a eu que des filles avec son épouse officielle (et les filles c’est nul, vive la patriarchie). Sunja, quant à elle, a des sentiments contradictoires envers son amant: des fois elle aimerait être sa maitresse pour toujours, d’autres fois elle sait qu’elle a eu raison de sauver son honneur.

Sunja aimera d’un amour dévoué son époux, Izak Baek, qui la sauve du déshonneur.

L’amour filial a aussi une grande place dans ce livre. L’amour que Koh Hansu porte à son fils Noa est ambigu: amour paternel véritable, ou intéressé? Sunja aimera à vie ses deux fils, Noa et Mozasu. Les parents de Sunja, dont elle est la fille unique, l’aiment d’un amour inconditionel.

L’écriture: j’ai été portée par l’écriture de Min Jin Lee. Vers la fin on sent un peu de lassitude de la part de l’auteure, ça va un peu plus vite et on s’attache moins aux personnages, mais c’est tout de même un super bouquin.


LeeMinJinL’auteure: Min Jin Lee est née à Séoul en 1968. Ses parents immigrèrent aux USA en 1976, alors qu’elle était âgée de sept ans.  Elle a grandit dans le Queens à New York, où ses parents possédaient un magasin de gros pour la bijouterie.

Elle a étudié l’histoire avant de se tourner vers le droit. Min Jin Lee a été avocate pendant plusieurs années avant de se tourner vers l’écriture. Elle écrit beaucoup à propos des liens entre la Corée et les USA.

Elle vit maintenant à New York avec son fils et son mari Christofer Duffy, qui est lui-même moitié japonais. Elle a vécu quatre ans à Tokyo, au Japon, où elle a pu mener à bien ses recherches pour son roman Pachinko.

Vous pouvez en apprendre plus sur Min Jin lee en consultant son site web.


pour aller plus loin:

Et une petite vidéo pour finir sur l’occupation japonaise en Corée:

 

 

 

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Coeur Cerise (Cherry Crush), Cathy Cassidy

Coeur Cerise (Cherry Crush), Cathy Cassidy

coeur-cerise-01L’autre samedi, il pleuvait, alors j’ai emmené Mademoiselle à la bibliothèque. Je suis d’ailleurs très fière qu’elle adore cet endroit, c’est bien la fifille à sa maman! Comme d’hab, on a regardé les livres d’images, et puis comme elle commence à être bien indépendante, je l’ai laissée « lire » un peu toute seule et je me suis aventurée au delà du rayon jeunes enfants. Donc pas bien loin, j’étais toujours chez les mioches, hein (les adultes c’est au premier, pas moyen que j’y aille sans que Mademoiselle fasse un scandale, et de toute façon j’ai trop de bouquins dans ma PAL).

Bref, littérature jeunesse, donc. Et la, je tombe sur des romans dont j’entends beaucoup parler: les séries Les Filles Au Chocolat et Tara Duncan. Dans l’intérêt de la science (et pas du tout parce qu’il fait froid et que j’ai envie de lectures faciles sous mon plaid avec un chocolat chaud), j’ai donc emprunté les premiers tomes de ces deux séries destinées aux ados. De toute façon, même à (presque) 35 piges, je reste une ado dans ma tête.


Résumé et avis en bref: Cherry a 13 ans et vit à Glasgow avec Paddy, son père. Cherry n’a plus de maman, mais elle sait que cette dernière était japonaise. Paddy rencontre l’amour et déménage avec Cherry dans le sud du pays. Sauf que la nouvelle fiancée de Paddy a déjà quatre filles d’un précédent mariage. Cherry arrivera-t-elle à se faire une place dans cette nouvelle famille?

Je comprends tout à fait pourquoi cette série a autant de succès. Ca a très bien marché sur moi, donc je pense que les petites nanas préados vont accrocher à 200%. L’histoire est toute mignonne, il y a des rebondissements et des explications auxquels on ne s’attend pas, et une jolie romance pour Cherry.

Certains sujets graves sont traités, comme la recherche de l’identité, la mort d’un parent, la mythomanie, le divorce, l’acceptation, la famille recomposée, l’amooouurr… et bien sur l’adolescence. Ca reste « gentillet » sans virer gnan-gnan. Je vais vite lire la suite 🙂

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Le Sommerset, où la nouvelle vie de Cherry va commencer

Jaquettes et traductions: Le titre original est Cherry Crush, dont la traduction littérale est « coup de coeur pour Cherry », avec un jeu de mot puisque « crush » peut désigner un bonbon ou une douceur, et Cherry veut aussi dire « cerise ». Donc la traduction française « Coeur cerise » est très bien trouvée. Avec les cupcakes de l’illustration, on pense à un gâteau fourré à la cerise. Bon, en l’occurrence, il s’agit de chocolat (quelqu’un veut un Mon Chéri?), mais ça passe. Apparemment il y avait eu une autre version du livre, qu’on avait appelé Un chéri pour Cherry. Jeu de mot lourdingue (et les Mon Chéri refont surface dans ma tête, mais passons).

Coeur Cerise a été gardé en finnois, en allemand et en espagnol. En catalan, on a Couleur Cerise, en roumain c’est La Passion de Cherry, et en hongrois Rêve de Cerise. Ces titres marchent tous et sont, de toute façon, bien mieux que Un chéri pour Cherry 😉

Au niveau des illustrations, on a soit la couverture rouge de l’édition originale en anglais qui est reprise, soit celle de l’édition française avec les cupcakes. La version roumaine a un peu réarrangé l’illustration originale mais ça reste très ressemblant. La couleur dominante est le rouge, quelle que soit l’édition, et des petits clins d’oeil au Japon sont présents. Il y a enfin une version anglaise avec le portrait de Cherry.


Mon avis: Coeur Cerise est un vrai petit délice 🙂 J’ai replongé avec joie dans les tourments de l’adolescence – qui ressemblent d’ailleurs à s’y méprendre aux tourments des adultes. Ca m’a rendue toute nostalgique de mes vacances à la mer, quand avec mes copines on se pâmait devant le beau gosse de 16 ans du camping. Véridique 😉

Le métissage: Cherry est différente; elle n’a pas de maman, et ne ressemble pas à son papa. C’est parce qu’elle est métisse nippo-écossaise (maman japonaise et papa de Glasgow). Ce métissage n’est pas exploité plus que cela, mais c’est une part importante de l’identité de Cherry.

Cherry se rattache à sa maman par des objets « japonisants », qu’elle garde dans sa boite à trésors. En quête de son identité, de savoir qui elle est vraiment, Cherry se construit un monde dans lequel le Japon a une grande place.

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La mythomanie: Comme beaucoup d’enfants qui n’ont pas de parent(s), Cherry préfère imaginer une maman super star plutôt que d’admettre la dure réalité. C’est un mécanisme d’auto-défense bien connu. Cette tendance que Cherry a à embellir sa réalité, bien morne, lui posera des problèmes. Cependant, elle découvre bientôt que lorsque l’on rencontre des gens ouverts d’esprit qui sont prêts à vous accueillir telle que vous êtes, mentir n’est plus aussi essentiel.

La famille: nous voici devant plusieurs modèles familiaux alternatifs: un papa célibataire qui peine à joindre les deux bouts et qui sacrifie son rêve pour sa fille unique, et une maman qui a pris la décision de mettre fin à une relation abusive, malgré un business à gérer et quatre filles à éduquer.

Ces deux là vont former une famille recomposée, en tentant de ne pas trop froisser les sensibilités.

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C’est comme cela que j’imagine la nouvelle demeure de Cherry et Paddy

Le divorce: Chez les Tanberries, le départ du papa, très peu présent, a plutôt été bien vécu par trois des filles. Mais pour l’aînée, Honey, ce n’est que provisoire et son papa chéri va revenir. Le fait que Paddy et Cherry viennent s’installer chez elle bouleverse les certitudes de réconciliation entre ses parents dont rêve Honey.

La crise d’ado: les affres de l’adolescence n’aident pas. Honey a 14 ans et est hyper sensible. Elle déborde d’émotions contradictoires. Je me suis complètement retrouvée au même âge, avec mes parents qui divorçaient aussi. J’ai compris ses sautes d’humeur et sa détresse.

A côté de ça, on a Cherry, qui a six mois de moins,  et qui compose avec la situation d’une autre manière: elle s’évade dans sa rêverie et se perd dans les histoires qu’elle se raconte.

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Moi aussi j’aimerais bien avoir ma chambre dans une roulotte!

L’amour: Cherry s’éveille à ses premières amours, et c’est très chou. Le problème c’est qu’il est déjà pris, mais il insiste. Je n’aime pas trop quand les garçons « insistent ». Ca m’a un peu saoulée. Cherry sait ce qu’elle fait, et ce mec, un peu perdu, s’amourache d’elle, et ne comprend pas pourquoi elle préfère mettre de la distance. Hello mec, t’es déjà pris??? Sois un peu au clair avec tes sentiments, avant d’aller compter fleurette à une autre. Bref, ce gars est aussi un ado un peu perdu.

Cependant, leur relation est très mignonne, et les moments volés pendant la nuit ( n’allez pas vous imaginer quoi que ce soit, elle n’a que 13 ans, ils ne font que parler, même pas de bisou, ok??) sont vraiment jolis et emprunts de magie. Et le dénouement est plutôt chouette, on ne peut qu’être content pour nos deux tourtereaux.

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Evidemment, l’objet des ardeurs de Cherry joue de la guitare au coin du feu 😛

Le chocolat: cette série s’appelle Les Filles en Chocolat, mais pourquoi donc? Mais parce que Paddy, le papa de Cherry, a pour projet de monter une entreprise de chocolaterie, dans laquelle toute la famille est impliquée! Surtout pour goûter ses créations, comme le chocolat à la betterave (un succès plus que mitigé), ou celui à la cerise 😉

In a nut shell: c’est un roman que j’ai vite lu, et que j’ai beaucoup aimé. C’est bien écrit, les personnages sont choupis, ils ont tout de même une certaine profondeur psychologique, et il y a beaucoup de poésie dans l’écriture. Mention spéciale aux baignades dans l’eau glacée, au bâtiment du BnB, et à la roulotte. Parfait pour les jeunes filles, de pré-ado à ado (10 à 15 ans, je dirais).


L’auteure: Cathy Cassidy est née en 1962 à Coventry, en Angleterre. Elle a toujours aimé écrire et dessiné, et a écrit son premier livre d’images pour son petit frère lorsqu’elle avait huit ans. Elle écrivais aussi des BDs qu’elle vendait quelques pences à ses amis, pour ensuite les leur reprendre et les vendre à d’autres, car elle n’avait pas accès à une photocopieuse!

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Cathy Cassidy a commencé sa carrière dans un magazine, puis elle a repris ses études en école d’art. Après avoir été professeur d’art à Coventry pendant quelques années, elle a déménagé avec son petit ami, Liam, en Ecosse, afin de fonder une famille. Elle continuait d’enseigner l’art. Maintenant que ses enfants sont grands, elle vit à Liverpool dans une belle maison victorienne.

Cathy Cassidy est végétarienne depuis 30 ans et végane depuis 10 ans. Elle adore ses chats et ses chiens, et bien sur écrire. C’est une auteure prolifique de littérature jeunesse, plutôt pour les jeunes filles.

Vous pouvez en apprendre plus sur elle en visitant son site web (en anglais).


Produits dérivés: Coeur Cerise est le premier tome de la série Les Filles Au Chocolat, dont chaque tome est consacré à une fille de la famille recomposée Tanberry-Costello.Les filles au chocolat

Roald Dahl

Roald Dahl

Aujourd’hui c’est le 101ème anniversaire d’un grand Monsieur de la littérature jeunesse

Roald Dahl

Inclinez-vous, prosternez-vous!

Roald Dahl birthday quiz - how well do you know your Dahl? Quentin Blake

Dans le cerveau de cet homme, ont pris naissance une petite fille surdouée, d’ignobles sorcières, une pêche géante, une chocolaterie de rêve…

J’ai rencontré Roald Dahl avec Matilda. Je ne me souviens plus quel âge j’avais. Je savais lire, puisque je l’ai lu toute seule, et j’étais déjà un vrai petit rat de bibliothèque. Je devais donc être en fin de primaire, peut-être en début de collège?

MatildaMatilda, si vous ne la connaissez pas, incarne la lectrice par excellence. Née dans une famille défavorisée, violente et stupide, Matilda est la seule membre de sa famille a savoir se servir de son cerveau. Et elle s’en sert bien, puisqu’à 4 ans elle avait déjà appris à lire toute seule, en dépit de circonstances familiales et environnementales plus que défavorables.

Honnêtement, quand j’ai lu que Matilda avait appris à lire toute seule, je me suis sentie un peu nulle. J’avais troooop trop envie d’être Matilda, identification à (presque) 100% parce que moi aussi, je lisais tout le temps (mais bon je n’ai jamais été battue, et mes parents sont plutôt sympas et intelligents, d’où le « presque »). Mais bon, clairement, je n’étais pas surdouée. Ca se serait su, je pense!

Et le top du top, c’est qu’en plus d’être surdouée et avide lectrice, Matilda a des pouvoirs de télékinésie. Mon héroïne!!! Et elle arrive à se débarrasser, par le savoir et quelques tours de passe-passe, de sa famille pourrie et de la directrice de l’école qui l’avait prise en grippe (les adultes n’aiment pas les enfants trop intelligents, ça leur fout la frousse).

C’est en lisant Matilda que j’ai compris ce que mes profs de langue m’ont par la suite répété: pas besoin de comprendre le sens de tous les mots, ne t’arrête pas aux mots compliqués, tu vas comprendre par le contexte, laisse-toi porter. C’est peu ou prou le conseil que donne la gentille bibliothécaire à Matilda, quand elle découvre la précocité de la petite fille.

Matilda

Quelque temps plus tard, j’ai lu Sacrées Sorcières. Mon Dieu, j’ai été traumatisée!!! A chaque fois que je voyais une femme avec des gants, je me disais qu’elle allait me transformer en souris et me manger!!

A ce jour, une femme qui porte des gants en dentelles est suspecte à mes yeux. Elle veut forcément cacher ses griffes de sorcière. Si, si!!

sorcières

J’ai continué ma découverte de l’univers étrange et enchanteur de Roald Dahl avec Charlie et la Chocolaterie. J’ai été très émue par les conditions de vie du petit Charlie, et je me souviendrai toujours de ses quatre grands-parents dormant tête-bêche dans un lit deux places, et de la façon dont il mange son chocolat petit à petit, pour faire perdurer un plaisir trop rare.

Et la chocolaterie en elle-même!! Quelle aventure, avec les oompa loompa! Ce n’est que justice que ce soit Charlie qui sorte gagnant de ce concours farfelu s’il en est!

