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Warwick Castle, Marine Noirfalise (2016)

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warwick-couvertureMarine tient le blog littéraire A Touch of Blue Marine, que je suis depuis pas mal de temps maintenant. Lorsqu’elle a écrit son premier roman il y a quelques mois, j’ai été très heureuse pour elle.

Elle a proposé aux blogeurs de leur faire lire son oeuvre gratuitement, ce que j’ai fait avec grand plaisir. Marine a écrit son livre en le plaçant dans l’univers de la célèbre série Downtown Abbey.


L’histoire: Trois soeur: Sofia, Adeline, et Lily. Un frère adoptif, Daniel. Des parents hauts en couleur: James, lord anglais, et Giulietta, fille de la noblesse italienne.

Sofia perd son fiancé lors de la Grande Guerre. D’abord en deuil, sa colère lui fait monter un projet pour la paix: elle organise des manifestations pacifistes à Londres.

Adeline, partie en Italie avec sa mère, revient avec un lourd secret: elle est enceinte d’un beau cordonnier.

Lily, quant à elle, amoureuse depuis toujours de son frère adoptif, tombe des nues lorsqu’elle le surprend à bécotter Rebecca, une domestique italienne. Sous le choc, Lily s’enfuit.

Lorsque la famille s’aperçoit de sa disparition, James retourne ciel et terre pour retrouver sa fille, en vain. Il croisera une ancienne conquête et sera tenté par cette femme sulfureuse.

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Warwick caslte, une deumeure familiale chaleureuse et modeste 😉


Mon avis: C’est un roman qui m’a beaucoup rappelé Jane Austeen. Je n’ai jamais regardé Downtown Abbey, donc je ne peux pas juger, mais apparemment il y a aussi beaucoup de points communs avec la série.

A travers ses personnages, Marine Noirfalise explore différents destins dans cette société anglaise de la fin de la première guerre mondiale. De ce fait, cela m’a aussi rappelé Ken Follet, qui utilise à bon escient ses personnages pour explorer telle ou telle facette de la société sur laquelle il écrit.

Sofia est une fille droite dans ses bottes, avec des principes. Un seul grand amour, Henry, tombé au front. Même tentée par le délicieux Jefferson, le souvenir d’Henry reste plus fort que tout.

Après son deuil, elle forme le projet un peu fou de monter une association qui promeut la paix. Avec Margaret, une autre femme dont le mari est parti se battre, elle crée son association et organise une marche blanche dans les rues de Londres. Malheureusement, un bombardement met fin à tout cela.

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Démonstration pour la paix aux USA

Lily, la plus jeune des filles Foxbury, a 19 ans. Vue comme le bébé de la famille, elle s’entend à merveille avec Daniel, son frère adoptif. Elle en est même un chouïa amoureuse, et elle tombe donc des nues lorsqu’elle surprend son bien aimé avec Rébecca, une domestique italienne.

Sous le choc, Lily s’enfuit. On apprendra par la suite que Lily a été recueillie par un vieux fermier dont le fils est parti, lui aussi, au front, et qui avait besoin d’aide à la ferme. Lily y resta trois mois, à traire les vaches, traiter les arbres et nourrir les poules. C’est une jeune femme qui revient chez elle le jour de Noël, plus une gamine. L’expérience l’a fait grandir.

1917-fashionAdeline, quant à elle, est la plus fantasque. Capricieuse, elle aime être le centre de l’attention. Elle a passé l’été en Italie chez son grand-père, et en revient enceinte… Lorsque la domestique italienne, Rebecca, découvre son secret, une relation intime se tisse entre les deux femmes: en effet, Adeline porte l’enfant du frère de Rebecca! Small world… Rebecca et Adeline feront le voyage en Italie pour l’accouchement.

Il s’agit d’un premier roman, et cela se sent. Le récit de Marine est sympathique, cependant il y a quelques invraisemblances qui m’ont fait tiqué: le gentil fermier, par exemple.

J’ai été surprise que Lily n’ait pas du se prostituer ou devenir pirate! En revenant, elle s’intéresse aux affaires de son père, notamment l’aéronautique. Je pense qu’un développement dans ce sens aurait peut-être été plus judicieux que cette escapade à la ferme. Je vois bien Lily devenir la première femme ingénieur, par exemple.

Le fait qu’Adeline soit tombée amoureuse du frère de sa domestique, c’est un peu facile aussi, je trouve.

J’ai aussi trouvé dommage que l’on ne développe pas plus certains personnages: Daniel et les domestiques. La cuisinière aurait pu avoir plus de « place », et certains domestiques ne sont que nommés, et pas du tout développés. Je pense par exemple à Helen Kane, dont j’ai eu du mal à comprendre la fonction.

La fin est un peu abrupte et pour le moins surprenante. Pour moi elle a été décevante, car j’aimais beaucoup Jefferson et j’avais vraiment l’espoir que Sofia tombe amoureuse de lui.

Les quiproquos amoureux sont bien menés et donnent lieu à des scènes de dispute mémorables.

Il y a quelques clins d’oeil que j’ai apprécié, notamment le nom de l’association pour la paix de Sofia, qui s’appelle le PAL. Chers dévoreurs de livres qui s’entassent, cela ne vous rappelle rien? 😉

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Enfin, il y a beaucoup d’erreurs de syntaxe, de conjugaison, de style, et de nombreuses coquilles. Marine Noirfalise m’a d’ailleurs expliqué que depuis, elle avait fait relire et corriger son manuscrit, ce que je trouve très bien. En effet, son histoire est sympathique, drôle et émouvante, et des erreurs de forme lui portent vraiment préjudice!

Pour le fond, on sent que c’est un premier roman, mais l’imagination est au rendez-vous et il y a même un peu de suspense par ci, par là.

Ce sont donc des débuts hésitants mais prometteurs, et je souhaite bonne chance à Marine Noirfalise pour son prochain roman, qu’elle est en train de nous concocter.


marineL’auteure: Marine Noirfalise a 25 ans, elle est belge, et tient le blog littéraire A Touch Of Blue Marine. Diplômée en édition de l’Université de Louvain, elle dévore des livres depuis toujours.

Vous pouvez en apprendre plus sur Marine en cliquant ici.


Comment se procurer Warwick Castle: Cliquez ici!

Si vous êtes intéressé par un partenariat, vous pouvez écrire à Marine: atouchofbluemarine@gmail.com


 

Découverte: les contes japonais du Tanuki

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Le Tanuki, pour ceux qui ne le sauraient pas, est un animal merveilleux japonais, qui se rapproche du raton-laveur. Dit comme ça, ce n’est pas très flatteur, mais au Japon, le Tanuki est révéré et tout le monde sait qu’il a de grands pouvoirs… tout comme les renards.

Le Tanuki, c’est aussi le pseudo d’une blogeuse littéraire, derrière lequel se cache Juliette. Passionnée par le Japon, Le Tanuki nous propose chaque lundi un court conte de sa plume, dans la tradition japonaise. Le merveilleux y tient une place de choix, les animaux y possèdent des pouvoirs magiques, et le papier prend vie.

Vous pouvez trouver une liste de ces contes ici. Régalez-vous!

Le Tanuki nous propose aussi des critiques littéraires, et tient une boutique très sympa sur Etsy – si vous voulez décorer votre ordi, acheter une écharpe japonaise ou des cartes sympa, cette boutique est faite pour vous.

 

 

 

La chick-lit et moi: une histoire d’amour (très) récente

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Aujourd’hui, je voudrais vous parler du rapport que j’ai avec un genre littéraire spécifique: la chick-lit.

D’abord, qu’est-ce que c’est que ça, la chick-lit?

« Chick » est un mot familier anglais signifiant à la base « poule ». Oui, comme dans le « chicken » des chicken McNuggets de chez McDo! La connotation est tout de même bien moins péjorative qu’en français – si t’appelles « eh ma poule » une nana dans la rue que tu ne connais pas, à mon avis elle ne va pas apprécier. Pour moi « chick » sonne comme « girl », donc l’équivalent de « meuf ». Du style « yo chick, relax! » « eh meuf, relax! ».

Quand au « lit », il s’agit de l’abréviation du mot « literature », un mot donc transparent, puisque les anglophones nous l’ont piqué (suis un peu chauvine sur les bords).

th_0778302393La chick-lit, c’est donc de la littérature de meuf. Le(s) personnage(s) principaux sont donc des filles/femmes à qui il arrive des trucs, le plus souvent d’ordre sentimental, mais pas que. Certaines de ces femmes doivent par exemple se reconstruire suite à une épreuve (perte d’emploi, décès d’un proche, enfants qui donnent du fil à retordre, etc…).

Je dois avouer que jusqu’à récemment, je snobais la chick-lit. Je lisais surtout des romans historiques, avec ce sentiment d’apprendre tout en me divertissant (ce qui est totalement vrai, soit dit en passant).

Pour moi la chick-lit, c’était surtout Harlequin, donc je confondais littérature pour femmes et romance. Dans ma tête, c’était donc les livres avec une intrigue mince, prétexte à ses scènes sensuelles ou sexuelles plus ou moins explicites. Bref, c’était de la littérature de seconde zone.

29915267Lors de mon adolescence, j’ai d’ailleurs dévoré bon nombre d’Harlequins lors de mes vacances – bizarrement, on trouve toujours les étagères des bibliothèques des campings remplies de cette collection!

Il y a de cela un an environ, des amies anglaises ont konmarisé (de la méthode de tri de Marie Kondo) leur appartement et se sont donc débarrassées de plein de bouquins, dont certains volumes de Marian KeyesMarian Keyes. J’ai beaucoup moins de mal à prendre un livre dont je ne suis pas sure, lorsque je n’ai pas à sortir mon portefeuille 😉 J’ai donc récupéré deux livres de Marian Keyes, choisis pour leur couvertures funky, un peu au pif. Ainsi que quelques classiques de la littérature brit et US.

J’ai commencé avec  Un homme trop charmant, et j’ai été bluffée. Marian Keyes a réussi à parler d’un sujet grave (le pervers narcissique) tout en me faisant rire aux éclats. Un coup de maître!

2334751C’est là que je me suis rendue compte de mon erreur: la chick-lit, c’est bien plus qu’Harlequin et du divertissement. Ce sont des sujets graves qui sont abordés, au travers de la vie de femmes qui nos ressemblent… plus ou moins.

Je me suis donc jetée à corps perdu dans cette nouvelle littérature, si longtemps dénigrée. Bien sur, il y a du bon et du moins bon. Mais la plupart des histoires sont touchantes et traitent de thèmes importants.

Marian Keyes, dont j’ai lu pour l’instant trois livres, m’a parlé de pervers narcissique, de manipulation, et de dépression. Debbie Maccomber m’a parlé d’amitié, de deuil et d’espoir. J’ai vibré avec Amelia, qui reprend la librairie de son père dans un village anglais, et fait le ménage dans sa vie. Tressa et Bernadine m’ont fait découvrir la gastronomie irlandaise, et les tourments d’un mariage malheureux.

Quant à mes récentes lectures pour le Cold Winter Challenge, pour lequel j’ai acheté des livres de seconde main pratiquement les yeux fermés, l’un est une romance érotique qui se déroule sur une île tropicale, et les autres m’ont emmené dans une petite ville américaine pour suivre le destin d’une bibliothécaire et d’une avocate.

snowfallSur le plan littéraire, certains auteurs sont plus doué pour les beaux mots que d’autres, mais ceux qui pèchent sur le style se rattrapent souvent sur l’intrigue de l’histoire.

Bref, ce que je voulais dire, c’est qu’il ne faut jamais dire jamais, et rester ouvert! On a parfois de bonnes découvertes!

Vive la chick-lit, et tout le reste aussi!

PS: et mes romans historiques chouchous, ceux de Philippa Gregory et de Tracy Chevalier, qui ont pour héroïnes des femmes fortes? C’est de la chick lit aussi? estèce qu’un livre dont le personnage principal est une femme, est automatiquement de la chick lit? Je me perds….

 

Not Another New Years’s, Christie Ridgway

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118867J’ai acheté ce livre dans le cadre du  Cold Winter Challenge: il me fallait un livre se déroulant pendant la période des fêtes de fin d’année, et je n’avais rien à la maison! En flanant chez un bouquiniste, je suis tombée nez à nez avec ce titre, qui se traduirait par « Oh non! Pas encore un nouvel an! ». Parfait, ni une, ni deux, je prend. A 2.35euros, il n’y a pas grand risque.


Résumé et avis en bref: Hannah a vu sa vie chamboulée lorsqu’elle a appris que son fiancé s’est marié à une autre dans son dos. Elle décide de prendre des vacances bien méritées et s’envole pour l’île de Coronado, un petit paradis californien. Son oncle, un agent secret, lui donne le contact de l’un de ses ancien collaborateur, Tanner Hart, qui vit à Coronado, afin qu’il puisse lui donner quelques trucs sur l’île.

