Bibliorue, Book crossing, livres

Comment j’ai libéré mes livres – How I freed my books

Je vous en ai parlé récemment: une boite à livres, toute neuve toute belle, vient d’être inaugurée dans mon quartier.

Ca tombe bien, parce que justement, je suis en pleine konmarisation de ma maison. Konma – quoi?? Konmarisation. 

I told you the other day: there is a new book box in my neighbourhood. Which is great, really, because I am in full Konmari mode. Konma – what? Konmari!

Konmari, c’est la forme abrégée de Marie Kondo. Si vous ne la connaissez pas encore, c’est une japonnaise complètement fada du rangement, avec une philosophie bien particulière: d’abord on se débarasse du superflu, après on réorganise. Ok, rien de nouveau sous le soleil, mais là où ça devient assez intéressant, c’est qu’elle propose de ne garder que les objets qui nous « mettent en joie ».

Konmari is the pet name of Marie Kondo, a Japanese lady obsessed since childhood with sorting out stuff and organizing homes. Her philosophy: get rid of whatever doesn’t « spark joy » in you, and then reorganize your home, so as to be surrounded only by things you really love.

Voilà, donc si t’as un truc que t’aimes pas, hop, tu le vires, et si t’as besoin d’un remplacement, tu remplaces par un truc que tu kiffes à 200%. Ca a très bien marché niveau serviettes de toilette, qui étaient des serviettes récup’ qui nous ont bien servies, mais qu’on n’avait pas choisies et qui étaient complètement défraichies. Et rèches. Du coup, maitenant qu’on a trois sous de côté, on s’est pris de belles serviettes de toilette bien moelleuses.

So whatever you don’t really like, bam! Throw it, sell it, give it away, but get rid of it; and replace it by something you really, really love 200%. It worked wonders with our old bath towels, that were given to us by other people and were old. And not soft anymore. Now that we’re adults and can afford it, we got ourselves some very fluffy towels, and we love them.

Mais revenons à nos livres. Moi j’adore les livres. Je les kiffe grave, si je pouvais, mes murs seraient couverts d’étagères regorgeant de livres. Et j’étais persuadée que tous ceux que j’avais, je ne pourrais pas m’en séparer.

But let’s talk about books. I love books. I love them so much, my dream would be to be surrounded by books, books, books. And I was quite convinced that all the books we had, I loved them.

Quelle surprise, donc, d’être honnête avec moi-même et de me rendre compte que certains livres… ben soit je les avais lus et ne les avais pas aimés plus que ça, soit ils trainaient dans ma bibliothèque depuis 7 ans sans avoir jamais été ouverts… et donc, ils m’encombraient.

I was thus quite surprised to realise that, if I was being honest with myself, some books… I didn’t reaaally enjoy them; or worse, they were just sitting there in my bookshelf since seven years. And so, they were taking space.

Physiquement, puisque bon, Games of Throne, c’est quand même du pavé; soit mentalement, puisque je les voyais et me sentais coupable de lire plein d’autres livres sans arriver à ouvrir ceux là.

They were taking space physically, because Games of Throne, you know 😉 but they were also taking space mentally, because of the guilt. I would see these books and feel guilty that I had them for so long and was reading many other books, but not these.

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A garder / to keep

Le résultat? Deux sac à courses remplis. Je suis allée les déposer dans la boite à livres de mon quartier, en trois trajets (parce que c’est tout de même un chouïa lourd, tout ça).

Result: two shopping bags, full of unwanted books. I went to free them at the book box, in three trips, because it’s a bit heavy, you know :p

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A se débarasser / to get rid of

La méthode Konmari, c’est aussi repenser son espace, mettre en valeur les choses que l’on aime. Donc exit le meuble Ikea qui me servait plutôt d’espace de stockage littéraire, et bonjour à cette jolie bibliothèque, qui permet de bien voir tous les livres 🙂 Dans le meuble Ikea, j’avais trois rangées de livres par case, donc impossible de les voir tous!

Konmari, it’s also reorganising space to make the best use of it. So we said bye to our useful but ugly Ikea storage unit, and replaced it by a proper bookshelf, in which books are displayed properly 🙂 In the Ikea thingy, there were three rows of books in each box, so it was impossible to see them all.

Petit bonus: la boite à livres est bien vivante! Lorsque j’ai déposé mon 3è paquet de livres, la boite qui était plein à crauquer hier soir avait à nouveau de l’espace de libre!

Bonus: the book box is alive! When I went this morning for the last time to put books in the box, I discover that some of my books from the day before had already been borrowed!

Je suis vraiment heureuse de savoir que mes livres vont être lus, avoir une vie, et peut-être même voyager. C’est un sentiment magique, que de se rendre compte que l’on contribue à la vie culturelle de son quartier!

I am very happy to know that my books will be read, have a second  life, and maybe even travel. It is such a great feeling to know that I am contributing to the cultural life of my neighboorhood!

Quand je suis arrivée / après mon 1er passage / après mon 2è passage

When I arrived / after my first book drop off / after my second book drop off

 

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Bibliorue, Book crossing, livres

Une nouvelle boite à livres! A new book box!

Boite à livres (1)

Quelle joie! Une nouvelle boite à livres vient d’être installée par les habitants du quartiers dans le square qui est juste à côté de l’école de Mademoiselle (et donc pas très loin de chez nous non plus).