J’ai enchainé avec Charlie et le Grand Ascenseur de Verre, mais je dois dire que le voyage sur la Lune à bord de ce vaisseau bien particulier m’a nettement moins emballée que la visite de la chocolaterie. Je n’en garde pas grand souvenir, à part les extra terrestres qui changeaient de forme, que j’ai trouvé rigolos.

Charlie Choc

Et maintenant que je suis maman, figurez-vous que la littérature jeunesse reviens en force dans ma vie! J’ai trouvé aux puces Le Bon Gros Géant, mais c’est un peu long pour une enfant de trois ans et demi. Et puis il y a des passages qui font tout de même un peu peur, dans ces livres (cf mon traumatisme avec les sorcières, donc je n’ose pas imaginer si ma fille entendais cette histoire à son jeune âge!).

bggLe Bon Gros Géant reste donc en attente dans la bibliothèque de Mademoiselle, mais je n’ai pourtant pas renoncé. J’ai trouvé des livres audio racontant les histoires de ce cher Roald Dahl. Comme évoqué ci-dessus, le contenu de la plupart des histoires est peut-être un peu effrayant pour un enfant de trois ans et demi.

J’ai donc dégoté Fantastique Maître Renard, que je ne connaissais pas, mais qui est juste parfait.

Maître Renard vole les poules, les oies, les canards et les dindes de trois affreux fermiers. Ces derniers, en ayant marre, décident de tendre une embuscade au renard afin d’en finir avec ce voleur. Peine perdue, le renard et sa famille manquent de crever de faim, lorsque Maître Renard a une idée de génie: creuser des galeries jusqu’aux poulailler des fermiers. Maître Renard, sa famille et ses amis vivant sous terre, n’ont plus besoin de sortir pour se nourrir, et vivent en sécurité sous terre.

fantasticmrfox3C’est une chouette histoire de résilience et d’intelligence. Le rusé Maître Renard sort encore gagnant, et aide même les autres animaux qu’il a mis dans la panade.

Nous avons pris ce livre audio en anglais, vu que Mademoiselle est bilingue, et je me régale de l’accent so British de Chris O’Dowd, qui raconte l’histoire. J’ai mis très longtemps à connaître le fin mot de cette histoire, car nous la mettons pour endormir Mademoiselle, et très souvent je m’endors avec elle 😛 ou alors je sors de sa chambre lorsqu’elle commence à ronflotter. Bref, la plupart du temps je loupe la fin.

Je me dis que le vocabulaire et l’accent font leur chemin dans son subconscient, et qu’un jour elle parlera avec l’accent brit le pur (avec une mère française et un père indien, c’est pas gagné d’avance!). D’ailleurs on lui met aussi régulièrement du Peppa Pig, et elle commence à dire par elle-même « Oh goody! » ou « Oh dear… ». Trop chou. Mais je m’égare.

Vous pouvez en apprendre plus sur Roald Dahl (sa vie, son oeuvre) sur le site qui lui est conasacré. Il est très bien fait, on y apprends plein de choses, et la boutique regorge de trucs trop sympas -mon portefeuille est au régime, mais sinon j’aurais tout acheté!

Les romans de Roald Dahl ont eu tellement de succès que la plupart ont été adaptés en film ou en dessin animé.

Je vous laisse avec une petite sélection des adaptations de ces romans qui ont marqué des générations d’enfants!

Le Mont-Brûlé (Hungry Hill) – Daphné du Maurier (1943)

Le Mont-Brûlé (Hungry Hill) – Daphné du Maurier (1943)

Le Mont BruléLe Mont-Brûlé est un livre que j’ai récupéré dans la boite à livres à donner de ma bibliothèque. Il est tellement vieux qu’il tombe en morceaux. Je l’ai pris parce que c’est un Daphné Du Maurier. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, et je dois dire que le démarrage a été un peu lent. Mais je suis finalement complètement entrée dans l’histoire et je me suis laissée happer par les aventures de la famille de Copper John.


Résumé et avis en bref: Le Mont-Brûlé retrace la saga familiale des Brodricks, une famille anglaise installée en Irelande, dont le patriarche Copper John lance une mine de cuivre en exploitant les entrailles de la coline voisine: le fameux Mont-Brûlé. Cinq hommes différents seront à la tête de la famille et des mines, juqu’au jour fatal ou une ancienne querelle refera surface, et que vengeance sera faite.

C’est un livre qui m’a un peu rappelé Zola, avec sa manière déterministe de considérer la génétique et les prédispositions de caractère de chaque génération d’homme. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le livre au début, très certainement parce que c’est une (très) vieille édition française et que la traduction est un brin désuette. Aussi parce que je ne m’attendais pas du tout à une histoire de mines, et que le sujet m’a un peu rebutée. Tiens, voilà Zola qui revient, avec son Germinal – sauf que ce n’est pas la même époque ni le même endroit.

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Le destin tragique de cette famille maudite est touchante. La bonne société anglaise, qui vient s’installer en Irelande et exploiter ses terres en se souciant seulement de son profit, est très intéressante à découvrir.

Comme toujours, Daphné Du Maurier insiste sur la psychologie de ses personnages. Peut-être parce que l’on couvre cinq générations, il est difficile de s’attacher aux derniers hommes de Clonmere, dont l’histoire est moins détaillée que celle des deux générations précédentes. Un bel ouvrage, une bonne découverte. Un mix de Zola et des soeurs Brontë.


Jacquettes et traductions: La jacquette du livre que j’ai  ne comporte que le titre et rien d’autre. La traduction littérale du titre anglais est « la colline affamée ». Evidemment ça sonne bizarre en français, et « Le Mont Brûlé » est assez bien trouvé. Si la « faim » de la montagne n’est plus évoqué, son côté tragique ressort bien avec l’adjectif « brûlé ».

Les différentes jacquettes anglophones montrent toutes le domaine de Clonmere, lui donnant plus ou moins d’importance.

En français Clonmere n’est pas du tout évoqué. Une édition montre un paysage de landes, tandis qu’une autre montre les portrait de ceux qui sont certainement Copper John et Fanny Rosa, les deux personnages constants du livre.


Mon avis: Mon avis est mitigé, mais pourtant je pense que c’est tout de même un livre à découvrir. C’est très différent de Rebecca. Je ne suis pas surprise de constater que c’est l’oeuvre de Daphné Du Maurier qui plait le moins. Comme je l’ai dit ci dessus, ce livre relève plutôt de Zola pour les thèmes, et de Brontë pour le côté tragique et maudit. Bon, le tragique et la malédiction sont tout de même très présents chez du Maurier 😛

J’ai eu du mal à entrer dans le livre. Je pense que j’ai lu les premières lignes des mois avant d’arriver à aller plus loin. Mais une fois prise dans l’histoire, je me suis attachée aux personnages et j’ai vibré avec eux.

Le style: c’est une très vieille édition française que j’ai ramassée, et la traduction est un peu désuette. Certaines formules sont des traductions littérales de l’anglais, ce qui alourdit le texte. Mais c’est une plume lyrique et envolée que celle de Du Maurier, donc cela contre-balance la lourdeur du texte.

minesLa rivalité fraternelle et le déterminisme héréditaire: si on y regarde de plus près, la rivalité fraternelle est au centre du livre. A chaque génération, il y a un frère brillant et sociable, et un frère rêveur, sombre, mélancolique, qui ne demande qu’à ce qu’on le laisse tranquille. A chaque fois, la comparaison mine une relation: soit la relation entre les deux frères, soit la relation père-fils, ou encore, d’une certaine manière, la relation entre un mari et sa femme.

Ce sont des chamailles de gamins: « est-ce qu’elle a jamais regardé mon frère? » / « Pourquoi elle pleure ‘sans raison’? » / « pourquoi mon fils est-il un bon à rien? » / « mon frère fait tout mieux que moi » / « allons chasser/peindre/nous bourrer la gueule, on se sentira moins nul ».

La génétique, comme chez Zola, joue un rôle majeur: Fanny-Rosa est désordonnée et tête en l’air comme son père. Les différentes générations d’hommes Brodrick, quant à eux, sont soit solaires, soit complètement déconnectés de la réalité. Il arrive même qu’un évènement tragique, comme la mort d’une épouse, change un homme solaire en ogre taciturne, guidé uniquement par le gain.

Et puis il y a les enfants illégitimes, les bâtards, que l’ancêtre a semé aux quatre coins du pays. Là encore, l’hérédité parle: Copper John a un demi frère batard qui lui sert d’administrateur du domaine, et Johnnie freluque avec tellement de donzelles qu’il doit avoir des enfants un peu partout.

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La rivalité et le colonialisme anglais: avant d’anexer la moitié du globe, l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais a commencé par ses voisins: le Pays de Gales, l’Ecosse, et bien sur l’Irelande. C’est là que se déroule l’action du livre. L’irelande est anglaise, mais les populations locales n’ont jamais bien digéré cela (tu m’étonnes, Elton!).

Dans les faits, cela se traduit par une rivalité entre les Brodrick, qui sont arrivés un beau jour et ont déclaré que Clonmere leur appartenait, et les Donovan, une famille locale qui clame à qui veut bien l’entendre (et surtout aux villageois) que Clonmere est à eux, et que Clonmere leur reviendra un jour.

Comme en Inde ou tout autre pays pillé, les angliches imposent leur vues et trouvent les locaux complètement attardés. Ils imposent leur « progrès », ici en creusant une mine dans le flanc d’une coline iconoclaste du patelin, ne s’embêtant pas à savoir ce qu’en pensent les autres. Le profit et le progrès avant tout. Copper John ira même jusqu’à sacrifier quelques mineurs un peu trop revendicatifs pour assurer le bon déroulement des choses – sacrifier au sens propre, hein, pas juste les virer.

Cette rivalité se transmet de génération en génération, avec les Donovan irlandais, fourbes, qui essaient à chaque fois de planter un couteau dans le dos des Brodrick anglais. Certains Brodrick se rapprocheront des Donovan, par bravache, ou alors pour tenter d’enterrer la hache de guerre. Peine perdue, les Donovan sont décrits comme étant vicieux et profiteurs, n’hésitant devant aucune bassesse pour se venger des Brodrick.

Cette rivalité culmine avec le sort que lance Morty Donovan à Copper John, maudissant sa famille sur plusieurs générations et sa mine.

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La petite noblesse anglaise: Copper John et sa famille sont le stéréotype de la petite noblesse anglaise, ou du moins d’une famille aisée, mais pas tant que ça – vous me suivez?  😉 Il faut de l’argent pour faire vivre un domaine et une famille nombreuse. Copper John s’y emploie.

Les filles sont éduquées à la maison alors que les garçons sont envoyés en pension à Eton, en Angleterre, pour y apprendre le droit. C’est comme ça. On se fout bien de leurs intérêts à eux: la peinture? Un truc de mauviette. Ne parlons pas des courses de lévriers. Bref c’est trop la joie quand on n’est pas formaté pour entrer dans le moule. D’ailleurs, le meilleur moyen de remédier à cela, c’est d’abuser, dès l’adolescence, de la bouteille.

Les filles ont pour projet de se marier, malheureusement la première génération finit soit morte, soit (très) vieille fille. Les autres générations de filles se marient sans faire de vagues, jusqu’à Molly, la soeur aînée de la quatrième génération, qui tient un peu tête à son père. Dommage qu’on n’explore pas plus le destin des femmes de cette famille, d’ailleurs, car à mon avis elles sont bien plus intéressantes que les hommes.

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La mine: symbole de modernité et de développement, mais aussi de la main-mise des anglais sur la Terre irlandaise et de leur non-respect des traditions, la mine est au coeur du roman.

La mine bouffe la beauté du Mont Brûlé, et elle bouffe aussi la famille. Les Brodrick en tirent de l’argent, bien sur, mais cette mine les tue tous petit à petit. Elle englouti littéralement les corps lors des inondations, elle éventre le flanc de la colline…

Bref, par la mine, le mal arrive. Un mal sourd, qui va ronger et la famille Brodrick, et la colline irlandaise verdoyante.

Il est intéressant de suivre le boom économique engendré par l’activité minière, les spéculations et le cours des minerais, auxquels les mineurs ne comprennent rien. D’ailleurs, lorsque la mine ferme parce que le cuivre irlandais revient trop cher par rapport au cuivre de je ne sais-où, les mineurs ne comprennent pas: pourquoi arrêter le travail alors que la colline regorge encore de cuivre?

Mais les investisseurs s’en foutent, et il n’y avait bien sur pas d’assurance chômage pour que ces pauvres gens puissent survivre le temps de trouver autre chose. Y’a un côté Germinal dans tout ça. Encore le fantôme de Zola qui plane sur ce bouquin!

fanny rosa 2L’addiction: L’un des personnage fort du roman, c’est Fanny Rosa. D’abord parce qu’elle a un prénom à coucher dehors -qui appelle sa fille Fanny Rosa??? Franchement!!- et ensuite parce qu’avec Copper John, c’est l’un des personnage qui dure le plus longtemps dans ce bouquin.

Par Fanny Rosa, le gène de l’addiction entre dans la famille Brodrick. Avant elle, les particularités de caractère des rejetons Brodrick étaient: 1. brillant et sociable; 2. contemplatif et fainéant. Fanny Rosa la fantasque a un père buveur, et le reste de sa famille n’est pas bonne à grand chose.

Fanny Rosa met au monde Johnnie, qui sera associal comme son père et fantasque comme sa mère. Et ivrogne comme son grand-père maternel.  Le pauvre enfant mourra d’ailleurs une bouteille à la main.

Le neveux de Johnnie, Hal, un enfant incompris, aura aussi tendance à siroter la bibine en douce quand il ne se sent pas bien – c’est à dire plus que régulièrement.

Fanny Rosa elle-même, dans ses vieux jours, sera accro au jeu. Elle déménage dans le sud de la France « pour le climat », à côté de Monte Carlo. Elle commence à voler de l’argent à son fils Henry quand elle se retrouve à court de ressources. Lorsque celui-ci décide de lui rendre visite, surprise: personne pour l’attendre à la gare. Sa mère l’a oublié! Et lorsqu’il arrive chez elle, catastrophe: Fanny Rosa vit dans un dépotoir, la maison est sens dessus dessous tout est sale. Le triste état de la maison de Fanny Rosa, sa paranoïa (le croupier triche) et son sentiment qu’elle va bientôt se refaire, tout dépeint les symptômes connus de l’addiction.

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L’epilogue: John-Henry (encore un prénom à coucher dehors, si voulez mon avis) incarne, de par son prénom et par l’abandon de la propriété de Clonmere. Finalement, tout rentre dans l’odre. La nature envahit ce qui reste de la mine, et Clonmere revient enfin au clan des Donovan.

Le prénom même de John-Henry, qui accole les prénoms les plus emblématiques de la famille, a une portée réconciliatrice. C’est juste un type normal, il n’est pas extrêmement enjoué ni extrêment mélancolique, comme l’ont pu être ses ancêtres. Il est à même de voir et de comprendre que s’accrocher à Clonmere n’est plus possible, qu’il faut lâcher prise pour aller de l’avant.