Tanner Hart a perdu son emploi il y a presqu’un an à cause d’un baiser: celui de la princesse qu’il était censé protéger. A  cause de ce baiser, sa coéquipière a perdu la vie, et il a été remercié. Il a juré de ne plus s’embêter avec les femmes, qui sont sa grande faiblesse. Il travaille depuis au Hart’s le bar que tient son frère Troy, un ancien militaire. Lorsque son ancien patron lui demande de veiller sur sa nièce qui vient à Coronado, Tanner comprend que s’il réussit cette mission, il sera à nouveau admis dans les sercices secrets.

Lorsque Hannah et Tanner se rencontrent, c’est électrique. Mais lorsqu’au petit matin, ils se rendent compte de qui ils sont, Tanner panique. Après bien des péripéties, nos deux tourtereaux se trouveront enfin…

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Le pont qui relie Sand Diego à l’île de Coronado

C’est un livre adictif et sexy, qui se lit vite! J’ai adoré lire l’histoire de Tanner et Hannah, qui s’aident l’un l’autre à dépasser leurs traumatismes respectifs. Désirée et Troy sont aussi des personnages hauts en couleur, avec l’un qui lutte contre son attirance et l’autre qui fait tout pour arriver à ses fins. Deux couples très mimis qu’on ne peut qu’adorer!

C’est clairement un livre dans le plus pur style Harlequin, donc il est égrainé de scènes coquines et explicites. Mais ce n’est pas juste un recueil de scènes de cul! Il y a une intrigue policière, des émotions, des révélations… bref, j’ai apprécié que l’auteure ne se soit pas limitée à « et ils se sautent dessus crac crac boum boum ».

Une bonne découverte, une lecture légère et sexy (attention, si votre mec passe par là alors que vous êtes en train de lire ce livre, il ne va pas vous survivre 😉 just sayin’), qui entre donc dans le Cold Winter Challenge: en effet, Hannah, l’héroïne, prend un nouveau départ le jour du nouvel an.


Les illustrations: 

J’aime beaucoup l’illustration de mon édition, rose avec des cotillons et la tiare « New Year » que porte Hannah lorsqu’elle rencontre Tanner. C’est en voyant cette couverture que je me suis dit qu’il s’agissait du livre parfait pour compléter mon Cold Winter Challenge.

Je m’attendais à une histoire girlie style Bridget Jones, pour être honnête, pas à une redécouverte de son corps sur une île paradisique… C’est ce qui arrive lorsqu’on achète un livre les yeux fermés, sans lire le résumé!

J’aime beaucoup l’illustration qui montre deux coupes de champagne sur la plage, je la trouve subtile et classe. Les deux autres montrant des couples me parlent moins. Tout bonnement parce que Tanner est blond avec les cheveux longs!!!


Mon avis: C’est une romance érotique pleine de rebondissements. Sa qualité première est d’être un bon divertissement, mission qui est remplie haut la main!

Les personnages:

Hannah est une jeune institutrice de 27 ans qui vient d’apprendre que son fiancé s’est marié avec une autre. Ca faisait 4 ans qu’ils étaient fiancés, 4 ans qu’ils ne s’étaient pas vus parce que Monsieur est militaire. ca fait donc quatre ans qu’elle n’a pas fait de folies de son corps! Elle prend 10 jours de vacances pour le nouvel an à Coronado, une île au large de la Californie, pour se changer les idées.

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Chris Hemworth serait parfait dans le rôle de Tanner

Tanner est un ancien agent secret qui s’est juré de ne plus toucher aux femmes. En effet, l’une d’entre elle, Désirée, a précipité sa chûte, et il a été démis de ses fonctions. Il travaille dans le bar de son frère, Troy. Son ancien patron lui a fait comprendre que s’il s’occupe bien de sa nièce, Hannah, lors de son séjour à Coronado, alors il pourra réintégrer les services secrets.

Troy est un ancien militaire de la Navy. Sous ses airs durs et machos, c’est un végétarien adepte du yoga et de la méditation qui se cache. Il a souvent des crises de mirgaine débilitantes qui l’obligent à tout arrêter.

Désirée est le fruit des amours d’un sheik et d’un mannequin américain. Délaissée par ses parents, en manque d’amour mais pas d’argent, elle pense que tout s’achète. Presque un an auparavant, elle a embrassé sur un coup de tête Tanner, son garde du corps, provoquant ainsi la mort d’un autre agent secret. Elle reste à Coronado car elle espère trouver un moyen de se racheter auprès de Tanner. Elle a un coeur d’or et accueille Hannah dans sa suite lorsque la jeune femme a besoin d’un logement. Elle est aussi complètement fada de Troy et l’espionne lorsqu’il part surfer.

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Ce pourrait être la maison de tTanner à Coronado.

La romance: Les deux héros, Tanner et Hannah, sont irresistiblement attirés l’un vers l’autre, mais toute une série d’obstacles se dressent entre leur désir fulgurant et le passage à l’acte – Hannah s’endort (lol), il ne veut pas la sauter sur la banquette arrière de la voiture mais son frangin crèche chez lui donc pas possible non plus (lol bis) – ce qui fait monter la tension!

Tanner a aussi une petite restriction d’ordre professionel: normalement Hannah est son pass pour retrouver son job, donc il ne devrait pas s’en amouracher. On ne mélange pas le travail et les sentiments (ou du moins les parties de jambes en l’air).

Lorsqu’enfin, nos deux tourtereaux sont officiellement ensemble, encore des obstacles: il est jaloux de son ex, elle croit qu’il n’est pas sérieux, blablabla…

Bref, l’auteur nous tient en haleine tout le long, et invente des obstocles tous plus rocambolesques les uns que les autres pour séparer Tanner et Hannah!

Il y a en parallèle une deuxième romance, entre Troy, le frère de Tanner, et Désirée, celle par qui le malheur arrive (c’est à cause d’elle que tanner a perdu son job). Idem, le désir entre ces deux là est bien réel, mais Troy, en bon militaire, cache tout sous sa carapace, tandis que désirée, fidèle à son nom, essaie par tous les moyens de se faire… désirer 😉 Cette romance est même plus cute et mimi que la romance principale.

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L’érotisme: distillé juste comme il faut, de manière régulière. Les scènes sont parfois crues (on appelle un chat un chat -ahaha), parfois sensuelles, parfois humoristiques. Quelques fois ça vire un peu « manuel du kama sutra », comme dirait ma copine Blanche. D’autre fois c’est juste torride.

Clairement, toute cette histoire n’est qu’un prétexte à de multiples scènes érotiques, mais ce qui est chouette, c’est que les situations ne se ressemblent pas, et qu’il y a une intrigue, même si elle est peu crédible (ou alors je n’ai pas eu de bol, car je n’ai encore jamais croisé d’agent secret hyper sexy). L’auteure a fait un petit effort pour nous offrir un roman d’action, faire des révélations qui arrive au moment opportun, ect…

L’auteure nous sert des gros fantasmes qui m’ont plus l’air d’être des fantasmes de mecs, en fait: Tanner a un fantasme un peu chelou de fille nue enroulée dans le drapeau américain depuis son adolescence, et lorsqu’il voit Hannah près d’un drapeau US, son imagination lui fait perdre les pédales. Sûrement une version du patriotisme à l’américaine !

il_340x270-908996186_q6ceQuant à Troy, il se rend compte que Désirée est vierge à 25 piges et lui offre donc une première fois de rêve. Déflorer une jeune fille, n’est-ce pas un gros fantasme masculin? Messieurs, dites-moi tout!

Hannah se rend à un dîner « entre amis » avec Tanner, habillée par Désirée: robe rouge et guêpière! J’ai appris du vocabulaire, au fait, ayant lu le roman en anglais: guépière se dit « merry widow« , la veuve joyeuse! M’endormirai moins bête.

L’intrigue: Il y a toujours des rebondissements, des découvertes et des quiproquos. C’en serait presque une pièce de Molière 😉 C’est parfois tiré par les cheveux, mais on est bien d’accord, on n’est pas là pour ça: on est là pour se distraire, et ma foi, la mission est très bien remplie par l’auteure!

Il y a notamment à la fin une course poursuite, ainsi qu’une bataille en pleine ville, entre grands méchants et ancien agent secret. A la toute fin, après 10 jours seulement, Tanner demande à Hannah de l’épouser et elle accepte… euh? Y’a que moi que ça choque?

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L’écriture: un style sympathique qui se lit bien et vite. Un peu cru parfois, pas vraiment vulgaire mais limite (« cute little ass« /joli petit cul, à mon avis y’a moyen de faire un chouïa plus poétique à ce niveau là tout en restant dans l’érotisme).

Un peu mièvre aussi: j’en ai eu marre d’entendre Tanner appler Hannah « sweetheart » à tout bout de champ, et Troy appeler Dez « baby« . Un peu de variété, que diable! Une autre chose qui m’a bien fait rire: tout au long du livre, tanner fait des compliments à Hannah sur son physique, en lui disant qu’il est un « mec à sein », puis un « mec à jambes », puis un « mec à cul ». Finalement, il lui déclare qu’il est un « mec à Hannah ». Ca dégouline!

coronado-22Coronado: grâce à ce livre, j’ai découvert la presqu’île de Coronado, au sud de la Californie, qui est aussi une base militaire. son histoire est très intéressante et je vous invite à lire un peu sur le sujet, ainsi que sur l’Hôtel Del Coronado, abrégé par les locaux en « Del », qui est le plus bel hôtel de l’île.

Cendrillon: il s’agit encore et toujours du même thème: la fille coincée qui se transforme en bombasse. Ici, Hannah s’est fait voler ses bagages dès son arrivée à l’aéroport, et n’a donc plus rien. Désirée, riche héritière sexy, lui prête ses fringues et sa lingerie fine. Bam! Hannah est subitement sublime.

L’enfant mal aimé: avec Désirée, on explore le thème de l’enfant délaissé. Fruit des ébats d’un cheik et d’une mannequin américaine, elle n’a jamais mis les pieds en Arabie saoudite, où elle n’est pas la bienvenue. C’est une enfant illégitime. elle n’est donc ni d’ici, ni de là bas. sa mère se désintéresse d’elle, elle grandit donc dans la solitude… mais ses besoins matériels sont comblés.

Lorsqu’elle brise malencontreusement tous les verres du bar de Troy, ce dernier exige qu’elle le rembourse en travaillant dans le bar, et non en lui faisant un chèque. désirée apprend donc la valeur du travail, et gagne de l’argent pour la première fois de sa vie.

En résumé: une romance sexy prenante et divertissante, pleine de rebondissements.

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avt_christie-ridgway_6902L’auteure: Christie Ridgway est née, a grandi et réside encore aujourd’hui en Californie. Elle a commencé sa carrière en tant qu’écrivain technique, avant de sa lancer dans la programmation.

Elle s’est mariée avec son amoureux de fac, rencontré à Santa Barbara (…tu ne sais pas, pourquooiiii, j’ai le mal de vivre. Hum. Pardon pour la digression!).

Après la naissance de ses deux fils, elle s’est enfin lancé dans l’écriture de romances, un rêve qu’elle nourrissait depuis longtemps. Elle a écrit plus de cinquante romans d’amour.Tous ses livres se déroulent en Californie.

Pour ensavoir plus sur Christie Ridgway, vous pouvez consulter son site web (en anglais).


118866Produits dérivés: Not Another New Year est le second volume de série Holiday Duet consacrée aux fêtes de fin d’année. Le premier volume est Must Love Mistletoe (il faut aimer le gui).

C’est l’histoire d’amour de Finn, le meilleur ami de Tanner, avec Bailey. On retrouve ces personnages dans Not Another New Year, et ils paraissent assez attachants.


Pour aller plus loin: Voici des articles qui vous feront visiter la Presqu’île de Coronado ou vous expliqueront son histoire:

Carnets de San Diego, Nos racines sur quatre continents, Trip Advisor, California Dream Big et Kriegerdental.


L’histoire: Attention SPOILERS!!! Je raconte toute l’histoire ici. De plus, je remets les éléments de l’histoire dans l’ordre chronologique. 

Lorsqu’Hannah avait six ans, elle a perdu sa soeur aînée, Déborah, dans un accident de voiture. Déborah était en route pour aller chercher la petite Hannah à son cours de danse, et n’est jamais arrivée…

Rongée par la culpabilité, Hannah a grandi en essayant de se conformer à ce que sa soeur aurait aimé être, et à ce que son entourage attend d’elle. Déborah aurait aimé devenir professeur des écoles, donc Hannah devient maîtresse d’école. Elle aurait aimé rester toute sa vie dans sa ville natale, donc Hannah tombe amoureuse de son voisin et amoureux d’enfance, Duncan. Hannah fait toujours ce que l’on attend d’elle, et ne réfléchit pas par elle-même à la direction que prend sa vie.