Elle est super grande et très jolie! Moi qui dois faire du tri dans mes bouquins, je suis bien contente de savoir où ils vont atterrir une fois que j’aurai dépoussiéré mes étagères.

En attendant, je me suis servie 😉 Comme je suis raisonable, je n’ai pris que deux livres.

I’m so, soooo happy! A new book box was installed by our neighborhood committee in the square that is just next to Mademoiselle’s school (so quite close to our place as well).

The box itself is very pretty and quite big! Since I need to sort out my book shelves, I’m super happy and excited to know where I will put the books I do not want to keep.

But since I haven’t started the process yet, I helped myself. Mind you, I’m reasonable. So I took only two books 😉

 

Bibliorue, Book crossing, Contemporain/Contemporary, En français/In French, Roman/Novel, Science fiction, USA

Le Temps N’est Rien (The Time Traveller’s Wife) Audrey Nieffenegger, 2003

51WsjMRpzmL__SX307_BO1,204,203,200_Samedi dernier, je suis passée devant la boite à livres qui est près de chez moi. Pour une fois, elle était assez remplie. Je me suis dit que je ne pouvais pas tout prendre (quand même!), et entre une biographie de Simone Veil et Le Temps N’Est Rien, je me suis décidée pour le dernier.

Pour me justifier, je dirais juste que j’avais envie d’une lecture pas trop prise de tête, et que j’espère très très fort que la biographie de Mme Veil sera toujours là quand je repasserai… 😉

Il me semble que j’avais vu le film, mais j’en garde un souvenir confus. Il se pourrait bien que je l’ai visionné dans l’avion, et que je me sois endormie à un moment (ou qu’on ait atterri, ce qui est toujours source de frustration car je ne peux pas finir mon film! D’ailleurs la plupart du temps je continue à regarder même quand les hôtesses ont ramassé les écouteurs, mais je digresse).

J’aime bien les histoires de voyage dans le temps, les trucs à la Benjamin Button. Voilà, j’ai donc commencé ce livre samedi après-midi, et je l’ai fini le dimanche soir juste avant minuit, avec entre les deux ma fille et ma vie en général. Bref, une très bonne lecture!


Traduction et illustration autour du monde: Littéralement, le titre original anglais, The Time Traveler’s Wife, se traduit par « La femme de l’homme qui voyageait dans le temps ». Peut-être un peu long, et moins efficace qu’en anglais? Toujours est-il qu’on perd un peu de sens dans cette traduction.

En anglais, l’accent est mis sur l’épouse de cet homme mystérieux, alors qu’en français, le titre plus flou – Ok, on a à faire à une histoire dans laquelle le temps peut jouer un rôle, mais lequel exactement?  Et pourtant, je préfère le titre français, qui fait la part belle au couple qui est au centre de ce livre, et non à seulement l’un des deux protagonistes. Je trouve cela plus équitable (vous verrez pourquoi quand je vous expliquerait le processus de narration).

« Le temps n’est rien » est une citation tirée du livre, une phrase que dit le voyageur à sa femme. J’aime bien aussi le titre en français du film qui a été tiré du livre: Hors du temps.

Dans les autres langues, le titre anglais a été respecté, et la plupart du temps, la jaquette originale a été reprise: on y voit le bas du corps d’une petite fille habillée en écolière dans un champs (le Pré), et sur le sol à côté d’elle, un tas de vêtements, des chaussures d’hommes et un thermos de café. Dans beaucoup de langues, l’affiche du film a aussi été reprise après sa sortie.

J’ai fait une sélection des illustrations qui m’ont le plus intéressée. Certaines montrent une montre de gousset, une petite fille qui attend, une femme solitaire, des amants qui n’arrivent pas à se rejoindre, ou encore un voyageur solitaire. Celle que je préfère est l’édition portugaise, où l’on voit une petite fille rousse hilare dont la chevelure est balayée par le vent, semblable aux banches de l’arbre en arrière-plan, dans le soleil couchant.


L’histoire: Henry DeTamble voyage dans le temps malgré lui. Il a une vie « linéaire » avec un passé, un présent et un futur, mais il fait des bonds dans les deux directions, sans aucun moyen de maîtriser sa « différence ». Le petit Henry naît à Chicago d’une mère chanteuse d’opéra et d’un père violoniste, tous deux virtuoses en leur domaine. Enfance heureuse, parents fous l’un de l’autre et de musique. Par contre, Henry n’a pas du tout l’oreille musicale, et chante faux.

henry and HenryLa première fois qu’il voyage dans le temps, il a cinq ans, et retourne dans un musée qu’il a visité et adoré. Là, l’attend son « lui » plus vieux, qui vient donc du futur. Deux versions d’Henry ensemble, en somme. Le « grand » Henry apprend au « petit » Henry à survivre lors de ces flash temporels.

Les symptômes: vision qui se trouble, nausée, vertiges. Les effets: Henry n’emporte que son corps avec lui, il est donc nu. Il doit se débrouiller pour trouver de quoi se vêtir, de l’argent, et une planque. Et surtout, il s’entraine à courir, car se retrouver tout nu entraîne bien souvent des quiproquos. Henry se base sur ses propre souvenirs d’enfance pour ces leçons de survie (Henry m’avais appris ceci, c’est donc ce que je dois enseigner au petit moi-même).