Pour résumer: un roman intéressant, qui survole cinq générations d’hommes, la gloire et la ruine d’une famille. On aurait pu s’attarder plus sur certains personnages féminins, mais c’était clairement les personnages masculins qui étaient au coeur de l’intrigue. Un genre d’étude sociale et génétique sur la transmission de certaines caractéristiques dans une même famille. Une critique à peine couverte de la main-mise anglaise sur l’Irlande.


daphne-du-maurierL’auteure: Daphné du Maurier est née à Londres, le 13 mai 1907. Elle est la cadette d’une fratrie de trois soeurs, toutes artistes, et la fille d’une actrice et d’un manager d’acteurs. Elle baigne donc dans un milieu artistique dès sa plus tendre enfance.

En 1932, elle épouse Fredrick Browning, un officier de l’armée de terre britannique. Leur relation sera ponctuée de hauts et de bas, les deux prenant tour à tour des amant-e-s. Ils auront trois enfants. Browning meurt en 1965.

Daphné du Maurier est une auteure prolifique dont les romans les plus connus sont Rebecca et Ma cousine Rachel. Elle est aussi l’auteure de pièces de théatre. Les Cornouailles sont sa terre de prédilection, elle y situe d’ailleurs plusieurs de ses intrigues.

Elle meurt le 19 avril 1989 dans sa maison de Menabilly en Cornouailles, et ses cendres seront dispersées sur les falaises de Cornouailles.


Produits dérivés: Un film a été tourné en 1947.


L’histoire: Les Brodrick sont une famille anglaise installée en Irlande. Ils possèdent le château de Clonmere, et une ancienne rivalité les oppose à la famille Donovan, une famille irlandaise qui prétend que Clonmere a été bâti sur des terres qui lui appartenaient. D’ailleurs, le grand-père de John Brodrick a été tué d’un coup de feu dans le dos – certainement par un Donovan.

John Brodrick est ambitieux: il veut faire creuser des mines pour exploiter le cuivre qui se trouve dans les entrailles du Mont-Brûlé, une colline qui se trouve moitié sur son terrain, moitié sur celui de son voisin. Il est surnommé Copper John (John Cuivre).

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C’est un homme d’affaire qui mène son business de manière stricte et ferme. Il est visionnaire, et grâce à lui le conté isolé se développe, par exemple en se dotant d’une route carrossable. Il mène de même sa famille. Veuf, il guide d’une main de fer ses deux fils, Henry et John, et ses trois filles, Barbara, Eliza et a douce Jane.

Mais Morty Donovan, l’héritier du clan ennemi des Brodrick, maudit Copper John lorsqu’il creuse la mine, défigurant ainsi le majestueux Mont Brûlé. Copper John ne pense qu’au profit, détruisant ainsi le paysage, y implantant des baraquements sombres et délabrés, exploitant les humains comme la Terre. Donovan lui prédit que sa descendance sera anéantie, et que les Donovan reprendront leurs droits sur leur terre.

Henry, le fils ainé de Copper John, est avenant et extraverti, très charmant. Il seconde son père à la mine. John, le cadet, est à l’opposé de son frère: introverti, intéressé par la nature, la chasse et les courses de lévrier. Mais les deux jeunes hommes ont une passion commune: Fanny Rosa, la fille de leurs voisins.

Fanny Rosa est rousse, elle marche pieds nus, et n’a rien à faire du qu’en dira-t-on. Son père dissipe son argent dans la boisson. C’est cette liberté, qui manque tant dans leur foyer, qui séduit les deux frères. Fanny Rosa fait du gringe à l’un, puis à l’autre, s’amusant, faisant la mystérieuse. A la fin d’un été magique, Fanny Rosa et sa famille partent en Italie, et la mine est creusée dans le Mont Brûlé.

Pendant l’hiver, une mutinerie menée par les Donovan éclate à la mine. Henry et John viennent à la rescousse pour aider leur père… sous la pluie, Henry attrape un mauvais coup de froid et commence à tousser. Au fil des mois, sa santé se détériore de plus en plus, et il prend la décision d’aller en Italie rejoindre la famille de Fanny Rosa afin de profiter de la clémence du temps.

fanny rosa 2John est fou de jalousie et s’imagine Fanny Rosa et Henry roucouler sous le soleil italien. Les semaines passent, et un jour Copper John reçoit une missive de son fils aîné lui disant qu’il a décidé de rentrer. Copper John, inquiet pour Henry, décide de voyager au devant de lui.

En Italie il ne trouve personne, la famille de Fanny Rosa lui indique que le jeune homme est reparti vers la France. Remontant la trace de son fils, Copper John arrive trop tard: Henry est décédé dans une auberge française. C’est donc son second fils, John, qui devient l’héritier du domaine de Clonmere et des mines.

Sauf que John n’est pas du tout intéressé par la gestion du domaine ni celle des mines. Tout ce qui l’intéresse, ce sont ses lévriers. Greyhound John (John Lévrier) est une déception pour son père.

Lorsque Fanny Rosa revient d’Italie, Greyhound John est toujours aussi amoureux d’elle, mais les souvenirs de ses fantasmes, dans lesquels son frère décédé Henry et Fanny Rosa batifolaient en Italie, le hantent. Jalousie, quand tu nous tiens… Fanny Rosa ne dira jamais à John ce qui s’est passé en Italie, mais elle lui fera comprendre que le passé est passé, et qu’elle l’aime. Apaisé, John lui demande sa main.

John a un caractère fainéant et bon vivant. Il aime à trainasser au lit avec sa femme, l’emmener chasser ou faire des promenades. L’incompréhension et la déception rythment les relations avec son père. Un jour, une inondation survient. John y voit l’occasion de faire ses preuves et va aider son père à la mine. Copper John prend une décision que n’approuve pas son fils: percer le flanc de la colline pour l’eau s’écoule des galeries. C’est un succès, mais la route est emportée par les eaux…

…la route par laquelle revenaient Fanny Rosa, enceinte, et Jane, la jeune soeur de John. Fanny Rosa est sauve, mais Jane meurt sous les décombres. La mine a déjà tué deux enfants de Copper John.

John et Fanny Rosa s’installent dans une autre maison, et rendent rarement visite à Copper John à Clonmere. Ils ont quatre enfants: Johnnie, Henry, Fanny, Edward et Herbert. Les enfants sont terrorisés par leur grand-père.

Après un incident au cour duquel un employé de la mine descend un Donovan, Greyhound John décide d’aller enterrer la hache de guerre et va boire un coup chez les Donovan pour faire la paix. Sauf qu’il y attrape la diphtérie et.. meurt. La malédiction continue.

Fanny Rosa et ses bambins reviennent s’installer chez Copper John à Clonmere. L’aîné, Johnnie, a un caractère sombre et emporté. Adolescent, il boit en cachette des coups avec le fils Donovan, juste pour embêter son grand-père. Son frère cadet, Henry, est tout à fait l’opposé, et le portrait caché de son oncle décédé.

Fanny Rosa est ambitieuse et met dans la tête de Johnnie, son aîné, qu’un jour il sera maître de Clonmere. Johnnie passe donc son temps à attendre que Copper John, son grand-père, ne meurt, pour enfin jouir des lieux et faire ce que bon lui semble.

En attendant, son grand-père a une santé de fer, et Wild Johnnie (Johnnie le sauvage, à cause de son caractère emporté) décide d’arrêter les études pour s’enrôler dans l’armée. Son caractère fait qu’il est solitaire. Tout le contraire de son frère cadet, Henry, qui se fait tout de suite plein d’amis à l’école. Johnnie boit trop et est renvoyé de l’armée, mais il le cache à sa famille.

Lors d’un repas de famille, barbant à souhait pour Johnnie qui a en horreur de parler de la pluie et du beau temps, apparaît Katherine Eyre (oui comme Jane Eyre!!), la belle-soeur de Fanny (la soeur cadette de Johnnie et Henry). Johnnie en tombe instantanément amoureux. Cette femme belle, douce et posée, c’est son remède. Un jour il l’épousera, et elle apaisera tous ses maux. Sauf qu’Henry annonce justement ses fiançailles avec Katherine. Tout s’écroule…

Johnnie tombe plus bas que terre. Sans travail et sans argent, Johnnie dépérit, jalousant maladivement le bonheur conjugal de son frère. Jusqu’au jour où la nouvelle tant attendue tombe: Copper John est mort. Clonmere appartient désormais à Johnnie.

-Hungry_Hill-_(1947)

Cependant, l’euphorie est de courte durée. Johnnie emménage à Clonmere avec Fanny Rosa, sa mère, mais la cohabitation se passe mal. Fanny Rosa essaie de garder son fils sur le droit chemin, mais ce dernier n’apprécie pas. Fanny Rosa décide donc d’aller habiter dans le sud de la France, près de Monte Carlo.

Livré à lui même dans cette grande demeure, Johnnie est hanté par le souvenir de son grand-père Copper John et n’arrive pas à s’approprier les lieux. Son frère Henry vient de temps en temps avec sa femme Katherine et ses enfants. Cela met du baume au coeur de Johnnie que de voir Katherine, mais le fait aussi terriblement souffrir. D’autant plus que Katherine lui offre son amitié et lui promet d’être toujours là pour lui.

Clonmere se détériore. Johnnie vire le personnel pour un oui ou pour un non. Un jour, il tombe sur son copain de beuverie de ses années d’adolescence: Donovan. Par bravache, il propose à ce dernier de devenir son concierge et l’installe dans la loge à l’entrée du domaine, avec sa soeur Kitty. Très vite, Johnnie passe plus de temps à la loge, à boire des coups avec Donovan, qu’au château. Très vite aussi, Donovan s’éclipse et laisse Kitty et Johnnie en tête à tête.

Donovan fait chanter Johnnie en lui disant qu’il a déshonoré sa soeur et qu’elle est enceinte. Il veut que Johnnie épouse Kitty. Henry tire son frère de ce mauvais pas en lui achetant un voyage pour le Nouveau Monde, afin qu’il disparaisse quelques temps et que la colère des villageois contre Johnnie, ce méchant homme qui ne veut pas épousé la fille qu’il a déshonorée, s’apaise.

Johnnie s’apprête à s’embarquer pour le Nouveau Monde, mais il veut dire adieu à son frère et Katherine. Henry est sorti et Katherine est seule. Elle lui renouvelle son amitié mais… soudain elle comprend, dans le regard de Johnnie, que son amitié seule ne pourra jamais sauver son beau-frère, et qu’elle ne pourra jamais lui donner ce dont il a besoin: son amour. La jeune femme s’en va, laissant Johnnie seul. Il prend en souvenir la Bible de Katherine. On retrouve le lendemain le corps de Johnnie dans une auberge, entouré de cadavres de bouteilles, tenant dans une main une Bible et dans l’autre une bouteille.

Henry devient maître de Clonmere. Il coule des jours heureux au domaine, entre sa femme adorée et leurs trois enfants Hal, Molly et Kitty. Il aime gérer le domaine et la mine. Il a de grands projets, dont celui d’agrandir Clonmere. Les travaux commencent, ce qui enchante les enfants. Mais Katherine, enceinte d’un quatrième enfant, voir sa santé décliner. L’accouchement est difficile et Katherine meurt peu après. La petite Lizette, dernière née, a un pied bot.

Henry est inconsolable. Il fait arrêter les travaux à Clonmere et loue une maison à Londres pour sa petite famille. Les enfants l’insupportent, lui rappelant trop leur défunte mère. Henry les couvre de cadeaux mais laisse la Nanny s’occuper de leur éducation. les enfants tombent des nues lorsqu’ils apprennent que leur père a mis Clonmere en location pour 10 ans.

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Ayant besoin de se changer les idées, Henry décide de voyager un peu en Europe. Il rend visite à sa mère, Fanny Rosa, qui vit dans le sud de la France près de Monte Carlo, et qui lui demande sans cesse plus d’argent. Henry déchante lorsqu’il se rend compte que sa mère est accro aux jeux de casino et qu’elle vit dans la saleté.

Il rencontre la voisine de sa mère, une veuve anglaise, qui l’aide à faire soigner (interner) Fanny Rosa. Henry tombe sous le charme de cette femme efficace, organisée et pimpante. Il lui demande de l’épouser et la ramène à la maison.

Sauf que rien ne se passe comme prévu entre les enfants et leur nouvelle belle mère. Cette dernière prend ses marques très rapidement et change la manière dont les choses ont toujours fonctionné, s’attirant la haine des enfants. Hal, qui a un penchant pour la peinture, avait préparé pour son père une miniature du portrait de Katherine, sa défunte mère. Lorsque Henry découvrira le portrait, il remerciera son fils, mais n’en dira pas plus.

La belle mère prend le contrôle et les enfants font tout pour s’échapper. Hal ne rentre pas du collège, où il est interne, pour les vacances. Il préfère les passer chez son oncle. Ses soeurs le suivent avec plaisir pour fuir la maison de leur père.

Le bail de Clonmere prend fin et pour la première fois, les enfants d’Henry, devenus adultes pour la plupart, y retournent pour y fêter Noël. Hal retrouve avec nostalgie les endroits de son enfance, et la petite Lizette, qui n’a pas de souvenir de l’endroit, découvre avec émerveillement « la maison ».

Hal rencontre la douce Jinnie lors de ce séjour. C’est la fille du pasteur. Ils s’entendent bien, et Hal promet de revenir pour Jinnie. Excédé par son père, qui ressemble de plus en plus à Copper John de par son caractère, Hal décide d’aller tenter sa chance au Canada. Il y passe plusieurs années mais en revient sans rien. Il a échoué. Pourtant, Jinnie l’a attendu.

Jinnie et Hal se marient et s’installent dans une petite maison du village. Hal est considéré comme l’ennemi, puisqu’il est le fils du patron des mines. Il s’enrichit sur leur dos. Pourtant Hal ne reçoit rien de son père et doit recourir à la charité de son beau-père, le pasteur, pour faire vivre son ménage. Hal souffre dans son ego: il devrait être à Clonmère, Jinnie ne devrait pas faire la cuisine et le ménage. Il se rappelle avec nostalgie les moments passés avec sa chère maman.

Le pasteur propose à Hal de trouver du travail. Justement, on a besoin d’une personne à la mine pour distribuer les gages des mineurs. Hal s’y rend, et commence à être accepté par les villageois. Hal retrouve un peu d’estime de lui-même. Il doit travailler dur, faire la comptabilité. Pour la première fois de sa vie, il ne peut pas être fainéant et faire ce qui lui plaît. En plus, le petit John-Henry nait. Son fils a besoin d’un papa qui travaille et gagne sa vie.

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Mais le cours du cuivre baisse dramatiquement. Henry vend la mine à des exploitants peu scrupuleux, qui vident la colline de tout ce qu’ils peuvent avant que le cours du cuivre ne s’écroule définitivement sous la concurrence du cuivre asiatique, et que la mine ne ferme.

