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Saga de la Famille du Prince Athorn, Tome 1: Cataclisme cosmique – Armand Bourgeois

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Saga prince athorn armand bourgeois

J’ai acheté ce livre après avoir été convaincue par l’auteur, un petit bonhomme aux lunettes rondes cerclées de bleu vif, lors de la Foire du Livre de Bruxelles 2017.

Il m’a expliqué que ça parlait du destin de la Terre au prochain millénaire, et de comment l’humanité s’organisait pour se mettre à l’abri d’une pluie de météorites qui se dirigeait vers notre petite planète.

Il m’a aussi parlé de mettre à l’abri des oeuvres d’art et les ADN des espèces animales connues, ce à quoi j’ai répliqué que tout cela me rappelait fort le mythe de l’Arche de Noé. Apparemment je ne m’étais pas trompée, et il parait que le second tome est, lui, inspiré de l’histoire de Jacob et la baleine.

J’ai été convaincue, et j’ai acheté ce livre auquel je n’aurais même pas jeté un oeil en librairie, que ce soit par son titre ou par son illustration. Comme quoi, rencontrer les auteurs a du bon! Et ce sont eux qui parlent encore le mieux de leurs oeuvres…


Résumé et avis en bref: ce livre commence en 3636 sur Terra. On découvre un nuage d’astéroïdes qui se dirigent vers notre planète. L’impact aura lieu dans trente ans. Des générations d’hommes et de femmes s’unissent pour sauver l’humanité, ainsi que le patrimoine culturel et génétique de la planète.

Mars et Proxima (une planète de Proxima du Centaure), deux planètes plus ou moins éloignées, ont été colonisées, mais les conditions de vie n’y sont pas encore idéales. Elles ne pourront accueillir qu’un dixième de la population terrienne. Le reste devra être abrité dans des abris souterrains construits un peu partout sur la planète.

Je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de lire de la science fiction. Pourtant ma rencontre avec l’auteur m’a fait changer d’avis, et j’ai lu ce livre assez rapidement. J’ai beaucoup aimé le futur imaginé par Armand Bourgeois, qui est très probable pour notre planète et notre espèce.

On sent qu’il s’agit d’un tome d’introduction pour le personnage principal, qui viendra certainement s’épanouir et nous faire profiter de ses prouesses dans le tome suivant, qui porte d’ailleurs son nom – Athorn. Ce tome couvre une longue période de près de 70 ans, et forcément cela se ressent. J’aurais aimé connaître certains personnages un peu mieux.

On sent le travail de recherche effectué, que ce soit sur les aspects technologiques, culturels ou spirituels. Le vocabulaire est plutôt recherché.

L’écriture m’a surprise, surtout venant d’un ancien instituteur: il y a des bouts de phrases sans verbe. Je suppose que c’est un style, mais ça ne m’a pas trop plu. Il y a aussi un usage assez saugrenu de majuscules, de manière systématique, après deux points, ce qui je trouve très bizarre. Certaines abréviations m’ont aussi choquées: quel besoin de mettre « les docs » quand on peut écrire « les documents »?

En d’autres termes, c’est un excellent livre sur le fond, mais en ce qui concerne la forme l’éditeur n’a pas fait son travail, selon moi, et cela handicape ce très bon livre.

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Mon avis: La science-fiction littéraire et moi, ça fait deux. Autant c’est un genre que j’apprécie sous le format cinématographique, autant à l’écrit, j’ai du mal. Si on doit faire appel à mon imagination, alors je préfère la fantasy ou même l’horreur. Mais la science-fiction… Bref.

Je crois que c’est la faute de Dune, lu au sortir de l’adolescence, sous la recommandation expresse de mon mec de l’époque. Ce mec n’aimait pas Zola, donc autant dire que nos goûts littéraires étaient aux antipodes, mais je m’égare. Dune, je n’ai donc pas du tout, du tout, accroché.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à notre cataclysme: comment en suis-je arrivée à acheter ce livre? Le bagout de l’auteur a réussi à me convaincre. Et comme j’étais partie à la Foire du Livre avec, pour objectif, de découvrir des auteurs et des genres littéraires nouveaux, de sortir de ma zone de confort littéraire, je me suis lancée.

La Terre, appelée Terra dans ce livre, court un grave danger! Un nuage d’astéroïdes se dirige vers nous, avec impact dans trente ans. Cela laisse à la population terrienne le temps de s’organiser. Un dixième de la population pourra être déplacée sur Mars et Proxima, deux planètes colonisées mais aux conditions de vie encore rudes, mais le reste devra rester sur Terre. Dès lors, la construction de milliers d’abris commence, certains sous des déserts, d’autres dans des massifs montagneux, ou encore sous les océans.

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Ce premier tome de La Saga De La Famille Du Prince Athorn, je l’ai ressenti comme une introduction. En lisant à droite et à gauche sur l’auteur, je me suis rendue compte que je ne m’étais pas trompée: il a d’abord écrit le « tome du milieu », et puis il a développé l’avant et l’après.

Ce tome de l’avant a pour but de nous présenter le monde tel qu’il sera dans les années 3000, et introduit le fameux « élément perturbateur »: le cataclysme. L’aspect « généalogie » m’a un peu gênée (on explore la vie du grand-père, puis du père d’Athorn) et m’a vaguement rappelée la généalogie du Christ au début de la Bible, ou la généalogie des héros grecs. Machin fil de truc fils de bidule fils de chose… Bien sur c’est beaucoup plus subtile, ce n’est pas écrit de but en blanc, mais clairement on veut nous faire comprendre l’héritage de Athorn.

Le fait que le livre couvre une période très étendue (plus de 50 ans) fait aussi que l’on a du mal à s’attacher aux personnages, ils sont survolés trop rapidement à mon goût. J’aurais aimé en savoir plus sur l’empereur et ses tourments sentimentaux, sur l’androïde, et même sur le méchant Drinn.

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En y réfléchissant, je pense que le livre manque de scènes « réelles », c’est plus comme un conte descriptif (ils firent ceci et cela, au lieu d’une scène qui montrerait un exemple de « ceci » et une autre de « cela »). Certes il y a des scènes d’action, mais trop peu à mon goût.

Par exemple, une expédition d’apprentissage est évoquée, au cours de laquelle les enfants ramènent un métal bleu inconnu, trouvé dans le crâne d’un dragon abattu. On aurait très bien pu avoir une scène d’action là dessus, plutôt qu’un rapport du style « ils participèrent à de nombreuses expéditions d’apprentissage. Au cours de l’une d’elles, ils durent affronter un dragon, dans le crâne duquel ils trouvèrent un métal bleu inconnu qu’il ramenèrent sur Terra ». D’autant plus que j’ai l’impression que ce truc bleu va jouer un rôle majeur par la suite, mais je me trompe peut-être… En tout cas il finit en couronne sur le front d’Athorn, ce qui est déjà pas mal.

Un truc qui m’a un peu hérissée: la justification de l’emplacement de l’Arche, qui abrite donc un nombre restreint d’humains et toutes les oeuvres d’art possibles et imaginables, est que les Alpes, en plus d’offrir un socle solide pour l’abris, sont situées au coeur de l’Europe, qui est l’endroit qui regroupe le plus d’oeuvres d’art au Monde. C’est un peu euro-centré, tout ça! Et je doute que les Africains, les Asiatiques, les océaniens et les Américains apprécient…

En même temps c’est vrai qu’on a pillé toutes leurs ressources culturelles pour les exposer au Louvre, mais je pense que l’argument de la solidité du bloc rocheux alpin aurait suffit.

Au niveau de l’écriture, comme je l’ai dit plus haut, certains choix de ponctuation et de majuscules m’ont parus un peu farfelus… Je ne suis pas non plus une grande fan des phrases nominales ni de l’utilisation d’abréviations.

exploration de la comète

Et pourtant… l’univers mis en place par Armand Bourgeois est passionnant! Il a vraiment pensé à tout, et ce doit être un travail de titan que de passer en revue la multitude de détails évoqué et leur probabilité de véracité.

On sent l’amour de l’auteur pour les sujets qu’il évoque. Pêle mêle: l’écologie, la pollution, la surpopulation, l’art, la lithothérapie (le pouvoir des pierres), le progrès technologique, l’histoire humaine et planétaire, les relations humaines…

Par exemple, l’expansion de l’humanité est maîtrisée par une loi draconienne qui n’est pas sans rappeler le contrôle des naissances en Chine: deux enfants par personne maximum (donc si tu as déjà deux enfants avec ton ex, par exemple, tu ne peux pas en avoir un autre avec ton nouveau partenaire, même si ce dernier n’a pas d’enfant. En Chine c’était un enfant par couple, et donc j’ai une copine de parents divorcés et remariés qui a une demi-soeur du côté de sa mère et un demi-frère du côté de son père).

two-shiva-lingam-stonesLes pierres ont un rôle magique important à jouer. Elle permettent des transes méditationelles assez impressionnantes qui donnent lieu à certaines découvertes majeures. un personnage peut, par exemple, explorer un astéroïde lors d’une séance de méditation « aidée » par une pierre.

Je me demande bien, d’ailleurs, quel rôle ces pierres vont jouer dans le futur.L’une de ces pierres est un Shiva Lingam. Si vous suivez un peu, vous savez certainement que la culture indienne, c’est mon dada! Que vient faire la pierre sacrée du Dieu Shiva ici? J’ai bien l’impression que ses pouvoirs magiques pourraient provenir du choc de la première météorite qui a décimé les dinosaures et façonné la Lune… à confirmer dans le prochain tome!

La référence biblique est immanquable: on construit une Arche pour y conserver tous les ADNs de faune et de flore existants sur Terra, en plus d’y conserver les oeuvres d’art majeures. Par exemple les sphinx égyptiens sont transportés dans l’Arche, construite dans le massif alpin, ainsi que des tableaux de maître et toute autre oeuvre susceptible de constituer un capital culturel qui viendrait à manquer s’il était détruit lors de l’impact.

Certaines oeuvres sont conservées sur place, là où elles se trouvent, car elles sont intransportables. Je pense aux pyramides, puisque j’ai parlé plus haut des sphinx. Ces monuments sont conservées dans une mousse spéciale pour les protéger au mieux lors des impacts et des ondes de choc en découlant.

J’ai critiqué un peu au dessus l’écriture, mais une chose que j’ai grandement appréciée, c’est l’usage des beaux mots. Il y a aussi beaucoup de suspense, on se demande vraiment ce qui va se passer, comment l’humanité va pouvoir s’en sortir…

impact

La description du cataclysme en lui-même est pleine de suspense. Plusieurs « petits » astéroïdes s’écrasent sur Terra, provocant plusieurs ondes de choc. Certains abris résistent, mais d’autres pas, notamment ceux qui sont construits sous les océans. C’est assez horrible de les voir se rendre compte que le plafond fuit…

Et le tour de maître, LE truc auquel je ne m’attendais pas du tout, c’est Terra APRES…  On glisse doucement de la science fiction à la fantasy! L’apparition de dragons, trolls, fées, orcs et elfes est simplement due… aux radiations provoquées par les impacts! Et comme tout a été détruit à la surface du globe, les humains qui restent doivent se débrouiller avec les moyens du bord, plutôt archaïques… C’est tout simplement génial!!! Woww!!!

Par une habile manipulation du scénario, Armand Bourgeois isole Terra de ses colonies Mars et Proxima après les impacts. Les trois mondes évoluent donc de manière indépendante pendant une bonne décennie, voire plus.

Comme les scientifiques et artistes ont été privilégiés pour immigrer sur Proxima, cette dernière se développe de manière fulgurante. Mars, sous la coupe de son dirigeant despotique, voit au contraire ses conditions de vie se dégrader. Et sur Terra, comme on le sait, une nouvelle aventure inspirée de la fantasy vient de commencer…

En conclusion: un roman qui ne m’a pas convaincue à 100% sur la forme, mais bien sur le fond! Une ode à notre petite planète et à tous les trésors qu’elle recelle… j’ai hâte de lire la suite!

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le-salisien-armand-bourgeois-passionne-de-sciences-et-de-fiction-est-lauteur-dune-saga-futuristeL’auteur: Armand Bourgeois, ex-enseignant, se décide à publier le premier des trois livres de sa saga. Depuis toujours, il vit au contact de la science-fiction et de l’heroïc fantasy, de l’histoire des Arts et de leurs pratiques. Il partage sa vie entre le Béarn, le Pays Basque, le Périgord et Paris, aime voyager et rencontrer le monde.

Biographie extraite de la page de l’auteur sur Société des Ecrivains.


Ma rencontre avec Armand Bourgeois a été plus qu’improbable: je me suis arrêtée sur le stand de son éditeur car je connais quelques plumes que cela pourrait intéresser, et j’ai entendu gromeler derrière moi « Non mais ils exagèrent, quand même, Amélie et Bernard! », en références aux files interminables devant les stands de dédicace d’Amélie Nothomb et Bernard Weber.

Armand BourgeoisJe me retourne, et me trouve face à un grand gaillard, plutôt jeune, et à ce monsieur aux cheveux blancs et aux lunettes cerclées de bleu vif. Maintenant que j’y pense, peut-être que ces montures de lunettes sont faites elles aussi en métal de dragon? Mais je m’égare, encore une fois…

Je lui demande de me présenter son livre. Je vous rappelle que la science fiction littéraire et moi, ça fait deux. Et pourtant, Armand Bourgeois, son enthousiasme et son bagou, ont finis par me convaincre… et je ne le regrette pas!

Comme je n’avais plus assez de cash sur moi, j’ai du retourner au distributeur et poireauter une bonne vingtaine de minutes pour pouvoir, enfin, repartir avec mon livre. Ouf!

Livre dédicacé par Arislord lui-même, voyez-vous ça 😉


Produits dérivés: c’est une trilogie, il y a donc deux autres tomes à découvrir!

Tome 2: Ahtorn et les Créatures

Tome 3: (à sortir en juillet 2017)

dragons


Pour aller plus loin:

Visitez Proxima-b, une exo-planète du système Proxima du centaure découverte récemment, qui pourrait véritablement être habitable! C’est juste magnifique…

Apparemment, le personnage d’Athorn a été inspiré à Armand Bourgeois par son ancien élève, l’artiste Ben, qui illustre les couvertures des livres. Les illustrations de cette chronique sont toutes tirées de la page Facebook de Ben ainsi que de celle consacrée au personnage d’Arislord, auquel l’auteur s’identifie fortement, et de la page personelle de l’auteur Armand Bourgeois.

Quelques articles dans la presse locale sur Armand Bourgeois et sa Saga:

La Rep Des Pyrénées; Sud-Ouest: article du 3 mars 2016, article du 11 octobre 2016

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Le mois belge, saison 4

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Belge d’adoption, il fallait quand même que je me décide à aller fureter du côté des auteurs de mon pays d’accueil.

Le Mois Belge d’Anne et Mina, saison 4, m’en offre l’occasion 🙂 D’autant que suite à mon escapade à la Foire du Livre de Bruxelles 2017, j’avais ramené dans mon escarcelle quelques titres belgo-belges 🙂

Le Mois Belge a lieu au mois d’avril, il débute donc dans quelques jours seulement! Vous pouvez vous y inscrire sur la page Facebook dédiée au défi, consulter le récap mitonné par Anne et sa liste de suggestions, et utiliser les logos ci-dessous pour chaque billet du défi 🙂


Ce ne sera malheureusement pas un défi très fourni de mon côté, mais je suis tout de même heureuse de vous présenter ma sélection:

Enfants: Dent, la Carie, Francette Bosquet et Eric Creton

Steampunk: Elixir de Nouvelles Steampunk, Delphine Schmitz

Science fiction/philo: Cryogénie, Geoffrey Van Hecke


Alors, qui part en exploration littéraire au pays des moules-frites, de la bière, du chocolat et des gaufres avec moi?

The Pink Tea Time Club, Cécile Guillot

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Pink Tea Time Club Voici un autre livre acheté à la Foire du Livre de Bruxelles. J’avais entendu parler de l’auteure, Cécile Guillot, au travers de sa saga Fille d’Hécate. Ca me tentait bien mais j’avais l’impression que le public visé était plus jeune que moi (young adult), et j’hésitais à m’engager sur une trilogie.

Je me suis donc rabattue sur ce court roman, histoire de voir si son style me plaisait ou pas.


Résumé: Lottie est une jeune londonienne vivant sous l’ère victorienne. Un jour, son petit chien est happé par une créature sortie des entrailles de la terre. En essayant de le sauver, Lottie rencontre Mr Rabbit, qui lui apprend que plusieurs dimensions coexistent. Lottie, sa soeur et sa meilleure amie créent le Pink Tea Time Club, un club de lecture factice, afin de pouvoir aider Mr Rabbit à élucider des affaires toutes plus étranges les unes que les autres…


Mon avis: Ce fut une lecture légère et agréable, très rapide. Le roman fait un peu plus d’une centaine de pages, il est donc très court. En une soirée, je l’avais fini.

Cécile Guillot se propose de nous emmener à la source de certains contes et histoires que nous connaissons tous, avec un twist Steampunk. Je dois dire que le Steampunk est un genre que je ne connaissais pas du tout, bien que son esthétisme me fascine.

Mon ami Ecosia (par qui j’ai remplacé mon ancien ami Google – Ecosia plante des arbres à chaque fois que vous faites une recherche et est tout aussi efficace, en plus il ne vous flique pas!) m’en apprend davantage, ainsi que mon pote Wikipedia:

Steampunk est le nom d’un courant essentiellement littéraire dont les intrigues se déroulent dans un xixe siècle dominé par la première révolution industrielle du charbon et de la vapeur (steam en anglais). Il s’agit donc d’une uchronie dans laquelle les technologies basées sur ces énergies sont devenues dominantes. Le terme a été forgé à la fin des années 1980 en référence au cyberpunk (terme apparu en 19841).

On y retrouve l’utilisation de matériaux « nobles » tel que le Cuivre, le Laiton, le Bois et le Cuir. Pour cette raison, il est parfois plus approprié de parler de « rétrofuturisme » ou d’ «Uchronie Steampunk» pour désigner le mouvement.

L’expression steampunk, qui signifie littéralement punk à vapeur, parfois traduite par futur à vapeur, est un terme inventé pour qualifier un genre de littérature né à la fin du xxe siècle, dont l’action se déroule dans l’atmosphère de la société industrielle du xixe siècle.

En anglais pour ceux qui comprennent la langue de Shakespeare, j’ai aussi trouvé ce lien, qui a bien éclairé ma lanterne.

Ok, j’ai compris: 19è siècle, révolution industrielle, un chouia de fantastique et un développement technologique différent que celui qu’ont pris les évènements dans le monde réel.

Donc ici, on a Lottie, une jeune fille de bonne famille qui s’ennuie à mourir, et qui ne veut absolument pas se marier. Du coup elle passe son énergie à être capricieuse et bornée, puisqu’elle n’a pas d’autre exutoire. Jusqu’au jour où son petit chien est happé par un tentacule géant sortant d’une brèche qui s’ouvre dans un jardin londonien, dans lequel elle se baladait avec sa soeur.

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Elle rencontre Mr Rabbit, un horloger, dont le travail est de garder ces brèches sous contrôle. Nous y voilà: le lapin d’Alice! Tout au long de l’histoire, on revisite des contes bien connus. Mr Rabbit est en retard (quelle surprise!) pour maintenir la brèche fermée, ce qui provoque sa rencontre avec Lottie.

Lottie, entêtée comme pas deux, veut venger son chien, et décide donc d’aider Mr Rabbit dans son travail. Comme elle ne peut pas sortir sans chaperon, elle entraîne dans son délire sa grande soeur Vivian, fraîchement mariée et pas du tout encline à tout ce tralala fantastique, et sa meilleure amie Ruth, qui, elle, est très enthousiaste. Elles créent un faux club de lecture pour avoir un prétexte afin de se dégager du temps et d’aller à la chasse aux monstres.