La vie d’Henry bascule le jour où sa mère meurt dans un accident de voiture, le jour de Noël. Henry aurait lui aussi dû mourir, mais il se volatilise juste à temps pour échapper à la mort. S’en suit une période de vie sombre, pendant laquelle le père d’Henry, Richard, sombre dans l’alcool.

Sa relation avec son père atteint son paroxysme lorsqu’un soir, ce dernier ouvre la porte de la chambre de son fils, pour le trouver à converser avec un lui-même à peine plus âgé, qui vient de quelques mois dans le futur. Henry devient bibliothécaire et déménage dans un studio. Il boit beaucoup, se drogue, et sort avec Ingrid Carmichel, une blonde plantureuse folle de lui mais dont il n’a rien en commun, hormis la drogue et le sexe.

claire sixHuit après Henry, naît Clare Abshire, dans une belle demeure au milieu de la campagne américaine. Bonne famille bien sous tout rapports, un frère aîné et une soeur cadette, une immense maison, une gouvernante et une cuisinière. Bref, la bourgeoisie américaine. Clare aime bien aller dans le Pré, une clairière dans le bois qui est derrière sa maison, et où elle se rend lorsqu’elle a envie de lire un livre ou de jouer tranquille, toute seule.

Clare a six ans lorsqu’Henry se matérialise dans le Pré pour la première fois. Elle n’a pas peur, ils font connaissance, et du haut de ses six ans, comprend tout à fait cette histoire de voyager dans le temps. Henry lui donne d’ailleurs toute une série de dates auxquelles il reviendra. Clare a donc à faire à un Henry déjà âgé, qui a déjà fait beaucoup de voyages temporels dans le Pré avant, et qui a rencontré Clare plusieurs fois.

picnic dans le pre

Tout au long de son enfance et de son adolescence, Clare rencontre Henry dans la clairière. Elle lui laisse toujours des vêtements et de quoi se rassasier, et lui aménage même une cachette dans le sous-sol de sa maison. Lorsqu’elle est enfant, Henry aide Clare avec ses devoirs, lui apprends le français et l’allemand, et des poèmes. A l’adolescence, il doit résister au gringe que lui fait Clare.

Elle sait qu’ils vont se marier dans le futur. Henry fait très attention à ne pas trop en dévoiler, car leur rencontre dans le temps présent doit se faire de manière naturelle et spontanée. Pourtant, il laisse à Clare quelques trucs pour le futur, comme une note à l’attention de son futur docteur.

Clare grandit et s’installe à Chicago pour étudier l’art. Sa spécialité: des structures de fil de fer habillées de papier qu’elle fabrique elle-même. Un jour, à la bibliothèque, elle rencontre Henry, le bibliothécaire, qui a 26 ans et aucune idée de qui est Clare. Celle-ci l’invite à boire un coup pour lui expliquer qu’elle le connaît depuis son enfance. Enfin, pas lui, là, maintenant tout de suite, mais des versions plus âgées de lui. Leur histoire commence sur les chapeaux de roue.

meeting at the library

Mais Clare déchante vite. Le Henry du présent a mauvaise réputation. Il baise tout ce qui passe, a déjà une copine (Ingrid, la blonde sculpturale), et est alcoolique. Rien à voir avec l’homme qu’elle connaît. Et maintenant, tout comme Henry avait du être très prudent quant à ce qu’il lui disait du futur quand il lui rendait visite enfant, c’est à elle de lui taire ce qu’il fera dans son futur à lui, lorsqu’il lui rendra visite. Ce qu’elle lui a confié/lui confiera. Ce qu’ils ont fait/feront ensemble. Car le Henry de son enfance n’existe pas encore, et c’est à elle de le guider vers l’homme qu’il deviendra.

Clare et Henry se marient, non sans quelques appréhensions, car les voyages de Henry sont souvent causés par des moments de stress ou de panique. D’ailleurs, il s’éclipse, mais heureusement son « moi » du futur le remplace pendant la cérémonie, et tout le monde n’y voit que du feu. Le jeune couple s’installe dans un appartement trop petit, dans lequel la créativité de Clare est à l’étroit. Aussi Henry décide-t-il de faire fi de ses principes et de les faire gagner au loto, afin qu’ils puissent s’acheter une maison pourvue d’un studio assez grand pour son artiste de femme.

wedding dance

Henry voit beaucoup de médecins, mais c’est le docteur Kendrick qui sera le premier à le croire, grâce à un petit subterfuge (Henry lui remet un papier sur lequel sont notés les prénoms, le poids, la date et l’heure de naissance de ses enfants, pas encore nés, et le handicap de l’un d’entre eux). Ah, et aussi, Henry disparaît devant ses yeux, ce qui aide quand même pas mal.

Kendrick va donc essayer plein de choses, faire des expériences sur des souris, séquencer le génome d’Henry, et surtout essayer de trouver un remède miracle à sa chrono-déficience, puisque c’est comme cela que ça s’appelle.

En attendant, Clare et Henry décident de faire un bébé, mais ça ne marche pas. Clare fait fausse couche sur fausse couche. Sa créativité en prend un coup, son couple aussi. Clare est obsédée et veut à tout pris un enfant. Kendrick leur explique que toutes ses souris chrono-déficientes enceintes sont mortes car le foetus disparaissait de l’utérus de la maman pour réapparaître un peu plus tard. Bref, quand on est foetus, il ne faut pas s’amuser à ce genre de chose, ça vous tue et ça met en danger votre maman.