Les mineurs ne comprennent rien: il y a encore du cuivre, pourquoi n’y a-t-il plus de travail? Les mineurs au chômage se mettent à boire et à vandaliser la mine. Hal, lui aussi sans emploi, revient à la mine pour lui faire ses adieux. Il tombe sur un Donovan, qui le passe à tabac et le laisse pour mort. Lorsque Hal se relève, il ne voit rien. Ses yeux sont endommagés. Il se déplace à tâtons et tombe dans un puis de la mine. La malédiction a encore frappé….

Adulte, John-Henry a fait la guerre et s’en revient à Clonmere. Tout le monde le lui déconseille, surtout sa vieille grand-tante Eliza. Mais John-Henry a le rêve de finir les travaux que son grand-père Henry avait entrepris. Sur la route, il est arrêté par un barrage révolutionnaire. John-Henry a été vu par un Donovan en train de boire un coup avec des officiers anglais. Lorsqu’il explique qui il est, sa voiture est réquisitionnée, et on l’emmène pour quelques jours dans un lieu secret.

Lorsque John Henry est finalement libéré, un journal est laissé devant la porte de sa geôle. L’incendie et la destruction de Clonmere font les gros titres. Abattu, John-Henry s’en va à pied jusqu’à Clonmere, où il récupère le portrait de sa grand-tante Jane et quelques bricoles.

Un berger fait paître ses moutons sur la pelouse du domaine. John-Henry s’en approche… c’est un Donovan. Il n’y a pas d’animosité entre les deux hommes. Juste un constat: la terre est revenue aux Donovan. John-Henry s’en va en souhaitant aux Donovan d’être heureux à Clonmere.

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Défi Roald Dahl: 13 septembre

Défi Roald Dahl: 13 septembre

Les choux!!! Je viens d’apprendre que le 13 septembre, c’est l’anniversaire du plus grand auteur pour enfant que la Terre ai jamais porté: le génialissime Roald Dahl!!

Je m’y prends un peu tard, mais ça vous dirait de faire un petit défi Roald Dahl?

Les conditions sont simples: pour le 13 septembre, il faut publier un article sur cet auteur, ou l’un de ses livres (ou plusieurs), ou leur adaptation au cinéma.

Commentez ci-dessous pour vous inscrire, et laissez-moi le lien de votre chronique quand elle est prête.

Alors, oui ou OUI??

Calendrier de septembre 2017

Calendrier de septembre 2017

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Comme chaque mois, je cherche un nouveau fond d’écran pour mon ordi au travail. Ben oui, autant joindre l’utile à l’agréable! Septembre, c’est la rentrée des classes, les températures qui fraichissent un chouïa, et des couleurs magnifiques.

J’adore les renards, donc j’ai complètement craqué sur ce fond d’écran 🙂 J’espère qu’il vous plaît aussi!


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Every month I pick a new wallpaper for my work computer. September is back to school month, and it’s also the month when temperatures start to slowly decrease and beautiful colours come up in nature.

I love foxes, so I couldn’t resist this cute yet simple wallpaper 🙂 Hope you like it too!

LE livre qu’il vous faut si vous voulez vous mettre à la danse hawaïenne

LE livre qu’il vous faut si vous voulez vous mettre à la danse hawaïenne

Hula HandbookVous ne le savez peut-être pas, mais les livres ne sont pas ma seule passion… il y a aussi la danse. Qu’importe le style, s’il y a de la musique et que ça bouge, il faut que j’essaie.

Nous sommes partis à l’occasion d’un mariage sur l’île de Kaua’i, l’île la plus au nord de l’archipel hawaïen. Autant vous dire qu’on en a pris plein les mirettes!! Et bien sur, j’ai voulu prendre un cours de hula, la danse hawaïenne traditionnelle (oui oui, la vahiné qui roule des hanches avec une couronne de fleurs, c’est tout à fait ça!).

Je ne voulais pas prendre un cours pour les touristes, j’ai donc dégoté la meilleure prof de l’île et j’ai passé deux heures avec elle en tête à tête. Deux heures trop courtes, deux heures merveilleuses. J’aurais bien passé la semaine avec elle, mais mon porte-feuille n’était pas d’accord (surtout que tout est cher là bas!).

Je suis donc rentrée sur le Vieux Continent avec la ferme intention de prendre des cours de hula. Malheureusement c’est un art très rare  par chez nous. Aucune école en Belgique, que nenni. Une en France, quelques unes en Allemagne, aux Royaume-uni et aux Pays-Bas. Bref, il va falloir que je me débrouille par moi-même.

Pour remédier à cela, j’ai cherché de la documentation. Grâce aux recommandations des différents kumus (professeurs) que j’ai contacté, j’ai enfin trouvé des cours en vidéo de qualité, donc je vais m’y mettre dans mon salon.

Et pour comprendre cet art, j’ai acheté The haumana hula handbook for students of Hawaiian dance: a manual for the student of Hawaiian dance, par Mahealani Uchiyama. Ce titre à ralonge signifie simplement « guide pour l’étudiant en danse hawaïenne ».

 

 

hula
http://govisithawaii.trackur.netdna-cdn.com/

Mon avis: Je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’ai été agréablement surprise. A ma connaissance, c’est le seul livre disponible sur le sujet. Bien sur il est en anglais, faut pas rêver.

Ce livre couvre tous les aspects théoriques liés à l’apprentissage du hula. Non pas de manière technique, mais plutôt de manière culturelle. On y apprend l’histoire de l’archipel, sa mythologie, ses influences culturelles diverses et variées, les instruments de musique utilisés, le rôle de chacun dans le halau (école de danse), le déroulement d’un spectacle, l’évolution des étudiants (de novice à confirmé, jusqu’à devenir kumu, professeur), les techniques de tressage de couronne de fleurs, l’étiquette à suivre au sein du halau, comment organiser ses notes de cours, les costumes traditionnels et comment les fabriquer…

kumu Lei
http://hawaiianhulatutorial.com/

Tout est passé en revue. Il y a bien sur un récapitulatif des pas et des chants les plus importants, mais cela ne constitue pas la majeure partie du livre.

Une fois que l’on a fini ce livre, on comprend le hula. C’est un aspect très important pour moi, bien plus que de maîtriser à la perfection tel ou tel geste. Si on comprend l’intention, la portée culturelle d’une expression artistique, alors la pratique en devient plus aisée. On comprend pourquoi on fait tel ou tel geste au lieu d’un autre.

Ce qui m’a le plus surprise, c’est d’apprendre à quel point le hula est une danse sérieuse. On a l’image d’une vahiné dansant sur le sable avec ses noix de coco en guise de soutient-gorge, super sexy.

Mais le hula, c’est tout le savoir des générations précédentes. Les hawaïens n’avaient pas de langue écrite, et consignaient donc leur mythologie, savoirs et histoire sous forme de danse. Les danseurs et danseuses étaient une bibliothèque vivante, détenteurs de sagesse.

Mahealani Uchiyama partage, au gré des chapitres, son expérience personnelle de danseuse de hula, ce qui donne une dimension plus personnelle au livre.

Bref, ce livre est une mine d’or pour toute personne intéressée par la pratique de cette danse. Je ne peux que le recommander chaudement.


Mahea_Dance_291L’auteure: Mahealani Uchiyama est la fondatrice et directrice artistique du Centre international pour la danse, situé à Berkley, aux USA. Elle est aussi kumu hula (professeur de hula) de son propre halau (école de danse de hula).

Elle danse depuis 29 ans, tous les types de danses hawaïenne et polynésiennes.

Vous pouvez en apprendre plusn sur elle en consultant son site (en anglais).


Produits dérivés: de nombreux CDs


Vous pouvez acheter ce livre sur Amazon en cliquant ici.

De la beauté des livres trouvés, ou comment ma PAL a grossi sans que je m’en rende compte.

De la beauté des livres trouvés, ou comment ma PAL a grossi sans que je m’en rende compte.

Bonjours mes petits choux,

Cela fait bien longtemps que je n’ai plus écrit ici, et pour cause: un été chargé avec le lancement de The Parent Voice, un magazine en ligne dédié à la parentalité multiculturelle et multiraciale, pour lequel je suis éditrice de la section Perspectives Culturelles; et malheureusement aussi un décès dans la famille de mon mari, qui a fait que nous avons du prendre un avion en dernière minute pour l’Inde.

Avant tout cela, nous avions aussi pris des vacances de rêve sur une île paradisiaque du Pacifique: Kaua’i. Bref, on n’a pas eu une seconde de répis, donc le blog est passé à la trappe.

Et demain, c’est déjà la rentrée (oui, en Belgique la rentrée c’est le 1er septembre, même si c’est un vendredi. Ne cherchez pas la logique, elle est restée en vacances). J’ai donc pris plein de bonnes résolutions (comme toutes les rentrées :p ) et j’ai commencé par rapporter à la bibliothèque la dizaine de bouquins qu’on aurait du rendre le 10 juillet :p . Je précise en passant que l’une de mes résolution phare est d’être organisée 😉

Et là, que vois-je? Un cartons entier de livres à donner dont se débarasse la bibliothèque. Mon Dieu, mon Dieu. Ce genre de truc, pour moi c’est l’équivalent des soldes chez Louboutin pour les addicts des chaussures.

Il y avait au bas mot 40 millions de livres d’Alexandre Dumas. J’ai fais un énorme effort et je n’en n’ai pris qu’un, dont je n’ai jamais entendu parler: le Docteur Mystérieux. J’ai aussi pris David Copperfield par Charles Dickens, un classique qui m’a toujours fait de l’oeil, un roman québécois d’Antonine Maillet intitulé Pélagie-la-charette (aucune idée ni de l’auteur, ni de l’histoire, mais j’aime beaucoup le Québec), et  le tome 3 de Priest, un manhwa (équivalent coréen du manga) que j’avais vu passer mais jamais ouvert.

Je suis excitée comme une puce à l’idée de découvrir ces livres dont je ne connais pour la plupart ni l’auteur ni l’histoire.

S’ajoute à cela les quelques livres achetés en Inde à l’occasion de mon péleriange annuel à Crossword (l’équivalent indien de laz FNAC), et les livres achetés sur Kaua’i avant notre voyage de rêve… Bref, j’ai de la lecture jusqu’à Noël!!

PS: comme je deviens super organisée, j’ai même envoyé les colis aux gagnantes de mon concours qui date d’il y a un an… AH!! Mieux vaut tard que jamais!!

 

La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert

La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert

la-verite-sur-laffaire-harry-quebert-169327280J’avais beaucoup vu passer ce livre sur la blogospèhere, et comme je me méfie de tout ce qui a du succès, je l’ai évité 😉 En plus le titre ne me disait rien qui vaille.  C’est qui, ce Quebert, d’abord? bref, je l’ai oublié, jusqu’à ce qu’il resurgisse dans le Club de lecture du Petit pingouin Vert. Comme j’ai déjà une PAL à rallonge et que le titre continuait de ne pas m’attirer plus que ça, j’ai passe mon tour.

Jusqu’à ce que j’arrive presque en avance à un rdv médical, et qu’a ma descente du bus, je tombe nez a nez avec une librairie. J’ai 5 minutes à tuer, je vais aller flâner et respirer l’odeur de l’encre et du papier. Je fais le tour des rayons, rien qui m’attire… jusqu’à ce que je tombe sur ce bouquin. Je regarde le prix… un petit 9 euros en format poche, je ne prends pas trop de risque. Et puis il y avait la suite des aventures littéraires du héros juste à côté, hop la, j’ai embarqué les deux contre un billet de vingt euros.


Résumé et avis en bref: Marcus Goldman est un jeune écrivain américain qui va avoir trente ans, et qui est atteint du syndrome de la page blanche. Il se rend donc chez son ami et professeur de littérature, Harry Quebert, auteur d’un chef d’oeuvre intitulé Les Origines Du Mal. Quebert est installé dans un petit village en bord de mer de la Nouvelle Angleterre. Sauf qu’on découvre le squelette d’une jeune fille qui avait disparu 30 ans plus tôt dans le jardin de Quebert. Tout accuse Harry, mais Marcus ne s’en laisse pas compter, et décide de mener l’enquête lui-même.

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C’est un roman long (700 pages) et prenant. Je l’ai lu très rapidement. L’auteur ballade longuement le lecteur, de fausse piste en fausse piste. Certaines choses sont un peu sous notre nez, les indices sont gros… je ne me suis *presque* pas trompée de coupable (je pensais que c’était elle, alors que c’était lui). Par contre le motif du meurtre, euh… je pensais à quelque chose de plus scabreux, en fait c’etait très banal. Même sentiment qu’après avoir fini La Princesse Des Glaces: tout ça pour ça?

Il y a aussi une histoire d’amour, belle, mais un peu niaise, aux relents de Lolita mais sans sexe et sans souffre – niaise, donc. Le style d’écriture ne m’a pas emballée, j’ai même pensé que cela tenait à la traduction – mais en fait ce roman a été écrit en français 😛

La littérature tient une place prépondérante, ce qui est mon gros point faible. Je ne peux pas dire non à un livre qui parle de livres, c’est comme ça! J’ai aussi aimé les analogies à la boxe, les histoires du Formidable, la relation mentor-disciple, la description des paysages, les trajectoires personnelles et les destins ratés des personnages. Un peu caricatural, parfois, mais touchant.

Un avis mitigé, donc: un roman efficace mais qui accuse quelques faiblesses, notamment au niveau de l’écriture. Un bon roman de plage, efficace pour se changer les idées. Je ne l’ai pas lâché, malgré ses défauts, c’est donc qu’il y a quand même quelque chose 😉

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Mon avis: C’est un roman qui m’a tenue en haleine du début à la fin, mais qui comporte certaines maladresses, stylistiques notamment.

Il s’agit d’une enquête policière, et il faut dire que les éléments du puzzle sont très bien amenés. On « sent » par contre quand on nous donne des indices. Machin dit un truc, mais la conversation n’est jamais terminée, chose trouve un document mais on ne sait pas ce que c’est, bidule voit ceci et a un drôle de sentiment…

Mais l’intrigue est bien menée et on a envie de savoir qui et pourquoi et comment. La construction même du livre, alternant chapitres en flash back, souvenirs de Harry, extraits des Origines Du Mal (le livre à succès d’Harry), et enquête, est très efficace.

D’ailleurs, j’ai presque trouvé le coupable, sauf que je me suis trompée et que je n’avais pas le bon motif. Enfin j’avais le motif: la jalousie, mais pas envers la bonne personne.

Marcus Goldman, le disciple d’Harry Quebert, est un peu une tête à claque: il ne sait pas gérer son argent, il est arrogant, et surtout il a toujours peur de ne pas y arriver. C’est un imposteur né, et seul Harry, imposteur lui aussi, a découvert sa faille. Seul Harry peut l’aider à dépasser cela pour trouver en lui-même les ressources créatives qui libéreront son écriture.