La réouverture de la brèche pour que Lottie et ses comparses tuent le poulpe de l’enfer (afin de venger la mort du chien, je le rappelle) est évidemment un fiasco total, et donne une scène des plus cocasses à lire. Je me suis bien marrée.

Lottie, qui rêve d’être une héroïne, n’est en fait jamais sortie de son milieu protégé et feutré. Les filles portent des tenues peu adaptées aux circonstances: talons, corsets et jupes longues. Elles ne se déplacent qu’en calèche, et ont donc du mal à tenir la distance lors de leurs premières aventures, qui requièrent de … marcher à pied!

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Le livre est divisé en plusieurs courts chapitres qui renvoient chacun à une histoire populaire. Alice au Pays des Merveilles, tout d’abord, avec Mr Rabbit. Puis le poulpe géant m’a évoqué Vingt Mille Lieues Sous Les Mers de Jules Verne, même si je ne suis pas certaine que la référence soit voulue. On passe ensuite au Portrait de Dorian Grey, puis à Peter Pan ou encore Jack l’éventreur. J’avoue que la référence du dernier chapitre m’échappe complètement, par contre.

Dans l’ensemble j’ai bien aimé ma lecture. C’est plutôt léger et ça ne se prend pas trop au sérieux. Par contre le format court du roman fait que certaines choses ne sont pas assez développées. J’aurais aimé en savoir plus sur Mr Barrie par exemple, ou sur Ruth, qui se contente un peu de suivre sa copine Lottie. Les méchants auraient aussi gagnés à être un peu plus développés.

Mes personnages préférés sont sans conteste Elijah Rabbit et Vivian. Mr Rabbit, l’horloger, se retrouve à gérer un club féminin assez encombrant et embarassant. Cependant l’évolution de sa relation avec ces dames est très mignonne. Je ne vous en dit pas plus, même si c’est plutôt cousu de fil blanc. En plus Mr Rabbit a les yeux dorés et est plutôt beau gosse. Bref, on ne peut que l’aimer.

 

Vivian, la soeur aînée de Lottie, est son exacte opposée: brune et suivant les convenances, mariée, et plutôt stricte. Mais elle est aussi réfléchie et terre à terre, pragmatique. C’est d’ailleurs elle qui sauve la situation lorsque tout semble perdu.

L’univers mis en place par Cécile Guillot est assez intéressant, reprenant les fondamentaux de la psychanalyse: le monde des humains, le monde des fées qui représente notre subconscient rêveur, et le monde « sombre » qui représente notre sur-moi, le contrôle que nous nous imposons pour vivre en société.

J’ai lu des critiques disant que les codes de l’époque victorienne ne sont pas respectés. Je n’y connais rien, donc ça ne m’a pas choquée ni embêtée. Je pense qu’il ne faut pas trop se prendre la tête, ce roman n’a clairement pour vocation que de se distraire et se détendre. Pour preuve: son héroïne stéréotypée à souhait et un peu simpliste, qui adore le rose, et  son nouvel animal de compagnie: un bébé pieuvre rose venu tout droit de la bouche de l’enfer (oui je cite Buffy et je l’assume!).

Il faut dire que je ne m’attendais pas à grand chose et j’ai été plutôt surprise en positif par l’écriture de Cécile Guillot. Elle ne se contente pas juste d’écrire ce qui lui passe par la tête, elle y met un peu de recherche et de structure. J’ai évoqué la théorie freudienne au dessus, par exemple (en même temps la demoiselle est psychologue de formation, elle sait donc de quoi elle parle).

Le livre est aussi structuré pour que chaque chapitre/épisode nous amène un peu plus près du Grand Méchant, tout en explorant contes, histoires et faits divers de l’époque. Là aussi c’est plutôt bien renseigné et imaginé.

Le style est fluide et plaisant, plein d’humour. Je reprocherais juste quelques flottements dans les dialogues: parfois on ne sait plus qui donne la réplique à qui. J’ai aussi relevé UNE unique coquille (« partant » au lieu de « pourtant », vers la fin). M’enfin ce n’est pas très grave.

Pour conclure: un livre court, facile à lire et plein d’humour. Ne pas attendre quoi que ce soit de trop sérieux, le but est de se détendre avec cette lecture. Et ce fut une bonne introduction au Steam Punk!


L’auteure: Cécile Guillot, née en 1982, est une lectrice assidue depuis sa plus tendre enfance, mais elle ne prend la plume que sur le tard, en 2009, et un peu par hasard. Les retours positifs l’incitent alors à continuer…
Diplômée en psychologie et psychanalyse et passionnée de fantastique, elle aime à tisser des petites histoires où se mêlent folie et surnaturel, mais ne dédaigne pas quelques incursions du côté du merveilleux.
Elle a créé le collectif d’auteurs Les enfants de Walpurgis puis les éditions du Chat Noir et s’adonne de temps à autre à l’illustration digitale ou à la photographie, deux autres médias qui lui permettent de raconter des histoires (encore).

Biographie tirée du site de l’auteure. Vous pouvez aussi jeter un oeil à sa page Facebook.

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Ma rencontre avec Cécile Guillot et les Editions Du Chat Noir: J’ai rencontré Cécile Guillot lors de la Foire du Livre de Bruxelles 2017. « Rencontré » est en fait un bien grand mot. Elle était présente sur le petit stand en coin des Editions du Chat Noir, assise sur sa chaise, une petite veste noire ornée d’une toile d’araignée sur le dos et les lèvres enduites de rouge sombre, silencieuse. Peut-être qu’elle était juste fatiguée après trois jours de salon. Toujours est-il que ce n’est pas elle qui m’a interpellée lorsque je me suis arrêtée devant le stand, mais un beau mec brun à la mèche bleue.

Je me suis arrêtée car j’ai vu les livres de la saga Fille d’Hécate, dont j’avais entendu parler sur la blogosphère, et qui parle de la Wicca. Moi j’aime bien les sorcières depuis toujours, et j’avais lu les avis plutôt positifs sur ces romans. J’avais pourtant l’impression que le public visé était plus jeune que moi, et puis il s’agit d’une trilogie (ce qui veut dire acheter trois livres, ou alors prendre le risque de ne prendre que le premier et si ça ne me plaît pas, de ne jamais connaître le fin mot de l’histoire, ce qui ne me plait pas non plus).

badge Chat NoirJe discute donc avec le beau brun à mèche bleue et un autre gars un peu plus rondouillard mais très espiègle. Ils sont tous les deux plein d’entrain, ce qui contraste avec la demoiselle silencieuse assise entre eux deux (encore une fois pas de jugement, on a tous des périodes creuses, moi la première). Ils me parlent des romans devant lesquels je me suis arrêtée, me présentent les différentes collections… mais je reviens toujours à l’auteure Cécile Guillot, qui me semble coller le plus à ce qui pourrait me plaire.

Et là je me rends compte que TOUTES les personnes présentes sur le stand (cinq en tout) sont des auteurs. Pas de représentant marketing, que dalle. Ils font tout le boulot par eux-mêmes! Le brun ténébreux à la mèche bleue, c’est Mathieu Guibé; le regard espiègle, c’est Denis Labbé; et la gothique silencieuse n’était autre que Cécile Guillot en personne! J’étais très impressionnée.

dédicace cecile guillotJ’ai jeté mon dévolu sur The Pink Tea Time Club après les commentaires enthousiastes et élogieux de Denis et Mathieu, et ai demandé à Cécile une petite dédicace. Son écriture ronde et serrée, bien formée, m’a rappelé mon écriture de lycéenne (au temps où j’écrivais bien; maintenant on se rapproche de plus en plus du style « docteur »). En plus elle a écrit en violet, un bon point en plus!

En parcourant le site internet des Editions Du Chat Noir, je me suis rendue compte que la miss était leur fondatrice avec Mathieu Guibé, rien que ça! On a donc à faire à une jeune femme qui a monté sa propre boite d’édition pour publier ses textes. Je suis admirative.

Les Editions du Chat Noir se spécialisent dans la littérature de l’imaginaire et comptent à ce jour 33 auteurs et 22 illustrateurs. On y trouve sept collections, dont les noms tournent autour des chats: Griffe Sombre (fantastique/gothique); féline (urban fantasy et bit lit); Cheshire (adolescents); Black Steam (steampunk et gaslight fantasy); Graphicat (art books et romans illustrés); Panthera (rééditions collector); et Chatons Hantés (enfants).

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L’histoire: Lottie, jeune londonienne vivant à l’époque victorienne, s’ennuie ferme dans sa vie. Elle ne veut absolument pas rentrer dans le moule de la bonne épouse et est capricieuse à souhait. Lors d’une ballade dans Hyde Park en compagnie de sa soeur aînée Vivian, fraîchement mariée, Pink Princess, son petit poméranien, se fait happer par un tentacule géant sortant d’une brèche dans le sol.

Lottie est sauvée de justesse par un jeune homme qui s’affaire à remonter un mécanisme horloger, refermant ainsi la brèche. Mr Rabbit est horloger, et explique aux deux jeunes femmes que son rôle est de veiller à ce que les passages entre les trois mondes (notre monde, un monde féerique et un monde sombre et décadent) restent toujours fermés. Là, il était en retard pour remonter le mécanisme qui garde le passage fermé, et Pink Princess en a fait les frais.Pomeranian-Puppy

Lottie, piquée dans son orgueil qu’on lui ai enlevé son chien, mais pas tellement triste de la disparition de ce dernier, veut absolument se venger. Elle exhorte le jeune horloger à rouvrir la brèche pour aller tuer la pieuvre géante. Afin de pouvoir sortir en toute bienséance, elle crée un club de lecture factice, qu’elle baptise le Pink Tea Time Club, en souvenir de Pink Princess, son chien bien-aimé. Sa soeur Vivian, qui a assisté à tout cela, en fait d’office partie, ainsi que sa meilleure amie Ruth, à qui elle a tout raconté.

Elijah Rabbit, qui n’a pas l’habitude des jeunes filles riches et capricieuses, capitule devant la demande de Lottie, et emmène les trois jeunes femmes à la brèche. Il leur a donné une potion à verser sur le monstre, qui devrait le tuer. Mais bien sur, lorsqu’il rouvre la brèche, rien ne se passe comme prévu: les trois jeunes filles glapissent, donnent des coups de parapluie aux tentacules énormes, et renversent la potion à côté. En plus de ça, quelque chose s’est échappé de la brèche.

PinkFlapjackOctopus_300Il s’agit d’un bébé pieuvre tout rose, que Lottie, rose des pieds à la tête, décide d’adopter sur le champ – mais comme elle ne peut le ramener chez elle, c’est ce cher Elijah Rabbit qui est chargé de veiller sur son nouvel animal de compagnie.

Mr Rabbit demande aux jeunes femmes leur aide: il a besoin de rencontrer l’écrivain Oscar Wilde, qui a écrit Le Portrait De Dorian Gray, un roman qui se rapproche beaucoup (trop) de la manière dont le père d’Elijah a été tué.

En rencontrant l’écrivain, nos trois jeunes femmes et Elijah Rabbit remontent jusqu’au dernier commanditaire du peintre maudit: une jeune fille du cercle de Lottie et Ruth. Ils découvrent que le peintre force ses modèles à vendre leur âme, nourrissant ainsi la dimension sombre. Ils arrivent juste à temps pour sauver la jeune fille qui se fait peindre le portrait, et le peintre maudit s’échappe en sautant dans un tableau. Ni une, ni deux, Lottie l’écervelée le suit, et n’arrive pas à respirer. C’est Elijah qui la sort de là. Ils brûlent le tableau.

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Après toutes ces émotions, ils vont prendre un thé, et Elijah Rabbit raconte aux trois jeunes femmes comment il a arrêté à lui tout seul Jack l’Eventreur, qui venait lui aussi de la dimension sombre. En racontant son histoire, Elijah se rend compte qu’en fait il n’a pas du tout arrêté l’éventreur: il l’avait simplement surpris un peu plus tôt et celui-ci avait laissé derrière lui un carnet empli de schémas, qui lui permettaient de trouver les brèches dans Londres. Sans son carnet, impossible pour l’éventreur de revenir….

Un voisin d’Elijah Rabbit, un certain Mr Barrie, fait alors irruption dans la boutique de l’horloger; il a besoin de toute urgence de leur aide!! Il leur explique qu’il vient en fait de la dimension féerique, où tout se meurt. Une pierre maléfique a été installée sur l’île de Pan et pompe toute l’énergie vitale des habitants de la dimension féérique.

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Lorsque Vivian oppose qu’elle doit rentrer chez elle, Mr Barrie lui dit de ne pas s’inquiéter: il va décrocher leurs ombres, qui prendront leur place le temps de leur voyage. Et hop là, la compagnie atterrit dans la dimension féerique, où un bateau les attend. En s’approchant de l’île de Pan, Mr Barrie perd peu à peu les pédales, sous l’effet de la pierre maléfique. Vivian, qui a eu le mal de mer, reste à bord avec le pauvre Mr Barrie, tandis que les trois autres partent détruire la pierre.

Lottie et Elijah se rapprochent imperceptiblement, mais sont interrompus régulièrement par Ruth 😉

Lorsqu’enfin ils arrivent à trouver la pierre, le peintre maudit les attend, sardonique: ils sont bien mignons, tous les trois, mais il a déjà pompé la quasi totalité de l’énergie vitale de la dimension féerique pour nourrir la dimension sombre. Il s’échappe, et nos trois héros détruisent la pierre maléfique. Cependant, il a emporté avec lui la joie de vivre d’Elijah, et ce dernier ne veut plus qu’une chose: se venger.

Elijah met au point un plan: grâce au carnet de Jack l’éventreur, il arrive à se rendre dans la dimension sombre et à localiser le Grand Méchant (je ne me souviens plus du nom, vous m’excuserez), qui donnera un bal masqué ouvert à tous. Elijah s’y rendra avec ses trois amies, et il tuera le grand méchant à l’aide d’une formule et d’un sort qu’il a mis au point. Seulement, le peintre maudit à tôt fait de les repérer: en effet, il voit les auras. Celles des humains n’ont qu’une seule couleur, alors que celles des habitants de la dimension sombre sont bicolores.

Elijah, Lottie et Ruth sont faits prisonniers, et l’issue parait bien sombre… quand tout un coup, surgit Vivian. Elle arrive à libérer ses amis, et après un rude combat, Elijah Rabbit arrive enfin à détruire le Grand Méchant.

Quelques jours plus tard, le club se réunit pour une dernière fois. Vivian révèle que son aura est bicolore car elle est enceinte 🙂 Elle ne veut plus participer à ces expéditions. Ruth veut aller étudier la médecine et devenir l’une des premières femme médecin. Lottie, elle n’a pas de projet d’avenir. C’est alors que le bel Elijah lui murmure, un peu embarrassé, qu’ils pourraient continuer leurs aventures rien que tous les deux… si elle voulait bien l’épouser 🙂

Pernette du Guillet, A un sot rimeur, qui trop l’importunait d’aimer

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Pernette du Guillet, A un sot rimeur, qui trop l’importunait d’aimer

Grâce au blog Ecrit’urbulente, j’ai appris qu’ajourd’hui, c’était la Journée Mondiale de la Poésie!
Savourez ce poème truculent qui nous vient du 16è siècle!

Écri'turbulente, c'est en écrivant qu'on devient écrevisse.

Tu te plains que plus ne rimasse,
Bien qu’un temps fut que plus aimasse
À étendre vers rimassés,
Que d’avoir biens sans rime assez :
Mais je vois que qui trop rimoye
Sus ses vieux jours enfin larmoye.
Car qui s’amuse à rimacher
À la fin n’a rien à mâcher.
Et pource, donc, rime, rimache,
Rimone tant et rime hache,
Qu’avecques toute ta rimaille
N’aies, dont tu sois marri, maille :
Et tu verras qu’à ta rimasse
Comme moi feras la grimace,
Maudissant et blâmant la rime,
Et le rimasseur qui la rime,
Et le premier qui rimona
Pour le grand bien qu’en rime on a.
Et tu veux qu’à rimaillerie
Celui qui n’aura maille rie ?
Je te quitte, maître rimeur,
Et qui plus a en sa rime heur,
En rime lauds, en rime honneurs.

Pernette du GUILLET   (1520-1545)

À l’occasion de la journée mondiale de la poésie

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Foire du Livre de Bruxelles 2017: mes aventures et mes trouvailles

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BannerSamedi dernier, je suis allée à la Foire du Livre de Bruxelles. Mon chemin a été semé d’embûches, mais j’y suis arrivée! Laissez-moi vous raconter mon parcours du combattant et partager avec vous mes trouvailles et découvertes.

Mon but ultime: la Foire du Livre de Bruxelles. Il y a quelques mois, j’avais déjà téléchargé mes places pour y aller le dimanche. Tout était réglé comme du papier à musique: le samedi j’irai au yoga et profiterai de ma fille, et le dimanche, je m’immergerai dans la culture et la littérature.

Sauf que… sauf que Monsieur m’annonce un évènement culturel indien pour le dimanche à la dernière minute. Holi, la fête du printemps, la fête des couleurs, vous savez, cette fête pendant laquelle on se jette des poudres de pigments et on finit arc-en-ciel. Ok, c’est important, donc je m’en vais télécharger de nouvelles places pour le samedi. A deux jours du lancement de la Foire, le site est débordé et il faut faire la queue virtuelle pendant plus d’une heure pour enfin accéder au site et s’enregistrer. Ouf!

Un petit drame plus tard, l’évènement indien est annulé par les organisateurs et on se retrouve comme deux ronds de flan, sans projet pour le dimanche. Je décide alors que je vais y aller LES DEUX JOURS, vu que j’ai des places pour le samedi ET le dimanche. Oh joie, Oh bonheur!!! Deux jours de littérature, et ma mini miss pourra passer du temps avec son papa qui travaille beaucoup trop. Tout le monde est content.

Menneken Pis 2016

L’année dernière, le Manneken Pis avait revêtu ses habits de papier à l’occasion

Sauf que le samedi matin, deux petits boutons suspects apparaissent sur le visage de Mademoiselle ma fille. Monsieur n’a pas eu la varicelle, donc il est en quarantaine dans notre chambre, pendant que j’appelle pédiatre et généraliste. Comme c’est le weekend, bien sur, personne ne me répond, et je me résouds à emmener Mademoiselle aux urgences.

Aux urgences, une greluche en blouse blanche et stéthoscope me déclare que les boutons sont suspects, mais sans fièvre ça ne peut pas être la varicelle, même si les vésicules sont très semblables. Ouais. Je ne suis pas convaincue, mais je me dis que tant qu’à faire, si ce n’est pas la varicelle mais juste « une éruption cutanée », autant en profiter et emmener Mademoiselle avec moi.

Bien que l’urgentiste m’ait déclaré que ce ne soit pas la varicelle, je suis méfiante et n’ose pas laisser Mademoiselle avec Monsieur, juste au cas où. Cependant, mes doubles standards ne m’empêchent absolument pas d’emmener ma fille à la Foire et donc de potentiellement contaminer tout le monde. Tapez-moi sur les doigts… Mais le docteur a dit que ce n’était pas ça!

Nous arrivons donc et prenons une entrée avec des escaliers. Je peste intérieurement car le ticket comportait la mention « accessible aux personnes à mobilité réduite ». Je m’aperçois plus tard que je n’ai pas pris l’entrée principale, qui, elle, était bien plane et sans escaliers. Des rampes sont mises à disposition pour les fauteuils roulants et les poussettes, on en profite au max (on est en poussette).