Claire pregnant

Henry n’en peut plus de voir sa femme dans cet état et décide de couper le robinet – au sens propre, puisqu’il subit une vasectomie. Mais un Henry un peu plus jeune rend une nuit visite à Clare, un Henry encore en possession de ses petits nageurs, et bam! Clare est à nouveau enceinte. Plus ou moins à ce moment là, Kendrick a trouvé le moyen de stabiliser les souris chrono-déficientes enceintes, et Clare mène sa grossesse à terme.

Henry fait un voyage dans le futur juste avant que Clare n’accouche, et rencontre sa fille, Alba, âgée de 10 ans. Elle est contente de le voir, mais elle est en pleine sortie scolaire, et sa maîtresse peine à croire qu’il s’agisse bien de son père, puisque celui-ci est.. décédé.

Henry encaisse le coup, et découvre qu’il est mort lorsqu’Alba avait 5 ans. En discutant, il apprend qu’Alba est très douée en violon, et que c’est son grand-père qui se charge de son éducation musicale.

Alba est elle aussi chrono-déficiente, mais contrairement à son père, elle peut décider du lieu et de l’époque où elle va atterrir. C’est ainsi qu’elle a pu écouter sa grand-mère chanter à l’opéra. Avertie de la présence d’Henry, Clare rapplique illico, trop contente de revoir son mari disparu, mais Henry s’évapore avant qu’ils ne puissent se toucher la main.

Alba-and-Henry-talk-Time-Travelers-Wife

De retour dans le présent, Henry peut rassurer Clare sur le fait que leur bébé va vivre et devenir une chouette petite fille, maligne et accomplie. La naissance d’Alba se passe bien, même si Henry disparaît pendant 10 min. Il est cependant de retour juste à temps pour cueillir sa fille nouvelle-née lorsqu’elle pointe le bout de son nez.

Une nuit d’hiver, Henry et Clare reçoivent un coup de fil d’urgence d’un Henry du futur qui s’est matérialisé dans un parking. ll fait -26 et il gèle. Les DeTamble attrapent Alba et foncent vers le parking indiqué, mais personne ne s’y trouve. Le Henry du futur est déjà reparti dans son présent.

Alba grandit et fait la joie de ses parents. Elle sauve son grand-père Richard de l’alcoolisme en devenant une élève violoniste investie et douée. Elle joue souvent avec une version plus âgée d’elle-même qui vient lui rendre visite du futur.

Un jour, Henry voyage dans le passé, et se retrouve dans le Pré, derrière la maison des parents de Clare. C’est l’automne, à l’aube. Il s’habille avec les vêtements que la Clare de 13 ans lui a laissé, et commence à marcher. Deux homme chassent, et tirent sur une masse sombre qui se trouve dans le Pré aussi. Une voix s’élève, désespérée, criant « Clare! Clare! ». Les deux hommes, le père et le frère de Clare, ainsi qu’Henry, se précipitent vers la voie. Mais quand ils arrivent, il n’y a plus rien. Juste une trace de sang. Henry comprend qu’il vient d’assister à sa propre mort. Dans le futur, il se fera tirer dessus et en mourra. Et il sait déjà quand: quand Alba aura cinq ans.

Henry naked 1Il rentre dans le présent, perturbé. Clare sent que quelque chose ne va pas, mais Henry ne veut rien lui dire. Un jour, il disparaît, et revient tremblant de froid. Il a fait un saut dans le temps, cette fois où il faisait horriblement froid et qu’il a appelé à la maison, en pleine nuit. Le temps qu’ils n’arrivent, l’Henry du futur avait eu le temps d’avoir de profondes engelures aux pieds, une hypothermie prononcée, et de retourner dans le présent.

Emmené à l’hôpital, Henry doit être amputé des deux pieds. Il sombre dans la mélancolie, jusqu’au jour où il décide de se secouer les puces, et de préparer son départ. Alba a cinq ans, il sait qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il fait une série de vidéos dans lesquelles il lui apprend à survivre, tout comme il avait appris cela au jeune Henry: crocheter des serrures, voler un portefeuille, trouver des habits, se fondre dans la masse. Il apprend aussi à Clare à cuisiner, elle qui n’a jamais su rien faire en cuisine.

Pour Noël, les DeTamble organisent une fête à laquelle sont conviés tous leurs amis. C’est une belle soirée froide. Henry demande à ses meilleurs amis de le rejoindre sur la terrasse, où il leur fait ses adieux. Puis il fait de même avec Clare. Il lui explique qu’elle le reverra lorsqu’elle sera très vieille, puis il disparaît.

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Il se matérialise dans le Pré, chez les parents de Clare. C’est l’automne, au petit matin. Il n’a plus de pieds, il ne peut pas se lever, ni se déplacer. Il sait ce qui va se passer. Henry voit les deux silhouettes des chasseurs mais ne peut rien faire. Il entend la détonation, et sent la balle lui déchirer les entrailles. Il veut voir Clare. Il crie « Clare! Clare! » avant de disparaître, pour réapparaître dans le présent, le soir de Noël, chez lui.

En mourant, il dit à sa femme « Le temps n’est rien ». Clare déprime après la mort de son mari, mais après quelques temps, elle se ressaisit et se remet au travail. Alba rencontre son père régulièrement dans le futur. Mais Henry n’apparaît jamais à Clare.