Marcus, donc, en promettant à Harry de l’innocenter, ne sait pas qu’il ouvre une boite de Pandore: tous les petits secrets des habitants d’Aurora, bourgade américaine sans histoire, sont révélées au grand jour… à commencer par la relation qu’entretenaient Harry, trentenaire, et Nola, 16 ans.

Marcus a vraiment un caractère d’enfant gâté. Il joue avec les nerfs de son agent, et vient candidement embêter l’agent de police en charge de l’enquête avec ses questions à la mords-moi le noeud. il est agaçant au possible. Mais il est aussi très perspicace et efficace: en enquêtant de son côté, sans les aspects légaux auxquels la police doit se conformer, il fait de belles découvertes qui font avancer l’enquête. Il fini par travailler main dans la main avec la police pour faire avancer le schmilblick.

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L’histoire d’amour de Nola et Harry… qu’en dire… elle pourrait être romantique, mais quelque chose manque. Nola est d’une niaiserie sans bornes, et Harry n’est pas mieux qu’un collégien: il passe son temps à noircir des milliers de feuilles du prénom de sa douce. Est-ce de l’amour ou de l’obsession, à ce niveau là? Et Nola, un peu trop naïve, qui croit vraiment que Harry est le meilleur écrivain au monde, alors que lui-même sait très bien que ce qu’il écrit est de la daube…

La référence à Lolita de Nabokov est évidente. D’ailleurs, tout le long, j’ai eu cette désagréable impression de déjà-vu, l’élément sulfureux en moins. Chez Nabokov, on a à faire à un pervers sexuel qui essaie de justifier l’enlèvement d’une gamine de 12 ans avec qui il a eu des relations sexuelles plus ou moins consenties. Ici on a un mec de 30 piges qui lutte contre ses sentiments pour une jeune femme de 16 ans qui l’aime à la folie. Chez Lolita, l’écrivain/prof de littérature est d’une classe folle. Harry aussi a la classe, mais c’est juste parce qu’il est chez les ploucs.

Et puis, comme si on n’avait pas encore compris le parallèle: cette manière d’écrire le prénom de Nola comme Nabokov le faisait avec Lolita.  N.O.L.A-L.O.L.A.

D’ailleurs les choses sont très floues: Nola et Harry ont-ils conché ensemble? Nola jure à sa copine qu’elle est vierge (dans un autre contexte, mais tout de même). On peut supposer que Nola et Harry aient franchi le pas lorsqu’ils partent en vacances ensemble, loin des gens qu’ils connaissent. Et puis Nola en connaît un rayon sur les hommes, puisqu’elle fait chanter le shérif d’Aurora en lui taillant une pipe. Bref, je n’arrive pas à savoir si Nola est une jeune fille naïve qui ne comprend pas trop ce qu’elle fait, ou une manipulatrice de première.

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Au niveau de l’écriture, je n’ai pas du tout, du tout été emballée. Comme c’est un roman qui se passe aux USA, je me suis d’abord dit que ça venait d’une mauvaise traduction. Et puis j’ai vérifié: l’auteur est suisse et écrit en français. Coup de massue. Comment peut-on écrire des choses telles que « faire du sexe »? Ce n’est même pas une traduction littérale de l’anglais, qui donnerait plutôt « avoir du sexe ». En français on peut dire: coucher ensemble, avoir des rapports, baiser, faire l’amour… bref, on ne manque pas de vocabulaire ni d’idiomes!

Les personnages sont plutôt attachants, même cette tête à claque de Marcus. En fait il est certainement attachant car il est très humain et bourré de défauts. Des personnages secondaires, ceux qui m’ont le plus touchée sont Luther et Jenny.

L’une des force de ce roman, et peut-être aussi son défaut, est la multitude de thèmes abordés. Ils sont tous très intéressants, mais peut-être que l’auteur a voulu trop en mettre dans son roman.

La relation maitre-disciple entre Harry et Marcus est très belle. La fidélité de Marcus envers son mentor est renforcée par le fait que seul Harry sache la vérité sur Marcus: c’est un imposteur, qui s’arrange toujours pour être mis en valeur. Par exemple, il choisit de faire de la course à pied car il est certain d’être la star. Non pas qu’il soit bon coureur, mais les autres sont tous nuls. Alors que s’il s’était inscrit au foot, personne n’aurait entendu parler de lui.

Harry comprend Marcus et appuie là où ça fait mal, mais c’est pour le bien de son étudiant. En effet, Marcus a vraiment du talent. C’est juste qu’il a toujours été trop fainéant pour l’exploiter correctement. En faisant boxer Marcus, Harry le force à tomber, se blesser… et à se relever.

Et parlons-en, des imposteurs: il y en a un autre, c’est Harry! Il a construit sa vie et sa carrière sur un roman qu’il n’a pas écrit, mais qui porte son nom… le thème du vol d’oeuvre artistique et du plagiat est abordé.

Cyrano

Luther, lui, m’a fait penser tout de suite à Cyrano: moche, mais talentueux. Amoureux transit d’une belle plante qui ne le regarde même pas. Un destin gâché, dans tous les sens du terme. J’ai vraiment eu mal au coeur pour lui. C’est lui qui écrit le chef d’oeuvre de Harry.

La maladie mentale infantile est aussi abordée, avec le trouble psychiatrique dont souffre Nola. Le remède religieux qui y est opposé, un petit exorcisme bien carabiné, ne va pas arranger les choses.

C’est un avis partagé que j’ai pour ce roman: clairement il nous tient aux tripes, mais certains éléments, tels que l’écriture et les références plus grosses qu’une maison, m’ont embêtée. L’auteur est jeune et je pense que son style ira en s’affinant. La réflexion sur l’écriture, le star système et le plagiat est intéressante. Je me demande combien de lui-même l’auteur a pu mettre dans son alter ego, Marcus Goldman.

Tout cela ne m’a pas empêché d’acheter le second tome des aventures de Marcus Goldman, et de le lire dans la foulée.


Joel-Dicker

L’auteur: Joël Dicker est un écrivain suisse, de langue française, né en 1985 à Genève (le coup de vieux, ce mec est plus jeune que moi!).

Passioné depuis toujours par l’écriture, Joël Dicker écrit sans relâche, et publie son premier roman à l’âge de 26 ans.  La vérité sur l’affaire Harry Quebert sera publié en 2012. Son troisème roman, présenté ci-dessous, est sorti en 2015.

Vous pouvez en apprendre plus sur ce jeune homme à l’avenir prometteur sur son site web.


Le livre des BaltimoreProduits dérives: Le Livre Des Baltimore est le second volet des aventures littéraires de Marcus Goldman. Il revient sur son enfance et les liens qu’il avait avec son oncle, sa tante et leurs deux fils.

Un hommage à la famille, lui aussi construit sous forme d’enquête… ou plutôt, de quête. Une jolie histoire d’amour aussi. On y découvre une facette différente de Marcus.


L’histoire: ATTENTION!!! SPOILERS!! Il s’agit d’une enquête et je raconte les faits de manière chronologique, et non pas au fur et à mesure que le héro les découvre. Passez votre chemin si vous ne voulez pas connaitre le fin mot de l’histoire!

Dans les années 1960, le révérend Kellergan, sa femme et leur fille Nola vivent heureux. Mais un soir, le révérend rentre et trouve la maison en flammes, avec Nola, âgée de huit ans qui danse sous le porche. C’est elle qui a mis le feu a la chambre des parents, elle a voulu tuer sa mère qui lui semblait « méchante » dans son sommeil.

Le révérend se rend avec Nola chez son supérieur, qui exorcise la fillette. Puis il déménage avec Nola à Aurora, une petite ville de Nouvelle Angleterre en bord de mer. En grandissant, Nola présente un trouble psychiatrique lors duquel elle devient sa mère, et se châtie d’être une mauvaise fille. Elle reproduit ce qui s’est passe lors de l’exorcisme: elle se met la tête dans une bassine d’eau bénite, se frappe les seins, et supplie en même temps sa mère d’arrêter, lui dit qu’elle l’aime. Pour fuir ces scènes violentes de dédoublement de personnalité, le révérend s’enferme dans son garage et met la musique à fond.

Cependant, la communauté d’Aurora ne sait rien de ces épisodes de décompensation. Pour eux, Nola est une belle jeune fille, enjouée, souriante, attentive. Nola travaille les samedis dans un restaurant qui sert des hamburgers, avec Jenny, une belle plante qui rêve de devenir actrice, et accessoirement la fille de Tamara, la patronne.

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Harry Quebert est écrivain. Il a 34 ans, a écrit un premier roman publie a compte d’auteur, et souffre du syndrome de la page blanche. Il décide qu’il lui faut un lieu propice à l’écriture et loue la maison de Goose Cove (la crique aux oies), en marge d’Aurora. La vue est magnifique, inspirante, et il n’est pas loin de la civilisation. Il y met toutes ses économies, louant la maison pour quatre mois.

Lorsqu’il emménage à Aurora, il explique qu’il est écrivain et qu’il vient de New York. Les habitants se méprennent et pensent qu’ils ont à faire à un personnage célèbre. Mais un décors de rêve ne suffit pas à Harry pour se remettre à écrire. Le temps passe, et rien ne vient.

Un jour, il rencontre Nola sur la plage. Nola qui danse dans les vagues, sous la pluie. C’est le coup de foudre entre l’ado de 15 ans et l’auteur de 34 ans. Un amour interdit, dévorant. Harry sait que Nola travaille les samedis au restaurant de Tamara. Il y va donc le samedi suivant, pour la voir. Et pour ne pas éveiller les soupçons, il y retourne tous les jours.

Jenny, la fille de Tamara, en pince pour Harry, et pense que ce dernier l’aime bien aussi, puisqu’il vient au restaurant tous les jours. En plus, elle a lu par dessus son épaule qu’il venait au restaurant juste pour la voir (quand Harry écrivait en fait a propos de Nola). Jenny parle à sa mère de sa « romance » avec Harry. Tamara, très ambitieuse, veut absolument pousser sa fille dans les bras du célèbre écrivain new-yorkais.

Jenny a, quant à elle, un admirateur secret: Travis, un jeune policier très doué qui aurait pu faire carrière au FBI, mais qui est resté à Aurora pour les beaux yeux de Jenny. Cependant, cette dernière le considère comme un ami d’enfance, et ne se rend pas compte des sentiments que le jeune homme nourrit à son égard. Travis est très timide, mais aussi jaloux.

New Hampshire stae police

Jenny a un autre admirateur, mais pas si secret: Luther Caleb. Luther était un jeune homme à qui tout souriait: fiancé à une belle blonde, il s’apprêtait à entrer aux beaux-arts lorsqu’un soir, il s’est fait tabasser par une bande de jeunes. Ils ont joué au football américain avec sa tête et l’ont laissé pour mort dans un champs. De jeunes cons dangereux, en quelque sorte. Luther a survécu, mais il est salement amoché, et a des difficultés d’élocution. Sa fiancée le quitte et il laisse tomber les beaux arts.

Luther végète pendant deux ans chez ses parents, jusqu’au jour où un homme frappe à sa porte et lui demande de l’aide pour sa voiture. Cet homme, c’est Elijah Stern, l’héritier de la plus grosse fortune du New Hampshire. Il propose à Luther de devenir son chauffeur, et bientôt une solide amitié naît entre les deux hommes. Ce que Luther ne sait pas, c’est qu’Elijah faisait partie du groupe de jeunes qui l’ont tabassé, et qu’il a inventé cette histoire de panne de voiture de toutes pièces pour pouvoir employer Luther, afin de se racheter une conscience. Stern est aussi, accessoirement, le propriétaire de Goose Cove, la maison que loue Harry Quebert.

Luther continue de peindre chez Stern. Beaucoup de paysages, mais aussi des portraits. toujours le même type de femme: blonde, comme sa fiancée perdue. C’est pour cela qu’il est obsédé par Jenny: il voudrait absolument la peindre, elle lui rappelle son ex. Mais Jenny, qui sait qu’au fond Luther n’est pas méchant mais juste un peu bizarre, refuse. Elle mentionne un jour à Travis, le jeune officier de police, que Luther la harcèle un peu. Ce dernier, possessif et protecteur, pousse Jenny à porter plainte. Lorsque Luther revient demander à Jenny de la peindre et que Travis le surprend, le policier lui met une dérouillée.

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Luther est aussi obsédé par Nola, qui présente les mêmes caractériques physiques; blonde et plantureuse. Il l’épie. un jour, il la voit coincer une note dans porte de l’écrivain. Il la vole et découvre une lettre d’amour. Une correspondance se noue entre Luther, qui se fait passer épistolairement pour Harry, et Nola.

Pendant ce temps, Nola et Harry continuent leur petite romance. Harry passe tout son temps au restaurant de la petite ville, toutes ses économies restantes y passent. Deux mois se sont écoulés, il n’a rien écrit à part « Nola – NOLA – N.O.L.A » des centaines et des milliers de fois. Il passe du temps avec Nola sur la plage mais ne la touche pas. Il est tiraillé entre son désir pour elle et le fait qu’elle soit encore mineure. Se sentant faiblir, Harry décide de mettre de la distance avec Nola et sort avec Jenny, qui lui fait ouvertement du gringe.

Jenny et Harry vont au cinéma ensemble, mais manque de bol, Nola et son papa assistent à la même séance et Nola est sous le choc: son Harry chéri ne l’aime plus, il la trouve certainement laide, et la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Littéralement. Nola prend plein de médicaments et dit au revoir à la vie. Sauf qu’elle se rate et finit à l’hôpital avec un bon lavage d’estomac.

Le jour de la tentative de suicide de Nola, Tamara, la mère de Jenny, a organisé une garden party pour « officialiser les fiançailles » de Harry et Jenny. Les invités sont là, Jenny est trop apprêtée, et on attend plus qu’Harry. Sauf qu’il ne viendra jamais, car il a couru au chevet de sa Nola chérie, hospitalisée à la grande ville du coin.

Jenny est effondrée et Tamara, sa mère, se paye la honte de sa vie. Pour ne pas perdre la face, elle annonce à ses amis que son mari Robert, un être placide et un peu à côté de la plaque, qu’elle malmène sans cesse, a un cancer. Le soir de la garden party ratée, Travis invite Jenny à la fête de la ville qui aura lieu la semaine d’après. Dépitée d’avoir été abandonnée par Harry, Jenny accepte d’être sa cavalière.

Tamara, outrée, se rend chez Harry, qui est au chevet de Nola, pour lui passer un savon. Elle entre chez lui, et ne trouvant personne, fouille. Elle trouve un feuillet sur lequel Harry décrit sa passion pour Nola, et l’emmène pour pouvoir l’utiliser contre lui si nécessaire. Elle le montre à l’officier de police en chef, expliquant que le grand écrivain est un pervers. Mais comme Nola n’a jamais déposé plainte, un simple écrit ne suffit pas à inculper Harry. Il n’a rien fait. Tamara garde le précieux feuillet dans son coffre fort.