©-Marie-Lou-Lozia_2017-6-1

Les escaliers à droite, et sur la gauche on aperçoit la rampe pour les personnes à mobilité réduite.

Mademoiselle commence à avoir sommeil, il est 13.30, et il fait super chaud à l’intérieur. La chaleur aidant, Mademoiselle se ramollit jusqu’à s’endormir paisiblement dans sa poussette. LIBERTE!!! Si elle dort, je peux vraiment en profiter!!

Pendant deux heures, je vais méthodiquement parcourir les quatre halls (appelés « magasins » pour l’occasion) de Tour et Taxis dans lesquels la Foire s’est installée. Par deux fois, il faudra que j’aille retirer de l’argent et faire la queue pendant une bonne vingtaine de minutes à chaque fois. Même que la première fois, une gonzesse m’est allègrement passée devant, mais je n’avais pas le courage de la remettre à sa place. Même que la seconde fois, j’ai pu me délecter de la conversation de deux jeunes fraîchement diplômés et cherchant quoi faire de leur vie.

Le programme et le plan nous ont été remis à l’entrée. Dans mon « horaire » ‘le samedi après-midi, il y avait quelques conférences et interventions qui me bottaient bien, mais… il me fallait être efficace. C’était soit les intervenants, soit les livres. Mademoiselle n’allait pas dormir ad vitam eternam. J’ai donc dit adieu à Alex Vizorek et son Café Caustique et me suis concentrée sur les livres et les auteurs présents aux stands, en ayant soin de privilégier les petits éditeurs, mais pas que.

Je suis repartie avec une sélection des plus éclectiques, pour un budget presque respecté: de la science fiction, de l’imaginaire, du steam punk, du développement personnel (qui est aussi un best seller), de la philosophie, un roman québécois (le Québec étant l’invité d’honneur de la Foire cette année), un livre de recette, un carnet d’inspiration japonaise et un livre pour enfant… pour 130 euros (budget de base: 100 euros).

Lorsque j’ai annoncé mon budget à Monsieur, il est tombé par terre. Bien sur, il ne lit pas de livres, seulement des articles de journaux en ligne, donc le prix d’un bouquin lui échappe complètement.

©-Marie-Lou-Lozia_2017-49

Pas de foule compacte, on peut se déplacer à son aise.

J’ai snobbé les files interminables d’attente pour Bernard Weber (que je n’ai jamais lu, mais il faudrait peut-être) et Amélie Nothomb (que j’aurais vraiment voulu voir en vrai, tellement elle me fascine, même si je ne comprends pas grand chose à ses bouquins) et j’ai discuté un peu avec les auteurs moins connus qui étaient présents sur les stands. Mon temps étant précieux, il me fallait le rentabiliser au mieux.

Je m’attendais à un évènement avec une foule compacte, mais j’aurais dû me souvenir que c’était une foire du livre, et non pas un truc style Salon du Bébé ou Salon du Mariage. J’ai apprécié le calme et la tranquilité, il n’y avait pas de bousculade. Même les files d’attente pur les gros bonnets du stylo, bien que très longues, étaient tranquilles. Ca m’a rendu la navigation en poussette plus aisée que prévue.

J’ai bien aimé papoter avec les auteurs que j’ai rencontré, ce qui a réveillé mon côté fan-girl. Ouais. Normalement je snobbe ce genre de truc, mais là j’ai demandé des autographes à tout va. Autant en profiter, n’est-ce pas? Le seul truc c’est que je ne savais pas trop quoi leur dire. J’aurais bien aimé prendre un chocolat chaud et papoter pour de vrai, mais en quelques minutes, à part dire « Merci » et « comment vous est venue l’inspiration pour ce livre? », y’a pas grand chose à développer.

Mademoiselle s’est réveillée alors que je me dirigeais vers la sortie. Nous nous sommes arrêtées au coin pic nic, où il y avait une très longue file pour l’unique stand de crêpes bretonnes, et nous avons pris notre goûter à l’ombre des champignons des Schtroumpfs.

Ce fut une journée mouvementée et enrichissante 🙂

Et je m’excuse encore si nous avons disséminé la varicelle à tout vent, mais encore une fois, l’incompétence de l’urgentiste est fautive!! Nous sommes allées lundi chez la pédiatre, qui a bien confirmé la varicelle.

Je conclue avec un article de La Libre qui dresse un joli bilan de la Foire.

©-Marie-Lou-Lozia_2017-9

Merci aux bénévoles 🙂


Mes trouvailles:

Enfants: Dent, La Carrie, par Francette Bosquet (auteure) et Eric Creton (illustrateur) Page Facebook, Site web

Les éditions Issekinicho, beaux livres sur le Japon: site web

Fantasy: The Pink Tea Time Club, Cecile Guillot, Les editions Du Chat Noir: site web

Steampunk: Elixir de Nouvelles Steampunk, Delphine Schmitz, Edition Sema: site web

Québec: Le Plongeur, Stéphane Larue, Le Quartanier: site web

Science-fiction: Saga de la Famille du Prince Athorn, Armand Bourgeois, La Société des Ecrivains: site web

Philosophie: Cryogénie, Geoffrey Van Hecke, Mon Petit Editeur: site web

Développement personnel/best seller: Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en n’as qu’une, Raphaëlle Giordano: site web

Cuisine: Carnet de recettes végétariennes, Adèle Hugot, Editions Stéphane Bachès: site de l’éditeur, compte Twitter de l’auteure

Je suis aussi passée devant un stand qui proposait un livre au titre évocateur: Les vrais héros ne portent pas de slip rouge, par Axel Sénéquier. Je l’aurais sans doute pris si je n’avais pas déjà été hors budget.


Les photos sont tirées de la page Facebook de La Foire Du Livre et de son site web.

 

 

 

 

Le jeu des 7 arbres. Nouvelle lauréate

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Le jeu des 7 arbres. Nouvelle lauréate

Une très jolie nouvelle, romantique à souhait, qui fait railloner le coeur.
Une auteure à découvrir!

Laurence Marino Auteur etc….

Voilà en totale exclu la nouvelle qui vient de remporter la 3ème place du concours de Thouaré sur Loire. J’irai chercher mon prix le 12 novembre avec un énorme plaisir !

Le thème était « Sept » et la nouvelle ne devait pas dépasser 5 pages,

Bonne lecture !

1415504_28904369Sms de Paul à Maddy « Tu me dois au moins ça ! ».

Paul délire complètement, je ne lui dois rien du tout. Ok, j’ai accepté un café. Ok, j’ai peut-être un peu dépassé les limites du convenable avec lui… Mais au moment où je suis entrée dans ce bar, j’ai su que j’allais me brûler les ailes. Ses grands yeux bleu vert, sa bouche fine, ses mains immenses que je zieutais chaque matin quand il déposait mon courrier sur mon bureau. Paul est le seul gars que je connaisse qui distribue le courrier dans une entreprise.

Dès le premier matin, à son sourire de folie…

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La Foire du Livre de Bruxelles, c’est ce weekend!

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Chers dévoreurs de livres,

Ca y est, je vais aller à mon premier salon du livre! Youpi! Je pense que je vais juste prendre du cash histoire de ne pas dépenser à tord et à travers. Sinon je vais revenir avec trois tonnes de bouquins et plus de sous – ce qui est quand même bien embêtant quand on a encore deux semaines à attendre avant la paie.

Bref bref. La Foire du Livre de Bruxelles aura lieu du jeudi 9 au lundi 13 mars, à Tour et Taxis, à Bruxelles. Il y aura même une nocturne le vendredi, youpi!

L’accès est gratuit mais contrôlé. Il faut s’enregistrer en ligne et imprimer son billet, qui, je récapépète, est GRATUIT. Par sécurité j’ai pris à chaque fois deux places, pour le samedi et le dimanche. Je pense que je n’irai que le samedi, mais on n’est jamais trop prudent.

On peut se procurer les places en ligne, mais attention il faut être patient. j’ai attendu plus d’une heure pour avoir accès au site (on attend son tour dans la queue virtuelle, un système que j’approuve bien plus que « crash/reload the page »).

Alors, qui vient avec moi?

Voici le PROGRAMME et les auteurs en DEDICACE.

Cold Winter Challenge – Recap

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Un peu à la bourre – mais mieux vaut tard que jamais – voici mon bilan du Cold Winter Challenge.

Ce challenge a eu lieu sur deux mois, du 1er décembre au 31 janvier, et il s’agissait de lire des livres en rapport avec le froid ou la période des fêtes de fin d’année.

Nous sommes le 6 mars, j’ai donc officiellement un mois et six jours de retard! Pour ma défense, je tiens à préciser que j’ai lu tous mes livres dans les temps, c’est juste que je suis un peu lente niveau chroniques.

J’ai lu quatre livres, qui étaient tous des romances. C’est un genre que je ne lis pas trop d’habitude, mais là je me suis dit « pourquoi pas ». Ce furent en général des lectures faciles.

How To Find Love In A Bookstore (Comment Trouver L’amour Dans Une Librairie) est ma lecture préférée. C’est plus de la chick lit que de la romance pure et dure. L’action tourne autour d’Emilia et du tournant que prend sa vie. L’aspect romance est présent en trame de fond, mais ce n’est pas le prétexte du roman. Un joli roman qui se déroule dans la charmant région des Cotswolds, et que je ne peux que recommander.

Not Another New Year’s! (Plus jamais le nouvel an!) est une romance érotique qui a lieu sur l’île américaine de Coronado. Beaucoup d’action, beaucoup de tension, beaucoup de fantasmes et de fous rires. Ca ne se prend pas au sérieux, c’est du divertissement et ça remplit bien son rôle. Une lecture que j’ai appréciée pour ce qu’elle était.

Un Jour De Neige et Neige Sur Le Lac Des Saules font partie d’une série de romances se déroulant à Avalon, une petite ville tranquille au bord d’un lac, près de New York aux Etats-Unis. Malheureusement je n’ai pas été convaincue par ces romans, même s’ils sont assez sympas à lire.

La Trilogie du Siècle, Ken Folett

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J’ai récupéré le premier tome de cette trilogie chez une amie qui déménageait à l’étranger, et qui devait donc se débarrasser de quelques volumes encombrants. J’ai été conquise à la lecture de ce premier tome, et me suis bien sur ruée sur les deux suivants, dès qu’ils ont été disponibles.


Résumé et avis en bref: On suit les destins croisés des membres de cinq familles en occident, tout au long du 20è siècle: une famille russe, une famille américaine, une famille anglaise, une famille galloise, et une famille allemande.

Le premier tome est consacré à la première guerre mondiale, le second, à la seconde guerre mondiale, et le dernier, à la guerre froide et à l’époque moderne.

Ken Follet place ses personnages dans des positions stratégiques, ce qui fait que l’on a accès aux coulisses de la Grande Histoire. Soit cela, soit le personnage représente un courant de pensée, un courant artistique.

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Grigori Pechkov et ses descendants joueront des rôles cruciaux dans l’établissement de l’URSS, son maintient, et son démentèlement.

Exemple: deux frères russes, ouvriers dans une usine de sidérurgie. L’un est super droit dans ses bottes et participera à la naissance du mouvement bolchevique. Le second, joueur et magouilleur, part tenter sa chance aux Etats-unis, où il se fera une place au soleil en prenant la place du parrain mafieux russe local.

J’ai beaucoup aimé cette trilogie, mais je reproche à Follett « d’utiliser » un peu trop ses personnages. Il n’y en n’a pas un qui ne soit un citoyen lambda. Tous ont des destins exceptionnels. Je suis bien consciente que c’est précisément le but de l’auteur, mais à la fin du troisième tome, j’étais contente que ça s’arrête.

J’ai été enthousiasmée par la plupart des personnages, surtout Ethel, dont je suis une fan inconditionnelle. Et j’ai appris plein de choses (je devrais dire « révisé »), donc niveau histoire moderne, je suis calée maintenant!

Je recommande cette trilogie à tous ceux qui aiment les romans historiques. C’est un magnifique panorama de l’histoire occidentale moderne, et on est touchés par les développements, notamment amoureux, de certains personnages.

J’ai vécu par ces livres des heures intenses, pleines de suspense.

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Ethel Williams, fille de mineur gallois, et Maud Fitzherbert, comtesse anglaise, transcendent leur différence de classe sociale et unissent leur forces pour défendre le droit des femmes au vote.


Mon avis: C’est une chronique un peu difficile à écrire car elle me faisait tellement peur que je l’ai repoussée un peu trop longtemps… et du coup mes souvenirs ne sont plus aussi frais.

J’ai lu le premier tome en juillet 2014, quelques mois après la naissance de ma fille, et lors de ma convalescence suite à une opération. Autant vous dire que je n’étais pas au top, j’avais juste besoin de prendre un peu de temps pour moi, et donc j’ai pris au pif ce gros pavé dans ma PAL. J’ai été emballée et je l’ai lu en moins d’une semaine (ce qui est assez rapide étant donné les circonstances dans lesquelles je me trouvais).

Je garde de mes sessions de lecture un souvenir très doux, hors du temps: je lisais tôt le matin sur mon balcon, alors que toute la maisonnée dormais encore, après m’être réveillée pour la tétée du petit matin – celle de 5h30/6h.

Les autres volumes ont été achetés et lus au fur et à mesure: le tome 2 en français, offert par ma soeur à la gare alors que j’attendais mon Thalys; le tome 3 attendu avec impatience et acheté à la librairie anglaise du coin.

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La trève de Noël lors de la guerre des tranchées. Fitz l’anglais y retrouvera son ancien ami Walter, l’allemand.

Comme dans Les Pilliers De La Terre, du même auteur, on a tôt fait de comprendre l’ambition de Ken Follett: nous faire traverser les grands moments qui ont marqué le 20è siècle. Un projet d’envergure!

Pour cela, Follett place ses personnages à des endroits stratégiques. C’est la seule chose qui me chiffonne un peu, tous les personnages de cette saga ont des destins exceptionnels, sans faute. On sent que Follet s’est dit « bon, il me faut un bolchevique, une suffragette, un représentant de l’aristocratie », et puis il a distribué ses personnages là où il fallait, quand il fallait. Ce n’est pas un tort en soit, mais on sent un peu trop que c’est calculé.

Par exemple, pour le personnage « bolchevique »: il s’agit d’un personnage fictif qui est presque à l’origine de la révolution et de la création de l’URSS. Je pense que j’aurais préféré le destin d’un citoyen russe lambda traversant tous les remous de l’histoire, plutôt que celui d’un général soviétique.

On a aussi la maîtresse noire de JFK. Elle cumule, elle: représentative du combat des femmes, du combat des noirs aux USA, et en plus maitresse secrète du président. Elle a vraiment beaucoup de casquettes 😉

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Le dernier sourire de John Fitzgerald Kennedy, collectionneur de femmes et amants du personnage de Maria.

Ca n’empêche pas que les personnages sont très attachants et humains. Oui, ils sont un prétexte à redécouvrir l’histoire de notre monde, ses deux guerres mondiales successives et sa guerre froide, mais on vibre avec eux.

Le foisonnements de personnages, surtout dans le dernier tome, m’a un peu gênée aussi. On part en effet de cinq familles, sur trois continents, dont les destins vont se croiser et se mêler. Ils font des enfants, qui ont eux mêmes des enfants, etc… Après près de 100 ans, ça commence à faire pas mal de cousins à suivre. On a même un personnage qui arrive à avoir le patrimoine génétique de TOUS les protagonistes d’origine à la fin de cette saga!

Chaque tome est consacré à l’une des grandes guerres qui ont secoué le monde au 20è siècle: première guerre mondiale, seconde guerre mondiale, guerre froide.

Je dois avouer que tout se mélange un peu maintenant, j’ai un souvenir confus et diffus de cette saga car cela fait un an que je l’ai finie! Mais certains personnages m’ont plus marquée que d’autres.

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La débacle de La Baie Des Cochons à Cuba, évènement dans lequel sont impliqué la journaliste russe Anna, à Cuba, et son frère jumeau Dimka en Russie.

Ma préférée, c’est Ethel: fille de mineur au Pays de Galle, travaillant pour Fitz, l’aristocrate local, elle tombe enceinte de ce dernier et décide de prendre sa vie en main. Elle refuse la somme que l’avocat de son amant lui propose pour se taire et disparaître, et négocie pour son enfant une somme bien plus haute. Elle part à Londres, où personne ne la connaît, et lance son entreprise de modiste.

En se rendant compte de l’injustice dont souffrent les femmes, elle participe au mouvement des suffragettes et devient députée. Ethel finit sa carrière au Parlement en s’engageant pour les droits des homosexuels.

Tout sa vie, elle oscillera entre l’amour véritable qu’elle porte à Fitz, sentiments qu’elle ne peut combattre, et le fait que leurs opinions soient incompatibles. L’amour physique, entre eux, n’a duré que quelques mois. Mais tout au long du reste de leur vie, à chaque fois qu’ils se croisent (souvent au Parlement, d’ailleurs), c’est électrique. Ethel représente l’évolution des moeurs et le socialisme, tandis que Fitz est l’incarnation du conservatisme. Rien ne peut les réconcilier, même dans la vieillesse.

Son fils, Llyod, va combattre en Espagne contre Franco et s’engage lui aussi en politique. Le fils de Llyod, dyslexique, rate sa scolarité mais devient d’abord rocker avant de devenir businessman.

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Les hippies de San Franscisco

Vous voyez ce que je veux dire, avec cet exemple, quand je vous dit qu’on explore tous les recoins de l’histoire du monde? Non seulement les évènement politiques, mais aussi culturels – ici avec l’explosion du rock et du mouvement hippie à San Fransisco pour la dernière génération.

Comme je l’ai dit, Ken Follett place ses personnages de manière ciblée. On part au début du siècle avec cinq familles: une famille de mineurs gallois, une famille de l’aristocratie anglaise, une famille de la haute société américaine, une famille de l’aristocratie allemande, et une famille d’ouvriers russes. Vous pouvez déjà voir que l’aspect « diversité socio-culturelle » est bien couvert, rien qu’avec ce postulat de départ!

Après, chaque famille a au moins deux enfants, qui ont souvent des positions ou des vues opposées. Les ouvriers russes: un frère intègre qui va faire carrière dans l’armée bolchevique et épouser la fille que son frère laisse derrière lui, enceinte; un frère magouilleur, joueur, roublard, débrouillard, qui va chercher fortune aux USA et y parviendra. Les aristocrates anglais: Fitz, le frère aîné, est super conservateur; alors que Maud, sa soeur, est anti-conventionelle et supporte le droit des femmes.

Toute l’histoire moderne y passe: Pearl Harbor, la Baie des Cochons, la guerre des tranchées avec le joli moment de la trève de Noël (mais si, vous savez, il y a même eu un film là dessus), l’homosexualité dans l’armée (ouais y’a du lourd!), la corruption des politiques, la mafia russe (en URSS ou aux USA), le droit des travailleurs (la mise en place des syndicats) ou des femmes (les suffragettes), le droit des noirs aux Etats Unis (Youpi, Ku Klux Klan et compagnie! (attention ceci est une remarque sarcastique)), la légende de JFK, l’autre non moins légendaire poids lourd politique de l’autre côté du rideau de fer Nikita Krouchtchev, la chute du Mur de Berlin, le mouvement Hippie (Sex Drug and RocknRoll), les exterminations nazies (où est donc passé cet enfant handicapé? hein?), les viols de guerre, Martin Luther King, les Black Panthers, le goulag… TOUT.

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Manhattan project, au coeur du désert, où ont été conçues les bombes nucléaires américaines. Le fils de Lev Pechkov a participé au projet en tant que scientifique.