Duncan est dans l’armée. Avant de partir pour l’Iraq, il demande à Hannah de l’épouser. C’est le début de quatre longues années pour Hannah, pendant lesquelles elle ne verra jamais son fiancé. Même en permission, Duncan n’a « pas le temps ».

Mais Duncan meurt sur le front en héros, en sauvant d’autres soldats. Hannah est peinée, mais le pire dans tout cela, c’est qu’elle apprend qu’il s’était marié avec une autre femme, une certaine Caroline, qui vit en Californie à Coronado. Hannah est humiliée. Elle n’en peut plus et décide de prendre des vacances bien méritées… et d’en profiter pour aller confronter Caroline, la briseuse de ménage.

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Hannah s’envole donc pour Coronado, une île paradisiaque qui sert aussi de base militaire, le 31 décembre. Son oncle lui a donné le contact de Tanner Hart, qui travaillait avec lui dans les services secrets, et qui pourra lui donner des bons plans pour son séjour.

A son arrivée, Hannah est dépouillée de sa valise et de son sac à main par un voleur. Elle n’a rien que quelques billets planqués dans son soutif et l’adresse du bar dans lequel travaille Tanner Hart, qu’elle a mémorisé par coeur. Quand elle arrive, elle décide de mettre de côté la maîtresse d’école et de s’encanailler un peu. Elle boit des margaritas avec des inconnus, danse comme une fofolle…Elle remarque un très beau mec blond aux yeux bleus, assis seul à une table.

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Chris Hemworth serait parfait pour incarner Tanner: grand, blond, les yeux bleus, et « magnifique »

Tanner Hart a eu une année plutôt rude: il a perdu son emploi d’agent secret à la suite d’un scandale. Alors qu’il était en mission pour protéger Désirée, la fille d’un émir et d’une ancienne mannequin américaine, cette dernière a jeté son dévolu sur lui et l’a embrassé goulûment devant les flashes des paparazzi.

Désirée était la cible d’une tentative d’assassinat. Tanner étant « occupé » avec Désirée, il n’a pas pu aider ses collègues. L’agent Ayesha a été tuée, et Finn, son ami et coéquipier, a perdu un oeil.

Tanner a donc remis sa démission à son chef, qui n’est autre que le tonton d’Hannah, et a juré que jamais, non jamais, on ne l’y reprendrait  à embrasser des jolies filles. Basta. Il s’impose le célibat pour rester loin de toute tentation, et de tout danger.

Désirée, tellement désolée d’avoir causé tant de peine, est restée à Coronado pour trouver le moyen de se faire pardonner et se racheter auprès de Tanner… mais surtout auprès de Troy, le frère aîné de Tanner, pour qui Désirée est la source de tous les maux. Troy est un ancien militaire qui a ouvert un bar, dans lequel travaille aussi son frère Tanner.

C’est au Hart’s, dans le bar de Troy et Tanner, que se retrouve Hannah, notre jolie brune aux longues jambes, en ce 31 décembre. Au moment du décompte, un mec un peu basané s’approche d’elle et essaie de l’emmener avec lui. Hannah refuse et en se libérant, elle tombe… sur les genoux de Tanner, qui se trouvait justement assis juste derrière elle.

Entre eux, c’est électrique. Un long baiser et les (faux) prénoms échangés plus tard, Tanner décide d’emmener Hannah chez lui pour une nuit de folie. Hannah la sage n’existe plus! Hannah la sauvage s’éveille sous les caresses de Tanner.. sauf que pas de capotes, donc notre beau jeune homme part en acheter, pour retrouver Hannah endormie.

Lorsqu’ils se réveillent, Hannah est persuadée qu’elle a oublié sa nuit de folie avec le beau Flinn (le nom d’emprunt de Tanner). Ils sont réveillés par Désirée, qui propose à Tanner de l’épouser pour le dédommager du tort qu’elle lui a causé. évidemment, Hannah ne sait rien de ce qui s’est passé entre eux, et pense donc que Désirée et Flinn sont ensemble… elle décide de laisser les « amoureux » régler leur querelle, et révèle que son vrai prénom est Hannah…

Tanner est sous le choc, il vient de séduire la fille qui est censée être son ticket d’entrée aux services secrets s’il prend bien soin d’elle… Il révèle à Hannah son vrai prénom. Moment de flottement…

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L’Hôtel Del Coronado, un petit hôtel bien sympatique et surement hors de prix.

Désirée propose à Hannah de partager sa suite au Del, le plus bel hôtel du coin, et de la dépanner en vêtements, car elles ont le même gabarit. Hannah, qui ne veut surtout pas rester près de Tanner, accepte avec joie. Et voilà Hannah, normalement en habit de nonne, qui se retrouve à porter la garde-robe sexy d’une riche héritière saoudienne… magique!

Tanner insiste pour jouer les guides touristiques pour Hannah. En effet, le deal avec son ancien chef, c’est: « occupe toi bien de ma nièce et tu pourras retrouver ton job ». Malheureusement, l’attraction que les deux jeunes gens ressentent l’un pour l’autre monte crescendo.

Lors d’un dîner, Tanner séduit Hannah-la-prof en lui parlant de son intérêt pour la littérature. Ils découvrent qu’en plus d’être attirés physiquement l’un vers l’autre, ils ont aussi des centres d’intérêt communs. Après ce diner, la tension monte dans la voiture, mais Tanner, se souvenant qu’Hannah n’a rien fait durant 4 ans, veut que cette « première fois » soit magique, et pas sur la banquette arrière. Manque de bol, son frangin crèche chez lui (un autre, pas Troy). Zut de zut, un moment chaud bouillant comme ça, mais ils ne peuvent pas conclure! héhé 😉

En parallèle, Désirée commence à travailler dans le bar de Troy pour le rembourser, car elle a cassé des verres. Troy ne veut pas de son argent, il veut qu’elle comprenne le sens du travail et de gagner sa vie. Il l’engage donc comme serveuse. Désirée kiffe Troy, d’ailleurs elle l’espionne lorsqu’il va surfer! La coquine! Elle ne s’en cache pas et fait tout pour le séduire. Lui parait froid et distant.

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Un jour, Troy demande à Dez d’aller chez lui chercher un dossier qu’il a oublié. Là, elle tombe sur les parents de Troy, qui ont fait les courses pour lui. En discutant avec eux, Désirée se rend compte que sous ses airs macho, Troy est en fait un végétarien qui fait du yoga et médite. La surprise du siècle!

De retour au bar, elle trouve Troy effondré sur son bureau, sujet à une migraine qui le terrasse. Elle le ramène chez lui et lui fait prendre ses médicaments, lui ordonnant d’aller prendre une douche et de se mettre au lit. Ce qu’il fait, sauf qu’il sort tout nu de la salle de bain pour aller se pieuter. Désirée est toujours là, et dans son état, il la prend pour une hallucination et lui confie qu’il est dingue d’elle. Il lui demande de s’allonger près de lui, et Dez s’exécute.

Lorsque Troy se réveille au matin, il se rend compte que Désirée n’était certainement pas une hallucination! Il passe à l’offensive et les deux tourtereaux commencent à se câliner… sauf que Désirée a des attitudes un peu bizarre… ah! elle est vierge! A 25 ans.. Troy est ému d’être son premier et lui offre une première fois « magique ».

Du côté de Hannah et Tanner, les allers-retours de Tanner entre « je la kiffe trop » et « il ne faut plus que je la vois » n’aident pas trop, mais finalement nos deux amoureux se laissent consumer par leur désir, et c’est… explosif! Hannah emménage chez Tanner pour le restant de son séjour.

Il faut qu’Hannah aille rendre visite à son oncle qui habite San Diego, sur la terre ferme. Tanner trouve que ce n’est pas une bonne idée, il a trop peur que le tonton ne flaire l’énergie hautement sexuelle qui se dégage d’eux… mais tout se passe bien. Jusqu’à ce qu’Hannah s’éclipse aux toilettes. Lorsqu’elle revient, l’ambiance a changé.

a6df2ce0641581a8880db4241af08aeaEn voiture, sur le chemin du retour,  Tanner explose: Hannah lui avait bien dit que son mec l’avait quitté pour une autre alors qu’ils étaient fiancés, mais pas qu’il était décédé! Tanner a l’impression d’avoir été manipulé. En plus, Duncan est « mort en héros », alors que lui, et bien… Il a fait capoter sa carrière à cause d’un baiser. Bref, il y a de l’eau dans le gaz.

Finalement ils se réconcilient, mais il y a une autre ombre au tableau: l’anniversaire du « scandale », lors duquel Finn a perdu un oeil et Ayesha est morte, approche… Une autre occasion pour Hannah de changer les idées à Tanner, en l’attendant nue dans une couverture aux couleurs du drapeau américain 😉

Lors d’une ènième dispute, Hannah s’en va. C’est presque la fin des vacances, de toute manière, et elle n’a toujours pas retrouvé Caroline, celle qui lui a volé Duncan. La briseuse de ménage… Au fil de son séjour, elle a réuni plusieurs indices, et sait que la jeune femme se rend souvent dans un parc. Hannah décide donc de s’y rendre, et en interrogeant les gens, elle rencontre enfin Caroline.

Cette dernière est maman d’un petit garçon… Caroline et Hannah se rendent compte que Duncan les a laissées toutes les deux avec des situations pas faciles à gérer: Hannah en épousant caroline dans son dos, parce qu’il « n’osait pas lui dire », et Caroline en la laissant veuve avec un enfant sur les bras. Apaisée, Hannah dit adieu à Caroline, lorsqu’on essaie de lui voler son sac à main…

c942ec13fe65803e4f18401aef58d45cPendant ce temps, Tanner ronge son frein parce qu’il kiffe trop Hannah et elle lui manque. Il appelle son frère car par son réseau de potes espions, il a appris que Désirée pourrait être la cible d’un nouvel attentat. Et là, il se souvient qu’Hannah et Dez se ressemblent tellement, que beaucoup les confondent, et il commence à se faire du soucis pour sa douce…

Troy, lui, se réveille après sa nuit de folie avec Dez, pour s’apercevoir qu’elle est partie. Désirée pense en effet que Troy ne l’aime pas, qu’il est sympa mais qu’il va lui briser le coeur. Elle décide donc de plier bagage et de partir… mais elle est prise en filature par une voiture, qui essaie de provoquer un accident!

Désirée appelle Troy, qui est déjà parti à sa recherche, et qui ne décroche pas. Troy appelle Désirée, qui est trop occupée à échapper à la mort sur l’autoroute pour décrocher. Ils se laissent mutuellement des messages pour se dire qu’ils s’aiment (rooooh c’est chou!). Finalement, Dez parvient à semer la voiture qui la poursuit, grâce à son style de conduite très sportif (imaginez Fast and Furious, c’est à peu près ça).

Troy est en train de parcourir l’île de long en large, lorsque finalement il croise Désirée au volant de son bolide. Ils se tombent dans les bras, grandes déclarations d’amour, bisous bisous, et puis ils vont se mettre au vert dans la maison de campagne des parents de Troy, afin que Dez soit hors radar des méchants.

Revenons à Hannah, qui est en train de se faire piquer son sac, mais qui ne le lâche pas. En fait les méchants pensent que c’est Désirée et essaient de la kidnapper. Tanner, fou d’inquiétude, sillonne lui aussi l’île à la recherche de sa douce, lorsqu’il la repère en train de s’agripper à son sac. Ni une, ni deux, il bondit, tel James Bond, pour la sauver, et lui dit d’aller se mettre à l’abri dans la bagnole.

Lorsque plein de lascars lui sautent dessus, il comprend qu’Hannah est en réel danger, et lui demande de conduire et partir. Moment de panique pour Hannah, qui a été traumatisée à l’âge de 6 ans par la mort accidentelle de sa soeur sur la route. Mais elle surmonte sa peur et démarre en trombe… pour revenir et défoncer les méchants, et sauver Tanner!

Lorsque Tanner se réveille, il est à l’hôpital, et Hannah est dans sa chambre, à regarder par la fenêtre. il lui fait une longue déclaration… et quand elle se retourne, c’est en fait Désirée, qui le chambre un peu :p

Finalement Hannah arrive, elle était partie prendre un café ou je ne sais quoi. Et là Tanner la demande en mariage, et elle dit oui, et ils vivèrent heureux jusqu’à la fin des jours 😉

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Trophée Anonym’us, Nouvelle 18/27 : L’Arabe qui n’aimait pas la salade

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Une super nouvelle, d’un auteur anonyme, qui nous entraine dans les bas-fonds de la politique et des petits arrangements entre amis qui se font en haut lieu… Une nouvelle dans laquelle l’intégrité retrouve sa place, et dans laquelle, surtout, on ne nous fait pas bouffer des salades!
Une très belle découverte, que je vous invite aussi à lire.

Collectif polar : chronique de nuit

vendredi 6 janvier 2017

Vous le savez, depuis de nombreux mois maintenant, le mardi c’est le jour du Trophée anonym’us.