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Harry passe tout son temps au chevet de Nola pendant sa convalescence. La fête de la ville approche, et il se voit obligé d’y participer, étant une « personnalité ». Il y va à contre coeur. Il y rencontre Elijah Stern, son propriétaire, qui s’est toujours rêvé écrivain, et qui l’encourage dans son travail. Il remporte le gros lot à la loterie: une semaine de vacances dans un hôtel de luxe, pour deux. Jenny a encore l’espoir qu’Harry l’y emmène, mais il y va « seul » – avec Nola en fait.

Harry prend cette semaine de vacances, pendant laquelle il peut vivre son amour avec Nola sans se cacher, comme son chant du cygne: il n’a plus d’argent pour continuer de louer la maison de Goose Cove (il a tout dépensé au restaurant), et n’a rien écrit. Il va rentrer à New York, la queue entre les jambes. Lorsqu’il explique à sa douce qu’ils vont devoir se quitter, et que Nola pourra le rejoindre à New York quand elle aura 18 ans, Nola est catastrophée.

De retour à Aurora, Nola décide de prendre les choses en main. Elle se rend chez Elijah Stern, le propriétaire de Goose Cove, et explique qu’elle aimerait faire de menus travaux pour lui afin de pouvoir payer la maison pour qu’Harry puisse y écrire. Luther, qui est présent, est subjugué par Nola: il veut absolument la peindre. C’est ainsi que Nola rachète le loyer de Harry: en posant nue pour Luther. Le deal conclu, Stern  fait savoir à Harry que comme il tient à l’aider dans sa tâche, il le dispense de loyer.

Ce sont deux mois de bonheur pur que vivent Harry et Nola: il écrit, et elle s’occupe de tout dans la maison, veillant à son confort. Lorsqu’elle a fini les tâches quotidiennes, elle s’installe à la machine à écrire et tape ce que Harry a écrit le jour même.

Nola est prête à tout pour son Harry chéri. Lorsque Tamara, sa patronne, lui explique qu’il faut se tenir éloignée de Harry Quebert car c’est un pervers qui a des vues sur elle, et qu’elle a une preuve dans son coffre fort, Nola prend le taureau par les cornes – ou plutôt le commissaire par la queue.

Comme Tamara lui a dit qu’elle avait montré le papier au commissaire, Nola se rend dans le bureau de ce dernier, et lui taille une pipe, lui déclarant « vous êtes un criminel mainteant, chef ». Elle demande ensuite à Robert, le mari de Tamara, de bien vouloir l’aider à supprimer ce feuillet compromettant que cache Tamara dans son coffre fort. Nola ouvre son coeur à Robert, lui expliquant la profondeur de son amour pour Harry. Touché, et en voulant à sa femme qui le malmène tout le temps, Robert accepte, et brûle le papier.

Harry a découvert que Nola souffrait de troubles mentaux après qu’elle lui ait raconté que sa mère la battait. Lorsqu’il se rend chez le révérend Kellergan, ce dernier lui explique tout. Harry se rend compte que le révérend ne fera rien pour soigner sa fille.

Harry et Nola forment donc un projet un peu fou: dès la fin de l’été, ils partiront ensemble au Canada. Nola pourra aller au lycée là bas, ils vivront dans une petite maison dans les bois, tranquillement. Harry enverra son livre à des éditeurs à New York par la poste. Et Harry compte bien faire traiter Nola pour ses crises de dédoublement de personalité.

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Nola et Harry passent un été magique: il écrit, elle tape à la machine ce qu’il vient d’écrire, et elle s’occupe de son intérieur. Elle joue à être sa petite femme. Elle veille à ce qu’Harry ait tout ce dont il a besoin, pour qu’il puisse se concentrer sur son oeuvre. Harry écrit à tour de bras, son amour pour Nola et leur projet de vie commune ont débloqué son inspiration.

Luther, qui est fasciné par Nola, a écrit un roman inspiré de son amour à sens unique pour la jeune fille et de leur correspondance. Il en a une version manuscrite et une version tapée à la machine. Il montre un jour son manuscrit à Harry pour avoir son opinion. Harry est subjugué par l’écriture de Luther.

A la fin de l’été, Nola et Harry doivent se retrouver dans un motel à l’extérieur de la ville afin de partir ensemble pour le Canada. Harry partira avant d’Aurora afin de ne pas éveiller les soupçons, déclarant à qui veut l’entendre qu’il rentre pour de bon à New York.

Luther sait que Nola va partir avec Harry, et décide donc de lui donner un cadeau d’adieu: son roman. Il le laisse dans sa boite aux lettres. Je vous rappelle que Nola a toujours pensé qu’elle correspondait avec Harry. Lorsqu’elle trouve le roman, elle pense  que Harry va partir sans elle. Elle part donc tout de suite, comme elle est, en emportant le manuscrit dans son sac à main, pour aller chez Harry.

Luther voit la jeune fille partir et lui propose de l’emmener là où elle va en voiture. Le chauffeur révèle à Nola qu’il est l’auteur du roman, et Nola reprend espoir: son amoureux l’attendra bien, comme convenu. Luther va donc conduire Nola au motel.

Sauf que Travis voit Luther et Nola en voiture ensemble, et voit rouge. Il poursuit la voiture de Luther et le force à s’arrêter au bord de la route, dans la forêt. Là il commence à passer Luther à tabac, mais il arrive à s’enfuir avec Nola. Nola court devant Luther, qui essaye de le protéger de la folle jalousie de Travis.

De sa fenêtre, une vieille veuve habitant en lisière de la forêt voit Nola poursuivie par Luther, et appelle la police pour signaler qu’une jeune fille a des problèmes dans la forêt. Pendant ce temps, Travis a tué Luther. Nola s’est enfuie mais a été battue elle aussi. elle arrive en sang chez la veuve et lui demande de l’aide. Cette dernière rappelle la police pour signaler que la jeune fille est maintenant chez elle. Mais Travis surgit et tue Nola et la veuve.

Lorsque le chef de la police arrive sur place, Travis explique sa bavure, et les deux policiers cachent les corps: celui de Nola dans le jardin de la villa qu’occupait Harry, puisqu’il a normalement quitté Aurora; et celui de Luther dans une voiture qu’ils lancent d’une falaise.

Paquette's Motel Twin Mountain, NH

Harry, lui, attend Nola au motel. Lorsque le matin se lève, il décide de rentrer chez lui et s’en retourne dans la villa pour attendre Nola. Il l’attendra toute sa vie, durant plus de trente ans. Harry publie un roman qui a un succès phénoménal, et se voit proposé un poste de professeur de littérature dans une université du coin, qu’il accepte.

Un jour, un de ses étudiant en littérature, un certain Marcus Goldman, lui téléphone: Marcus a écrit un roman a succès, mais maintenant il souffre du syndrome de la page blanche. Il demande à son maître de l’aider. Celui-ci lui propose de venir passer quelques temps chez lui, à Goose Cove, pour trouver l’inspiration.

Mais un jour, Harry fait planter des hortensias, les fleurs préférées de sa Nola, et lorsque les jardiniers creusent, ils découvrent les ossements de la jeune fille, accompagnés de son sac, dans lequel se trouve le manuscrit du roman à succès d’Harry: Les origines du Mal. Harry est accusé et mis en prison.

Marcus, contre l’avis de tous, décide de mener sa propre enquête pour faire innocenter Harry, qui lui jure qu’il n’y est pour rien. Tout en menant l’enquête, Marcus éprouve le besoin de coucher sur le papier ce qui se passe, et il entame donc son prochain roman à succès: la vérité sur l’affaire Harry Québert.

Marcus va révéler tous les petits secrets des habitants d’Aurora, qui semblent si lisses et bien sous tous rapports… pour arriver à la vérité: c’est Travis qui a tué Nola et Luther… mais Harry n’a jamais rien écrit de valable, il a fait publier le roman de Luther sous son propre nom. Harry est un imposteur.

Retrouvez ici une liste exhaustive des personnages du livre.

Hortensia

Encore mieux qu’un TAG!

Encore mieux qu’un TAG!

Les amis,

Je vous en avait parlé: une nouvelle aventure d’écriture s’ouvre à moi, avec pour thème principal la parentalité multiculturelle. Ouais, rien que ça.

Ca y est, note site The Parent Voice est en ligne, et vous pouvez aller vous régaler les mirettes. C’est en anglais, mais bon, vous allez y arriver, j’en suis certaine. C’est un site WordPress, donc si vous faites partie de cette communauté, un petit follow serait le bienvenu, merci beaucoup!

Et comme tout le monde aime bien savoir qui se cache derrière un écran et/ou un clavier, qu’on adore les TAG à tour de bras, je vous laisse tout de suite avec mon interview 🙂

Vous allez en découvrir plus sur moi que je ne vous l’ai jamais dit! Et vous allez enfin voir ma tronche 😉

Allez à cette adresse pour découvrir comment j’ai rencontré Monsieur et comment on essaie de survivre malgré des différences culturelles bien présentes 🙂

https://www.theparentvoice.com/french-indian-love-story/

Nouvelle aventure – new adventure

Nouvelle aventure – new adventure

(English below)


Chers lecteurs,

Un tout grand merci de continuer à être fidèles et à me suivre, malgré un rythme qui a fortement diminué ces derniers temps!

Mon emploi du temps se remanie un peu et je vais avoir plus de temps. du temps pour (enfin!!) envoyer leurs lots aux gagnantes du concours 200 abonnés (merci de votre extrême patience les filles!), du temps pour écrire de nouvelles chroniques (ce n’est pas parce que je n’écris pas que je ne lis pas, il y a des millions de chroniques en attente!!), et du temps pour une nouvelle aventure…

En effet, j’ai le plaisir de rejoindre l’équipe éditoriale d’un nouveau magazine en ligne consacré à la famille multiculturelle: the Parent Voice,. Nous lançons le site (en anglais pour le moment) le 1er août, et j’espère que vous serez au rendez-vous!

Certaines lectrices ont manifesté leur intérêt pour participer – je ne vous oublie pas les filles, je vous écris très bientôt!


Dear readers,

Thank you so much for still following me, even though I publish book reviews less often than before.

My schedule is changing once again, and I will have more time… Time to finally send their price to the winner of the 200 follower contest (thanks girls for your patience!), time to write book reviews (I haven’t stopped reading, even though I don’t publish here much – there are so many reviews to write!), and time for a new adventure…

I am now part of the team of a new online magazine dedicated to multicultural and multiracial families: the Parent Voice,. Some of you have already expressed interest in being interviewed – hang in there, I’ll write to you, I promise!

The website will go live on August 1st, and I hope you will read it and follow it!

Valérian

Valérian

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Les choux,

Juste un petit mot pour vous dire que je suis allée voir Valérian hier. J’hésitais avec les autres block busters – Wonder Woman et Spider Man, pour ne pas les nommer – qui me faisaient aussi extrêmement envie (surtout Spiderman avec l’ex Billy Eliott à gueulle d’ange, mais je m’égare).

Donc je me suis décidée pour le block buster franchouillard de notre cher Luc Besson national, parce que le 5è Element est juste dans le Top 3 de mes films de tous les temps, avec Eternal Sunshine Of The Spotless Mind et Roméo et Juliet. Si vous n’avez pas vu ces films, je ne vous parle plus.

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Je ne connaissais pas la BD. Le graphisme ne m’attirait pas plus que ça, et en BD, il faut quand même bien avouer que le visuel a son importance. Et puis je trouve que Valérian, c’est un prénom très moche 😛 J’y suis donc allée sans à priori, en ayant lu quelques critiques dénonçant des effets visuels époustouflants et un scénario un peu mince.

Je m’en suis pris plein les mirettes. Du grand divertissement, mesdames messieurs! J’ai pris mon pied. Le film est long, 2.17, mais on ne les sent pas passer. J’ai adoré. Alors oui le scénario est un peu cousu de fil blanc, mais honnêtement on s’en fout.

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Valérian et Laureline sont tous mimis. Les acteurs sont juste beaux et justes. Mention spéciale à Dane Dehaan qui m’a bien fait pensé à Léonardo DiCaprio dans ses jeunes années, mais avec un air un peu moins niais – on ne se refait pas, Léééoooo for ever!! Et Cara Delevingne, on la croirait tout droit sortie d’un manga avec sa moue boudeuse et son pti nez, mais elle sait aussi faire passer de belles émotions.

En plus en anglais, « Valerian » sonne bien mieux qu’en français 😛

Voilà, il ne me reste plus qu’à outre passer le fait que le graphisme de la BD originale ne m’emballe pas plus que cela, et à aller lire ces classiques que je voyais à la bibliothèque à côté de Yoko Tsuno et du Scrameustache!

Ils sont beaux, non? Vous voyez la ressemblance avec DiCaprio?

Shadows On The Moon, Zoe Marriott (2009)

Shadows On The Moon, Zoe Marriott (2009)

shadows on the moon book cover 1Shadows On The Moon (Des ombres sur la Lune) m’a été donné par ma soeur lorsque j’ai perdu le livre que j’étais en train de lire, alors que j’étais en weekend chez mes parents. Il est resté longtemps dans ma bibliothèque, un an ou plus… et pourtant, lorsque je l’ai commencé, j’ai été complètement emportée dans l’histoire et ne pouvais plus le lacher.

Shadows On The Moon est pour toujours lié à la danse orientale pour moi. En effet, je l’ai lu pendant un weekend de stage intensif de danse orientale avec la grande Suhaila Salimpour, pendant les pauses, afin de décrocher un peu et pour me ressourcer.


Résumé et avis en bref: la vie de Suzumé bascule le jour où des gardes impériaux arrivent chez elle et tuent son père, accusé de trahison. Dans sa fuite pour échapper au massacre de sa maisonée, Suzumé découvrira qu’elle a des pouvoir magiques: elle tisse les ombres. Suzumé changera plusieurs fois d’identité, à chaque fois qu’elle devra fuir ou se cacher. Guidée par les mentors que le destin mettra sur sa route, elle afinera son art et préparera sa vengeance. Mais la vengeance et l’amour peuvent-ils aller de pair? Suzumé devra-t-elle choisir?

Zoë Marriott a décidé de réécrire Cendrillon, en faisant du personnage principal une héroïne badass qui fomente sa vengeance, au lieu d’être une pauvre enfant éplorée qui attend son prince charmant. D’ailleurs, le prince en question devra batailler pour que sa belle accepte son amour!

Shamisen

L’action est située dans un Japon médiéval fantasmé, ce qui donne un petit coté exotique à notre histoire. L’écriture est efficace, il y a du suspense, et surtout, on cherche les élements de Cendrillon. La narration originale est msie sens dessous dessous, mais on retrouve la jeune fille dans la cheminée, un horrible beau parent et une chassure abandonnée.