Un passage qui m’a fortement intéressée, et que je ne connaissais pas du tout, c’est la course à l’armement nucléaire entre la Russie et les USA. Le Projet Manhattan, ça vous dit quelque chose? Ben moi moi que tchi, jusqu’à ce que ce bon vieux Ken Follett vienne éclairer ma lanterne. D’ailleurs il y a une série inspirée de ces évènements, qu’il faut que je regarde.

Je vous rassure, cette saga n’est pas juste un cours d’histoire magistral. Non , c’est bien mieux que cela! On a des histoires d’amour, des aventures palpitantes, des retrouvailles, du suspense, et des fois même les yeux qui se mouillent.

C’est la beauté même du roman historique: on apprend en se divertissant. Follet a fait un travail de recherche DE FOU. Juste, un truc de malade quoi.

Le dernier tome, comme je l’ai dit, m’a moins convaincue… peut-être le foisonnement de personnages, ou peut-être que Follet en avait lui aussi marre et voulait juste finir. La fin est très chouette, avec l’élection d’un président américain que l’on regrette aujourd’hui tous… L’apogée de la lutte du Dr King.

Il n’en reste pas moins que c’est une saga qui m’a transportée comme jamais et fait réviser mon histoire moderne. En plus c’est bien écrit, ça se lit vite, malgré le fait que ce soient des pavés.

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George, le fils illégitime d’un député américain d’origine russe et d’une actrice noire américaine, participe au mouvement pacifiste du Dr King. N’abandonnons pas nos rêves…


L’auteur: Né en 1949 à Cardiff, Ken Follett écrit des romans d’espionnage et historiques. Follett commence sa carrière en tant que journaliste, puis il se lance dans l’édition. Il écrit à ses heures perdues, et publie son premier roman d’espionnage en 1974 pour payer les frais de réparation de sa voiture. Cette petite anecdote montre déjà qu’il a un sens de l’humour bien british 🙂 Son roman « L’Arme à l’Oeil », publié en 1978, lui assure le succès. Depuis, il se consacre à l’écriture.

Son style d’écriture journalistique permet au lecteur de s’immerger dans l’époque dans laquelle Follet veut nous emmener. Les détails foisonnent, et ses recherches très poussées permettent à l’intrigue de ses livres d’être très vraisemblables.

Le site de Ken Follett, très complet, vous en dira plus sur cet auteur que j’apprécie énormément: http://ken-follett.com/fr/

Ken Follett


L’histoire: Une fois n’est pas coutume, je vous renvoie à Wikipédia pour le résumé de l’histoire, car c’est juste trop pour moi. Bon, ce n’est pas aussi détaillé que je l’aurais souhaité, mais cela vous donnera une idée de l’intrigue (enfin DES intrigues) – et si vous ne voulez pas de spoilers, il suffit de ne pas cliquer!

Tome 1: La chute des Géants

Tome 2: L’Hiver Du Monde

Tome 3: Aux Portes de L’Eternité


PS: en ces temps contrariés, cette saga historique permet de remettre les choses un peu en perspective… les mouvements de population ont toujours existé et continueront d’exister. Les descendants des personnages de cette saga forment une famille arc-en-ciel… un peu d’anglais, de gallois, de russe, d’allemand, et d’afro-américain. Un beau mélange 🙂

Nicolas le bébé koala [livre jeunesse] concours

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Concours!!! L’illustratrice Korrig’Anne, spécialiste de l’illustration relative au maternage, met en jeu son nouveau livre dédié au portage; Nicolas, le bébé Koala. Un livre tout doux sur la vie quotidienne d’un bébé qui reste près du coeur de ceux qui prennent soin de lui.

Korrig'Anne

Bonjour les amis,

Comme vous avez pu le suivre sur les réseaux sociaux ces derniers temps, j’ai récemment eu le plaisir d’illustrer le nouveau livre jeunesse de Jeanne Sélène. Un livre pour les petits, sur le thème du portage, évidemment le projet m’a aussitôt emballée !

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Le texte court et doux est plein de bienveillance et à mon tour j’ai fait de mon mieux pour faire des dessins doux et plein d’amour.

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Dès sa sortie le livre auto-édité a déjà remporté son petit succès et je suis très fière d’voir fait partie de ce projet.

Aujourd’hui c’est avec un grand plaisir que je vous propose de gagner un exemplaire dédicacé de ce livre, à lire à vos petits bébés portés.

Pour participer je vous invite à poster un commentaire sous ce billet, ou sous ma publication Facebook ainsi que partager l’un ou l’autre.

Le concours prendra fin le jeudi…

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Petite mise à jour

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Enfin, j’en ai fini avec mes romances! Je dois dire que je commence à me lasser un peu de chick lit, j’ai du en ingérer un peu trop (comme le chocolat. Sauf que je n’arrive pas à me lasser de chocolat, mais passons).

Le printemps est bientôt là, et le temps des romans « repose-cerveau », comme je les appelle, prend fin. Il faudra que je conclue tout cela avec un billet récapitulatif sur le Cold Winter Challenge, que j’ai fini dans les temps niveau lecture (décembre et janvier), mais pas niveau chroniques (les dernières datent de février).

Certaines oeuvres attendent depuis un peu trop longtemps d’être chroniquées ici: La Trilogie du Siècle de Ken Follet (article brouillon depuis plus de sept mois!) et des romans de Philippa Gregory sur les Tudor (trois mois et plus). J’ai aussi lu un roman chinois, le fameux fakir coincé dans son armoire Ikéa, et d’autres…

Lorsque j’ai commencé ce blog, j’avais pour règle de ne pas commencer un nouveau roman tant que le précédent n’était pas chroniqué. Je m’y suis tenue deux ans, et là depuis quelques mois, je ne peux plus. J’aime trop lire pour me restreindre, mais ça veut dire que j’oublie un peu les romans non chroniqués, que je prends du retard…

Bref, tout ça pour dire que de nouvelles chroniques arrivent 🙂

A Company Of Swans, Eva Ibbotson (1985)

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a-company-of-swans-eva-ibbotsonEncore une romance, cette fois destinée à un public jeune adulte, récupérée au pif chez cette dame anglaise épurant sa bibliothèque. J’ai choisi ce livre parce qu’il parlait de danse et du Lac Des Cygnes, et que la photo de couverture me plaisait bien.

Je ne me suis pas loupée, j’ai adoré et passé un super bon moment! Une incroyable découverte!


Résumé et avis en bref: 1912, Cambridge. Harriet est la fille unique du professeur Morton, un éminent professeur de littérature. Eminent et surtout très traditionnel et près de ses sous. Harriett vit une vie sans joie, dont elle s’évade par la lecture et la danse classique.

Un jour, on lui propose d’intégrer une troupe de ballet russe qui part en tournée dans l’Amazone. Le professeur Morton désapprouve, et Harriet s’échappe pour rejoindre la troupe. En arrivant à Manaus, elle va rencontrer le charmant Romain Verney, qui traîne ses propres casseroles émotionnelles. Entre ces deux là, l’étincelle devient vite feu de joie, malgré quelques incompréhensions et contretemps.

Une jolie romance jeune adulte, qui explore le monde académique et ses règles strictes et absurdes, le monde du ballet russe, et l’aventure en Amazonie. L’écriture d’Eva Ibottson est tout simplement délicieuse, raffinée et documentée. Une très belle découverte. Je suis sous le charme!manaus


Les illustrations: Il semble que ce roman n’existe qu’en anglais. On pourrait traduire le titre en français par La compagnie Des Cygnes.

Par contre, j’ai trouvé pléthore d’illustrations! La plupart se réfèrent à la danse, sauf l’illustration en haut à droite, qui montre un enfant dans un jardin (référence soit au petit Henry, qu’Harriet rencontre dans un labyrinthe végétal en train de lire, soit à Romain lorsqu’il était jeune, passionné de botanique).

Mon édition montre le portrait d’une jeune fille, les cheveux relevés en chignon – donc la référence à la danse est vraiment très, très subtile.

Ma couverture préférée, curieusement, est celle qui ne comporte pas d’image, mais juste le titre dans une belle calligraphie (en bas au milieu). On ressent le faste et l’opulence de cette époque dorée à travers la calligraphie et la richesse du fond choisi.


Mon avis:

Le style: Quelle bonne surprise que ce roman!! J’ai adoré! Ce n’est pas tant l’histoire, dont les coïncidences sont parfois faciles, que le style d’écriture, qui font que j’ai été transportée et charmée.

Eva Ibbotson écrit de manière magistrale. Elle emploie de beaux mots (j’adore ça!), décrit dans le détail de manière enjouée, lyrique, parfois comique, et elle a de toute évidence fait des recherches poussées sur les sujets dont elle traite.

C’est un roman qui est bien écrit, et cela mérite d’être souligné. J’ai lu quelques critiques reprochant à Ibboston de faire étalage de sa culture et de son vocabulaire, et en étant irrités au plus haut point. Au contraire, cela m’a enchantée. J’ai découvert une auteure qui a à coeur de faire chanter les mots et qui s’est très bien renseignée sur les sujets qu’elle aborde.

persephonePar exemple, Harriet a étudié les classiques grecs et latins, et ses discussions avec Romain sont émaillées de références à la mythologie et la littérature, comme le mythe de Perséphone. Autre exemple: les termes techniques employés lors de dissections d’animaux par le zoologiste Edward, ou les noms scientifiques des insectes qu’il étudie. Romain, botaniste amateur, connaît les noms des plantes exotiques et endémiques qui parsèment son domaine.

Il s’agit d’une romance, mais le contexte est très bien travaillé. C’est un réel plaisir de lire ce livre.

Il y a aussi beaucoup d’humour, et de quiproquos. Les coïncidences de situation sont dignes d’une pièce de Molière. Tout s’enchaîne de manière fluide et on sent les catastrophes et les malentendus arriver, on les anticipe, et on s’esclaffe lorsqu’ils arrivent. Edward le zoologiste est définitivement LE personnage comique de ce livre.

Les personnages: Les personnages sont très attachants, quoi qu’ayant peu de nuances: la société bien-pensante de Cambridge  et Isobel, l’héritière désargentée à la recherche d’un riche époux, représentent les « méchants », tandis qu’Harriet, Romain et le petit Henry sont du côté des « gentils ».

Les gentils restent gentils, remplis de bons sentiments et d’idéaux. Les Morton, après qu’on ait découvert les mauvais traitements auxquels ils ont soumis Harriet en guise de punition, sont mis au ban de la société de Cambridge, mais sans vraiment comprendre pourquoi.

J’ai apprécié qu’Harriet, l’héroïne, tire sa beauté de l’intérieur. Elle est décrite comme ayant un visage plutôt commun et une apparence chétive. Elle brille par son intelligence. Dubrov, quand il la recrute, comprend le potentiel de cette danseuse, car elle danse de manière intelligente. Elle est capable d’apprendre à vitesse grand V, même si elle manque cruellement d’expérience.

C’est cette intelligence honnête et un peu naïve qui séduit Romain. C’est aussi cette qualité qui ébranlera un politicien brésilien corrompu: grâce à Harriet, il se souvient de ses idéaux de jeunesse, et décide d’aller combattre la corruption dans les mines amazoniennes.

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Les eaux foncées du Rio Negro et celles boueuses du Rio Solimoes se rencontrent à Manaus

Edward est le personnage le plus comique que je connaisse, instrumentalisé et obligé de sortir de sa zone de confort. C’est le seul qui évolue vraiment, passant de scientifique coincé à berger dans les Alpes en compagnie d’une charmante danseuse russe.

Romain est sexy en diable, il adore la nature et c’est un aventurier dans l’âme. Bien que bafoué par sa fiancée et son frère, il ne se venge pas, mais repart de zéro en se forgeant une nouvelle identité. On ne peut que l’aimer, c’est un Prince Charmant qui est très, très charmant.

Le personnage d’Isobel est aussi intéressant: elle suit d’abord son coeur, mais lorsqu’elle se rend compte que son fiancé est déshérité, elle retourne sa veste et épouse le frère de ce dernier. Ayant vécu dans la pauvreté, elle n’a pas le courage de tout recommencer avec Romain.

Enfin, comment ne pas craquer pour le petit Henry: roux, chétif, binoclard, il adore lire et est fasciné par le personnage mythique du « garçon », qu’il idéalise. Il essaie de gagner coûte que coûte l’amour de sa mère Isobel, qui ne l’aime pas. Courageux, curieux, c’est un chouette petit bonhomme dont on ne peut que tomber amoureuse. D’ailleurs Harriet n’y manque pas, et c’est grâce à cette rencontre qu’elle osera défier son père et partir pour son aventure amazonienne. En grandissant, Henry devient un beau jeune homme qui n’a plus besoin de ses lunettes.

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Cambridge

La société edouardienne du début du 20è siècle: J’ai beaucoup aimé la description du carcan mental de cette société bien-pensante: les femmes sont bonnes à tenir une maison et à se reproduire. D’ailleurs, ce sont les hommes qui daignent leur donner un enfant lorsqu’ils le souhaitent.

Le professeur Morton, la Tante Louisa et ses copines du Cercle de Thé de Cambridge représentent la vieille génération, celle pour qui tout doit être contrôlé. On doit bien se tenir, et l’argent ne doit pas être dépensé n’importe comment.

dressTante Louisa choisit elle-même les tenues de sa nièce et la pare de robes qui lui donnent l’aspect d’une nonne. Les couleurs sont moches, les robes sont trop grandes, et mal coupées. L’avarice de Louisa est telle que les sous-vêtements d’Harriet sont trop petits, ce qui la rend en fait sexy.

Edward, le fiancé choisi pour Harriet, a une vision de la vie conjugale très planifiée: ils se marieront à tel moment, puis il continuera sa carrière, et après quelques années il autorisera Harriet à avoir un enfant, pour qu’elle s’occupe.

Au contact des autres danseuses, Harriet se rend compte qu’elle a été élevée dans un carcan, et déploie ses ailes. Il y a une scène très drôle dans laquelle Harriet déclare à Marie-Claude, la danseuse française, qu’elle ne savait même pas qu’elle n’était pas obligée de boutonner sa chemise de nuit jusqu’au cou pour aller dormir…

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L’Eldorado: le contraste en la société bien-pensante de anglaise et l’extravagance de Manaus est saisissant. A Manaus, tout est permis. Romain envoie ses chemises à laver à Londres, certains lavent leurs chevaux dans du champagne, et un Opéra extravagant à souhait a été érigé.

Manaus croule sous la richesse en raison de la fièvre du caoutchouc: à la fin du 19è siècle, avec le boom du pneumatique et de l’industrie automobile, le caoutchouc d’Amérique du sud prend son envol. Romain participe à cette fièvre, tout en ayant les pieds sur terre: il a diversifié ses avoirs afin de ne pas avoir tous ses oeufs dans le même panier.

Manaus représente la libération pour Harriet. Elle peut enfin y être elle-même, s’affranchir des rigidités de son éducation, danser et rencontrer l’amour. Elle s’ouvre tellement au monde extérieur qu’elle décide de devenir la maîtresse de celui qu’elle aime, même si c’est pour une période limité. Elle embrasse qui est elle à 100%.

amerindienneLe bon sauvage: C’est le seul point qui m’a fait un peu grincer des dents dans ce roman. Bien sur tous les employés de maison, domestiques, chauffeurs, etc… sont indigènes. Romain, étant un Prince Charmant, les traite évidemment bien, et « ses indiens » le lui rendent bien, car ils l’adorent.

Mais… Lorsqu’Harriet est envoyée pour prendre son bain, ou s’habiller, elle a évidemment l’aide de deux amérindiennes, qui gesticulent en tous sens, babillent, sourient et rigolent de tout coeur. De bonnes petites amérindiennes, quoi. Très peu de nuance pour la population locale, qui est juste simple et gentille. Non pas qu’ils soient décrits de manière défavorable, mais juste un peu simpliste.

Ca aurait été bien d’avoir un indigène qui joue un rôle autre que faire partie du décor. C’est sûrement dû au fait que ce roman date un peu (1985 après tout!), et certains aspects sont plutôt désuets.

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La danse: MA PASSION!!! Après la lecture, s’entend. Je danse depuis que je suis née. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai choisi ce roman parce qu’il parle de danse. J’adore les films de danse, même si, bien souvent, le scénario laisse à désirer. Mais depuis Dirty Dancing, je matte tous les films de danse qui passent.Bref, une romance avec pour toile de fond Le Lac Des Cygnes, je dit OUI!

Le monde implacable du ballet russe est décrit de manière détaillée et sans fard. La douleur d’Harriet qui se plie encore et encore aux exercices, les cours, les répétitions, les représentations, les costumes, les coulisses, les effets spéciaux… Tout y passe.

La rivalité entre ballerines est aussi évoquée. La Prima Ballerina de la troupe, Simonova, a juré de ne jamais remettre les pieds en Russie parce qu’elle avait été humiliée par la direction d’un théâtre célèbre à St Petersbourg. Elle parle avec dédain des autres Prima Ballerinas qu’elle a rencontré lors de sa carrière. Lorsqu’elle doit être remplacée au pied levé parce qu’elle s’est blessée, elle fait comme si cela ne l’atteignait pas. Comme si cet accident, qui devrait sonner le glas de sa carrière, ne l’affectait pas.

La relation entre la Prima Ballerina et sa disciple, Harriet, est très belle. Harriet révère Galina Simonova. Elle veut juste être dans sa lumière, apprendre d’elle. Contrairement à d’autres ballerines, elle n’a pas l’ambition de remplacer ou dépasser Simonova, ce qui fait que cette dernière la prend en affection. Lorsque Simonova comprend qu’elle ne dansera plus, elle donne à Harriet ses pointes.

On a aussi le droit à de jolies descriptions des pas requis lors des différents ballets, on nous donne les histoires qu’ils racontent, on nous fait vivre la vie des ballerines de l’intérieur. Je ne suis pas objective sur ce coup, j’aime trop la danse pour trouver cela ennuyeux!

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La jalousie fraternelle/le fils prodigue: la relation entre Romain et son demi-frère ainé, Henry, est teintée de jalousie. Leur père s’est remarié après son deuil à une chanteuse franco-russe, et de cette union est né Romain. Romain qui est beau, alors qu’Henry ne l’est pas. Romain qui est passionné de botanique comme son père, alors qu’Henry trouve cette occupation dégradante. Romain l’instinctif contre Henry le bien éduqué. Romain l’enfant sauvage qui parle aux animaux, le chouchou de tous, y compris de leur père. Et Henry qui se sent rejeté, déçu.

Lorsque leur père décède, Henry s’arrange pour que Romain n’hérite de rien. Cela ne fait pas peur à Romain, qui a un coeur d’aventurier. Par contre, Isobel, sa fiancée, ne peut renoncer au confort matériel, et épouse Henry à la place de Romain… ce dont elle sera bien punie. Un mariage sans amour avec un mari fuyant ses responsabilités, et un enfant qu’elle n’aime pas.

C’est aussi Romain, qui est parti la queue entre les pattes (plus d’héritage ni de femme), qui rachète Stavely, le domaine familial, grâce à la fortune qu’il a acquise dans le commerce du caoutchouc.

Curieusement, ce sera Henry junior, le neveu de Romain, qui reprendra le flambeau de son oncle en repartant en Amazonie.

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La romance: Le point le plus important du livre (je garde le meilleur pour la fin 😉 ).

Ce livre est une romance destinée à de jeunes filles adultes. Harriet a tout juste 18 ans, et on peu sans peine s’identifier à ce personnage romantique à souhait. Un petit soupçon de Princesse Sarah ou de Cendrillon (enfant mal aimée et mal traitée) et d’Indiana Jones pour le côté aventures exotiques. Vous voyez le mélange!