Enfin, un soir, alors qu’elle est très vieille, Clare sent une présence derrière elle: c’est Henry, qui comme promis, lui rend visite du passé, une dernière fois.

Henry disappears


Mon avis: une tuerie! J’ai vraiment adoré ce bouquin. J’ai lu la traduction française, mais d’après ce que j’ai pu voir, les phrase des l’auteur sont efficaces, sans trop de fioritures.

Le style de narration: tout le récit est au présent. Pas de temps passé ou futur. Le récit est à deux voix: celle de Clare et d’Henry. A chaque début de paragraphe est indiqué qui narre la scène, et quel âge ont les deux protagonistes. Il arrive qu’Henry soit là simultanément, on a donc le droit à des choses du style « 1988, Clare a 20 ans, Henry a 15 et 43 ans » (j’invente, c’est un exemple).

Un petit peu de philo: tout le livre sous-tend la question de la perception du temps, du déterminisme et du libre-arbitre. Par exemple, lorsque le petit Henry voyage dans le temps pour la première fois, il ne sait pas ce qu’il lui arrive. Pourtant, le grand Henry est là à l’attendre. Ce dernier ne savait pas à quelle époque il avait atterri, jusqu’à ce qu’il retrouve son petit lui-même, et se souvienne de ce qu’il avait fait avec le grand Henry. C’est donc grâce à ses souvenirs d’enfance que le grand Henry sait ce qu’il doit faire avec le petit Henry.

Henry young

Henry essaie quelques fois de changer le cour des choses, comme l’accident qui coûte la vie à sa maman. Il retourne sur les lieux des dizaines de fois, à des âges différents, mais jamais il ne peut rien changer. Donc même s’il le voulait, il ne pourrait pas changer non plus la manière dont il agit avec le petit Henry lorsqu’il le rencontre, une fois adulte. Ce qui s’est passé ne peut être changé… Que cela soit arrivé dans le passé, ou dans le futur.

Clare s’accroche aussi à cette bouée. Elle sait qu’Henry et elle vont se marier. Elle prend donc des risques, adolescente, en conduisant, certaine qu’elle ne mourra pas, puisqu’elle doit se marier avec Henry. Logique implacable. Lorsqu’elle est enceinte d’Alba, et qu’Henry lui explique qu’il a rencontré leur fille âgée de 10 ans, elle sait aussi qu’elle ne perdra pas ce bébé, qu’il vivra et deviendra une petite fille vive et pleine de curiosité.

Si les choses sont déjà arrivées, qu’en est-il alors de notre libre arbitre? Clare a-t-elle vraiment d’autre choix que de tomber amoureuse d’Henry? Ca me rappelle cette série de mon adolescence: « Sliders, les mondes parallèles ». Les mondes parallèles se développaient chaque fois qu’une personne prenait une décision au lieu d’une autre. Si elle avait pris la décision A, alors le monde évoluait de telle manière, alors que si elle avait pris la décision B, le monde tournait d’une autre. De fil en aiguille, une multitude de mondes parallèles s’étaient développés.

Ici point de mondes parallèle, par contre. Notre monde a une histoire, une chronologie, et les évènements arrivent tels qu’ils sont destinées à se passer. Et l’on n’y peut rien. Les amoureux passent pas mal de temps à s’interroger là dessus. Henry a aussi pour règle de ne jamais révéler aux autres ce que leur réserve leur futur. Ce que je trouve bien 😉

La psychologie des personnages: c’est un point que j’ai trouvé très bien développé par l’auteure. On a une galerie de personnages très différents, qui ne sont pas du tout lisses, ce qui est très appréciable quand on lit une romance.

Henry et son père sont tous les deux alcooliques car ils ne sont pas arrivés à faire leur deuil. Henry est rongé par la culpabilité, il pense qu’il aurait dû mourir aussi cette nuit là. Depuis, Noël est un cauchemar pour lui (l’accident avait eu lieu à ce moment là). Richard, son père, ne se remet pas d’avoir perdu l’amour de sa vie, en veut vaguement à son fils, et est effrayé par sa chrono-déficience. Père et fils ont rompu la communication, et sont pratiquement au point de non-retour.

La mère de Clare est maniaco-dépressive. Elle fait des crises de nerfs que sa famille « bien sous tous rapports » juge « embarrassantes », et rabaisse ses enfants. Les parents de Clare passent d’ailleurs le plus clair de leur temps à se disputer – contrairement à ceux d’Henry, qui vivaient en osmose. Deux modèles familiaux aux antipodes.

Ingrid Carmichel incarne la période sex, drugs and rock’n’roll d’Henry. Une jeune femme instable, folle d’un homme qui a déjà une promise mais qui l’ignore encore. Une jeune femme qui se perdra lorsqu’Henry la quittera, et qui finira par se tirer une balle sous les yeux de ce dernier lorsqu’elle touchera le fond.

Enfin il y a Ben, le gars séropositif qui bricole des médicaments illégalement (et surement d’autres choses) dans sa cuisine.

Même Clare passera par des périodes sombres. Elle demandera à Henry de tabasser et de ridiculiser un mec qui l’a violentée quand elle a 16 ans. Elle est obsédée par le fait d’avoir un enfant, quitte à risquer sa vie. Sa créativité et ses créations sont le reflet de ses remous intérieurs. Les apparitions d’Henry dans le passé, et ses disparitions dans le présent, font qu’elle passe son temps à attendre, dans l’expectative, sans vraiment savoir dans quel état elle le retrouvera.