J’ai particulièrement apprécié le soin que l’auteure a mis à se documenter sur les us et coutûmes du Japon médiéval, même si elle met un point d’honneur au début de son livre à expliquer qu’il s’agit d’une version fantasmée de ce pays.


Les jaquettes: Mon édition montre la moitié du visage d’une jeune femme asiatique, encadré de fleurs de cerisiers blanches. Le titre en rose donne une touche girlie. Le sous titre est « Les plus brillantes illusions chachent les plus noires vérités », ce qui permet de sous-entendre le côté noir de ce roman.

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En anglais encore: une édition montrant le visage d’une jeune femme asiatique, comme éclairé par la Lune. Le fond donne un côté un peu inquiétant, ça me rappelle un peu Ring et Sadako (sauf que Sadako n’a pas ce petit sourire paisible). Cette édition n’a rien de girlie et est donc marketée pour tous….

…Contrairement à une autre édition en anglais, dont l’illustration est un chignon élaboré, piqué de peignes et d’épingles à cheveux. La pointe de l’épingle à cheveux est pleine de sang, ce qui fait référence à la scarification que s’impose Suzumé, et donne aussi un petit aperçu de la violence à laquelle est confrontée l’héroïne. Fleurs de cerisiers à gogo là aussi, roses en plus, et un sous-titre qui finit de convaincre qu’il s’agit bien de chick-lit, avec une référence à Cendrillon.

Enfin, l’édition polonaise est très consensuelle: un portrait de jeune femme asiatique (encore!) et en filigrane, une calligraphie chinoise.


Trailer: https://www.youtube.com/watch?v=vo66Z9rhLzc


Mon avis: Shadows On The Moon est une réécriture surprenante de Cendrillon. Dans une note explicative au début du livre, Zoë Marriott nous explique que l’attitude de jeune demoiselle en détresse de Cendrillon l’a toujours exaspérée… jusqu’au jour ou elle s’est dit que peut-être, Cendrillon n’était pas si niaise que cela, et qu’elle pourrait écrire cette histoire du point de vue de l’héroïne… une héroïne qui n’attend pas sagement son prince charmant, qui n’est pas résignée, mais qui a la rage et qui prépare sa vengeance.

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Cendrillon: J’ai beaucoup aimé chercher les éléments de Cendrillon dans ce livre. L’histoire est tellement différente de celle que l’on connaît tous, que c’est un peu comme une chasse au trésor. Mais tous les éléments du conte originel sont bien présents, avec un petit twist: ce n’est pas la mère de Suzumé qui meurt, mais son père. Son beau-père prend donc le rôle de la méchante marâtre. La mère de Suzumé ne meurt pas, mais se range aux côtés de son nouvel époux contre sa fille. Exit les deux laiderons, la mère de Suzumé donne naissance à des jumeaux après son remariage. Pour échapper aux assassins de son père, Suzumé se cache dans un four et se retrouve couverte de suie. Le bal: Suzumé danse de manière époustouflante, et même le Prince est sous le charme. La chaussure: dans la chambre nuptiale, alors que Suzumé attend son nouvel époux princier, elle se rend compte que le véritable amour vaut plus que la plus froide des vengeances, et perd une de ses chaussures en faisant le mur.

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Japon féodal

Le Japon: Zoë Marriott a décidé de situer l’action de son roman dans une version fantasmée et fantastique du Japon médiéval. Cela veut dire qu’elle s’est inspirée du Japon de l’époque pour créer cet univers, mais elle n’a en aucun cas prétention à décrire les choses avec une précision historique. Et pourtant, elle a fait un travail de recherche de fou!

Les termes de politesse japonais sont repris (onee-san pour « grande soeur » par exemple). La description des coiffures, du maquillage, des danses, de la musique, du tir à l’arc, des kimonos est superbe et bien renseignée. La politesse japonaise, l’art de vivre, l’art, sont retranscrits de manière fidèle (pour ce que j’en sais en tout cas!).

Suzumé change d’identité plusieurs fois, ce qui permet d’explorer différentes strates de la société: une famille noble de la campagne, une famille noble de la ville, une souillon de cuisine, et la vie des courtisanes.

Suzumé Otieno
Couple blasiatique (black-asiatique)

La mixité: je dois dire qu’un effort tout particulier a été fait par Zoë Marriott au niveau de la mixité de ses personnages. Tout d’abord, les rôles de la méchante belle-mère et de la bonne fée sont endossés par des hommes dans cette histoire. Bam! Gender-reverse. D’ailleurs, il y a deux bonnes fées au lieu d’une: un cuisinier, et un transsexuel. Re-Bam! Une asiatique et un africain tombent amoureux. Bam bam bam!

Suzumé et Otiéno forment un couple mixte, mais avec un mélange pas souvent représenté. Ok, il y a de plus en plus d’enfant sino-africains, avec la Chine qui envoie pléthore d’ouvriers chinois sur ses chantiers africains, mais ça reste un phénomène très récent. Et les métisses nippo-africains, alors? Encore plus rares!! Si vous voulez en savoir plus sur les afro-asiatiques, cliquez ici ou visitez ce super site sur les couples afro-asiatiques.

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Epingle à cheveux

La scarification: Suzumé est traumatisée par l’assassinat de son père et de sa cousine. Sa mère et son beau-père lui demandent de ne plus jamais mentionner cet évènement et d’oublier. Super méthode pour faire son deuil et gérer ses émotions, ahahah. Non mais sans blague! Du coup notre petite Suzu-chan internalise sa douleur et sa culpabilité. mais des fois, c’en est trop pour elle. Le seul moyen de calmer sa douleur, c’est de se taillader les avant-bras avec son épingle à cheveux.

J’ai trouvé que cet élément, très sombre, était très bien intégré à l’histoire. Quand Suzumé a commencé à faire couler son sang pour se soulager, je me suis dit: « ben dis donc, l’auteure a choisi un thème pas facile à traiter, elle est courageuse! ». Ce livre s’adresse plutôt aux adolescentes, et on sait tous et toutes que cette période de la vie nous fait passer par des choses pas simples.

Les désordres psychologiques (ce terme ne me plaît pas trop mais je n’ai rien trouvé de mieux) des adolescent(e)s sont connus, mais pas souvent traités dans la littérature. Ou alors, c’est le grand thème du livre. Ici, la scarification n’est pas le sujet central, elle est présente et traitée par l’auteure comme faisant partie intégrante du cheminement de son héroïne. La manière dont cela est accepté et géré par l’entourage de Suzumé est aussi plein de justesse: Yota le cuisinier lui signifie qu’il n’est pas d’accord mais ne condamne pas la jeune fille, lui donnant même des conseils pour dissimuler ses cicatrices.

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Les cheveux: les cheveux de Suzumé témoignent de ses changements d’identité successifs: longs et coiffés en chignon en tant que jeune fille de bonne famille, massacrés à la machette et jetés dans le feu quand elle se cache en souillon dans les cuisines, et enfin ils reprennent vie et sont coiffés de façon spécifique lorsque Suzumé devient une apprentie Geisha.

La coiffure et ses ornements indiquent le statut social de la femme. Ainsi, bien que seulement deux années se soient écoulées entre le moment où Suzumé est une jeune fille de bonne famille et celui où elle réapparaît en tant que geisha, sa coiffure change du tout au tout. Une jeune fille de bonne famille a un chignon élaboré mais sobre. Une geisha du même âge voit sa coiffure apprêtée de beaucoup d’épingles à cheveux, et la coiffure est réalisée de manière à ce que les hommes puissent connaître le « niveau » de la geisha – et surtout si elle est vierge.

Les ornements sont aussi décrits minutieusement; épingles à cheveux, peignes, perles…

shamisen

Le don: la magie est présente sous la forme du don que reçoivent certaines personnes. Pour autant, j’ai trouvé ce don difficile à cerner. Au début, avec Yota, c’est simple: le tissage d’ombres. Ok, ça veut dire créer des illusions d’optique. Et puis on se rend compte que ce don peut se manifester à travers un art: le tir à l’arc pour Otiéno, le shamisen pour Suzumé. Encore mieux: les tisseurs d’ombre de haut niveau peuvent changer de forme. C’est donc pour cela que Suzumé, qui fuyait comme un lapin devant les soldats, a perdu ses vêtements: elle s’était véritablement transformée en lapin! Et pour les tisseurs d’ombres de très, très haut niveau: le pouvoir de guérir les autres.

Je trouve que cela fait beaucoup, et ça dépasse largement le terme de « tisseur d’ombres ». J’ai bien conscience que ça vient en opposition à la lumière de la Lune, tout ça tout ça, mais pour moi, soit il aurait fallut se cantonner à l’illusion d’optique, soit il aurait fallu un terme plus général, comme socrière ou magicienne. Ou guérisseuse.

Yué rejette son don, du coup elle en fait un usage limité ce qui est dommage. C’est de manière instinctive, en situation de vie ou de mort, qu’elle laisse son don s’exprimer.

Les relations mère-fille: La jalousie joue un rôle central dans les relations entre Suzumé et sa mère. Suzumé n’a jamais connu sa mère l’aimant. Elle ne se rappelle d’elle que lui donnant des ordres, et lui intimant d’être une fille sage, bridant son caractère franc. Suzumé joue très bien du shamisen, mais sa mère, jalouse, déclare que sa fille n’a aucun talent pour la musique et lui fait arrête ses leçons.

Mother and daughter

Au coeur de cette relation tumulteuse, se tient le désir d’enfant: Suzumé est née au terme d’une grossesse difficile, et on a dit à sa mère qu’elle ne pourrait plus jamais avoir d’enfant, car une seconde grossesse lui serait fatale. La mère de Suzumé, qui a toujours désiré avoir plusieurs enfants et qui s’épouit dans la maternité, en garde une amertume certaine.

S’ajoute à cela la grande complicité entre Suzumé, naturellement douée pour les arts, et son père, poète. La mère se sent exclue de cette relation privilégiée, et dispute encore plus sa fille. Suzumé se bride pour pouvoir correspondre à la fille parfaite que sa mère voudrait avoir: une fille telle qu’Aimi, sa douce cousine orpheline, que la famille a recueillie.

Lorsque leur vie change, et que la mère de Suzumé tombe enceinte de Terayama, une nouvelle complicité apparait entre les deux femmes. C’est Suzumé qui prend soin de sa mère lors de cette grossesse difficile. Elle y trouve de la joie, se sentant utile et appréciée par cette mère qui l’a toujours rejetée.

Mais après la naissance de ses demi-frères, des jumeaux, la mère de Suzumé n’en n’a plus que pour eux, et délaisse à nouveau sa fille ainée. Cette femme revit, elle s’épanoui dans la maternité, alors que Suzumé se trouve rongée par un deuil qu’on lui interdit de faire.

En bref: un roman aux thématiques fortes et avec une écriture fluide. Une histoire d’amour un peu niaise mais qui devrait accrocher avec les jeunes lectrices – et même les moins jeunes 😉 Un univers bien mis en place et recherché. Une réécriture très originale d’un conte classique. Un très bon mélange, qui a fait que j’ai dévoré ce bouquin dès que l’occasion s’en présentait lors de mon stage de danse orientale!


Zoe MariottL’auteure: Zoe Marriott est née et a grandit dans le Lincolnshire, en Grande-Bretagne, entourée de sa soeur ainée et de son frère cadet. Les trois enfants avaient toute une ménagerie d’animaux qu’ils avaient sauvés.

Elle décida de devenir écrivain à l’âge de huit ans.  Sa première histoire fut à propos d’un lapin et d’un cochon qui organisaient une fête, et la seconde à propos de chaussures sous les pas desquelles poussaient des fleurs. Elle publia son premier roman à l’âge de 24 ans.

Zoë Marriott vit maintenant dans une petite maison qui fait face à la mer, avec ses deux chats et son cocker. Elle travaille dans son salon, penchée sur son ordinateur, ou planifiant l’action de ses romans dans ses carnets. Elle en possède d’ailleurs une impressionante colelction, qui ne demandent qu’à être utilisés un jour!

Elle adore le chocolat, les jonquilles et les saules pleureurs. Cliquez ici pour visiter son site (en anglais).


Bande son: le shamisen:

Ou alors, la musique orientale:


L’histoire: Suzumé a 14 ans. Elle vit tranquillement à la campagne, dans la maison familiale, entourée de son père, un poète qui l’adore, de sa mère, avec qui les relations sont difficiles, et de sa cousine Aimi, orpheline.

Feudal Japan horse riding soldiersAu printemps, la mère part rendre visite à de la famille, laissant Suzumé, son père et sa cousine Aimi seuls pendant un mois. Un jour, des soldats font irruption dans la demeure familiale et accusent le père de Suzumé de traîtrise, le sommant d’exécuter le seppuku – le suicide par le sabre – afin de laver son honneur.

Le père de Suzumé refuse, clamant son innocence et sa fidélité à son souverain. Les soldats exécutent alors le poète, sous les yeux de Suzumé et de sa cousine, qui sont cachées dans les buissons. Comprenant que leur vie est en danger lorsque les soldats commencent à mettre à sac la maison et à tuer les gens de maison, les deux jeunes filles fuient.

Malheureusement, la cousine de Suzumé est abattue par la flèche d’un archer. Suzumé, elle, court aussi vite que possible. Tellement vite, qu’elle a l’impression d’être entourée de lumière. Tellement vite qu’elle pourrait être un lièvre. Les soldats la poursuivant toujours, Suzumé trouve refuge dans les cuisines et se cache dans un four. Bizarrement, elle n’a plus de vêtement, elle les a perdu dans sa course folle. Tapie dans la cendre, elle attend.

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Après ce qui lui semble être des heures interminables, elle entend un homme l’appeler. c’est Yota, le cuisinier. Il a aussi réchappé au massacre. Yota met Suzumé en sécurité, et lui explique qu’elle a un don: Suzumé, comme Yota, est une tisseuse d’ombres. Elle peu tisser l’ombre et la lumière pour créer des illusions. C’est comme cela qu’elle a réussi à s’échapper: tout d’abord en se créant un manteau de lumière lorsqu’elle courrait, puis en se fondant dans les ombres du four.

La mère de Suzumé revient, accompagnée du meilleur ami de son père, Terayama, chez qui elle s’est arrêtée sur le chemin du retour. Suzumé est la seule survivante, Yota disparaissant dans les ombres lorsque la mère de Suzumé et Terayama arrivent. Comme la famille d’un traître ne peut survivre au Royaume de la Lune, Terayama propose d’emmener Suzumé et sa mère chez lui, en sécurité, à la capitale, et de les faire passer pour des cousines éloignées. Suzumé change ainsi de nom de famille.