Harriet et Romain sont à des moments de leur vie très différents: Harriet a 18 ans, elle s’émancipe et est très innocente; tandis que Romain a la trentaine, quelques cheveux argentés, et en a déjà vu pas mal (du côté business comme du côté sentimental).

C’est Romain qui repère Harriet lorsqu’elle danse et qui lui trouve quelque chose de différent. C’est lui qui a le coup de foudre pour elle, et qui se dit presque instantanément « c’est elle ».

Harriet, quant à elle, obnubilée par sa « mission » (retrouver « le garçon », comme elle l’a promis au petit Henry), ne se rend pas compte de ses sentiments envers Romain au début. Cependant, ils deviennent de plus en plus évidents pour tous (surtout ses amies danseuses), et une fois qu’elle se les ai avoués, elle plonge tête la première dans son histoire d’amour.

C’est Harriet qui décide de devenir la maîtresse de Romain, alors que lui est réticent à cause de son jeune âge. Elle prend son destin en main, sans que personne ne lui dicte sa conduite.

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Le Teatro Amazonas, dans lequel Romain tombe amoureux d’Harriet

J’ai adoré comment l’auteure nous fait comprendre que ces deux là sont des bêtes de sexe sans jamais le dire, et en étant toujours très poétique et subtile. Le soir où Harriet décide qu’elle veut être la maîtresse de Romain, elle déclare juste qu’elle ne dormira pas dans sa chambre ce soir. Le chapitre suivant s’ouvre sur Harriet qui se réveille « ruinée », et qui s’émerveille de ce nouvel état. Cette scène est l’une des plus charmante et vibrante que j’ai jamais lue.

La passion amoureuse de Harriet et Romain est telle que rien ne peut l’arrêter. Ni les quiproquos, ni la distance, ni la famille, ni même une ex jalouse. Rien.

Il y a un côté « jeune fille en fleur qui ne comprend pas trop ce qui se passe et qui est sauvée par son Prince Charmant » qui m’a un peu gênée, mais je mets cela sur le fait que cette romance a un côté désuet qui est en soit tout à fait charmant.

Pour résumer: une romance jeune adulte dont le meilleur qualificatif est l’adjectif « charmant », qui nous emmène vivre de folles aventures en Amazonie. Une découverte magnifique que je ne peux que recommander. C’est rafraîchissant, très bien écrit, et aussi très drôle!


eva-ibbotsonL’auteure: Eva Maria Charlotte Michelle Ibbotson était une auteure de livres pour enfants et de romances pour jeunes adultes.

Eva Wiesner est née le 21 janvier 1925 à Vienne, en Autriche, de parents juifs non-praticants. Son père fut un pionner dans le traitement de l’infertilité (un peu controversé car il aurait utilisé son propre sperme dans sa clinique!) et sa mère était une écrivain et scénariste à succès. Ses parent divorcèrent lorsqu’elle avait trois ans.

Son père alla enseigner à Edinbourg et sa mère s’installa à Paris après qu’Hitler ait interdit son travail. En 1934, cette dernière s’installa en Angleterre dans le Middlesex et y appela sa fille et d’autres membres de sa famille.

Eva se destinait à devenir physiologiste comme son père, mais abandonna cette idée à cause de l’expérimentation animale. Elle étudia au Bedford College de Londres puis à Cambridge, où elle rencontra son mari, Alan Ibbotson, qui était un écologiste.

Ils se marièrent en 1947 et eurent quatre enfants: trois garçons et une fille. Eva repris ses études pour devenir professeur et fut diplômée en 1965. Elle enseigna dans les années 1960 avant de se consacrer à l’écriture. Elle a écrit de nombreux livres pour enfants et quelques romances. Son amour pour la nature et pour son pays natal, l’Autriche, transparaissent souvent dans ses livres.

Elle est décédée le 20 octobre 2010 à New Castle.


Pour aller plus loin:

Manaus: page Wikipedia, des articles de blogs: Mosaïques, Le Blog De Sarah, Terra Tributa; un article de La Croix.

Le Teatro Amazonas: Gallerie de photos, page Wikipedia

Le Lac Des Cygnes: Résumé du ballet


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L’histoire: 1912, Cambridge. Harriet Morton est la fille du Professeur Bernard Morton, directeur des études classiques à l’Université de Cambridge. Sa mère, une jeune fille au pair rencontrée en Autriche, est décédée lorsqu’elle avait deux ans.

Harriet est éduquée par son père et par sa tante Louisa, qui est très, très près de ses sous. Le Professeur Morton entend faire de sa fille une épouse accomplie, et pour cela, il lui transmet la seule chose qu’il maîtrise vraiment: le latin et le grec.

728a481317ddea49c36cc4acac4ba961L’enfant grandit dans une ambiance maussade et sans amour, entre un père absent et une tante abusive. Ses seules échappatoires sont l’école, la lecture et la danse. En effet, Harriet est jugée « petite nature » par le médecin de famille, qui recommande que l’enfant fasse régulièrement de l’exercice. Harriet excelle à l’école, et sa professeure convoque un jour le Professeur Morton pour lui parler de l’avenir universitaire d’Harriet.

Ni une, ni deux, Harriet est retirée de cette école qui a une mauvaise influence sur sa fille. L’envoyer à l’université, quelle drôle d’idée!! Le Professeur Morton interdit lui-même l’accès à ses cours aux femmes. Celles-ci doivent rester à leur place, c’est à dire se marier et tenir la maison. Tante Louisa et le professeur trouvent donc un bon parti pour Harriet: Edward, un jeune professeur de biologie à l’allure chevaline, qui se consacre à l’étude des insectes.

galina-ulanovaHarriet continue tout de même ses cours de danse, afin qu’elle garde la santé. Un jour, Sasha Dubrov, un ami de longue date de Mme Lavarre, la professeure de danse, vient assister au cours de danse, et propose à Harriet de rejoindre sa troupe de ballet russe lors d’une tournée en Amérique du sud.

Le soir-même, lors d’un dîner auquel Edward, le futur fiancé, ainsi qu’un autre professeur sont convié, Harriet demande la permission à son père de rejoindre le corps de ballet. Bien évidemment, ce dernier refuse. Harriet insiste, et, du haut de ses 18 ans, est renvoyée dans sa chambre. Tout le monde se demande ce qui est passé par la tête d’Harriet, normalement si douce et obéissante.

Quelques semaines plus tard, Tante Louisa organise avec ses copines du Cercle de thé de Cambridge une sortie pour visiter un manoir: Stavely, la demeure des Brandon. Tante Louisa et ses copines emmènent Harriet avec elles « pour lui changer les idées » suite à son « caprice ». Elles convient aussi Edward, espérant que les jeunes gens se rapprocheront lors de ce voyage. Elles mettent tout de même en place une équipe de chaperonnes de choc, qui ne doit jamais les laisser hors de vue.

Harriet reste polie avec Edward, qu’elle déteste cordialement, et essaie par tous les moyens de se soustraire à sa compagnie. Elle y parvient lors de la visite des jardins, et se perd dans un labyrinthe végétal… au milieu duquel elle découvre Henry, un petit garçon de sept ans qui lit un livre sur l’Amazonie.

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Henry et Harriet se lient d’amitié. Le petit garçon explique à Harriet qu’il lit un livre « interdit », car il appartenait au « garçon ». Personne ne dit jamais son nom, mais « le garçon » parlait aux animaux et adorait les fleurs. Et puis un jour, il est parti en Amazonie.

839429C’était avant la naissance d’Henry, et ce dernier a recueilli cette histoire de certains domestiques du manoir. Henry demande à Harriet de l’aider à retrouver le garçon. Cette dernière, qui rêve toujours de remonter le fleuve Amazone avec la troupe de ballet russe, promet à Henry de l’aider – et de ce fait, prend la décision de braver l’interdit paternel.

Harriet se fait donc inviter pour trois semaines chez une bonne copine à Londres. Elle prépare son sac et monte dans le train. Le jour d’avant, elle a envoyé un message à sa copine, indiquant qu’il y avait eu un décès dans la famille, et qu’elle ne pouvait plus venir.

Harriet débarque à Londres et retrouve Dubrov, qui est tout content que la jeune fille rejoigne sa troupe. Pendant une semaine, Harriet va suer sang et eau pendant les cours et les répétitions. Le grand jour arrive enfin, et la troupe embarque pour un voyage transatlantique. Harriet se fait aussi des copines: Marie-Claude la française et Kerstin la suédoise. Toutes les autres sont russes.

Pendant ce temps, la supercherie d’Harriet est découverte,  et les Morton sont mortifiés. Ils décident de demander à Edward, l’ex-futur-fiancé d’Harriet, d’aller la cherche en Amazonie. Réticent, Edward finit par se laisser convaincre par la perspective de ramener de nouveaux spécimens rares de son voyage.

Au même moment, à Stavely, les parents du petit Henry reçoivent une mauvaise nouvelle: le domaine croule sous les dettes, et il faut vendre. Henry Sénior, le père du petit garçon, se brûle la cervelle, laissant sa femme Isobel et Henry seuls. Isobel cherche à localiser le frère cadet de son défunt mari, un certain Romain, dont elle avait été amoureuse dans sa jeunesse. Son plan est de se faire épouser de ce dernier afin de pouvoir garder Stavely.

Malheureusement elle ne sait pas où il se trouve. Romain et Isobel étaient le couple parfait: jeunes, beaux et fougueux. Mais lorsque le père d’Henry sénior et de Romain décéda sans rien laisser en héritage à son deuxième fils, Isobel changea son fusil d’épaule et épousa le frère aîné. Héritière désargentée par la faillite de son père, Isobel n’a pas le courage de « tout recommencer », comme le lui propose Romain, et a préféré la stabilité financière à l’amour.xingurivermap-copie-1

La troupe de Dubrov arrive à Manaus, au coeur de la forêt amazonienne. C’est un peu l’Eldorado. Tout le monde y est richissime, car le commerce du caoutchouc bat son plein. Romain Verney est le chouchou de tous: riche, prospère, bien éduqué et la main sur le coeur. Il a le titre honorifique de Directeur de l’Opéra, et doit donc assister à la première du Lac des Cygnes, donné par la compagnie d’Harriet.

Harriet n’est qu’une ballerine parmi tant d’autres, mais elle attire le regard de Romain. Après la première, Romain accueille la troupe et le gratin de Manaus pour une soirée dans son domaine, dans la forêt amazonienne. Harriet, qui adore la nature, décide de marcher du ponton jusqu’à la demeure de leur richissime hôte, au lieu de prendre la voiture comme tous les autres invités.

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Lorsque Romain s’enquiert de la ballerine qu’il a remarqué, on lui indique qu’elle n’est pas encore arrivée. Il se met alors à la recherche de la jeune fille dans son immense jardin, et la découvre en train de rire gaîment avec son personnel indigène. Image d’Epinal s’il en est…

Romain et Harriet se mettent en route vers la fête, et en chemin Romain lui fait découvrir la faune et la flore locale. Harriet se dit qu’il pourrait bien être « le garçon » que recherche le petit Henry, et en a la confirmation lorsque Romain lui présente un lamantin un peu ronchon qu’il a nommé d’après le majordome tout aussi ronchon de Stavely.

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Harriet se demande comment aborder le sujet avec Romain, et décide donc de rester après la fête afin de lui parler. Romain se méprend, il pense que la jeune fille, dont il est tombé sous le charme, est en fait une intrigante qui veut coucher avec lui. Harriet comprend sa méprise lorsqu’on lui fait prendre un bain parfumé et qu’on la vêt d’un négligé sexy. Tremblante, elle explique à Romain qu’elle voulait vraiment juste lui parler de quelque chose, et qu’elle se sent godiche.

Romain, soulagé de constater qu’après tout, la jeune fille a bon fond, la raccompagne à son hôtel et l’invite à déjeuner en ville le lendemain, pour parler de cette affaire. Lors du déjeuner, Harriet évoque l’état dans lequel se trouve Stavely, et le fait qu’Henry aimerait vraiment que Romain rentre. Ce dernier pense qu’Harriet parle de son frère aîné, et s’emporte, car ils ne se sont jamais entendus – et en plus il lui a « volé » Isobel, son amour de jeunesse. Romain s’en va et laisse Harriet en plan.

Romain passe au Club de Manaus (vous savez, ces clubs british d’hommes très riches) pour organiser la réception d’un homme politique brésilien de passage. Là, il apprend la mort de son frère, en lisant le Times, fraîchement arrivé de Londres – mais avec quelques semaines de retard. Il se dit qu’il faut en informer Harriet, elle qui aimait tellement Henry…

Lorsque Romain apprend à Harriet le décès de son cher Henry, qui s’est fait sauter la cervelle, les deux jeunes gens se rendent compte du quiproquo: Romain ne savait pas que son frère avait un fils nommé d’après lui. Il explique à Harriet toute l’histoire entre son frère et lui, ainsi qu’avec Isobel. Sachant que le domaine de Stavely est en danger, Romain le rachète de manière anonyme.

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Entre-temps, Isobel a retrouvé la trace Romain et a embarqué pour l’Amazone, à bord d’un navire sur lequel se trouve aussi Edward, en mission pour ramener Harriet dans le droit chemin. Malheureusement, le petit Henry contracte la rougeole, et Isobel est contrainte d’arrêter son voyage à l’embouchure du Fleuve Amazone, le temps que son fils se remette.

Edward, lui, continue sa route et débarque à Manaus, à la recherche d’Harriet. Cette dernière, alors en compagnie de Romain et de ses copines danseuses, l’aperçoit, et explique à ses amis dans quelle situation elle s’est mise. Romain propose alors de jouer un bon tour à Edward, en lui démontrant que la vie de danseuse est très respectable. Romain fait semblant de se lier d’amitié avec Edward et l’installe au Club, les hôtels de la ville étant complets à cause du ballet.

La réception du politicien est organisée au Club. Lorsqu’un invité se décommande à la dernière minute, son siège est donné à Edward.

Marie-Claude, la danseuse française, a accepté de danser en tenue légère en sortant d’un gâteau, contre un joli pactole, qui lui permettra d’ouvrir un restaurant dans le sud de la France avec son fiancé. Comme elle a un peu peur, elle demande à Harriet de l’accompagner pour lui donner un soutien moral.

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Cependant, le politicien brésilien voyage partout avec son chef français, et c’est lui qui doit faire semblant de couper le gâteau dont sortira Marie-Claude. Manque de bol, il s’agit du cousin du fiancé de la belle française!! Marie-Claude ne peut pas risquer sa réputation, et les filles décident donc de partir et de tout laisser en plan…

Mais à la dernière minute, Harriet décide de remplacer sa copine, afin que Marie-Claude puisse réaliser son rêve. C’est donc Harriet qui émerge du faux gâteau en combinaison, sous les yeux médusés d’Edward (qui, je le rappelle, avait été convaincu que la vie de danseuse était une vie rangée) et de Romain, qui assistent tous les deux au dîner.

Cependant, leurs réactions ne pourraient être plus différentes: Edward est choqué jusqu’à la moelle, et envoie tout de suite un télégramme au père d’Harriet, le professeur Morton, lui demandant de lui donner tout pouvoir pour ramener Harriet en Angleterre. Romain, lui, est amusé et se dit qu’il doit y avoir une bonne raison pour que cette Sainte Nitouche danse en petite tenue devant des hommes. Lorsqu’une soupière se trouve sur le passage d’Harriet, qui danse sur la table, c’est lui qui dégage le passage pour que sa dulcinée puisse continuer son numéro.

Harriet, elle, en pleine lumière, ne voit pas son public, et n’a donc aucune idée qu’Edward l’a vue. Le numéro prend fin et Harriet se sauve, emportant l’argent qu’elle a gagné pour Marie-Claude.

Romain doit partir quelques jours dans la jungle avec le politicien pour démêler une sordide affaire dans une mine. Il emporte avec lui le chef de la police de Manaus et d’autres policiers.

Edward attend avec impatience le télégramme qui lui permettra de ramener Harriet en Angleterre, et dans le droit chemin. Le jour tant attendu arrive enfin, et Edward a tout préparé: après la représentation du Casse-Noisette, il emportera Harriet de force avec l’aide de deux policiers et l’enfermera dans une cabine d’un navire qui repart pour Londres.

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L’après-midi même, il croise Marie-Claude dans un jardin de Manaus, et laisse échapper quelques indices que la française ne manque pas de relever. Cette dernière comprend ce qui se trame, mais ne sait que faire pour empêcher Edward d’emmener Harriet… lorsqu’elle voit Romain arriver à bord de son bateau, de retour de son expédition en forêt. Marie-Claude lui confie ses soupçons, lui demandant d’intervenir pour sauver son amie.

La représentation a lieu, et Edward, accompagné des deux policiers, entre dans l’Opéra pour désigner laquelle des danseuses ils doivent emmener. Mais Romain a payé la personne en charge des effets spéciaux pour accentuer l’effet de brouillard, ce qui engendre une grande confusion… Et Romain en profite pour emmener Harriet, tandis qu’Edward et ses sbires jettent Olga, une danseuse russe, dans la cabine réservée pour Harriet.

Lorsqu’Edward arrive à l’embouchure de l’Amazone, il est méconnaissable: Olga l’a griffé, gifflé, et tabassé. Il erre dans les rues et tombe sur Isobel, qui ronge son frein en attendant que son fils se remette de la rougeole.

Edward raconte à Isobel sa terrible mésaventure avec Harriet et Romain. Isobel comprend qu’Harriet pourrait se mettre en travers de ses projets (elle veut épouser Romain), et prend le premier bateau pour Manaus avec le petit Henry.

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Lors d’une très jolie scènes, Harriet danse sur des feuilles de lotus

Pendant ce temps, Harriet vit chez Romain. Comme elle est très jeune et innocente, Romain, la trentaine, essaie de mettre de la distance entre eux, bien qu’il soit irrémédiablement attiré par elle. Harriet, elle, pense qu’il est toujours amoureux d’Isobel, et qu’il va bientôt rentrer à Stavely pour épouser son grand amour de jeunesse. Amoureuse de Romain, elle décide de vivre sa vie au jour le jour, Carpe Diem, et l’oblige presque à devenir son amant.

Les amoureux roucoulent, mais Romain ne comprend pas pourquoi Harriet, tous les matins, s’entraîne à la danse de façon presque militaire. C’est que la jeune femme, persuadée de n’être qu’une passade, assure son avenir: maintenant qu’elle est « déchue », elle ne pourra jamais se marier, et il faut donc qu’elle travaille ad vitam eternam comme ballerine. Romain, lui, pense que la danse occupe une place tellement importante dans la vie de son amoureuse, que l’épouser reviendrait à lui couper les ailes.

Isobel arrive à Manaus le jour où la troupe russe doit partir pour l’Europe. Ils ont été invité à se produire dans un grand théâtre russe, et tout le monde est très excité. Harriet a décidé de rester avec Romain autant de temps que possible, et est donc venue en ville dire adieu à ses amies.

Isobel et le petit Henry arrivent chez Romain alors qu’Harriet est en ville. Lorsque cette dernière rentre, elle est toute heureuse de retrouver Henry dans le jardin. Ce dernier lui explique que sa maman, Isobel, va épouser Romain et qu’ils seront très heureux. En regardant par la fenêtre, Harriet aperçoit Romain et Isobel. Lorsque cette dernière voir Harriet, elle se penche vers Romain et minaude. Harriet en conclue donc que son temps avec Romain est fini. Elle dit adieu à Henry, et rattrape de justesse le bateau à bord duquel sa troupe a embarqué.