Votre blog s’est associé avec cette fantastique initiative qui consiste à demander à des auteurs connus, reconnus ou amateurs d’écrire une nouvelle anonymement. Aussi, un jury de lecteurs, départagera et votera à l’aveugle ces 27 nouvelles en course. Effectivement il y a 27 compétiteurs cette année.

Pour en savoir plus sur le Trophée Anonymu’s c’est Ici

Allez place à la dix-huitième nouvelle

Le compte à rebours est déclencher maintenant !

L’Arabe qui n’aimait pas la salade

 Avec précision et délicatesse, Karim extirpe une feuille de salade douteuse de son sandwich luisant de mayonnaise. Il tient son trophée quelques secondes devant ses yeux avec une grimace de dégout, puis ouvre sa vitre passager et…

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Tag: ma bibliothèque de rêve

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Blanche, du blog Les Mondes de Blanche, m’a tagguée pour que j’imagine ma bibliothèque idéale… j’avais déjà fait un Tag du genre (ici), mais je me prête volontier encore un fois au jeu!

Si vous ne connaissez pas encore Blanche, allez vite faire un tour sur son blog, et surtout lisez son roman en ligne: Le Sang Des Wolf.

Bon week-end!


66e6c96d354ccbd37ecb532cb099c6e61. AVANT D’AVOIR UNE BIBLIOTHÈQUE, IL FAUT AVOIR UNE MAISON (OU UN APPARTEMENT) OÙ LA METTRE. OÙ SERAIT LA MAISON/L’APPARTEMENT DE TES RÊVES?

Ce serait un appartement car je ne me sens pas en sécurité au ras du sol! Il faut qu’il soit exposé sud/ouest, de grandes baies vitrées, vue dégagée (pas de vis à vis et on voit le ciel), spacieux mais pas immense, bien agencé, et chaleureux.

2. MAINTENANT QUE TU AS LA MAISON, OÙ EST LA BIBLIOTHÈQUE?

Adjacente à la pièce de vie, ouverte, peut-être avec la possibilité de la fermer par une porte coulissante, genre panneau japonais en papier de riz, ou carrément des doubles portes un peu baroque.5-picture3.jpg

3. QUEL TYPE D’ÉTAGÈRES UTILISERAIS-TU?

En bois, et pas très profondes pour gagner de la place. Je  rêve d’avoir une double épaisseur d’étagères, avec une étagère coulissante devant et une fixe contre le mur.

4. CITE TROIS MEUBLES QUE TU VOUDRAIS ABSOLUMENT VOIR DANS CETTE BIBLIOTHÈQUE (EN DEHORS DES ÉTAGÈRES BIEN SÛR).

Un tapis, un bon fauteuil, et un petit bureau.

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5. QUEL SERAIT TON SYSTÈME DE RANGEMENT IDÉAL, SI TU N’AVAIS PAS À TE PRÉOCCUPER DE LA PÉNIBILITÉ?

D’abord par genre, puis par taille, puis par auteur. C’est ce qui est en vigueur chez moi.

6. QUELS SONT TES INDISPENSABLES POUR ÉGAYER TES ÉTAGÈRES?

Par défaut, j’utilise la place devant les livres pour mes photos et autres gadgets souvenirs, mais dans l’idéal, ce ne seraient QUE des LIVRES!

7. SI TON BUDGET ÉTAIT ILLIMITÉ, QUEL LIVRE DE LUXE AJOUTERAIS-TU À TES ÉTAGÈRES?

Aucune idée, je pense que je me ferais plaisir avec des premières éditions de classiques ou quelque chose de ce style…

8. QUEL SERAIT LE FAUTEUIL DE LECTURE QUE TU VOUDRAIS ABSOLUMENT AVOIR ?

Il doit être moelleux tout en étant bien ferme – je suis une contradiction vivante 😉

Esthétiquement, je m’en fiche un peu, mais il faut que ça respecte l’esprit du lieu. Si mon intérieur est moderne, alors je ne veux pas d’un fauteuil rococo!

9. QUI EST AUTORISÉ À RENTRER DANS TON ANTRE?

Tout le monde!! Par contre il faut respecter le fait que ce soit un endroit dédié au travail de l’âme et de l’art. On y vient pour lire, dessiner, faire des puzzles, travailler sur une vidéo… Pas pour faire la bamboula!

Pourquoi pas pour un petit apéro cosy aussi… Je n’exclus rien! Mais il faut respecter l’esprit du lieu, qui est un endroit de silence et d’essence de pensées.

10. POUR FINIR, LÂCHE TOI, DÉCRIT EN UN PARAGRAPHE (OU PLUSIEURS SI TU ES INSPIRÉ) LA BIBLIOTHÈQUE DE TES RÊVES.

C’est une pièce qui n’est pas trop grande et très cosy, chaleureuse, propice à l’étude et à la réflexion. Elle est baignée de soleil en fin d’après-midi et un bon fauteuil m’y attend pour que je puisse voyager bien à l’aise.

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Je vous invite vous aussi à me décrire votre bibliothèque fantasmée!

 

Cold Winter Challenge: Update

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Hello les loulous, une très belle année 2017 à tous!

Le premier article de l’année est dédié au Cold Winter Challenge, un challenge de deux mois durant lequel on lit autant qu’on peut, et surtout que ça soit en rapport avec Noël ou le froid!

Je me suis prise au jeu et, grâce à mon chouette bouquiniste, j’ai dégoté quelques volumes de romance de Noël 🙂 Un style qui est à l’opposé de ce que je lis habituellement (la plupart du temps, des romans historiques), mais ça fait du bien de lire quelque chose de facile, c’est rafraîchissant!

Malheureusement mes chroniques ne vont pas aussi vite que mon rythme de lecture, je me suis donc dit que j’allais faire un petit récap maintenant, en attendant des chroniques plus travaillées et poussées!


29915267How To Find Love in a Bookstore (Comment tomber amoureux dans une librairie): vous pouvez lire ma chronique ici, c’est la seule qui soit prête et en ligne à ce jour!


118867Not another New Year! (Pas un autre Nouvel An!): chronique en cours de rédaction, vous avez donc de grandes chances de la lire à un moment ou un autre 😉

En Bref: Hannah s’évade de son quotidien pour le nouvel an, et fait la rencontre d’un ancien agent secret, qui a juré de rester loin des femmes… pourtant, entre eux, c’est très vite… explosif!

Une romance de nouvel an sous les tropiques, super sexy et addictive! Le déroulement de l’histoire est un chouia prévisible, un peu trop d’action pour que ce soit crédible, mais on aime quand même!

Attention, scènes de sexe explicites!


lakeshore-christmasA Lakeshore Christmas (Un Noël sur les Rives du Lac): Un musicien et une bibliothécaire se retrouvent à devoir gérer le spectacle de Noël de l’Eglise de la petite ville idyllique d’Avalon, aux USA. Lui déteste Noël, elle y met tous ses espoirs. C’est un ancien acteur reconverti en chanteur/guitariste, cool jusqu’au bout des ongles, c’est un bibliothécaire coincée comme on n’en fait pas. S’entendant comme chien et chat au début, ils vont finalement tomber amoureux.

Avis très mitigé sur ce livre, les personnages sont très stéréotypés, et l’aspect »miracle de Noël » m’a bien fait rire. On le voit arriver gros comme une montagne. Pour le coup, j’aurais bien aimé un peu plus de « sexe explicite », à part qu’ils ont tout donné pendant leur nuit de folie, on n’a pas trop de détails croustillants 😉

En plus la bibliothécaire est tellement coincée du c** que le musicos est forcé de s’imposer à elle, ce que je trouve limite. Genre: « Invite moi à monter »/ »Je ne pense pas… »/ »Alors ne pense pas, invite moi à monter ». Euuuhhh… Bref, bref..

Des malentendus et des quiproquos viennent se mettre sur le chemin de nos deux tourtereaux, mais finalement ils se marient et sont heureux, ad vitam eternam.

Le point positif: l’évocation de la sauvegarde des services gratuits auprès de la population, comme la bibliothèque, qui subissent des coupes de fonds les mettant en péril.

Bref, mignon mais sans plus.

Ce livre fait partie des Lakeshore Chronicles, et on s’aperçoit vite que de nombreux personnages ont déjà eu leur propre histoire et que l’on devrait les connaitre. En parallèle, l’histoire de la jeune mère célibataire est même un chouia plus intéressante que l’histoire principale.


snowfallSnowfall at Willow Lake (Chûte de Neige sur le Lac des Saules Pleureurs): Un autre volume de la série mentionnée ci-dessus, et bien plus intéressant.

L’histoire d’une avocate internationale qui frôle la mort lors d’une prise d’otage, et qui se rend compte que sacrifier sa vie de famille sur l’autel du boulot, même si c’est une juste cause, ne lui apporte pas de satisfaction.

Elle s’en retourne donc dans le bled paumé où vit son ex mari avec ses deux enfants, et rattrape le temps perdu, comme elle peut. Cerise sur le gâteau: un voisin vétérinaire très charmant, qui la fait chavirer.

Ce volume traite de sujets difficiles, tels que la politique en Afrique et le commerce des diamants. c’est bien documenté, aucun doute.

Au niveau personnel: pour les femmes, l’équilibre carrière/famille est toujours difficile à achever. Le couple moderne, avec une différence d’âge de 10 entre nos deux amoureux, elle étant la plus âgée (mais quand même vachement bien préservée, donc bon, hein…). L’adoption, lorsqu’on ne peut plus avoir d’enfant. L’ajustement entre la vie d’avocate à la Cour Criminelle Internationale, qui taffe non stop, et celle de maman à plein temps dans une petite ville.

On retrouve notre jeune mère célibataire, qui n’est autre que la fille de la protagoniste. C’est à ce moment là que j’ai compris que son histoire était en fait en filigrane de tous les volumes de cette série (faudrait voir si je me plante ou pas, donc est-ce que je vais me farcir tous ces bouquins??).

Là aussi les scènes de sexe sont très soft… Je me dis que c’est dommage car ça pimenterait un peu tout cela.

Bref, un volume bien plus intéressant que celui d’au dessus, mais ne vous attendez pas à la révolution littéraire du siècle non plus. On SAIT qu’ils vont finir ensemble. C’est très prévisible, et certaines choses se devinent facilement.

Un petit bémol au niveau traduction: j’ai lu ces livres en anglais, mais l’auteur crâne un peu en évoquant Paris et Bruxelles, ou en faisant parler ses personnages en français… La traduction est littérale, c’est de l’anglais transposé au français, et ça ne veut rien dire!!! Par exemple: « salut » au lieu de « santé » lorsque les personnages trinquent. Ou encore « il n’était pas destiné » (‘He wasn’t meant to be’), pour dire « il n’était pas destiné à naître ». Encore un couac, culturel cette fois: apparemment, la Grand’Place de Bruxelles regorgerait de boutiques de mode exclusives, comme on en trouve sur les Champs Elysées… la dernière fois que j’y suis passée, il y a trois jours, c’était toujours des restos et des boutiques de chocolats…


Voilà pour ce billet récapitulatif rapide sur mon Cold Winter Challenge 🙂

Et vous, où en êtes vous de vos lectures d’hiver?

La complainte de St Nicolas

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Noël et son florilège de légendes!

carte_stnicolas_61Ici en Belgique, St Nicolas est bien plus populaire que le Père Noël. On s’adapte donc, et le 6 décembre, jour anniversaire de la mort du Grand Saint, nous avons mis une carotte pour l’âne de St Nicolas et les chaussures (vides) de notre fille devant la porte du balcon (à défaut de cheminée).

On a aussi mis un verre de lait pour Saint Nic, mais apparemment on aurait dû mettre une pinte de bière. On le saura pour l’année prochaine! Mais St Nicolas n’a pas rechigné et a bu tout le lait.

St Nicolas a donc apporté des clémentines et des pois chiches à notre fille (pas de jugement, elle kiffe les pois chiches!), et à l’école, où St Nic a fait une apparition très remarquée, il a donnée une licorne à la miss.

Hourra, la pression retombe, car depuis quelques semaines, elle nous chantait que St Nicolas allait lui apporter une poupée pour s’amuser (ou une voiture pour les garçons). Bref, encore un truc sexiste, je lui ai bien expliqué que les voitures c’est aussi pour les filles, et les poupées pour les ptis mecs. J’espère qu’elle s’en souviendra quand elle ouvrira le garage que mon père lui amène dans quelques jours pour un Noël/Jour de l’An en famille 😉


La St Nicolas passée, je me croyais sortie d’affaire. C’était sans compter sur mon entrain légendaire à propos de Noël, et l’instinct primaire qui me saisit lorsque je vis un CD de chants de Noël au magasin de jouets du coin: il me fallait ce CD! Ni une, ni deux, on écoute le CD… et là, je suis saisie d’effroi: encore une chanson sur St Nicolas, mais cette fois il ressuscite des enfants tués par un boucher et mis au saloir! Quelle horreur!