OtienoQuittant la campagne et la maison de son enfance, Suzumé voyage pour la première fois. Elle traverse la campagne et doit prendre le bateau pour arriver à la capitale. Sur le bateau, elle rencontre Otiéno, un jeune homme à la peau noire, qui semble la comprendre sans parler. Otiéno la sauve alors que Terayama essaie de faire passer Suzumé par dessus bord « accidentellement ». Une étrange connection a lieu entre les deux jeunes gens.

Arrivés à la capitale, chez Terayama, Suzumé est sommée d’oublier ce qui s’est passé. Sous le guidage de Yota, elle développe son don. Elle s’en sert pour reproduire le doux sourire de sa défunte cousine, afin que tout le monde pense qu’elle a oublié.

Japanese-hairpin-artist-sakae-04Mais la douleur la ronge tellement qu’un jour, elle s’entaille l’avant-bras à l’aide de son épingle à cheveux. C’est le début d’une longue série de blessures que la jeune fille s’infligera lorsque sa douleur mentale se fait trop forte. Lorsque Yota découvre qu’elle se mutile, il la somme d’arrêter, mais comprend que Suzumé n’en fera rien. Il apprend à la jeune fille à dissimuler ses cicatrices grâce au tissage des ombres.

Terayama et la mère de Suzumé se marient rapidement, et cette dernière tombe enceinte. La vie est de plus en plus insupportable pour Suzumé, qui n’a jamais eu le droit de faire son deuil. Son beau-père lui envoie de mauvaises ondes, bien qu’il fasse semblant d’être attentionné. Et sa mère la délaisse, alors que Suzumé voudrait tellement qu’elle lui témoigne de l’attention. La mère de Suzumé donne naissance a des jumeaux, qui deviennent le centre de son monde.

Un soir, Suzumé surprend une conversation entre Terayama et sa mère, et comprend que ces derniers, amants, avaient fomenté ensemble la chute du père de Suzumé. C’est eux qui l’ont dénoncé comme étant un traître à la couronne, c’est donc eux qui sont responsables de sa mort et de celle d’Aimi, la cousine de Suzumé. Se découvrant surpris, Terayama cherche à faire taire Suzumé, mais cette dernière s’échappe en se fondant dans les ombres. Elle sait que son beau-père veut la tuer.

A court d’idée, elle se dirige vers les cuisines pour trouver refuge auprès de Yota. Ce dernier la déguise en souillon de cuisine: il taillade sa belle chevelure, et brûle ce qu’il a coupé dans le four, enduit Suzumé de suie, et lui fait enfiler des loques. Suzumé devient aux yeux de tous Rin, une nièce éloignée de Yota, qui vient aider en cuisine. Rin effectue les tâches les plus simples et les plus basses: elle lessive les sols et vide les poubelles.

Chihiro scrubs the floor

Mais un jour qu’elle est justement en train de vider les poubelles, Otiéno apparaît. Otiéno et sa famille, qui sont des diplomates africains, sont invités chez Terayama. Otiéno, qui peut « sentir » la jeune fille, est venu la rejoindre. Rin, d’abord sur ses gardes, fini par se laisser conquérir peu à peu. Otiéno revient régulièrement chez Terayama, et retrouve toujours Rin, où qu’elle se cache. Un soir, il lui vole même un baiser.

Mais cachée dans l’ombre des cuisines, Rin observe sa mère, et la vois s’épanouir dans son rôle de jeune maman. Elle n’a pas l’air du tout de se soucier du fait que sa fille ainée ait disparu, et elle ne pleure en aucun cas son défunt premier mari. Rongée par la haine à l’égard de cette mère qui n’en n’est plus une, Rin veut lui donner une leçon. Elle verse dans le thé de sa mere une herbe qui donne des maux de ventre, en grande quantité. Lorsque Yota découvre ce que Rin a fait, il est horrifié: la quantité utilisée par Rin est bien trop grande, et l’issue est certaine… sa mere va mourir.

Rin ne peut plus rester dans les cuisines de Terayama, car ce dernier va vouloir châtier la personne responsable de cet empoisonnement. Yota rend a Rin son kimono de soie et ses épingles à cheveux – ses affaires de Suzumé – et la chasse, en lui souhaitant bonne chance.

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Rin erre dans les rues. Elle essaie de frapper aux portes pour trouver du travail, mais elle a l’air tellement miséreux qu’on la chasse sans ménagement. Pour survivre, elle vend son peigne de nacre, mais elle se rend vite compte qu’elle s’est faite avoir. Elle vagabonde ainsi quelques jours dans les rues de la capitale du Royaume de la Lune.

Un soir, affamée et a bout de force, elle considère se jeter d’un pont pour en finir. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle se trouve sur le pont qui mène au quartier des plaisirs. Deux soldats l’abordent et la violentent, mais Rin se défend bec et ongles, et est jetée en prison.

Dans sa cellule, se trouve un gros homme qui ronfle… mais lorsque Rin se réveille, se tient à sa place une très belle femme qui est blessée au flanc. Rin l’approche et lui parle, lui demandant si elle se sent bien. La femme saigne et est tres faible. Rin la soigne comme elle peut. La femme explique à Rin qu’elle peut « sentir » son pouvoir, que les tisseurs d’ombres se reconnaissent mutuellement. En unissant leurs pouvoir, Rin et sa compagne de cellule arrivent à s’échapper. La mystérieuse femme guide Rin dans rues de la ville, jusqu’à une maison.

geishaLorsqu’on ouvre la porte, les deux femmes, exténuées et affaiblies, sont soignées et prises en charge par les femmes qui habitent la maison. Rin va de mieux en mieux, mais la santé de la femme qui l’a guidée jusqu’ici se détériore, et les médecins ne lui donnent pas longtemps a vivre. Un soir, Rin prend la main de sa compagne mourante, et un étrange phénomène se produit: Rin sent une chaleur monter en elle, et se transmettre a la mystérieuse femme via leurs mains enlacées. Le lendemain, les deux femmes sont faibles, mais guéries.

Enfin, la mystérieuse femme peut se présenter: c’est Akira, l’ancienne Princesse de la Lune. La Princesse de la Lune est la seconde épouse, éphémère, du souverain du Royaume de la Lune. La première femme est une epouse qui reste aux côtés du souverain tout au long de sa vie. La Princesse de la Lune reste, en tant que seconde épouse, pendant un an ou plus avec le souverain. Mais l’ancien souverain s’était tellement épris d’Akira qu’il l’a gardée auprès de lui toute sa vie. Lorsqu’il est décédé, quelques années auparavant, Akira a disparu, craignant la revanche de la Reine.

Akira a donc été blessée par des sbires de la Reine. Les deux femmes ont été soignées par des geishas du quartier des plaisirs de la capitale. Akira considère Rin comme étant sa soeur, car elle l’a sauvée. Elle lui propose de venir vivre avec elle dans sa résidence. Rin accepte, et se voit renommée Yué, ce qui veut dire « Lune ».

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Rin-Yué accepte, mais est toujours rongée par la culpabilité (elle est la seule à avoir survécu au massacre, et elle est persuadée d’avoir tué sa mère). Akira lui explique alors que le jeune roi, fils de son ancien amant royal, va donner un bal, durant lequel il choisira sa première Princesse de la Lune. Durant l’année que passe la jeune femme sélectionnée aux côtés du Roi, elle peut lui demander UNE faveur. Si Yué arrive à séduire le jeune Roi, elle pourrait alors se servir de cette fameuse faveur pour obtenir vengeance.

Yue se met à travailler d’arrache-pied pour devenir une danseuse et une musicienne accomplie. Pendant ce temps, Akira, dont la renommée n’est plus à faire, réapparaît sur la scène publique, et fait courir le bruit que sa jeune soeur Yué s’apprête a faire ses débuts. En effet, avant de séduire le Roi, Yue doit déjà recevoir une invitation au bal, car seules les jeunes femmes les plus talentueuses y sont invitées.

geisha dancing with fans

Lors de la soirée durant laquelle Yué fait ses débuts, devinez qui est dans l’assemblée… Otiéno! Yué est pourtant distante avec lui, car elle doit se concentrer. Sa performance au shamisen, un instrument à cordes japonais, et son chant, font sensation. l’assemblée est transportée, émue. C’est le début d’une lente ascension sociale pour Yue, qui est invitée par des maisons de plus en plus prestigieuses à jouer du shamisen et à chanter.

Otiéno persiste et arrive à se faire accepter par Yué et Akira, qui encourage la jeune fille à passer du temps avec son amoureux. Pour autant, Yué est déchirée entre ses sentiments pour Otiéno et son désir de vengeance, qui ne passe que par le titre de Princesse de la Lune. Yué continue donc d’osciller entre tendresse et froideur, ne sachant que faire, et profitant autant qu’elle peut des moments de grâce qu’elle passe en sa compagnie.

L’ascension sociale de Yué est fulgurante. En deux mois, elle se fait inviter à chanter et jouer du shamisen par des personnages de plus en plus haut placés, dont un comte qui pourrait lui obtenir une invitation au bal de la Lune. Cependant, ce comte est un vicieux personnage, et Yué va devoir naviguer en eaux troubles: elle doit arriver à le charmer pour obtenir son invitation, sans qu’il croit qu’elle soit en train de lui faire une proposition indécente. Après tout, elle est la jeune soeur d’Akira, une célèbre geisha, et il serait « normal » qu’elle se prostitue.

Shamisen

Mais rien ne se passe comme prévu, et le comte coince Yué dans le jardin. Alors qu’il s’apprête à la violenter, Otiéno surgit et l’envoie valdinguer. Yué pense que ses chances d’assister au Bal de la Lune viennent de s’envoler, mais le comte, plus terrorisé qu’en colère, décide d’envoyer des invitations à Yué et Akira pour être certain qu’Otiéno ne reviendra pas le massacrer.

Yué et Otieno se voient presque tous les jours. Otieno lui apprend que son don est très fort, et que si Yue n’apprend pas à le maîtriser, il pourrait la tuer. Mais Yué refuse ce don, elle ne veut l’utiliser que pour assouvir sa vengeance. Akira essaie de la convaincre, mais Yué refuse tout net. Otiéno et Akira doivent se résoudre à laisser Yué vivre de manière dangereuse, avec un don si puissant qu’il pourrait l’anéantir. En effet, seuls les tisseurs d’ombre très puissant ont le pouvoir de guérison, comme lorsque Yué avait guéri Akira après qu’elles se soient échappées de prison.

Après quelques mois à vivre ensemble, Yué découvre qu’Akira est en fait un homme. Elle utilise ses pouvoirs pour avoir l’apparence d’une femme. Le Roi l’a acceptée telle qu’elle était, ce qui a rendue la Reine, son épouse officielle, furieuse. Non seulement son mari s’éprenait d’une courtisane, la gardait à ses côtés toute sa vie, mais en plus il s’agissait d’un homme!

Maiko_and_geisha_back

Yué est tiraillée entre ses sentiments pour Otiéno, qui deviennent de plus en plus forts, et son projet de vengeance. Tant et si bien qu’elle recommence à se scarifier. Akira, inquiète, essaie de la persuader de mettre tout ça derrière elle, de vivre son amour avec Otiéno. Mais rien n’y fait. Yué est déterminée, mais elle n’a jamais dévoilé son projet à Otiéno. Ce dernier lui explique que bientôt, sa délégation rentrera au pays, après deux ans au Royaume de la Lune. Otiéno propose à Yué de partir avec lui.

Sachant que la fin est proche, Yué cède aux avances d’Otiéno. Les amants tissent autour d’eux les ombres et connaissent leur première fois en plein air, sous un arbre.  Ce sont leurs adieux.

Geisha and cranesYué se prépare pour le Bal de la Lune. Elle met dans sa danse toute sa douleur liée à la perte de son amoureux. Elle transcende l’assemblée, et bien sur le jeune Roi. Cependant, à la fin de sa performance, qui vient lui rendre visite dans sa loge? Sa mère! Elle n’est pas du tout morte! Yué-Suzumé se montre froide et distante, mais évidement, elle ne résiste pas à la tentation de dévoiler son plan de vengeance à sa mère… qui disparaît, effarée.

Yué est choisie comme Princesse de la Lune, et conduite à la chambre nuptiale. Elle se rend compte que tout cela n’a pas de sens: sa mère est en fait en vie et heureuse, Otiéno l’aime… Yué décide de s’échapper avant que son nouvel époux royal n’arrive. ce faisant, elle perd une chaussure 😉

Mais, qui l’attend à la sortie de sa chambre? Cet horrible Terayama, qui veut en finir une fois pour toute avec Yué! Un combat sans merci s’engage entre la jeune fille et son beau-père. Yué finit par tuer Terayama et saute par dessus la balustrade pour atterrir… dans les bras d’Otiéno! Il n’était pas parti. Akira lui avait demandé de rester un peu plus, et lui avait tout raconté. Certaine que Yué allait changer d’avis, Akira avait posté Otiéno à la sortie du palais.

On ne retrouva jamais la jeune fille qui dansa si bien au Bal de la Lune. Et pour cause… elle voguait vers d’autres horizons, accompagnée de son amant.

Suzumé Otieno

 

Lecture de vacances: Le Routard, de l’interieur

Lecture de vacances: Le Routard, de l’interieur

chroniques vagabondesLe Routard m’accompagne partout ou je vais. Pas aussi complet que le Lonely Planet, mais toujours plus fouille: le Routard nous deniche LE bon plan qui va transfor;er un voyage en aventure inoubliable.

L’un de ses auteur publie un livre sur ses annees barouseuses. Je ne l’ai pas lu, mais je me dis que ca me peut qu’etre bien. Une lecture de plage ou de voyage… qu’importe 😀

Cliquez ici pour decouvrir ce livre.

Appel à témoignages: familles métissées (Japon, Inde, mais pas que…)

Appel à témoignages: familles métissées (Japon, Inde, mais pas que…)

Bonjour à tous!

Je ne suis pas très prolifique ces derniers temps, et pour cause: nous sommes d’abord partis en vacances au bout du monde (40h d’avion et 12h exactement de décalage horaire!), et puis je me lance dans un nouveau projet d’écriture! C’est là que j’ai besoin de vous 🙂

Mixed Race Family

Avec des amies, nous allons lancer un site consacré à la parentalité sous l’angle multiculturel. Ce site sera consacré aux familles métissées, mélangées. Nous cherchons donc des témoignages:

  • de familles composées de différentes nationalités
  • de familles installées dans un pays étranger
  • d’adultes ayant grandi dans de telles familles

Si cela vous intéresse d’être interviewés, commentez!

Je suis spécifiquement en charge d’une section qui s’appelle « Perspectives culturelles », dans laquelle j’explore les traditions liées à la grossesse, l’accouchement et l’enfance de pays/cultures donné(e)s.

Pour le mois d’août, j’écris à propos du Japon et de l’Inde. Si vous êtes concernés, et que vous voulez partager certaines de ces traditions avec moi, commentez aussi 🙂

Ce site sera en anglais et s’appellera « the Parent Voice, » (la Voix du Parent,).

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