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Lorsque le navire arrive en Europe, Harriet a la désagréable surprise de trouver son père et Tante Louisa, accompagnés de policiers, qui la ramènent de force à Cambridge. Harriet est confinée dans sa chambre, mais le souvenir heureux des jours passés avec Romain la fait tenir. Jusqu’au jour où elle n’arrive plus à se souvenir d’un détail de sa vie heureuse à Manaus, et sombre dans le désespoir.

Tante Louisa ne sait que faire, la jeune fille maigrit et ne mange pas. Elle décide de contacter un psychiatre pour voir si Harriet ne devrait pas être internée. Mais c’est Romain, qui a mis à jour les manigances d’Isobel et a remué ciel et terre pour retrouver Harriet, qui se pointe. Se faisant passer pour le psychiatre, il enlève Harriet au nez et à la barbe de Tante Louisa et de ses amies du Cercle de Thé de Cambridge.

Une fois Harriet mise en sécurité, Romain déboule dans l’amphithéâtre du Professeur Morton et l’oblige à signer une autorisation permettant à Romain d’épouse sa fille. Lorsque Morton comprend qu’il s’agit du châtelain de Stavely, il signe sans sourciller. Romain a déclenché un tollé parmi les élèves du respectable professeur, qui est jeté manu militari dans la fontaine par ces derniers.

Harriet et Romain vivent heureux à Stravely et ont deux enfants: Natasha, qui aime danser, et Paul Alexandre. Un petit troisième est en route. Isobel a hérité d’une annexe à Stavely, qu’elle a vite quitté en se mariant avec un diplomate en poste en Inde. Quant à Henry,  c’est devenu un beau jeune homme, qui rêve de retourner en Amazonie 🙂

Et Edward, dans tout ça? Il s’est marié avec Olga!

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Neige Sur Le Lac Des Saules (Snow Fall at Willow Lake), Susan Wiggs

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englishVoici le deuxième volume des Lakeshore Chronicles que j’ai récupéré, au hasard, chez mon bouquiniste, parce qu’il me fallait des lectures relatives à l’hiver pour le Cold Winter Challenge: Neige sur le Lac Des Saules (Snowfall At Willow Lake).

Chaque tome  de ces chroniques est dédié à un membre plus ou moins éloigné de la famille de Daisy Bellamy, et l’histoire de Daisy est le fil conducteur de ces différentes chroniques qui ont lieu autour de Willow Lake (le Lac des Saules, how romantic!).

Neige Sur Le Lac Des Saules est le quatrième volume de cette série. L’auteure Susan Wiggs raconte l’histoire de Sophie Bellamy, la mère de Daisy.


Résumé: Sophie Bellamy, la mère de Daisy, a tout sacrifié à sa carrière d’avocate internationale, surtout sa famille… ce qui lui a valu un divorce. Le jour où Sophie est prise en otage et manque de mourir, elle reconsidère ses priorités: ses enfants.

Elle plaque sa carrière prometteuse à La Haye pour venir s’établir à Avalon, où ses enfants Daisy et Max vivent avec leur père et leur nouvelle belle-mère. Prise dans une tempête de neige lors de son arrivée à Avalon, Sophie sera sauvée par Noah Shepperd, son charmant voisin vétérinaire. La différence d’âge et de milieu social ne pourront arrêter les sentiments très forts qui se développent entre Sophie et Noah.

Outre son histoire d’amour, Sophie devra aussi faire face à d’autres challenges dans sa vie personnelle: passer d’une carrière d’avocate internationale à celle de mère de ses enfants. D’une vie trépidante à l’étranger, à une vie de province américaine.the-real-willow-lake

https://susanwiggs.wordpress.com/2012/09/25/the-real-willow-lake/

 


Mon avis: Tout d’abord, comparé à Un Jour De Neige, l’autre roman de Susan Wiggs que j’ai lu, celui-ci est bien meilleur. Mais alors, carrément meilleur, même. J’ai bien fait de le lire – il faut dire qu’après ma précédente lecture, j’avais beaucoup hésité à continuer avec cette auteure. Serait-ce une perte de temps?

Je suis heureuse de répondre que non. Les thèmes abordés ici sont beaucoup plus graves, même si ça reste une romance choupinette et que l’on sait que nos deux héros vont finir par roucouler. Le contenu est beaucoup plus mature aussi, à savoir que Sophie et Noah se jettent l’un sur l’autre pratiquement sans se connaître.

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https://peppermintfrostblog.wordpress.com/2014/10/09/blood-diamonds/

 

La situation en Afrique est évoquée et plutôt bien documentée, à travers un Etat africain fictif qui prend son indépendance. Gros parallèle avec le Sud Soudan. On évoque aussi les enfants soldats et les viols de guerre, le commerce des diamants qui enrichi les riches et réduit en esclavage les autres, les guerres pour se disputer les mines de minerai si précieux pour fabriquer nos téléphones portables… Bref, du lourd et du sérieux.

Sophie a travaillé des années comme une forcenée pour que ce nouvel Etat puisse enfin voir le jour. C’est son bébé, sa fierté.

Du côté personnel, Sophie est donc une femme qui se consacre à sa carrière, pour qui la famille est secondaire. Venant d’une riche famille, ses deux enfants, à peine nés, ont été confiés à des nannies présentes 24/24. Bien que très jeune lorsqu’elle est tombée enceinte, Sophie a donc pu poursuivre ses études, se marier, et entamer une carrière fructueuse.

On comprend que Sophie est le fruit de la société dans laquelle elle vit, des attentes de ses parents. Elle tombe enceinte et épouse le père de sa fille, car c’est ce qui doit se faire, même si l’amour n’est pas vraiment présent. Ses parents, qui dictent sa conduite, la dépossèdent de son rôle de mère en lui imposant une nannie « pour son bien ».

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Palais de la Paix, La Haye

Sophie, qui cherche une échappatoire, se perd dans son travail, persuadée qu’elle est « utile ». Et effectivement, elle l’est, pour toute une nation africaine. Mais cela signifie vivre à La Haye, loin de son mari et de ses enfants, qui sont à New York. De ne vivre que par et pour son travail. De ne voir ses enfants qu’en coup de vent, entre deux avions ou deux réunions.

Son travail coûte son mariage et sa famille à Sophie. Ses enfants ont appris à se passer d’elle, et son ex-mari a trouvé l’amour dans une petite ville de province, à une heure de route de New York.

L’élément déclencheur est une prise d’otage. Sophie manque de mourir, et se rend compte qu’elle ne consacre pas du tout de temps à ses enfants. On explore au travers de Sophie le choc post-traumatique: Sophie plaque tout, il lui arrive de tomber dans les vaps à l’évocation d’un détail (du sang par exemple, qui déclenche une réaction en chaîne de comportement qu’elle ne peut pas contrôler), ou encore son envie quasi innasouvible de sexe. Bref, elle fait des choses qui « ne lui ressemblent pas », mais qui étaient en fait enfouies très profondément en elle.

Le choc des cultures est assez marrant à observer: Sophie a une garde-robe très chic et raffinée, adaptée à la vie urbaine et mondaine. Ses jolies bottes à talons ne lui servent à rien lorsqu’il lui faut marcher dans un mètre de neige, pas plus que sa nuisette en dentelle pendant les froides nuits. Il lui faut retourner aux basiques: doudoune, jeans, bottes fourrées…

Choc des cultures avec Noah, et plus largement, la population d’Avalon. La plupart des habitants de cette petite ville jugent Sophie mauvaise mère car elle a donné la priorité à sa carrière au lieu de rester avec ses enfants. Bouh! Bad Mom!! Fustigons-la!

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Un vétérinaire très sexy, ça n’existe pas que dans les livres!  

Noah n’a quasiment jamais mis les pieds hors d’Avalon: il y est né, y a grandi, est allé dans une ville voisine pour ses études de vétérinaire, puis est rentré chez ses parents, dont il a transformé la ferme en clinique vétérinaire. Un gars du terroir, quoi. Sophie quant à elle a un chauffeur et un garde du corps, habite dans un quartier hyper trendy de La Haye, et avant ça à Manhattan avec son mari et ses enfants. Elle prend l’avion comme d’autres prennent le bus. Bref, des vies que tout oppose.

Choc des cultures aussi, lorsque la working mom se transforme en « mom » tout court. Sophie apprend à organiser son temps autour de l’emploi du temps de ses enfants. Elle emmène Max et ses copains au hockey. Elle essaie de créer du lien avec des adolescents qui ont appris à se débrouiller sans elle, et qui ne comprennent pas qu’elle est là « pour de bon ». Qu’elle n’est pas en transit, et qu’ils peuvent donc l’accueillir dans leurs vies et dans leurs coeurs, sans avoir peur d’être blessés si elle repart.

La relation avec sa fille Daisy est très intéressante, mettant en parallèle les vies des deux femmes à un moment unique de leur vie: devenir mère. Daisy marche dans les pas de sa mère en devenant mère à l’adolescence. Mais contrairement à Sophie, Daisy n’épouse pas le père de son fils, car elle sait qu’elle n’en n’est pas amoureuse. C’était un coup d’un soir.

Contrairement à sa mère, encore une fois, Daisy décide de ne pas s’appuyer sur son père mais de se débrouiller seule avec son fils. Ses parents financent ses études, mais pour le reste, elle doit gérer toute seule, du haut de ses 18 ans. Sa relation avec sa mère se développe lorsque Sophie propose de prendre soin de son petit fils Charlie pour que Daisy puisse prendre du temps pour elle, ou juste reprendre ses études.

ashton-kutcher-demi-mooreLa différence d’âge dans le couple est un problème qui est aussi savamment évoqué: une femme « mûre » et un « jeune » homme. Sophie a 40 ans, ses enfants sont ados, et elle est déjà grand-mère. Une jeune grand-mère, certes, mais tout de même. Noah a 30 ans, et est un grand gamin: ses potes viennent jouer du rock dans son sous-sol, il a plein de jeux vidéos, et des appareils de muscu.

Leur différence d’âge, qui choque d’abord Sophie, n’est pas le plus grand obstacle pourtant: c’est leur manque de projet de vie commun qui a presque raison de leur couple. Sophie ne peut plus avoir d’enfant suite à une complication après la naissance de Max… Mais Noah s’est toujours vu avec plein d’enfants. Cette réalité, irréconciliable, conduira les amants à se séparer temporairement…. jusqu’à ce que Noah dépasse tout cela et que le couple adopte deux enfants africains.

La romance est très chou dans ce livre. J’ai beaucoup aimé Sophie et Noah, qui doivent tous les deux sortir de leur zone de confort pour trouver le bonheur. Bien sur, comme dans Un Jour De Neige, les ressorts dramatiques sont plutôt gros et évidents, mais n’enlèvent rien au plaisir de lire les aventures de nos tourtereaux. Par exemple, lorsque Sophie, bien décidée à acheter une maison, ne trouve rien qui lui convienne, on se doute bien que c’est parce qu’en fait elle va finir par vivre chez Noah. Et j’avais vu juste! La fin est un peu trop belle pour être vraie, mais bon passons, on est dans une romance, il faut un peu de magie tout de même.

C’est aussi un livre assez sexy, sans être vulgaire. Pas explicite non plus, mais on a le droit a des scènes très chaudes et olé olé! bref, mieux que Un Jour De Neige aussi, où tout ce qu’on avait relevait de « et elle vécu une nuit torride » (ou à peu près).

Pour résumer: une romance choupinette, des thèmes intéressants, et le portrait d’une petite ville américaine sympa. 


susan-wiggs-photo2-by-susan-doupeL’auteure: Susan Wiggs est née le 17 mai 1958 à Olean, dans l’Etat de New York, aux Etats-Unis. Elle commence à écrire dès son plu jeune âge, finissant son premier livre, intitulé Un Livre Sur Les Enfants Pas Sages, à l’âge de huit ans.

Susan Wiggs devient professeur de mathématiques après des études à Harvard, mais continue de beaucoup lire, surtout des romances. Elle reprit la plume en 1983, et son premier roman fut publié en 1987. Elle abandonne son poste de professeur de mathématiques en 1992 pour se consacrer à l’écriture, avec une moyenne de deux livres par an.

bundleSusan Wiggs écrit des romances contemporaines et historiques. Ses livres sont traduits dans de nombreuses langues, dont le français, l’italien, l’allemand ou le japonais. Ils sont fréquemment en lice pour le Prix RITA, l’ultime consécration pour la romance.

Susan Wiggs réside dans l’Etat de Washington avec sa fille et son mari. Elle tient un blog et a un site web consacré à ses livres.


Produits dérivés: Neige Sur Le Lac Des saules est le quatrième roman de la série The Lakeshore Chronicles, qui compte 11 volumes à ce jour.


englishLes illustrations et publications en langue étrangère: 

Mon édition en anglais reprend « l’illustration type », reprise par beaucoup d’autres éditions en langue étrangères: un couple qui patine sur un lac gelé dans le soleil couchant. Cette illustration colle parfaitement aux moment romantiques échangés par Sophie et Noah sur la glace. Une autre édition en anglais montre une jeune femme sautillant gaiment dans la neige.

L’édition allemande montre un chalet la nuit en hiver, au bord d’un lac, ce qui colle bien aussi à l’ambiance cosy et protégée de l’histoire d’amour de Sophie et Noah.

Les autres éditions ont des illustrations qui me parlent moins. En français, une illustration plutôt bateau, avec la silouhette d’un couple enlacé devant un lac gelé, dans le soleil couchant.L’édition norvégienne montre une maison et un jardin enneigés. L’édition polonaise un lac gelé. Quant aux espagnols, ils ont le droit à un couple enlacé en tshirt, surimposés à l’image d’un lac gelé.

Le titre en français est une traduction littérale du titre original, et ça marche. En allemand, on a le droit à « Ce que cache l’hiver ». En néerlandais: « Ensemble sur la glace », pourquoi pas. En polonais, « La route du Lac », pas mal trouvé. En espagnol: « Ensemble au Lac ». Des titres assez passe-partout pour de la romance, mais il faut dire que le titre originel ne fait pas non plus dans l’originalité.


L’histoire: Daisy et Max vivent à Avalon, sur les rives du Lac des Saules Pleureurs, avec leur père et leur nouvelle belle-mère Rita. C’est une petite ville de campagne où tout le monde se connait, pas trop loin de New York, où plusieurs habitants d’Avalon travaillent.

veto-3Sophie décide de tout plaquer pour s’y installer. Le jour de son arrivée, elle est prise dans un terrible blizard, et en est sauvée par Noah Shepperd, un jeune vétérinaire très sexy. La tension monte vite entre ces deux là, et Sophie succombe au charme de son charmant voisin.

Lorsque les routes sont enfin praticables, Sophie va renouer doucement avec ses enfants, et plus particulièrement avec Daisy, maman ado célibataire du petit Charlie. Les enfants sont d’abord méfiants, ils ont toujours connu leur mère entre deux réunions importantes, mais peu à peu, ils se rendent compte qu’elle est là pour rester.

Sophie trouve un job à l’étude d’avocat d’Avalon et un appart à louer. Les mamans de l’école l’accueillent plutôt froidement, car elle a la réputaiton d’être la mère qui a abandonné ses enfants au profit de sa carrière. En plus elle sort avec le véto, qui est beaucoup plus jeune…

Plus jeune? Mais de combien? Lorsque Sophie se rend compte qu’elle a dix ans d’écart avec son amoureux, elle tombe des nues. Cependant, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est quand Noah se rend compte que Sophie ne peut plus avoir d’enfant suit à des complications lors de son dernier accouchement… Lui qui a toujours rêvé d’avoir une grande famille! Finalement nos tourtereaux iront adopter des enfants, et tout est bien qui finit bien!

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Un Jour de Neige (A Lakeshore Christmas), Susan Wiggs

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J’ai découvert la série de romans à l’eau de rose Lakeshore Chronicles à l’occasion du Cold Winter Challenge: en passant chez mon bouquiniste, j’ai vu ces titres en rapport en rapport avec l’hiver, et je les ai achetés sans rien savoir ni sur l’auteur, ni sur son oeuvre.

J’ai acheté deux volumes, qui ne se suivent pas immédiatement et que j’ai d’ailleurs lu dans le désordre: A Lakeshore Christmas et Snowfall at Willow Lake. C’est une série qui suit Daisy Bellamy et les membres de sa famille.

Chaque tome est dédié à un membre plus ou moins éloigné de la famille de Daisy (parfois même d’un ami), et l’histoire de Daisy est le fil conducteur de ces différentes chroniques qui ont lieu autour de Willow Lake (le Lac du Saule Pleureur, how romantic!).

A Lakeshore Christmas suit Eddie, le meilleur ami du beau-père de Daisy Bellamy, et sa rencontre avec la femme de sa vie, une bibliothécaire.


Résumé: Eddie Haven, ancien enfant star devenu rockeur, est condamné à des travaux d’intérêt général: depuis plusieurs années, il doit s’occuper de mettre en place le spectacle de Noël de l’église de la petite ville d’Avalon.

Maureen Davenport, bibliothécaire, est fascinée par Noël, et cette année elle peut enfin réaliser son rêve: organiser le spectacle de Noël. Seulement, elle devra composer avec Eddie, qui lui est imposé.

Ces deux là n’ont rien en commun, et pourtant, la magie de Noël va opérer…

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Les couvertures:

Mon édition en anglais fait très « Noël »: un pas de porte décoré d’une couronne de Noël qu’on aperçoit à travers les flocons, un réverbère éclairant la scène.

La couverture française ainsi que la traduction du titre – Un Jour De Neige au lieu de Noël Sur Les Rives Du Lac – sont un parti pris intéressant. On se concentre plus sur l’hiver et sur la neige qui recouvre la petite ville d’Avalon. L’ambiance mystérieuse relative à Jasper est soulignée.

En italien, on se concentre sur la musique: Eddie est musicien et va faire chavirer le coeur de Maureen avec son talent inné. L’hiver est discrètement présent dans le coin droit de l’illustration, avec un flocon de neige. Le titre italien est La Musique au Coeur.

Une autre illustration montre un jeune femme sautant dans la neige.

Enfin, les éditions scandinaves reprennent la même illustration: un banc sur les rives d’un lac en hiver. On aperçoit en arrière plan la petite ville qui fête Noël, toute décorée. Une illustration très littérale de Noël Sur Les Rives Du Lac, aussi utilisée pour une édition en anglais.


Mon avis: c’est une romance cousue de fil blanc, on sait que les personnages principaux vont finir ensemble. L’auteur sème tout un tas d’embûches entre ses personnages afin de les séparer pour qu’ils se retrouvent mieux à la fin.

librarianA Lakeshore Christmas est presque caricatural dans sa stéréotypisation des personnages. Maureen, la bibliothécaire, a un look de bibliothécaire. Elle a essayé une fois de changer de style, sur les conseils de sa soeur, mais elle avait l’air déguisée… donc elle s’est résolue à porter ses lunettes, ses cheveux très longs en chignon, des jupes sous le genou et des cardigans de mémé. Et elle vit avec ses chats!!!

Maureen a vécu un traumatisme affreux qui fait qu’elle se sent très bien dans sa vie de célibataire. Le traumatisme en question, c’est qu’elle est tombée amoureuse d’un homme marié lorsqu’elle était étudiante à Paris. So much for the French lover… Anyway. 

Maureen a donc le coeur brisé, mais pour en rajouter une couche, elle se met à saigner abondamment, ce qui la conduit aux urgences… et là elle découvre qu’elle était enceinte et qu’elle est en train de faire une fausse couche. Rajoutez-moi une couche de mélodrame en plus, s’il vous plaît!!! Oui? Oui. Maureen est orpheline depuis sa plus tendre enfance, mais elle a une belle mère en or, qu’elle adore. Au secours, j’ai la nausée, arrêtez cette avalanche de bons sentiments larmoyants!!