Les trois enfants s’en vont glaner aux champs et sont surpris par la nuit. Ils demandent au boucher de les héberger, mais ce dernier les coupe en petits morceaux et les met au saloir pour en faire du petit salé! Mais c’est une histoire d’ogre!!

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Les trois enfants se lèvent du saloir

Sept ans plus tard (pourquoi sept ans, d’ailleurs?), St Nicolas passe par là et demande lui aussi l’hospitalité au boucher, qui met les petits plats dans les grands devant son illustre invité. Seulement, St Nicolas demande du « petit salé d’il y a sept ans ».

Démasqué, le boucher s’enfuit… mais St Nic lui dit de se repentir et que Dieu le pardonnera (ah bon?). Et il touche le saloir du doigt, les trois enfants se lèvent comme après une bonne sieste…

Je suis complètement sur le cul!!! Qu’est ce que c’est que cette chanson immonde? On se croirait dans le Petit Poucet, ou dans un autre conte d’ogre…

En creusant un peu, je me rends compte qu’il y a une autre version, avec la femme du boucher: au début le boucher ne veut pas loger les enfants car il n’a pas grand chose à manger, et sa femme lui dit de les faire entrer pour les transformer en petit salé et/ou leur dérober leurs biens. Quand St Nic arrive, il dit au boucher qu’il sera pardonné s’il se repend, mais certainement pas sa femme…

Ah oui, la femme, le serpent, le démon, l’instrument de la malice… Bref, je m’étouffe encore plus! Le boucher peut bien trucider les enfants, mais tant qu’il se repend tout va bien. la femme, par contre, pécheresse invétérée, peut aller danser chez Satan pour l’éternité.

Voici un article d’un blog du Monde qui explicite très bien tout cela, et les paroles de trois versions de la Complainte de St Nicolas (avec et sans la femme du boucher).

Voici une version un peu rocknroll de la fameuse complainte (j’avoue que la guitare rend le truc un peu plus « digeste »):


Bon mais sinon, c’est qui, St Nicolas?

Un évêque né en Turquie et mort en Italie. Un mec plutôt bien, qui sauve les filles pauvres de la prostitution, protège les matelots et a été un peu persécuté pour sa foi. Rien à voir avec des enfants mis au saloir dans la campagne française…

Pour en savoir plus, Wikipédia vous en dit plus ici 🙂

Et en anglais, le St Nicholas Center, qui vous révèle la vérité sur le Père Noël, cette pâle copie de St Nicolas!

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Le vrai, le seul, l’unique: St Nick!

 

 

Déco de fêtes: quand le livre se fait sapin

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Un petit article déco pour changer 🙂

D’accord, je m’y prends un peu tard, Noël est DEJA passé… soit. Mais pas chez moi ! Ma famille arrive dans deux jours pour passer le Nouvel An, et ce sera notre repas de Noël en famille. Donc, tout n’est pas perdu 😉

Vous n’y avez sûrement pas échappé, la tendance est au recyclage et au zéro déchet (en tout cas chez moi, c’est une tendance qui prend bien!). Beaucoup préfèrent laisser les sapins pousser en paix dans nos forêts plutôt que d’aller en scier un pour deux malheureuses semaines à être paré de guirlandes dans un salon trop chauffé.

Je plaide coupable, ça fait des années que je rêve d’un « vrai » Noël, et cela inclue un sapin et une couronne … en sapin. Bref, bref…

Pour ceux qui ont résisté et qui ont un chouïa trop de livres chez eux, voici quelques idées pour élaborer un joli sapin tout en livres.

Pas mal, non? Il suffit d’empiler sa PAL en forme de cône, de la décorer de guirlandes et de figurines de Noël, et voilà! Cette PAL qui, normalement, vous encombre, deviendra l’objet d’une admiration sans bornes 😉

Si vous avez des bouquins dont vous voulez vous débarrasser: ne jetez pas, recyclez les pages!

Voici quelques exemples de destruction de livres pour la bonne cause:

Honnêtement, ça ne m’a pas l’air trop compliqué à réaliser, et c’est du plus joli effet. Un coup de peinture dorée (ou pas, d’ailleurs), et le tour est joué!

Sur ce, je vous souhaite de très bonnes vacances, à lire bien au chaud, sous un plaid, auprès de votre sapin – qu’il soit naturel ou recyclé.

PS: mon Cold Winter Challenge avance bien! Je me suis même tellement prise au jeu que j’ai acheté deux autres romances de Noël chez mon bouquiniste!

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Découverte: Que Ceux Qui ne Peuvent Pas Mourrir Lèvent La Main, Elora

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Elora est une blogueuse que je suis depuis mes premiers pas sur la toile. Ses critiques sont concises (contrairement aux miennes) et vont droit au but.

Alors quand j’ai vu que la miss se lançait dans l’écriture, j’ai été très heureuse pour elle, et emballée.

Elora publie son roman Que ceux qui ne peuvent pas mourir lèvent la main sur Songes d’une nuit d’été, un blog culturel de la rédaction duquel elle fait partie.


Résumé: 1887
Que faire d’une insupportable adolescente de 16 ans quand on est un immortel chargé d’éliminer des créatures maléfiques pour le compte d’une Confrérie secrète ? En épargnant la vie de Rose, Gabriel a enfreint les règles de la Saint- Vehme et celle-ci ne plaisante pas avec les entorses à son règlement. Contraint d’entraîner la jeune fille sur l’une de ses enquêtes, l’immortel va devoir découvrir quelle créature sévit aux abords d’un village isolé de Bretagne, mais aussi garder un œil sur son intrépide protégée devenue la cible de la redoutable Confrérie.


Mon avis: seulement cinq chapitres ont été postés à ce jour, il est donc difficile de se faire une idée. Pourtant, voici ce que j’en retiens:

  • une écriture agréable et travaillée, évocatrice
  • de la recherche sur l’époque à laquelle se déroule l’intrigue
  • des personnages hauts en couleur
  • une narration efficace et non linéaire, avec du suspense et des révélations
  • un univers surnaturel qui me plait bien
  • une relation que je suis curieuse de voir évoluer

Bref, beaucoup de potentiel!

J’ai hâte de lire la suite et souhaite à Elora plein de bonnes choses pour son travail d’écriture.

Vous pouvez trouver ces cinq premiers chapitres ici.


L’auteure: Elora est co-rédactrice en chef du Webzine culturel Songes d’une nuit d’été. Elle est en charge des livres contemporains, polars et thrillers.

Webzine culturel: Songes d’une nuit d’été

Lire dans une langue étrangère

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Quelques articles de la blogosphère ont récemment traité de la lecture en Version Originale. Cela m’a fait réfléchir à ma propre pratique de lecture, qui se fait principalement en anglais. J’ai donc songé à partager avec vous mon expérience de lecture dans une langue étrangère… en retournant aux sources, depuis mon intérêt précoce pour la lecture, en passant par mon apprentissage douloureux des langues étrangères.

Flash back: la primaire (ouais!).

jaimelirehorsseriepuisjaimerire22_26102009_231347J’ai toujours adoré lire. Un vrai petit rat de bibliothèque. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un livre entre les mains. Mes parents nous emmenaient les mercredis et les samedis à la bibliothèque de la MJC de notre quartier, et ça faisait garderie. On y restait bien sages, à dévorer les aventures de Tomtom et Nana dans les J’aime Lire (toute une époque!).

C’est dans cette bibliothèque que j’ai découvert Thorgal (d’où ma fascination pour les Vikings – Ragnar si tu m’entends, j’te kiffe grave, mec!) et Papyrus, ainsi qu’un petit livre qui expliquait ce qu’étaient les règles. Des lectures qui ont eu une influence certaine sur ma vie!

Je m’en retournais, le sac alourdis de trois ou quatre volumes, marchant le nez dans une nouvelle histoire, au risque de me prendre un poteau ou de m’emmêler les pieds dans mes lacets défaits.

A la maison, je cachais un livre dans le tiroir de mon bureau et je lisais alors que j’étais censée faire mes devoirs. Des fois, je me couchais même à minuit pour finir un livre (quand on a neuf ans, minuit, c’est très, trèèèès tard!).

Au collège, les langues étrangères ont fait leur apparition. LV1 allemand, c’était horrible; je n’y comprenais rien. A quoi servent les cas? Accusatif, datif, déclinaisons (la fameuse casserole)… je suis une brêle. Ironiquement, je suis en LV1 renforcée, ce qui ne fait qu’ajouter à mon calvaire.

Vient la LV2 avec l’anglais. C’est un peu mieux, mais pas trop. Ca ne m’intéresse pas. Je préfère papoter avec mes copines. Quand on a 14 ans, c’est important.

athenaComme j’aime bien l’étymologie, je m’inscris en grec. Aussi par esprit de contradiction: comme tout le monde fait du latin, moi je vais faire du grec, c’est beaucoup plus exotique et unique. Les déclinaisons me font encore et toujours me vautrer. J’ai des résultats catastrophiques, genre 2/20! Horrible!

Par contre en étymologie, 20/20, et en mythologie et civilisation grecque (mon dada après les vikings et les égyptiens), je décroche un beau 18/20, ce qui me donne pile la moyenne. Je crois que mon prof a eu pitié de moi.

En parallèle, je continue de dévorer toute littérature qui me tombe sous la main, mais je déteste les fiches de lecture – ironique, encore une fois, quand on voit celles que je ponds maintenant pour chaque livre que je lis!

Au lycée j’abandonne le grec, mais bizarrement je me retrouve inscrite en LV3 italien alors que je n’avais rien demandé. Oh joie! Enfin une langue latine, proche du français! Je suis super bonne en italien, ça me remonte le moral. Mais il y a toujours l’allemand et l’anglais que je traîne comme des boulets, et que je déteste de tout mon coeur.

yuyu-hakushoAu lycée justement, beaucoup de mes camarades de classe font du japonais. Ma passion pour les civilisations exotiques avait été étendue à l’Asie par une amie qui m’a fait découvrir les mangas (un univers tout neuf!), je traîne donc avec les japonisants…

Pour me rendre compte que c’est une langue vraiment, vraiment très difficile (deux alphabets, les caractères chinois en plus, et plein de niveaux de langues qui ont chacun  leurs codes. Pour comparaison, en français, on en a trois: soutenu, familier, vulgaire. Les japonais en ont 50.000. Ok, j’exagère, mais à peine…), ce qui me dissuade de m’engager dans cette voie.

Arrive le temps de la fac. Comme je ne sais pas trop quoi faire, je me dis que je vais continuer en langues. La fac de langues de ma ville propose Langues étrangères appliquées (deux langues + introduction au monde des affaires), ce qui me parait un bon compromis. Je ne veux en aucun cas finir prof de langue, je veux pouvoir être sur le marché du travail avec un profil polyvalent.

On propose la combinaison Allemand-Italien, ce qui me parait bien, vu l’horreur que m’inspire l’anglais. Mais coup de malchance, cette combinaison cesse d’exister l’année où je m’inscris. Scrogneugneu. Je réfléchis et décide de me lancer avec le chinois, afin de satisfaire ma curiosité grandissante pour les cultures d’Asie extrême-orientale.

Mon raisonnement est le suivant: 1. le japonais a l’air vraiment trop difficile; 2. la Chine, c’est un peu l’équivalent de Rome et de la Grèce antique au niveau influence linguistique et culturelle pour l’Asie extrême-orientale. Donc autant revenir aux sources pour pouvoir comprendre cette partie du monde dans sa globalité (et après on peut affiner pays par pays: le Japon, la Corée, le Viet-Nam, etc…).

Je m’inscris donc en LEA anglais-chinois, en me disant que malgré ma répugnance pour l’anglais, c’est tout de même une langue bien pratique dans le monde d’aujourd’hui, et ça peut toujours servir. Le chinois me ravit, j’adore cette langue. Quant à l’anglais, je « supporte » parce que c’est un mal nécessaire, mais sans grande conviction.

harry_potter_and_the_order_of_the_phoenixAprès quatre ans d’études, je m’apprête à partir pour un an en échange à Pékin, pour finir mon Master. Woohoo! Trop la grande aventure!! Un soir d’été, je croise un mec plutôt mignon qui lit un dictionnaire dans le métro… en fait il lisait Harry Potter et l’Ordre du Phoenix en anglais! Waaah! Je me dis que ça a l’air chouette et je vais l’acheter à la FNAC fissa.