L’art: l’auteure étant elle-même artiste, les références ne manquent pas dans ce livre. Je me demande d’ailleurs dans quelle mesure on retrouve l’auteur à travers ses personnages, car de toute évidence, elle parle d’un monde qu’elle connait bien.

Clare travaille un matériau bien particulier, le papier. Elle le fabrique elle-même, et on assiste à des descriptions sensuelles des propriétés des papiers créés par Clare. Henry est bibliothécaire, et adore les livres en tant qu’objets ET en tant qu’oeuvres littéraires. Le livre est émaillé de références littéraires, de poèmes et de citations. On s’instruit tout en se divertissant!

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La médecine: la science et la médecine ont un rôle prépondérant dans le livre. Henry essaie de se guérir par tous les moyens. Il consulte médecin sur médecin, et tous le prennent pour un fou. Jusqu’à Kendrick, qu’il convaincra en lui donnant la date, le poids, le prénom et le handicap de l’enfant qu’il attend.

Henry essaie de trouver un remède, il va même jusqu’à l’illégalité en demandant à Ben de lui fabriquer un médicament du futur, pour pouvoir rester dans le présent.

La violence: Le Temps N’Est Rien est un livre empli d’une grande violence, que ce soit dans les sentiments, le vécu, ou les actes. Henry a dû apprendre à survivre, ce qui passe par le vol, la bagarre, et la course. Il n’hésite pas à passer à tabac ceux qui s’en prennent à lui (l’épisode où il se fait agresser car il est habillé « gay », mais finalement, c’est l’agresseur qui se fait refaire le portrait), ou même à aider Clare à se venger d’un rencard qui a mal tourné (je n’aurais pas aimé être à la place du mec!).

Violence aussi dans les scènes traumatisantes où Clare perd ses bébés, nimbée de sang, serrant dans ses mains ses foetus morts. Violence des disputes de couple, violence de la maladie qui emporte la mère de Clare, de l’amputation qu’Henry doit subir. Violence des traditions catholiques, qui imposent un mariage à deux amants étourdis, qui ne peuvent avorter.

the brideClare, la lumière: Clare est celle qui sauve Henry, et par extension son père. Son prénom parle de lui-même, « la clarté ». Elle est celle par qui Henry s’accomplit, devient le « roi du foyer », comme le signifie son prénom: un mari, un père. Clare enfante Alba la blanche, contraste saisissant entre son prénom et son apparence, elle qui ressemble tant à son père, et par extension, à sa grand-mère: une petite fille brune, méditerranéenne.

Clare est le médium par lequel Henry devient parfait au travers d’Alba: elle a l’oreille musicale, et maîtrise sa chrono-déficience.

Une romance, mais pas que: Ce livre est avant tout une histoire d’amour. Une romance au sens strict du terme. Une histoire où deux êtres sont destinés l’un à l’autre, liés par un amour au dessus de tout. Mais pour toutes les raisons que je viens de lister ci-dessus, c’est une romance qui n’est pas mièvre, qui donne à réfléchir, et surtout (chose que j’apprécie toujours), on apprend des choses.

Ce fut une lecture rapide, deux jours et hop, c’était plié. Pourtant le livre est assez épais – 521 pages – mais ça se lit très vite. Donc un style fluide et efficace.

Pourtant j’ai lu des critiques déçues, pour qui romance et voyage dans le temps ne se conjugaient pas au même temps (je suis fière de celle là, applaudissez moi! 😉 ). Pour moi cette alchimie a fonctionné, et j’ai vraiment pu visualiser et ressentir ce que l’auteur a voulu transmettre. Les seuls passages qui m’ont laissée un peu hermétiques étaient ceux relatifs au papier quand Clare travaille, mais même là, les descriptions très sensuelles ont pu rattraper le coup pour moi.

Les personnages secondaires sont hauts en couleurs. Big up à Kimy et Alicia, qui sont personnages secondaires préférés.


Audrey-Niffenegger-001L’auteure: Audrey Nieffeneger est née le 13 juin 1963 à South Haven, dans le Michigan – tiens, comme Clare, quelle coïncidence! et elle est rousse aussi. Continuons: elle est diplômée d’art d’une école de Chicago, et  elle enseigne maintenant les arts plastiques. Elle est peintre et romancière.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter son site. Vous verrez que son univers est à la fois emprunt de douceur et de noirceur – un bon condensé de son roman, tout compte fait!


The_Time_Traveler's_Wife_film_posterProduits dérivés: Il y a eu un film, et pour faire un travail bien complet, je l’ai regardé à nouveau hier en finissant mon repassage (ma vie est fascinante). Et bien, il se trouve que je l’avais en fait vu jusqu’au bout! Et que je ne m’en souvenais pas… Tout simplement parce que le film n’est pas transcendant.

Le film reprend l’essentiel du livre, mais cette dimension violente, noire, a presque été gommée. C’est trop « romance » et pas assez « sci-fi », par rapport au livre. Exit la mère de Clare à moitié folle, elle se contente de faire une remarque désagréable à sa fille le jour du mariage. L’alcoolisme du père d’Henry parait beaucoup moins dévastateur que dans le livre.