Maureen, qui était donc une jeune fille extravertie qui étudiait le théâtre, rentre chez elle pour Noël, et la messe de Noël lui fait reprendre espoir. Mais bon, elle change quand même radicalement de voie, et décide que Paris, les planches et les spot lights, ce n’est plus pour elle. Non, elle va rester près de sa famille et devenir bibliothécaire. Un refuge sur, où rien de peut l’atteindre, et où elle peut vivre des aventures par procuration en lisant tout son saoul.

curt-kobainEddie, de son côté, est un ancien enfant star (genre Mackauley Culkin) qui fait maintenant de la musique, et qui déteste Noël. Pourquoi? Parce que ses parents, acteurs, l’amenaient en tournée à chaque Noël, et qu’il ne sait pas ce qu’est un Noël traditionnel.

Nous voilà donc avec deux écorchés de la vie, l’une coincée et qui adore Noël, et l’autre über cool mais qui déteste Noël, qui vont devoir collaborer pour mettre en place le spectacle de Noël de la paroisse. Voilà, nos deux tourtereaux vont se tourner autour, Maureen la pète-sec va s’enfermer dans sa carapace, et Eddie, qui rejette au début ses sentiments, va tout faire pour conquérir Maureen une fois qu’il les aura admis.

Seulement, le truc qui me gène, c’est que Maureen est tellement réticente qu’il faut qu’Eddie la force. Il la force à aller faire une rando en raquettes avec lui en la piégeant. Il la force à le laisser entrer chez elle après une charmante soirée romantique, et là, tranquillement, il se déshabille et emmène une Maureen toute surprise au lit. Pouf crac boum. Maureen n’a rien à dire, elle subit (avec plaisir bien sur), mais à part faire sa mijaurée et dire « non, je sais, je ne suis pas sûre », c’est une potiche.

Ce qui est encore plus gênant dans ce livre, c’est « la magie de Noël » qui nous est vraiment servie à toutes les sauces. Il y a même la réincarnation de Jésus qui vient aider nos tourtereaux à se trouver. Un certain Jabez Canter (vous voyez les initiales: JC). On comprend tout de suite que Jabez, en plus de partager ses initiales avec un mec célèbre depuis plus de 2.000 ans, est le fantôme du gamin décédé dans l’incendie de la précédente bibliothèque, il y a 100 ans de cela. Tout de suite. Aucun mystère, que dalle, rien.

Le pire, c’est que je n’ai toujours pas compris quel était son rôle, exactement. Il est là, il aide un peu à droite à gauche, il facilite la vie… mais on nous dit qu’il est là pour aider Maureen et Eddie à tomber amoureux… ben j’ai loupé le truc alors.

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Le point positif du livre: le dilemme du financement des bibliothèques aux USA, du soutien à l’art en général. Quand il faut couper dans le budget, ce sont toutes ces institutions qui en pâtissent en premier lieu. A quoi ça sert, un cours de musique ou d’art plastique? la philo? La lecture? Ca ne sert à rien de « concret ». Donc c’est par là que commencent les coupes budgétaires.

Maureen donne notamment des cours d’alphabétisation aux adultes qui ne savent pas lire et écrire. Elle lit des histoires aux enfants. Sa bibliothèque est un lieu de convergence pour petits et grands. Bref, la disparition de la bibliothèque, financée par un riche industriel local, serait une catastrophe culturelle pour la petite ville d’Avalon.

Au niveau du style, c’est agréable à lire. C’est bien construit aussi, même si cousu de fil blanc. Je n’ai pas laissé mon livre avant de l’avoir fini, car, sachant que ces deux là allaient finir ensemble, je voulais absolument savoir comment tout cela finirait! Pas de grosse surprise, mais une lecture de Noël agréable et de circonstance. Vite lu, vite apprécié pour ce qu’il est, et vite oublié. Je l’ai d’ailleurs libéré dans ma boite à livre de quartier, autant que d’autres en profitent.

Les critiques que j’ai lues, de personnes qui connaissent l’auteure, sont toutes un peu déçues par ce livre, qui est un peu trop facile et manichéen. Stéréotypé. J’ai beaucoup aimé Maureen et Eddie, mais leurs « problèmes » m’ont semblé surfaits. Il fallait une excuse pour que Maureen soit allergique à l’amour et une grenouille de bénitier, et une autre pour qu’Eddie soit blessé par Noël. je ne suis pas certaine que les excuses trouvées par l’auteure soient les meilleures, mais ça fonctionne plus ou moins, même si c’est un peu gros.

Bon, il est facile de critiquer, je ne sais pas si j’aurais fait mieux!!! Donc je rends tout de même hommage à Susan Wiggs et à son travail, qui m’ont fait passer un agréable moment alors que j’étais malade et ma choupette aussi.

Un autre bémol: j’ai lu ce livre en anglais, et il y a quelques phrases de français de ci, de là. Très, très mauvaise traduction!!! Complètement littérale, c’est du franglais de haut niveau. Dommage. Quand on veut crâner avec son français (ou toute autre langue étrangère), on fait vérifier par une copine qui sait de quoi elle parle!

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Lire ce livre: Vous pouvez lire ce livre en ligne en français en cliquant ici, et en anglais en cliquant ici. Sinon vous pouvez vous procurer la version papier sur Amazon en français ou en anglais.


susan-wiggs-photo2-by-susan-doupeL’auteure: Susan Wiggs est née le 17 mai 1958 à Olean, dans l’Etat de New York, aux Etats-Unis. Elle commence à écrire dès son plu jeune âge, finissant son premier livre, intitulé Un Livre Sur Les Enfants Pas Sages, à l’âge de huit ans.

Susan Wiggs devient professeur de mathématiques après des études à Harvard, mais continue de beaucoup lire, surtout des romances. Elle reprit la plume en 1983, et son premier roman fut publié en 1987. Elle abandonne son poste de professeur de mathématiques en 1992 pour se consacrer à l’écriture, avec une moyenne de deux livres par an.

Susan Wiggs écrit des romances contemporaines et historiques. Ses livres sont traduits dans de nombreuses langues, dont le français, l’italien, l’allemand ou le japonais. Ils sont fréquemment en lice pour le Prix RITA, l’ultime consécration pour la romance.

Susan Wiggs réside dans l’Etat de Washington avec sa fille et son mari.


Produits dérivés: Un Jour De Neige est le sixième roman de la série The Lakeshore Chronicles, qui compte 11 volumes à ce jour.


L’histoire: Un Jour De Neige (A Lakeshore Christmas) retrace l’histoire de Maureen, la bibliothécaire d’Avalon, et d’Eddie Haven, l’un des meilleurs amis de Noah Shepperd, le beau-père de Daisy Bellamy. Maureen adore son job, mais un déficit budgétaire important menace de fermer la bibliothèque. Maureen est aussi obsédée par Noël, qui occupe une grande place dans sa vie. A chaque fois qu’elle a eu un problème, Noël l’a « sauvée ».

Cette année, c’est elle qui dirige le spectacle de Noël de l’Eglise d’Avalon, avec Eddie Haven, un ancien enfant-star qui, suite à une condamnation, doit effectuer des travaux d’intérêt public. Ici, donc, l’organisation du spectacle de Noël…

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Maureen est une fille plutôt coincée, et Eddie est trop cool. Le yin et le yang. Les opposés s’attirent, et ces deux là n’y échappent pas. Mais Maureen a été blessée dans le passé par un homme qui a abusé de sa confiance, un homme qu’elle a aimé de tout son coeur, et qui était marié. Donc Maureen est fermée comme une huître et ne compte pas s’ouvrir au bel Eddie, qui lui fait du gringe.

D’ailleurs Maureen est tellement hermétique aux avances d’Eddie que celui-ci doit presque la forcer pour qu’ils se voient en dehors de l’organisation de ce fameux spectacle de Noël… Lorsque Maureen cède à ses avances, c’est le Nirvana.

Eddie confie à Maureen qu’il se trouve mieux loin de ses parents. Cette dernière essaie de faire en sorte que la famille se réconcilie, ce qui énnerve Eddie. Finalement, il démêle le passé avec ses parents, se réconcilie avec eux, et comprend que les intentions de Maureen étaient bonnes.

Eddie et Maureen se réconcilient, et un an après, il la demande en mariage.

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De l’ogranisation de ma vie réelle et virtuelle – ou comment tenir un blog peut retourner de l’exploit.

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Chers lecteurs de ma petite bibliothèque virtuelle,

Un tout grand merci de me suivre et de partager mes lectures! Le blog tourne à nouveau au ralenti depuis quelques temps. Ce n’est pas faute d’avoir lu des tonnes de livres, juste mon organisation et mon temps qui me font défaut.

D’ailleurs les lauréates du dernier concours, qui date de quelques mois, attendent toujorus leurs lots, je m’en excuse! Ils arriveront, c’est promis juré! Il faut juste que j’arrive à caser ce fameux trip à la poste entre mon taf, ma fille et ma vie en général.

Bref, je ne suis pas du tout au top en tant que blogueuse, ce dont je m’excuse. la vie est ainsi faite…

Je vais m’organiser un peu mieux car, comme ils disent dans la cour de récré, « ça craint du boudin ».

Mais je continue à vous lire tous, à aimer vos articles, à réagir… c’est juste que la création de contenu est un peu au dessus de mes forces ces derniers temps.

Bises à tous et continuez de me faire voyager, que ce soit par les mots ou les images… ou toute autre forme d’expression!

Sev

 

Tshirts for book lovers – Tshirts pour les rats de bibliothèque

Publié le

boo-roCe n’est pas mon style de pousser à la consommation. Mais je ne peux m’empêcher de partager avec vous ces Tshirts pour NOUS, les rats de bibliothèques, avec quelques jeux de mots assez truculents (en anglais par contre).

https://www.sunfrog.com/BeeMinsk/books

Voyez plutôt:

  • J’ai juste envie de lire des livres, de sauver des animaux et de faire des siestes
  • Si vous pouvez lire ceci, c’est que j’ai été forcé de laisser tomber mes livres pour réintégrer la société
  • Météo du weekend: lire avec de fortes chances de boire du vin
  • Un dernier chapitre
  • My weekend is all booked (jeu de mot: le nom « book » signifie « livre », alors que le verbe « to book » signifie « réservé ». Donc: « mon weekend est complètement réservé », sous entendu « je vais lire tout le weekend et ne viens pas me déranger »).

 


Not my style to advertise products or to encourage spending your money on gadgets, but I cannot help but share these Tshirts that are made FOR US! The bookworms 🙂 Some even have quite good puns, to top it up!

https://www.sunfrog.com/BeeMinsk/books

My favourites:

  • I just want to read books, save animals and take naps
  • If you can read this shirt, I was forced to put my book down and re-enter society
  • Weekend forecast: reading with a chance of drinking
  • My weekend is all booked

Pear-Shaped (En Forme De Poire)

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pear-shaped-ukPear-Shaped est un roman que j’ai récupéré chez une dame anglaise qui vidait sa bibliothèque, et qui avait une sélection de chick lit incroyable.

Je venais à l’origine pour récupérer ses Marian Keyes, mais je me suis laissée tenter par d’autres auteurs que je ne connaissais pas, histoire d’élargir un peu mon horizon littéraire.

J’ai lu Pear-Shaped en une nuit: commencé à 19h30 en endormant ma fille, fini à 2 du matin. J’ai été enchantée de ma lecture!


Résumé et avis en bref: Sophie Klein, 33 ans, est londonienne, célibataire et invente des desserts pour une chaîne de supermarché. Le job de rêve! Sophie rencontre James, 45 ans, célibataire, un peu bedonnant, charmeur et charmant. Tous les deux aiment la bonne bouffe.

pear-shaped-womanSauf que Sophie ne sait jamais quand James va l’appeler. Sauf qu’il a un ex qui est mannequin de jambes, et qu’elle, Sophie, a des formes. Sauf que des fois, il lui sort des petites piques carrément méchantes, qu’elle prend à la rigolade. Sauf que James dit à Sophie, après quelques mois de relation, qu’il n’arrive pas à passer outre le fait qu’elle n’ait pas la taille mannequin.

C’est l’histoire d’une jeune femme qui aime la vie et la bonne bouffe. Elle rencontre un menteur manipulateur et en tombe amoureuse. Lorsqu’elle se rend compte, un peu tard, de ce qu’il est vraiment, elle coupe les ponts pour se préserver, mais le mal est fait: Sophie devient obsédée par son poids, loupe des journées de travail, et doit même prendre des anti-dépresseurs pour survivre.

Finalement, Sophie parvient à se reconstruire en quittant un job qu’elle n’aime plus, en adoptant un mode de vie sain (exercice et nourriture saine), et surtout en s’appuyant sur ses amis, qui n’hésitent jamais à lui dire la vérité toute nue.

J’ai beaucoup aimé ce livre car il traite d’un sujet pas facile: les dégâts que peut faire un manipulateur immature et égocentrique chez son partenaire, et comment s’en sortir. Sophie Klein a ses propres réponses.

L’écriture est enlevée et joyeuse, beaucoup de dialogues qui m’ont bien fait rire, des répliques du tac au tac en veux-tu, en voilà! On sent l’amour de l’auteur pour la bonne cuisine et plus spécialement le rayon pâtisserie. D’ailleurs, la fin du roman reprend les recettes de tous les gâteaux évoqués dans le livre.

Ce livre est un mix de Bridget Jones et de Reciepes For A Perfect Marriage!

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Illustrations:

En anglais: je trouve que l’illustration de mon édition, qui montre une jeune femme de profil portant une coupe sur un plateau, prête à confusion. Le roman parle d’une jeune femme qui a des formes, or la jeune femme de l’illustration est toute filiforme. On a aussi l’impression qu’elle est serveuse, alors qu’en fait elle cuisine beaucoup (la coupe contient un dessert, mais si on ne le sait pas, on peut rapidement passer dessus pour se dire que c’est une glace ou un cocktail).

Bref, l’illustration de la couverture ne correspond pas vraiment au contenu du livre, et répond aux exigences marketing de la chick lit, avec sa police d’écriture « à la main » et une dominante de rose, plutôt qu’au contenu du texte.

L’édition américaine montre un cookie au chocolat percé d’un coeur, à moitié dévoré. La police est plus neutre et le rose moins dominant. Ca me plait plus, les dimensions « amour et dessert » sont bien représentées. C’est simple et sans chichi.

Enfin,  l’illustratrice britannique Samantha Mabley s’est amusée à réimaginer la couverture de ce livre, en l’illustrant avec un dessert fait à base de poire, ce qui, à mon avis, est encore mieux!

Chaque couverture reprend la même présentation succincte: « un roman qui parle d’amour, de coeur brisé et de dessert ». Là encore, je ne suis pas d’accord, et j’aurais ajouté un truc du style « et de comment se reconstruire après être passée entre les mains d’un manipulateur égocentrique », car c’est bien de ce thème que traite le roman avant tout. Le reste, c’est du contexte!

Editions étrangères: cet excellent livre n’a été traduit qu’en italien et en allemand (encore une fois, devrais-je me porter volontaire pour la traduction française?)

En italien, le titre est traduit par « L’amour à ma sauce », avec une jeune femme qui zieute des gourmandises. Je trouve que l’on perd la dimension « héroïne avec des formes » dans ce titre.

En allemand, le titre signifie « particules sucrées » d’après Google Translate. On reste donc sur l’aspect « pâtisserie » mais on zappe complètement le reste. J’aime bien la photo, avec une jeune femme en cuisine, mais encore une fois: 1. elle est filiforme; 2. c’est quoi cet oeuf devant son oeil?


pear-body-shapeMon avis:

Erreur de marketing: Pour moi ce livre n’est pas marketé comme il faut, car le quatrième de couverture dit: « une fille rencontre un mec. La fille perd le mec. La fille perd la tête ». Mais pourquoi perd-elle la tête? Parce que ce mec était un menteur et un manipulateur!

Elle ne « perd » pas son mec, elle rompt avec lui parce que c’est un goujat manipulateur pour qui les apparences comptent plus que les sentiments.

Bien sur son coeur est brisé, bien sur elle passe par une période pas facile… Mais selon moi, ce qui est important, c’est qu’elle se remet d’une relation avec un manipulateur, et le coeur brisé est une conséquence de cela.

Le style d’écriture: un style très plaisant avec de nombreux dialogues, qui donnent du rythme au livre. Les personnages ont de la répartie, c’est très sympa à lire. Beaucoup d’humour très british aussi, j’ai beaucoup ri. Rien de transcendent niveau recherche stylistique (ce n’est pas écrit en quatrains et ce n’est pas du Barjavel), mais rien à reprocher non plus.

J’ai beaucoup aimé la division du livre en trois parties, intitulées d’après certains desserts, qui correspondent aux différentes étapes de la relation:   pour la rencontre et la période « lune de miel », crumble pour la rupture, et   pour l’étape de reprise en main de sa vie.

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Les personnages: (Bridget Jones + Jamie Oliver) vs (le menteur manipulateur)

Sophie Klein est une jeune femme de 33 ans, célibataire, qui a des formes. plus spécifiquement, des formes « de poire » 🙂 Mais elle est bien dans ses baskets et profite de la vie à fond. En plus elle a un super job: elle conçoit des desserts pour une chaîne de super marchés!

Sophie est joviale, sarcastique, enjouée, et croque la vie à pleines dents, jusqu’à ce que James ne la réduise en miettes…

Le menteur-manipulateur: James est célibataire à 45 ans. James a construit un empire tout seul, James n’a pas de cuisine dans sa résidence luxueuse car il mange tous les jours à l’extérieur, et James conduit une Maserati tape à l’oeil. James aime aussi exhiber ses bijoux de famille quand ça lui chante, et prend tout pour acquis.

James est en fait un enfant gâté qui pense que tout lui est dû, et surtout les jeunes mannequins aux longues jambes… bien que lui ait un gros pif et soit bedonnant. Pour pouvoir quand même profiter de la vie comme il l’entend, rien de tel qu’un gros mensonge éhonté pour que les choses coulent comme il l’entend. sauf que Sophie ne l’entend pas de cette oreille – et sa santé physique non plus.

La relation abusive et destructrice: James fait poireauter Sophie,ne l’appelant que lorsqu’il est lui-même disponible, et exigeant qu’elle se libère pour lui. Sophie est éblouie par cet homme au bagou étonnant, et tombe raide dingue de lui. Par contre elle n’est pas dupe, et se rend vite compte que quelque chose cloche: mais son coeur et sa tête vont dans des directions contraires, et elle ignore les signes avant-coureurs.

donald-trumpJames se conduit comme un gosse capricieux. En y pensant, il me fait penser à Donald Trump, d’ailleurs! Un vrai gosse de 4 ans, qui joue avec son zizi (je ne sais pas pour Donald, mais vu le nombre de gosses qu’il a, à mon avis je suis dans le vrai).

James dégaine dans les endroits les plus saugrenus pour un petit quickie avec Sophie, par exemple dans une exposition (oui, oui!), ou alors il court tout nu dans le jardin ou se frotte contre la baie vitrée… Bref, un gamin!

Les amis de James mettent aussi la puce à l’oreille de Sophie: Ce sont tous des hommes qui ont passé la quarantaine, et qui se conduisent comme des goujats. Sophie n’approuve pas trop.

James appelle Sophie rarement, la faisant se ronger les sangs entre deux appels, se demandant si elle a rêvé cette relation ou pas… et lorsqu’il appelle, il faut que Sophie soit libre pour lui. Lorsque Sophie explique ce mode de fonctionnement à son ami Paul, celui-ci lui dit d’emblée qu’il y a anguille sous roche, très certainement une épouse. Mais Sophie sait de source sûre que James n’est pas marié. Alors, qu’est-ce?