Pendant les vacances d’été qui précédèrent mon départ en Chine, je me suis donc attelée à ma première lecture en anglais, avec Harry Potter. J’ai commencé de manière scolaire, en notant tous les nouveaux mots et en allant les cherche dans le dico… Mais cette manière de faire m’a très vite frustrée. Pour l’avide lectrice que je suis, qui engloutit les livres plutôt qu’elle ne les savoure, ça n’avançait pas assez vite. J’avais envie de connaître la suite de l’histoire!

matildaJe me suis alors souvenue d’un passage de Matilda, de Roald Dahl: à la bibliothèque, Matilda bute sur certains mots qu’elle ne comprend pas. La bibliothécaire lui dit de ne pas s’y attacher, de continuer sa lecture, et le sens des mots « difficiles » devraient venir tout seul. Alors je me suis lancée sans garde fou. Très vite, j’ai capté le mot pour « baguette magique », « disparaître », ou encore les noms anglais des maisons de Poudlard (qui s’appelle d’ailleurs Hogwarts en anglais)… et je me suis laissée porter par les mots, le rythme des phrases. J’ai fini le livre aussi vite qu’un roman en français.

Ca y est, je savais officiellement « lire en anglais »! Pas trop tôt pour une étudiante en langues 😉

rebeccaArrivée à Pékin, j’ai découvert les joies des copies piratées à 10centimes des étals des vendeurs de rue. J’ai acheté pas mal de bouquins au pif. A ce prix là, ce n’était pas grave de toute façon 😉 Idem pour les DVDs, 10 cents, on ne se ruine pas! Evidemment, la littérature en français était inexistante (par contre le cinéma français ayant la réputation qu’il a, j’ai pu voir pas mal de films classiques et récents français), donc les livres étaient en anglais. Le premier que j’ai lu, c’était Rebecca, de Daphné du Maurier. Quelle claque!! j’avais aussi acheté Lolita, que j’ai mis des années à lire.

Toujours est-il que l’absence de littérature française et la prolifération de littérature en anglais m’a forcée à lire dans la langue de Shakespeare. Jusqu’au jour où j’ai découvert le Centre Culturel Français de Pékin, et je dois dire que j’étais tout de même bien contente de lire à nouveau en français. Je n’ai jamais autant apprécié la littérature française qu’après en avoir été privée pendant quatre mois. Une vraie bouffée d’air frais!

Du côté du chinois, forcément mon niveau a grimpé en flèche après mon arrivée dans le pays. J’ai autant appris en un an d’étude sur place qu’en quatre ans en France. Donc les loulous, si vous voulez vraiment apprendre une langue étrangère, ne perdez pas votre temps: allez directement dans le pays, même six mois. C’est beaucoup plus efficace!

nanaJ’ai acheté des BDs en chinois – mon manga préféré: Nana. Mais lire des romans en chinois a toujours été trop difficile pour moi. Je qualifierais mon niveau d’alors d’intermédiaire: Ok pour une conversation, même sur un sujet un peu technique (genre marketing ou politique), pour suivre les infos à la TV, mais pas pour lire le journal.

Que ce soit pour l’anglais ou le chinois, les films et la TV m’ont énormément aidé. La TV chinoise est automatiquement sous-titrée, donc je pouvais lire ce que j’entendais, ce qui est d’une grande aide. A un moment, j’achetais même des films japonais et coréens avec seulement des sous-titres en chinois, car je comprenais tout. Pour l’anglais, de même: j’achetais pleins de DVDs de films en anglais et je mettais les sous-titres en anglais. J’ai fait des progrès de dingue de cette manière!

Je suis restée trois ans dans la capitale chinoise, qui est une ville très internationale. J’y ai étudié un an, et travaillé deux ans. Après mon Master, mon chinois s’est dégradé au profit de mon anglais. En effet, Pékin est une ville qui compte beaucoup d’expats, qui ont tendance à rester entre eux, et donc à parler anglais. Je n’y ai pas échappé. Mon niveau de chinois a donc baissé, bien que je vive en Chine! Mais mon niveau d’anglais s’est amélioré, surtout que j’ai rencontré un charmant jeune homme indien, dont la langue maternelle est l’anglais!

Au gré des opportunités professionnelles, nous sommes partis nous installer à Bruxelles, capitale de la Belgique et de l’Europe. Idem, c’est une ville très cosmopolite, et la bulle expat, dans laquelle seule l’anglais suffit, est bien présente. D’ailleurs la plupart de nos amis sont britanniques! Donc rebelotte, anglais à toutes les sauces, tous les jours.

Je travaille dans une boite chinoise, mais tout le monde parle anglais – et moi je suis fainéante, donc vous imaginez mon niveau de chinois ras les pâquerettes aujourd’hui, plus de six ans après mon retour sur le Vieux Continent!

Ma tendance à vouloir « sauver des livres » m’a permis d’acquérir une partie conséquente de la bibliothèque d’une amie journaliste indienne qui déménageait…. bien sur, tout était en anglais. Je « sauve » donc pas mal de bouquins de personnes qui déménagent, ce qui est très fréquent à Bruxelles – c’est une plaque tournante, on y reste quelques mois, quelques années.

J’adore lire en anglais. C’est tellement sympa d’avoir le texte tel qu’il a été pensé par l’auteur, et non pas une traduction! Attention, je suis moi-même traductrice, mais c’est peut-être la raison pour laquelle les traductions m’horripilent: la plupart du temps, on ‘sent’ la structure de phrase de la langue originelle, ça sonne un peu bizarre en français… ou quand on connaît bien la langue de rédaction, des fois la phrase d’origine est même complètement transparente!

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Il y a UN livre que j’ai trouvé remarquablement traduit: j’ai été persuadée pendant les 3/4 du roman qu’il avait été écrit en anglais, jusqu’à ce que certaines références me mettent la puce à l’oreille et que je vérifie. Il s’agit de La Morsure de Lucius, une romance gay fantastique (oui rien que ça!).

J’ai lu récemment La Princesse des Glaces, un livre écrit en suédois et traduit en français , et certaines phrases sonnaient un peu bizarre. Je suis persuadée que la phrase d’origine, en suédois, offre des éléments linguistiques impossibles à traduire correctement en français, d’où la phrase bancale.

50-centLa traduction, ce n’est pas seulement des mots: c’est aussi traduire d’une culture à l’autre, d’une référence à l’autre. C’est très vaste et très complexe. Je me souviens par exemple d’une traduction qui nous avait donné du fil à retordre à la fac: ça parlait de 50 cent. Oui, le rappeur. Sauf que la moitié de la classe ne savait pas qui c’était, et s’échinait à essayer de trouver pourquoi on parlait de cette somme dans un texte relatif à l’industrie du disque!

La littérature anglophone me permet aussi de mettre en perspective la littérature française. J’aime les beaux mots, dans n’importe quelle langue, et un roman pauvre en beaux mots m’attirera moins qu’un roman dans lequel une recherche stylistique et lexicale a été faite. Dernièrement, c’est Barjavel qui m’a transportée avec son style lyrique et ses envolées poétiques dans Tarendol.

Lire dans la langue dans laquelle a été écrit l’oeuvre est pour moi une évidence. Il faudrait peut-être que je dérouille un peu mon allemand et mon italien, car je pense avoir des séquelles assez conséquentes de toutes ces années d’apprentissage. Il n’y a plus qu’à réactiver tout ça!

Pour résumer: une relation je t’aime moi non plus avec les langues étrangères, réconciliée grâce à la littérature et au cinéma en version originale 🙂

Votre avis: l’organisation de mes articles

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Mes chers lecteurs,

J’ai eu une illumination (et oui, ça m’arrive!) hier, sur l’organisation de mes articles. Il me faudrait donc votre avis sur la question. Laissez-moi vous expliquer…

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J’essaie de toujours suivre la même trame:

Introduction – Résumé et avis en bref – Histoire – Avis – Auteur – Produits dérivés.

L’année dernière, j’avais introduit la rubrique « Résumé et avis en bref« , car certains lecteurs se plaignaient de mes articles fleuves (ce que je veux bien comprendre, d’ailleurs!).

Quand je commence je ne m’arrête plus. J’adore disséquer les romans que je lis, et au fur et à mesure de mon analyse je me rends compte que tel élément est en fait intéressant, ainsi que celui-ci ou celui là, et que si on pousse un peu la réflexion, on se rend compte de ceci ou cela… Bref, vous saisissez le topo! Mon esprit de synthèse est aux oubliettes 😉

Cette nouvelle rubrique « Résumé et avis en bref » permet donc aux lecteurs qui préfèrent un survol de l’histoire et de son analyse à quelque chose de plus poussé, d’être satisfaits. Ils n’ont pas à se coltiner des tartines de lignes à lire, et ont tout de même une idée de l’histoire et de mon avis dessus.

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Cette année, ma nouvelle illumination tient à l’organisation des rubriques, notamment à la place de « L’histoire ». Dans cette section, je raconte l’histoire du roman par le menu. Il y a évidemment des spoilers, et si on découvre des éléments au fur et à mesure lors de la lecture du roman, je me charge de remettre les évènements dans l’ordre chronologique.

Cette rubrique est bien souvent assez longue, et intervient avant ce qui est vraiment intéressant: Mon avis 😉

Et surtout, est-ce que tout le monde a envie de savoir exactement ce qui se passe dans le bouquin, de A à Z? Je crois que cette rubrique est plus pour moi, un genre de note de lecture, pour garder en mémoire ce qui s’est passé dans le livre.

Bref, mon illumination: déplacer cette rubrique « L’histoire »à la toute fin de mes articles. De cette façon, on a déjà un apperçu de l’histoire avec le résumé, l’analyse est là direct, et si jamais on est intéressé, on peut lire l’histoire.

Les votes sont ouverts!

Tapez 1 pour déplacer la rubrique « L’histoire » à la fin des articles de Sev

Tapez 2 pour garder la structure des articles de Sev telle qu’elle est

Merci les chouchoux!!!

PS: si vous avez d’autres suggestions, je suis toute ouïe!!

Cold Winter Challenge: Menu Magie de Noël

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Ca y est! J’ai enfin trouvé le second livre qui va venir compléter mon menu Magie de Noël pour le Cold Winter Challenge!

Le menu Magie de Noël se compose de deux titres se déroulant durant la période de Noël.

How to Find Love In  A Bookstore

Not another New Year’s

J’ai déjà chroniqué le premier, qui n’est pas vraiment un livre de Noël, mais qui se finit à Noël et qui a vraiment cet aspect « livre doudou tout chou de Noël » (un peu comme Love Actually).

Quant au second, je l’ai déniché aujourd’hui même chez un bouquiniste, au prix faramineux de 2.35 euros 🙂

Cold Winter Challenge – le dilemne

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Le Cold Winter Challenge est assez simple: lire deux livres sur l’hiver ou deux livres sur Noël. Facile, n’est-ce pas? J’en ai déjà lu un (How to Find Love In A Bookstore), mais hier j’ai retourné ma Pile à Lire dans tous les sens, et rien. Que dalle.

Je fais quoi???

Pas envie de racheter un livre juste pour compléter le challenge, avec les 15 volumes qui attendent sagement que je les lise…

M’ennerve…. Scrogneugneu!!!

How to find love in a bookshop (Comment tomber amoureux dans une librairie), Veronica Henry

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bookstore-loveCe fut un achat impulsif: dans une librairie, à la recherche d’une carte d’anniversaire pour une amie, le titre m’a fait de l’oeil. Ni une, ni deux, hop, je suis repartie avec le livre (et la carte, bien sur!).


Résumé et avis en bref: Lorsqu’Emilia Nightingale perd son père, Julius, elle jure de reprendre sa librairie, Nightingale Books. Cependant, c’est bien plus compliqué qu’il n’y parait, et Emilia se demande vite si elle va pouvoir tenir sa promesse.

En attendant de prendre sa décision, la librairie, que son père lui a léguée, continue de tourner, et Emilia, qui vivait à l’autre bout du monde, rencontre les clients de son père, qui sont souvent devenus des amis… et plus si affinité, pour certains!

La librairie touche de nombreuses personnes dans le village, et Emilia, tout comme le fit son père Julius, influence la vie de ceux qui fréquente la boutique en les guidant dans leurs choix littéraires.

On découvre toute une galerie de personnages bien différents: la prof de cuisine très timide, le père célibataire charmant, le musicien, la châtelaine, l’ex-starlette, la mère au foyer… tous ces personnages gravitent autour d’Emilia, et chacun joue un rôle dans sa vie, tout comme elle joue un rôle dans la leur.

J’ai beaucoup aimé le fait que malgré la multitude de personnages, on ne soit pas perdu. Les transitions entre les différentes personnes sont fluides. L’écriture est agréable, sans prétention, et poétique.

J’ai été conquise et charmée par ce roman, qui est un petit bijou. Je ne connaissais pas du tout l’auteure, donc j’y suis allée sans a priori. Il aborde un thème douloureux, qui est celui du deuil, mais c’est surtout un roman plein d’espoir que nous offre Veronica Henry.

C’est un roman que je recommanderais de lire en hiver et plus particulièrement à Noël, car c’est exactement le genre d’histoire feel good dont on a besoin à ce moment là.