On voit Henry se battre une fois, mais c’est tout. Ingrid est complètement passée à la trappe, et avec elle le passé sex drugs and rock’n’roll d’Henry. Exit aussi les leçons de crochetage de serrure et de vol avec le jeune Henry. Et LA scène violente du livre, celle où Clare demande à Henry de la venger, est tout simplement gommée. Clare n’a jamais été violentée, pas d’ecchymoses, et elle n’a donc pas besoin de se venger (la vengeance était d’ailleurs assez spectaculaire).

Eric BanaLast but not least, le physique de l’acteur qui joue Henry, le bel Eric Bana, ne colle pas du tout au personnage. Oui il est brun, un peu ténébreux. Mais: Henry est censé être félin, un corps souple et en longueur. Pas forcément beau, mais charmant. Un truc, un petit je-ne-sais-quoi. Eric Bana a de la carrure, des gros muscles, et malheureusement pour lui il me rappelle vaguement Partick Fiori (j’aime bien ses chansons, mais pas sa tronche).

girls-w-rachelRachel Mac Adams, rien à redire, je l’adore depuis The Notebook, et elle colle parfaitement au personnage de Clare.

Big up aux deux actrices qui jouent Alba, deux soeur se ressemblant beaucoup, qui jouent la petite fille à des âges différents. Par contre elles sont blondes, alors qu’Alba est censée être brune, comme son père et sa grand-mère.

Le film est mimi et sympa à regarder. Les réalisateurs se sont bien débrouillés pour rendre dans un format exigeant au niveau du temps la plupart des éléments importants d’une histoire longue et difficile à retranscrire, et je comprends leurs choix. La plupart du temps, c’est même fait habilement, et je me suis dit « Ah oui, ils ont mis ça là, comme ça. Pas bête ».

movie posterLa photo est magnifique, rien à redire là dessus. Mais ça reste un film d’amour un peu nunuche, les dimensions philosophique et noire du livre ayant été gommées.

Un truc qui a peut-être fait que je n’ai pas trop aimé le film, c’est que je l’ai regardé en français. Le doublage était un peu nul, je n’ai pas aimé. En même temps, la première fois que je l’avais vu, en anglais, il ne m’avait pas laissé un souvenir transcendant non plus (mais bon, quand on regarde des films dans l’avion, on a tendance à s’endormir).

Voici le film en français:

 

Bibliorue, Book crossing, livres

Abandonner ses livres

Ouch, le titre est un peu rude!

Pourquoi irait-on abandonner des livres? Autant les donner, les jeter, les brûler… Nah 😉

Il existe une forme d’économie parallèle dans laquelle les biens ont plusieurs vies, sont partagés par la communauté. Ceci s’applique aussi aux livres. L’abandon de livres en fait partie.

Comment ça marche?

On laisse sont livre dans un lieu de passage, un lieu publique, où l’on pense que quelqu’un pourra le trouver et l’emmener pour le lire.

Des exemples: des livres trouvés dans des parcs, dans des gares, dans le train, mais aussi en pile à côté des poubelles. Les auberges de jeunesse regorgent aussi de guides annotés et laissés par ceux qui en ont fini avec telle ville ou telle pays.

Je voudrais partager avec vous l’initiative d’un de mes voisins (au sens large, une personne de mon quartier plutôt), qui a installé une « boîte à livres » pour que l’on puisse y abandonner ses livres à l’abris du mauvais temps.

Voici quelques photos:

 

Cette fois-ci il n’y avait qu’un volume à l’intérieur, mais il m’est arrivé d’y trouver une belle pile de bouquins, ainsi que des revues. C’est d’ailleurs dans cette boîte à livres que j’ai trouvé le livre Meutre au Champagne, d’Agatha Christie.

La personne à l’origine de ce Bibliorue a même arrangé un petit banc de bois pour que l’on puisse consulter les livres disponibles. Charmante attention, n’est-ce pas? En été il fait bon s’y assoir à l’ombre des platanes.

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Il existe d’autres formes organisées d’abandon de livre, comme le désormais célèbre book-crossing, qui permet même de suivre les tribulations de vos volumes abandonnés tout autour du monde!

Alors, ouvrez l’oeil! Peut-être que votre prochaine lecture vous attend sur un banc…

livre-banc

Bibliorue, Book crossing, En français/In French, Grande Bretagne/UK, Policier/Thriller, Roman/Novel

Meurtre au Champagne (Sparkling Cyanide) Agatha Christie, 1945 / France: 1947

0147084_1Agatha Christie et moi, une histoire d’amour réussie.

J’ai dévoré la moitié de la collection l’été de mes quatorze ans, et l’autre moitié l’été suivant; de vieux bouquins récupérés chez ma grand-mère. Autant dire que mes souvenirs sont confus, que les histoires se mélangent, et que je ne suis plus sûre de savoir qui de Poirot ou de Marple a résolu le crime.

Il y a quelques jours, je suis passée devant une « boîte à livres » près de chez moi; une super initiative d’un particulier qui a accroché une grande boite au mur de sa maison pour y recueillir les livres dont on ne veut plus, et faire en sorte qu’ils trouvent de nouveaux lecteurs. Un peu d’économie parallèle 🙂 Cette personne a même installé un petit banc pour qu’on puisse y lire tranquille, à l’ombre des platanes.