Le fait que James ait énormément d’argent gène Sophie. Elle a l’impression que cela se dresse entre eux. Et en effet, James, avec sa voiture-joujou-de-luxe, se conduit comme si tout lui était dû. Comme si son argent pouvait tout acheter. Il emprunte la voie du bus? C’est pas grave. Son argent le met au dessus de la loi.

Son argent lui achète aussi des relations superficielles avec des jeunes femmes de 25 ans mannequins. James est obsédé par le physique des femmes, il n’arrive pas à passer outre. Lorsque James et Sophie se rendent chez un couple d’amis de cette dernière. L’épouse, après deux grossesses, est en dépression. La seule chose que James trouve à dire sur les amis de Sophie, est que la femme « se laisse aller », qu’elle devrait « faire des efforts pour son mari et aller à la salle de sport ». Sophie le rembarre gentillement en lui disant qu’il est un gros lourdingue macho… mais James n’en pense pas moins ce qu’il a dit.

Autre exemple: lorsque James et Sophie parlent d’avoir des enfants, James appuie bien sur le fait que leurs enfants seront beaux. Sophie, sèchement, lui rappelle que la santé et l’intelligence sont bien plus importants. Et James de renchérir: « oui mais s’ils sont beaux, ce sera quand même mieux, non? ».

James ne peut donc pas passer au dessus de son attraction pour le beau, bien qu’il soit lui-même bedonnant. Après quelques mois de relation, il explique donc à Sophie qu’il a un problème: il l’aime beaucoup, mais elle n’est pas son « type ». Entendre: elle n’a pas des jambes interminables et le ventre ultra-plat. Sophie tombe des nues, mais donne une seconde chance à James.

Ce dernier va jusqu’à demander Sophie en mariage, alors qu’il est évident qu’il couche avec la mannequin (à très longues jambes) qui promeut sa marque de chaussettes et de bas. Sophie ne veut pas y croire, jusqu’au jour où, voulant faire une surprise à James, elle se rend chez lui alors qu’il n’y est pas… et trouve ladite mannequin installée chez son mec, en petite tenue.

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La phase sombre: Une fois que Sophie a rompu avec ce mec toxique, elle sombre. Elle manque le travail, elle s’empiffre de gâteaux, perd la notion du temps… elle sombre tellement qu’elle va demander des anti-dépresseurs à son médecin.

Elle essaie d’aller à un rendez-vous galant pour se changer les idées, mais c’est un tel désastre que le gars invente une excuse et la plante là, complètement bourrée.

Pour rebondir, il faut toucher le fond… et Sophie n’y échappe pas.

La renaissance: Lorsque Sophie décide que c’en est finalement assez, elle se reprend en main, de manière assez extrême: elle participe à un Boot Camp en Italie. Elle change de job, car son boulot ne la satisfait plus. Et elle commence à sortir avec Will, un mec sain et sympa, qui a toujours eu le béguin pour elle – mais elle faisait semblant de ne pas le voir.

Bref, Sophie se prend en main et est maîtresse de sa propre destinée. Un jour, elle aperçoit James qui sirote une bière avec un pote. Il n’a pas changé, et Sophie le voit tel qu’il est, pour la première fois. La boucle est bouclée, Sophie est définitivement libérée du fantôme de James.

C’est bien pour cela que je trouve que ce livre n’est pas marketé correctement: c’est plutôt une histoire de survivante d’une relation abusive – mais je suppose que c’est moins vendeur que « amour, coeur brisé et bouffe ». Et pour être honnête, le livre parle aussi de ces sujets là!

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Le double standard: James adore la bonne bouffe, Sophie aussi. James adore boire du bon vin, Sophie aussi. James a une petite bedaine, Sophie a de belles courbes. James a 45 ans, Sophie 33, ils sont tous les deux célibataires. James, en tant qu’homme, a le droit d’être tout cela. Cependant, il n’admet pas que Sophie puisse avoir les mêmes défauts que lui…

Ca me rappelle un peu ce pote de 35 ans, célibataire, qui cherche une femme à épouser. Il rencontre LA nana. Elle a 28 ans. Elle a un ex avec lequel elle est restée longtemps. Elle a une histoire. Et Monsieur est jaloux… Ben oui, mais à 35 piges, on ne va pas lui servir une vierge sur un plateau d’argent! Et lui aussi, traîne ses propres casseroles… Bref, le double standard homme-femme a, malheureusement, encore de beaux jours devant lui (et ne me lancez pas sur ce qui se passe en ce moment dans les sociétés occidentales sur le droit des femmes, sinon je vais commettre un meurtre!).


stella-newmanL’auteure: Stella Newman est britanique. Elle a étudié l’anglais à l’Uuniversité du Sussex, a travaillé dans la pub pour la BBC, puis s’est reconvertie en critique culinaire.

Elle se consacre désormais à 100% à l’écriture et vit à Londres. Stella est aussi sur WordPress, où elle bloggue sur les restaurants, la nourriture et l’écriture.


Produits dérivés:  A Pear Shaped Christmas, nouvelle dans laquelle on retrouve Devron, l’horrible supérieur de Sophie à Fletcher.


empire-waist-wrapL’histoire: Sophie Klein a un job de rêve: elle conçoit de nouvelles lignes de dessert pour un grand supermarché britannique. A 33 ans, elle est fraîchement célibataire, aime la vie et bien manger.

Elle rencontre James, 45 ans, dans un bar, et c’est le coup de foudre. James n’est pas « beau » dans le sens traditionnel du terme, mais pour Sophie il a un charme fou, et beaucoup de bagout. James « vend des chaussettes » et voyage beaucoup à l’étranger.

Sophie est conquise, mais James la tient sur la sellette: il promet de l’appeler, mais le fait à la dernière minute. Sophie se dit qu’elle est tombée sur un phobique de l’engagement. James ravit Sophie à chaque fois qu’ils se rencontrent, mais James n’invite pas Sophie dans sa vie: ils ne se rencontrent pas souvent, ne communiquent pas souvent, mais quand ils sont ensemble, c’est juste trop bien.

Sophie a récemment changé de supérieur: avant c’était Maggie, une femme qui dédiait sa vie à la conception des desserts. Maggie est partie ouvrir son entreprise, et c’est Devron qui la remplace. Sauf que Devron ne se préoccupe que de réduire les coûts et augmenter les marges. Devron est un con prétentieux qui n’y connaît rien mais qui fait comme si. Sophie n’aime pas Devron.

Sophie travaille avec une usine, où son contact, Will, l’aide à développer ses nouvelles conceptions pâtissières. Will est sympa et Sophie s’entend bien avec lui. Will kiffe bien Sophie, mais elle est complètement aveugle et le trouve juste « sympa ».

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James continue de se pointer un peu à l’improviste dans la vie de Sophie. Il l’éblouit, il l’emmène faire des choses incroyables, mais ne la présente pas à ses amis… et Sophie pas aux siens. Leur histoire est une parenthèse enchantée.

Lorsque Sophie part à NYC pour le travail, elle loge chez un ami, et James se montre extrêmement jaloux. Paul, l’ami new-yorkais, flaire l’anguille sous roche lorsque Sophie lui raconte son histoire avec James.

skinny-pants-for-plus-size-pear-curve-1Après un dîner en amoureux, James confesse à Sophie que quelque chose le tracasse: elle n’est pas « son genre », et des fois, il n’a « pas envie d’elle ». En gros, il lui dit qu’il l’aime beaucoup mais qu’elle est trop grosse. Sophie se prend une claque magistrale et rompt avec James.

Mais James fait tout pour la reconquérir, et il y arrive. Sophie lui donne donc une seconde chance… James et Sophie tombent dans une petite routine de couple: elle dort le plus souvent chez lui, et il la demande en mariage. Pour sceller tout cela, il demande à Sophie de l’aider à concevoir sa cuisine (qui consistait jusqu’à présent en un micro-ondes et un mini-frigo aux étagères brisées). Sophie habite à moitié chez James, à moitié chez elle.

Les amoureux parent dans le sud de la France, dans une villa prêtée par des amis richissimes de James. Il y a notamment une piscine vitrée, on peut donc voir les nageurs. James déclare qu’il va se balader tout nu pendant tout le séjour, et demande à Sophie de faire de même, mais cette dernière préfère garder son bikini.

James et Sophie boivent beaucoup de vin, James nage tout nu dans la piscine et se frotte contre la paroi vitrée… Lorsqu’ils arrivent à court de victuailles, ils sortent sous le soleil du midi, et James, tout invincible qu’il se croit, accuse le poids de son âge, de son style de vie, et de l’insolation qu’il se paye. Sophie prend soin de lui.

publicite-dimJames lance une nouvelle gamme de collants, et Sophie est invitée au lancement. James est nerveux, et Sophie remarque qu’il la présente comme étant sa fiancée, mais un peu à contre coeur. Un peu comme s’il avait honte.

Par contre, quand il s’agit de présenter la mannequin aux longues jambes qui lui sert d’égérie, il est tout sourire. D’ailleurs il disparaît un peu trop longtemps, et la mannequin aussi. D’ailleurs Sophie a un horrible pressentiment, se sent mal, et rentre chez elle en pleurant. Mais Sophie n’a pas de preuve.

La cuisine de James avance bien. Sophie a tout conçu, mais lorsque James passe au magasin pour voir ce qu’elle a choisi, il flash sur un réfrigérateur aux proportions gigantesques, avec plein de gadgets, et qui coûte hyper cher. James veut le frigo, comme un gosse de trois ans voudrait un jouet. James achète le frigo. Son argent le met au dessus de tout, même de Sophie, qu’il est censé épouser, et qui a conçu la cuisine parfaite pour sa maison.

James part en mission pour le travail et Sophie se dit qu’elle irait bien faire les courses pour lui, pour qu’il trouve son frigo plein à son retour. Lorsqu’elle fait part de son projet à James, celui-ci lui dit qu’il n’a pas besoin qu’elle fasse cela, qu’il peut se débrouiller. Mais Sophie le fait quand même. Et, surprise! qui trouve-t-elle en petite tenue, chez James? Chez son fiancé? La mannequin russe aux longues jambes.

gateau-chocSophie comprend tout et s’en va chez sa meilleure amie, qui la met au lit. Sophie est au 36è en dessous. Elle manque des jours de travail, en mode zombie. Elle s’enferme des jours durant avec une centaine de gâteaux différents, et s’en empiffre en fumant des joints, sous couverts de faire de la cherche pour développer un nouveau produit. Elle grossit à nouveau.

Elle essaie d’aller à un rendez-vous avec un homme qui a montré de l’intérêt à plusieurs reprises. Elle a d’ailleurs une liste d’excuses si ça se passe mal, pour s’échapper. Sophie boit trop, parle de James, et l’homme avec lequel elle devait passer la soirée lui sort une à une toutes les excuses possibles et imaginables pour s’éclipser. Une catastrophe. Sophie n’est pas prête du tout. D’ailleurs elle demande à son médecin des anti-dépresseurs, car elle se sent au bout du rouleau. Au bout de tout.

Devron, son boss complètement imbu de lui-même, la convoque, car son attitude au travail est inacceptable. Sophie lui rit au nez et lui dit qu’elle se casse. Voilà, elle a démissionné… Mais que faire maintenant?

Libérée d’un homme horrible et d’un job qu’elle n’aimait plus, Sophie repart à zéro. Premier pas: une remise en forme physique. Sophie s’inscrit à un bootcamp en Italie. Sous le soleil, avec cinq autres femmes, elle va faire des pompes et être rationnée comme jamais. Lorsqu’elle revient, elle prend contact avec son ancienne patronne, et devient associée.

On laisse Sophie à nouveau bien dans ses baskets, un job et un corps dans lequel elle se sent bien, et un nouveau mec: Will, de l’usine de gâteaux. Ben oui, finalement Sophie a ouvert les yeux, et a trouvé une crème qui attendait juste d’être dégustée!

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Annonce: Les Editions Du Monde Premier recherchent collaborateur(s)

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Avis aux auteurs en herbe!

Rose, Blanche, Le Tanuki (pour les contes fantastiques), et tous les autres, ça pourrait bien vous botter!

Avis aussi aux illustrateurs, Mars je regarde de ton côté!

Les Editions du Monde Premier sont une maison d’édition associative qui aide les auteurs de fantastique et de policier à éditer leurs oeuvres.

Ils sont à la recherche de:

  • jeunes talents
  • correcteurs et relecteurs
  • illustrateurs
  • experts en marketing

Vous pouvez en apprendre plus ici!

 

Warwick Castle, Marine Noirfalise (2016)

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warwick-couvertureMarine tient le blog littéraire A Touch of Blue Marine, que je suis depuis pas mal de temps maintenant. Lorsqu’elle a écrit son premier roman il y a quelques mois, j’ai été très heureuse pour elle.

Elle a proposé aux blogeurs de leur faire lire son oeuvre gratuitement, ce que j’ai fait avec grand plaisir. Marine a écrit son livre en le plaçant dans l’univers de la célèbre série Downtown Abbey.


L’histoire: Trois soeur: Sofia, Adeline, et Lily. Un frère adoptif, Daniel. Des parents hauts en couleur: James, lord anglais, et Giulietta, fille de la noblesse italienne.

Sofia perd son fiancé lors de la Grande Guerre. D’abord en deuil, sa colère lui fait monter un projet pour la paix: elle organise des manifestations pacifistes à Londres.

Adeline, partie en Italie avec sa mère, revient avec un lourd secret: elle est enceinte d’un beau cordonnier.

Lily, quant à elle, amoureuse depuis toujours de son frère adoptif, tombe des nues lorsqu’elle le surprend à bécotter Rebecca, une domestique italienne. Sous le choc, Lily s’enfuit.

Lorsque la famille s’aperçoit de sa disparition, James retourne ciel et terre pour retrouver sa fille, en vain. Il croisera une ancienne conquête et sera tenté par cette femme sulfureuse.

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Warwick caslte, une deumeure familiale chaleureuse et modeste 😉


Mon avis: C’est un roman qui m’a beaucoup rappelé Jane Austeen. Je n’ai jamais regardé Downtown Abbey, donc je ne peux pas juger, mais apparemment il y a aussi beaucoup de points communs avec la série.

A travers ses personnages, Marine Noirfalise explore différents destins dans cette société anglaise de la fin de la première guerre mondiale. De ce fait, cela m’a aussi rappelé Ken Follet, qui utilise à bon escient ses personnages pour explorer telle ou telle facette de la société sur laquelle il écrit.

Sofia est une fille droite dans ses bottes, avec des principes. Un seul grand amour, Henry, tombé au front. Même tentée par le délicieux Jefferson, le souvenir d’Henry reste plus fort que tout.

Après son deuil, elle forme le projet un peu fou de monter une association qui promeut la paix. Avec Margaret, une autre femme dont le mari est parti se battre, elle crée son association et organise une marche blanche dans les rues de Londres. Malheureusement, un bombardement met fin à tout cela.

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Démonstration pour la paix aux USA

Lily, la plus jeune des filles Foxbury, a 19 ans. Vue comme le bébé de la famille, elle s’entend à merveille avec Daniel, son frère adoptif. Elle en est même un chouïa amoureuse, et elle tombe donc des nues lorsqu’elle surprend son bien aimé avec Rébecca, une domestique italienne.

Sous le choc, Lily s’enfuit. On apprendra par la suite que Lily a été recueillie par un vieux fermier dont le fils est parti, lui aussi, au front, et qui avait besoin d’aide à la ferme. Lily y resta trois mois, à traire les vaches, traiter les arbres et nourrir les poules. C’est une jeune femme qui revient chez elle le jour de Noël, plus une gamine. L’expérience l’a fait grandir.

1917-fashionAdeline, quant à elle, est la plus fantasque. Capricieuse, elle aime être le centre de l’attention. Elle a passé l’été en Italie chez son grand-père, et en revient enceinte… Lorsque la domestique italienne, Rebecca, découvre son secret, une relation intime se tisse entre les deux femmes: en effet, Adeline porte l’enfant du frère de Rebecca! Small world… Rebecca et Adeline feront le voyage en Italie pour l’accouchement.

Il s’agit d’un premier roman, et cela se sent. Le récit de Marine est sympathique, cependant il y a quelques invraisemblances qui m’ont fait tiqué: le gentil fermier, par exemple.

J’ai été surprise que Lily n’ait pas du se prostituer ou devenir pirate! En revenant, elle s’intéresse aux affaires de son père, notamment l’aéronautique. Je pense qu’un développement dans ce sens aurait peut-être été plus judicieux que cette escapade à la ferme. Je vois bien Lily devenir la première femme ingénieur, par exemple.

Le fait qu’Adeline soit tombée amoureuse du frère de sa domestique, c’est un peu facile aussi, je trouve.

J’ai aussi trouvé dommage que l’on ne développe pas plus certains personnages: Daniel et les domestiques. La cuisinière aurait pu avoir plus de « place », et certains domestiques ne sont que nommés, et pas du tout développés. Je pense par exemple à Helen Kane, dont j’ai eu du mal à comprendre la fonction.

La fin est un peu abrupte et pour le moins surprenante. Pour moi elle a été décevante, car j’aimais beaucoup Jefferson et j’avais vraiment l’espoir que Sofia tombe amoureuse de lui.

Les quiproquos amoureux sont bien menés et donnent lieu à des scènes de dispute mémorables.

Il y a quelques clins d’oeil que j’ai apprécié, notamment le nom de l’association pour la paix de Sofia, qui s’appelle le PAL. Chers dévoreurs de livres qui s’entassent, cela ne vous rappelle rien? 😉

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Enfin, il y a beaucoup d’erreurs de syntaxe, de conjugaison, de style, et de nombreuses coquilles. Marine Noirfalise m’a d’ailleurs expliqué que depuis, elle avait fait relire et corriger son manuscrit, ce que je trouve très bien. En effet, son histoire est sympathique, drôle et émouvante, et des erreurs de forme lui portent vraiment préjudice!

Pour le fond, on sent que c’est un premier roman, mais l’imagination est au rendez-vous et il y a même un peu de suspense par ci, par là.

Ce sont donc des débuts hésitants mais prometteurs, et je souhaite bonne chance à Marine Noirfalise pour son prochain roman, qu’elle est en train de nous concocter.


marineL’auteure: Marine Noirfalise a 25 ans, elle est belge, et tient le blog littéraire A Touch Of Blue Marine. Diplômée en édition de l’Université de Louvain, elle dévore des livres depuis toujours.

Vous pouvez en apprendre plus sur Marine en cliquant ici.


Comment se procurer Warwick Castle: Cliquez ici!

Si vous êtes intéressé par un partenariat, vous pouvez écrire à Marine: atouchofbluemarine@gmail.com


 

Découverte: les contes japonais du Tanuki

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Le Tanuki, pour ceux qui ne le sauraient pas, est un animal merveilleux japonais, qui se rapproche du raton-laveur. Dit comme ça, ce n’est pas très flatteur, mais au Japon, le Tanuki est révéré et tout le monde sait qu’il a de grands pouvoirs… tout comme les renards.

Le Tanuki, c’est aussi le pseudo d’une blogeuse littéraire, derrière lequel se cache Juliette. Passionnée par le Japon, Le Tanuki nous propose chaque lundi un court conte de sa plume, dans la tradition japonaise. Le merveilleux y tient une place de choix, les animaux y possèdent des pouvoirs magiques, et le papier prend vie.

Vous pouvez trouver une liste de ces contes ici. Régalez-vous!

Le Tanuki nous propose aussi des critiques littéraires, et tient une boutique très sympa sur Etsy – si vous voulez décorer votre ordi, acheter une écharpe japonaise ou des cartes sympa, cette boutique est faite pour vous.