L’histoire: C’est l’histoire de Julius Nightingale, un étudiant en littérature à Oxford, qui tombe amoureux d’une pétillante américaine, Rebecca. Cette dernière tombe enceinte, et les deux tourtereaux rêvent d’ouvrir leur propre librairie.

Malheureusement, Rebecca meurt en couches, laissant Julius avec une petite fille, rousse comme sa mère, qu’il baptisera Emilia. Armé de son bébé et de son savoir littéraire, Julius cherche l’endroit idéal pour ouvrir sa librairie.

C’est à Peasebrooke,  une petite ville des Cotswold, qui est à Londres ce que la Normandie est aux parisiens, que Julius ouvre Nightingale Books. Sa fille grandit avec ce père conteur et musicien, et éventuellement, s’envolera du nid pour aller enseigner l’anglais autour du monde.

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Julius rencontre s’entoure d’une équipe de choc pour gérer sa librairie: un gothique, une mère de famille, et une ancienne dirigeante d’entreprise, qui fut un jour une star du grand écran. Julius a aussi une relation avec la châtelaine du coin, mais bien sur, tout cela est secret.

Lorsque Julius meurt, Emilia revient au bercail pour reprendre la librairie. Les affaires vont mal, mais beaucoup des clients de son père, qui sont devenus ses amis, lui portent secours.

Petit à petit, Emilia va réintégrer la vie de la ville, se faire son trou, ses amis, et au fil des lectures qu’elle conseille, elle va toucher les gens, tout comme son père le faisait avant elle.

Elle prend la place de son père dans le quatuor dans lequel il jouait, et y rencontre Marlowe, un charmant musicien qui ne la laisse pas indifférente. Son amie d’enfance, comptable, l’aide à redresser les finances du magasin. Une jeune mère de famille désoeuvrée l’aide avec la déco et l’événementiel. Et un entrepreneur à refaire sa boutique lorsqu’une inondation survient.

L’histoire se termine à Noël, lorsque le charmant musicien fait enfin sa déclaration à Emilia, lui demandant un livre s’intitulant « comment tomber amoureux dans une librairie » 😉


Mon avis: j’ai été agréablement surprise par ce joli livre. Le talent de Veronica Henry est de raconter plusieurs histoires sans qu’on ait l’impression de passer de l’une à l’autre. Tout s’enchaîne sans heurt, de façon fluide. Les flash backs nous permettent d’explorer le passé et de comprendre où en sont les personnages lorsqu’on les rencontre au fil de notre lecture. J’ai beaucoup aimé.

Par rapport à L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, dans lequel l’essentiel du roman repose sur les portraits des protagonistes sans que l’histoire n’avance réellement, ici on a leur histoire ET l’histoire qui avancent de concert. Bref, on ne s’ennuie pas.

On a le droit a une galerie de portraits assez complets, et il y a beaucoup de personnages, mais cela est fait tellement bien que ça ne m’a pas dérangé. Le portrait d’une petite ville de province, avec ses illusions et ses désillusions, est très bien brossé. Je crois que le personnage qui m’a le plus touchée est celui de Jackson. Ah, et Dillon le jardinier!!

Le style de l’auteur est lui aussi très fluide. Niveau intrigue, on découvre au fur et à mesure les petits secrets les uns des autres, mais il n’y a pas un suspense énorme (ce n’est pas un roman policier). On se doute rapidement qu’Emilia et son musicien vont finir ensemble, même si une pimbêche française se dresse sur leur chemin (aaah ces françaises lol, quel cliché!!!).

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Les personages: c’est ce qui fait la force du roman!! La plupart des personnages évoluent grâce à la littérature.

Sarah la châtelaine: son mari, qui travaillait à la city, a parié leur fortune et ils se sont retrouvés virtuellement sans le sous. Leur unique atout étant le château que Sarah a reçu en héritage de ses parents, Sarah décide de le convertir en lieu de mariage et retrousse ses manches.

En guise de cadeau de Noël pour ses employés, Sarah achète des livres, une option peu coûteuse. C’est à Nightingale Books qu’elle fait son shopping de Noël et qu’elle rencontre Julius, avec qui elle entame une relation adultère.

Dillon: c’est le jardinier de Sarah. Il a reçu de sa patronne un livre qui a changé sa vie. Il est très proche de la fille de cette dernière, mais elle le considère comme un frère. d’ailleurs, elle est financée avec un gars infecte de la city et va se marier en novembre.

Dillon aura son happy ending avec celle qu’il aime lorsqu’elle se rendra compte que son mec est un pourri (le jour de son mariage, mais mieux vaut tard que jamais!). Il est très dévoué à sa patronne Sarah, pour qui il rénove en secret le pavillon du jardin. Dillon est LE mec bien par excellence. Je le kiffe.

Jackson: très mimi mais avec une réputation de bad boy, Jackson est le bras droit du promoteur immobilier du coin. Ce dernier veut absolument racheter Nightingale Books pour en faire un parking pour la résidence qu’il développe juste à côté. Jackson n’a jamais osé rêvé, et cela lui a coûté: il dépend de Ian, le développeur, pour vivre, alors qu’il pourrait être indépendant, et sa femme l’a quitté, gardant leur jeune fils. Il vit avec sa vieille mère, un peu sénile, dans une résidence pour sénior lugubre.

En tentant de séduire Emilia pour le compte de Ian, il va repartir avec de la littérature pour enfant qui va changer sa vision de la vie, sa relation avec son fils et avec son ex femme. Jackson est LA bonne surprise de ce livre.

129634-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxMarlowe: violoniste, fondateur du quatuor de musique de Peasebrooke. Julius jouait du violoncelle et il propose à Emilia de remplacer son père. Lors des leçons privées qu’il donne à Emilia pour que cette dernière se remette à niveau, ils se rapprochent… sauf que Marlowe est officiellement avec Delphine, l’autre violoniste du quatuor, une française à qui cela ne plaît guère que son petit ami fasse du gringe à Emilia. Marlowe, en plus d’être musicien, a aussi des très beaux abdos tablettes de chocolat!

Thomasina: c’est une petite femme rondelette à la timidité maladive, dont la seule passion est la cuisine. Derrière les fourneaux, Thomasina se révèle. D’ailleurs, elle est professeure de cuisine à l’école de Peasebrooke. l’une de ses élèves, une enfant terrible, est un petit génie de la cuisine, et reste dans le droit chemin grâce à Thomasina. Cette dernière a un petit plaisir: elle s’achète régulièrement des livres de cuisine. C’est à la librairie qu’elle rencontre un charmant fromager, qui hésite entre deux livres de cuisine.

%e4%b8%8b%e8%bc%89Bea: éditrice d’un magasine lifestyle qui prône un retour à une vie plus simple, elle a quitté son métier  qui la faisait vivre à 100 à l’heure pour s’installer avec son mari à Peasebrooke lorsqu’elle est tombée enceinte. Elle vit la vie qu’elle promouvait sur papier glacé, mais s’ennuie profondément. Tellement, qu’elle vole un livre chez Emilia. Pour se faire pardonner, Béa va mettre sa créativité qui ne demande qu’à s’exprimer au service de la librairie: elle décore les vitrines pour les fêtes et dessine les plans de rénovation de la boutique. Bientôt, elle se rendra compte que la vie active lui manque, alors que son mari est en burn out. Ils échangeront leurs rôles avec plaisir.

June: amie de Julius, June est une ancienne chef d’entreprise à la retraite depuis peu, qui ne veut pas sombrer dans l’ennui. Elle donne donc un coup de main à la librairie. ce que personne ne sait, c’est que June, avant de créer son entreprise de secrétaires, eut une courte carrière cinématographique. Tombée amoureuse de son partenaire à l’écran, elle sombre dans la dépression lorsque ce dernier lui fait comprendre que leur idylle n’était que temporaire, et met fin à sa carrière. June confronte son grand amour d’autre fois lors d’une séance de dédicaces à Nightingale Books, un évènement organisé pour amener de nouveaux clients à la librairie.

Rebecca: Jeune américaine en vacances à Oxford, Rebecca tombe amoureuse de Julius le jour d’avant son départ. Elle fera tout pour rester à ses côtés, et tombe enceinte. Rousse, extrêmement intelligente, Emilia tient beaucoup d’elle. Lorsqu’elle meurt en couches, sa famille ne veut plus avoir aucun contact avec Julius ou l’enfant.

La construction du roman: chaque partie est divisée en plusieurs chapitres. A la fin de chaque partie, on a une liste de livres relative à l’un des personnages du roman (par ex: livres sur la musique pour Marlowe), ce que j’ai beaucoup aimé. On nous dresse un portrait chinois littéraire des personnages.

Les personnages ont tous un happy ending: Marlowe et Emilia s’embrassent, Dillon est enfin avec celle dont il rêvait, Sarah retrouve un mari un peu plus dynamique et sur de lui après une crise familiale, et Jackson se remet avec son ex. Bea retourne à la vie active, et June prend du bon temps avec son ex sans se prendre la tête, les blessures du passé étant pansées. Même Ian, le promoteur immobilier, a son happy ending: Emilia lui cède une partie de son terrain, mais sans que la librairie n’ait besoin d’être détruite.

La fin du roman a lieu en hiver à Noël. C’est un vrai roman cocooning, à lire sous un plaid et avec un chocolat chaud.


veronicahenrysmallL’auteure: Veronica Henry est une romancière britanique née en 1963. Fille d’une famille de l’armée, elle est éduquée au Royaume-uni ainsi qu’aux Etats-unis, changeant huit fois d’école, au gré de la carrière de son père.

Elle commence sa carrière en tant que secrétaire de production, pour ensuite devenir éditrice de script pour des séries télévisées.

En 1990, elle donne naissance à son premier enfant et quitte son job pour devenir écrivain de script indépendante pour la télévision britanique.

En 2000, son premier livre est publié, et Veronica Henry ne s’arrête plus: elle a en tout écrit 15 romans.

Visitez son site web pour en savoir plus sur cette auteure prolifique de romans romantiques!


Illustrations: J’aime beaucoup l’illustration du livre que j’ai acheté: elle est très bien trouvée, et intègre tous les éléments du livre de manière subtile. L’autre illustration est beaucoup plus neutre et me plaît moins.


Ce livre fait partie du Cold Winter ChallengeCold Winter Challenge. En effet, il se déroule en hiver, pendant la période des fêtes de fin d’année.

Concours n°1 : « Prologue », du 1er/12 au 04/12 2016

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Vous savez comme j’aime soutenir les auteurs et éditeurs indépendants 🙂
Les Editions Du Monde Premier organisent une série de concours pour la période de Noël. Courrez-y vite!
Voici le premier.

Éditions du Monde Premier

1er-au-4-pnnLots :

  1. 1 ebook du Peigne noir de Nibur + 1 marque-page « Aza »
  2. 1 ebook du Peigne noir de Nibur
  3. 1 ebook du Peigne noir de Nibur

Modalités :

  • Remplir le formulaire ci-dessous
  • Laisser un petit commentaire (cela nous permettra d’attribuer les numéros pour le tirage au sort)
  • Partager l’événement sur Facebook et/ou via votre site (ce n’est pas obligatoire, mais pour vous remercier nous vous attribuerons une chance supplémentaire)
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  • Pour les modalités générales, se référer ici.

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Cold Winter Challenge

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reading-by-the-windowVoici un challenge que je découvre, bien qu’il ait déjà cinq ans d’âge. Je vais regarder de ce pas si je trouve dans ma PAL de quoi le fournir en livres « froids » ou « de fête ».

Je vous laisse découvrir les règles de ce challenge, qui n’est pas trop invasif (deux livres en deux mois, ça devrait le faire!), ainsi que le groupe facebook qui lui est dédié.


Il est de retour ! Pour sa 5ème édition, déjà. Chaque année depuis 2012, le challenge est là pour vous accompagner durant les mois les plus froids de l’année. On se réserve une petite pile à lire spéciale hiver et on pioche dedans sur toute la durée du challenge. L’avantage, c’est qu’on y met le nombre de livres que l’on souhaite, en lien avec la saison froide, les fêtes, ou pas du tout. Le but c’est de se faire plaisir, de se donner un petit challenge personnel, et de se dépasser si on en a envie.


Les dates : du 1er décembre 2016 au 31 janvier 2017

Les menus :
Montagne enneigée : lire 2 livres dont la thématique principale est le froid, la neige ou l’hiver.
La magie de Noël : lire 2 livres se déroulant durant la période des fêtes de fin d’années.

Il vous suffit de choisir l’un des deux, ou les deux. Le challenge est donc relevé une fois les lectures du menus terminées. Et totalement relevé quand vous aurez lu tous les livres que vous, vous étiez imposé dans votre pile.

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Le choix de Ménaka (Menaka’s Choice), Kavita Kané

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menakas-choiceLe Choix De Ménaka est un roman que j’ai ramené d’Inde, après ma traditionelle virée à Crossword (l’équivalent indien de la Fnac), pour découvrir la littérature indienne. Particulièrement attirée par la mythologie complexe hindoue, je me suis laissée séduire par l’illustration langoureuse et la promesse de l’histoire d’une apsara.