J’ai donc regardé ce qui s’y trouvait, et suis repartie avec ce petit bouquin dans mon sac.


L’histoire:

Rosemary, jeune londonienne belle et écervelée, meurt empoisonnée le jour de son anniversaire, dans un cabaret huppé. Suicide ou meurtre? Le poison était placé dans sa coupe de champagne, et personne ne s’est approché d’elle… Autour de la table, son mari George, sa jeune soeur Iris, la secrétaire de son mari, son amant No1 et l’épouse de celui-ci, et son amant No2.

Tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide, pourtant le veuf reçoit quelques mois plus tard des lettres anonymes lui révélant que sa chère et tendre aurait été assassinée, et non pas qu’elle se serait donné la mort. Il va donc organiser, un an plus tard, un autre dîner avec les mêmes convives dans l’espoir que le meurtrier se confonde…

Entre-temps, depuis que sa sœur est décédée, la jeune Iris n’a plus personne pour la chaperonner. Son beau-frère George, chez qui elle vit, propose d’appeler une vieille tante, Lucilla, pour lui servir de chaperon. La vieille tante accepte avec joie, d’autant qu’elle est presque ruinée par son fils, un vaurien qui lui réclame sans-cesse de l’argent. Le jour de l’anniversaire de la mort de Rosemary, le dîner a lieu, mais c’est George qui est à son tour empoisonné… Le suspens s’épaissit.

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Spoiler alert!

Chaque convive a un mobile: Iris hérite de la fortune de sa soeur; George est jaloux des amants de sa femme; les amants veulent se débarrasser d’une conquête belle comme le jour mais futile et surtout encombrante; la femme de l’un des amant est jalouse de Rosemary; et enfin la secrétaire de George est secrètement amoureuse de lui et déteste Rosemary. En fait c’est le cousin ruiné qui est derrière tout ça, le fils de Lucilla. En effet, Rosemary a hérité d’une jolie fortune. A sa mort, l’argent est revenu à sa soeur Iris. C’est elle qui devait mourir lors du second dîner, son seul héritier étant son cousin.


Mon avis:

Agatha Christie nous emmène dans un joli conte, et dans une histoire passionnante. C’est rondement mené, comme d’habitude chez Christie. Personnellement j’ai très vite compris que les personnages « secondaires », c’est à dire la tante Lucilla et son fils, avaient leur importance.

La narration est intéressante, chaque chapitre se déroulant dans la tête de l’un des convives/suspects. On comprend leur côté sombre, pourquoi à un moment ou à un autre ils ont voulu la mort de Rosemary… Mais sont-ils passés à l’acte? Le second meurtre brouille encore plus les pistes, jusqu’à la « révélation finale », ou tout s’éclaire.

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J’ai lu ce roman en français, dans une traduction qui laisse plus que deviner l’anglais original, et cela m’a un peu déplu (« une partie » pour une fête, par exemple – traduction littérale de « party »), mais donnait en même temps un charme désuet à l’ensemble.

Pour moi il s’agit d’une histoire bien ficelée, rondement menée. On doute, on se perd, on retrouve son chemin, peut-être, peut-être pas… Un bon divertissement, avec du suspens, de l’humour et un peu de surnaturel (ou du moins, on pourrait le croire).

J’ai fini ce livre en deux jours, ça se lit vite, ça se savoure comme un carré d’un bon chocolat noir.


L’auteure: Agatha Christie

Agatha Christie
Agatha Christie

« Parce qu’une intrigue policière est un bon dérivatif et que ses contemporains, pris comme elle dans les remous de la guerre de 1914-1918, ont besoin de se changer les idées, une jeune anglaise (à moitié américaine par son père) s’amuse à écrire un roman policier en dehors de son service d’infirmière volontaire. »

On n’aurait pas pu mieux faire que ces quelques mot d’introduction de l’édition du livre de poche de 1978 pour présenté la reine du policier. Agatha Christie est née en 1891 à Torquay, dans le Devon, et meurt près d’Oxford en 1976, laissant derrière elle 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théatre.

 

0147084_1Le livre: J’ai lu l’édition du Livre de Poche de 1978. Les tranches des pages sont bleues. La jaquette est horrible et ne fait pas du tout justice au contenu! La jeune femme sensée représenter Rosemary fait vulgaire (Rosemary a beaucoup de classe), il y a une cible de dessinée sur la couverture. On a l’impression qu’il s’agit d’un roman avec beaucoup d’action, de la violence, alors qu’il s’agit plutôt de rentrer dans la psychologie des personnages.

Depuis, d’autres éditions avec des jaquettes beaucoup plus appropriées ont vu le jour. En voici quelques exemples, en français et en anglais:


Produits dérivés: Il y a eu un film en 1983, dont les critiques sont assez mauvaises. Apparemment il ne ferait pas justice à la plume d’Agatha Christie. Je n’ai pas pris la peine de le regarder.

En France, il y a aussi eu un téléfilm sur France 2 en 2013 dans le cadre de la série « Les petits meurtres d’Agatha Christie ». Je ne l’ai pas regardé non plus.

Dans les deux cas, il semblerait que l’histoire soit transposée à l’époque actuelle (1983 et 2013).

La BBC a aussi réalisé une version radiophonique du livre.

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Les petits meurtres d’Agatha Christie – Meurtre au champagne, Eric Woerth, 2012, France 2

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