Résumé et avis en bref: Ménaka est une apsara, une nymphe céleste immortelle, dont la vie est dévoué à la danse, à la séduction et aux plaisirs charnels. Elle est envoyée sur Terre par Indra, le roi du Paradis, pour séduire et distraire un sage dont la méditation menace la position même d’Indra.

Cependant, elle tombe amoureuse de sa proie. Afin de permettre au sage d’accomplir sa destinée, elle lui révèle qu’elle a été envoyée pour l’éloigner de son but. Ce dernier, en colère, rejette Ménaka et se consacre tout entier à la cause qu’il avait abandonnée depuis sa rencontre avec Ménaka, et rempli sa destinée.

91624f430fd2f3e654e13ea23b5c9eedJ’ai trouvé l’histoire un peu moralisatrice. Le choix de Ménaka est de révéler à son mari qu’elle a été envoyée pour le distraire de son destin. Elle décide sciemment de se faire rejeter pour qu’il puisse accomplir sa destinée. C’est un choix qui place l’homme au centre.

Le livre est écrit de manière féministe et présente la vie de Ménaka de son point de vue. Je pense que l’auteure est prisonnière du mythe sur lequel elle écrit, elle ne peut trop s’en éloigner. Certaines tirades sont très belles, on sent que l’auteure a voulu faire passer un message – mais c’est un peu trop évident.

C’est un chouette livre, mais je me suis un peu ennuyée arrivée au 3/4. Beaucoup de potentiel, un style assez fluide mais encombré de trop d’adjectifs… Mon avis est mitigé, mais c’est tout de même une jolie découverte.


L’histoire: Ménaka est née du brassage de la voie lactée. C’est la plus belle et la plus intelligente des apsaras, les nymphes célestes qui résident au Paradis, gouverné par le dieu Indra. Le Paradis est peuplé d’apsaras et de leurs équivalents masculins, les ghandarvas. Leur existence est vouée au plaisir, aux arts et en particulier à la danse, et aux plaisirs charnels. L’attachement n’existe pas, ni la jalousie.

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Ménaka, en plus d’être belle, est intelligente. Elle étudie sous l’égide des dieux, dont Kama, le dieu de l’amour. Tous les jours, elle danse à la cour d’Indra avec les autres apsaras, dont Rambha est la reine.

Son existence devrait être légère et sans attache, cependant Ménaka s’éprend du roi des ghandarva, et ils se marient en secret. Cela ne plaît guère à Indra, le roi du Paradis,  dont Ménaka est l’apsara favorite.

Lorsque cette dernière tombe enceinte,  il fait bannir l’époux de Ménaka sous un faux prétexte et le transforme  en monstre. Ménaka est forcée d’abandonner sa fille car les enfants ne sont pas admis au Paradis.

Ménaka reste au Paradis, mais jure de ne plus jamais danser pour Indra. Elle est dans une prison dorée: Indra ne la laisse pas partir du Paradis.

Cependant, sur Terre, le roi Kaushik a été blessé dans son ego par un sage, et a juré de se venger en devenant un sage encore plus puissant (ça vous fait sourire? moi aussi!). Il abandonne donc son royaume et sa famille pour se consacrer à la méditation, et il devient tellement puissant qu’Indra prend peur: quel est ce mortel qui ose accumuler tant de pouvoir qu’il puisse créer un univers et un paradis parallèles à ceux qui existent déjà?

Il faut arrêter Kaushik, qui, à force de méditer, est devenu tellement sage qu’on l’appelle Vishwamirta (« ami du monde »). Quoi de mieux pour le distraire de sa méditation, que de lui envoyer la plus belle des apsara?

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Ménaka séduit Vishwamitra

Indra envoie donc Ménaka en mission pour détourner l’attention de Vishwa. Ménaka accepte car il y voit une échappatoire à l’enfer qu’est devenu pour elle le Paradis (jeu de mots facile mais qui décrit parfaitement la situation).

Sachant que Vishwa est très puissant, il vaut mieux ne pas l’embobiner. Ménaka décide donc de lui raconter la vérité, à une toute petite différence près: oui s’est attiré les foudres d’Indra pour être tombée amoureuse, oui elle lui en veut d’avoir transformé son mari en monstre et de l’avoir bannit, et de lui avoir fait abandonner sa fille. Par contre, non elle n’est pas bannie du Paradis comme elle le fait croire à Vishwa, et elle se garde bien de lui dire que c’est Indra qui l’envoie.

C’est le coup de foudre immédiat. D’autant plus qu’Indra, qui surveille tout ça avec Kama, le dieu de l’amour, demande à ce dernier de tirer une flèche sur Ménaka afin qu’elle tombe amoureuse de Vishwa. Tout cela dans le but qu’elle oublie son mari.

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Pour vivre heureux, vivons cachés

Ménaka et Vishwa vivent heureux dans les bois. Ils sont tellement épris l’un de l’autre qu’il batifolent à toute heure du jour et de la nuit. Evidemment, Vishwa n’est plus du tout concentré pour sa méditation, et donc perd de ses pouvoirs. Indra rigole bien, mais il se demande quand est-ce que Ménaka va rentrer, maintenant que sa mission est accomplie.

Il descend sur Terre pour essayer de faire revenir Ménaka, mais cette dernière, intelligente, use d’un argument de taille pour rester auprès de son bien aimé: dès qu’elle sera partie, Vishwa se consacrera à nouveau à la méditation. Pour l’empêcher à jamais de redevenir puissant, il faudrait un enfant. Accaparé par son bébé, même si Ménaka est absente, Vishwa ne pourra méditer.

C’est ainsi que naît Shakuntala, l’enfant de la plus belle des apsara et du plus sage d’entre les sages. Mais Ménaka se sent mal. Tout ce bonheur n’est pas mérité. Son mensonge la ronge. Elle pousse Vishwa à reprendre la méditation, mais ce dernier est juste content de sa vie de famille, une vie simple et paisible.

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Vishwamitra rejette Ménaka et Shakuntala

Ménaka est déchirée: en enracinant Vishwa dans cette vie domestique, elle l’empêche d’accomplir sa destinée. Elle décide donc de sacrifier son bonheur, et révèle à Viswa que pendant 10 ans, elle lui a menti. Elle avait été envoyée par Indra pour le distraire et lui faire perdre ses pouvoirs.

Meurtri, Vishwa jette un sort à Ménaka: jamais elle ne pourra le revoir, car il sait qu’elle l’aime véritablement, malgré son mensonge. Il confie leur fille Shakuntala à un autre sage, car Ménaka ne peut emmener sa fille au Paradis.

Vishwa retourne dans les Himalayas et se remet à méditer, accumulant encore plus de pouvoir et accomplissant sa destinée. Ménaka, quant à elle, est de nouveau prisonière du Paradis.

Indra, quant à lui, se sent à nouveau menacé par Vishwa et ses pouvoirs de plus en plus puissants. Il envoie Rambha, la reine des apsaras, pour le séduire à nouveau… mais Vishwa, de colère, la transforme en statue de pierre.

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Indra tente de distraire Vishwamitra

Indra nomme Ménaka reine des apsaras, et décide de prendre les choses en main: il va lui-même, sous les traits d’un vieillard, rencontrer Vishwa pour tenter de le distraire. Bien sur cela ne prend pas, et Vishwa continue sa méditation, pour devenir le premier sage mortel à atteindre un degré de sagesse qui le fasse rentrer dans le club très fermé des brahmarishis (en gros, les super sages).

Leur fille, Shakuntala, rencontre Dushyant, un prince avec qui elle se marie secrètement, et qui promet de revenir la chercher. Bien sur il ne revient jamais, et elle se retrouve à éduquer son fils seule, relevant le défi la tête haute. Lorsque Bharat, son fils, agé de 14 ans, lui demande qui est son père, elle emmène son ado rencontrer son papa.

Celui-ci accuse Shakuntala de vouloir lui soutirer de l’argent/du pouvoir. Cette dernière le ridiculise devant sa cour, en lui indiquant qu’elle est sa femme légitime, que toutes ces années elle n’a rien demandé, et qu’elle ne fait que répondre au désir de son fils, qui, avec ou sans lui, sera un roi sans pareil. Du coup Dushyant, le roi d’Hastinapour, l’accepte comme sa femme légitime et Bharat comme son héritier.

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Shakuntala et Dushyant


Mon avis: 

L’écriture: le style d’écriture se démarque de ce que j’ai coutume d’appeler le « style indien », qui est généralement assez pauvre stylistiquement, et dans lequel les phrases à ralonge sont usuelles. Ici, on sent que l’auteure est une littéraire (études de littérature, ancienne journaliste), il y a une recherche du beau mot poussée. Cependant, j’ai vite été noyée sous un trop plein d’adjectifs. Et la « touche indienne » était tout de même bien présente, avec des expressions telles que « something courtesy someone » ou « do the needful ».

Cependant on n’arrive pas au niveau du grand maître Amitav Gosh – mais ce dernier a été éduqué en occident, et donc je me demande si je ne suis pas en train de dire que « l’anglais indien » est moins bon que « l’anglais UK/US », ce qui relèverait d’un colonialisme littéraire qu’en théorie, j’abhorre… Je suis donc devant un cas de conscience sur le « style indien »! la langue s’est développée de manière différente dans le sous-continent indien, tout comme le français en Afrique ou dans les caraïbes… ou en Belgique, ma terre d’accueil. Cela en fait un français de moindre qualité pour autant?

En bref, j’ai apprécié l’écriture de Kavita Kané, même si elle ne m’a pas transcendée.

La légende: après avoir fini le livre, je me suis penchée sur le mythe « officiel ». La légende est bien respectée, d’après ce que j’ai pu lire. Ce fut donc l’occasion, pour moi, de me familiariser avec cet épisode de la mythologie hindoue (qui est très, très fournie!).

indralokaLe panthéon hindou: J’ai (re)découvert la conception du monde selon les hindou, avec le monde des humains au milieu, celui des Dieux au dessus, et celui des démons en dessous; ainsi que les relations entre tous ces êtres qui cohabitent au sein d’un même univers.

J’ai ainsi appris qu’à force de méditer, les humains pouvaient atteindre un statut quasi divin, et donc être invités au Paradis parmi les dieux.

Les dieux et déesses sont dotés, tout comme leurs homologues grecs et romains, de caractéristiques bien humaines: jalousie (chez Indra), peur, colère… et on peut les « acheter » en méditant et en priant, afin d’atteindre un certain but, même si la motivation première n’est pas pure.

Vishwamitra veut devenir un bhramarishi, un « super-sage », juste pour se venger d’un sage qui l’a froissé. Et les dieux, satisfaits de le voir méditer non-stop, lui donnent ce statut! Peu importe que Vishwamitra soit encore mené par son ego!

Les apasaras et ghandarvas sont des courtisans célestes. Ils vivent à Indralok, la capitale du paradis, et leur « devoir » est de vivre de plaisirs et de procurer du plaisir à qui voudra. Les attachements sentimentaux n’ont pas lieu d’être. On donne son corps à qui l’on veut, on en profite à fond, dans le respect de l’autre, bien évidement.

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L’art a une place d’importance, avec la danse et les positions sexuelles. D’ailleurs, ces dernières sont enseignées par le dieu de l’amour, Kama ( qui nous a laissé un ouvrage bien connu afin que nous, pauvres mortels, puissions en bénéficier).

Comme je l’ai dit, les attachements sentimentaux n’ont pas leur place au Paradis. Le mariage n’y a pas lieu, car il n’a pas lieu d’être. Les apsaras et ghandarvas ne peuvent concevoir d’enfant, sauf s’ils sont véritablement amoureux… et donc, en théorie, cela n’arrive jamais.

Mais la théorie est un joli pays, très lointain, et ce n’est pas la réalité. La réalité, c’est que les ghandarvas et les apsaras vivent sous la tyrannie d’Indra, qui a décidé qu’il en serait ainsi dans sa capitale. Et donc, forcément, il arrive qu’une apsara tombe amoureuse et se marie en secret. Il arrive aussi qu’elle tombe enceinte. Mais les enfants ne sont pas admis au Paradis, et sont donc abandonnées sur Terre, auprès de sages.

De plus, Indra, qui devrait être un roi impartial, est tout à fait partial: il a ses chouchous et ses têtes de turc, et il est d’une mauvaise foi qui transcende tout ce que l’on puisse imaginer.

indraLe job des apsaras, en plus d’être jolies et de danser à la cour d’Indra, est d’aller séduire les sages humains qui, devant trop sages, menacent le statut des dieux. En effet, impossible pour les dieux que de simples humains puisse atteindre un degré de sagesse telle, qu’ils puissent rivaliser avec eux! Donc ils envoient une apsara trop belle pour séduire le pauvre mortel et lui faire oublier sa méditation. Et la plupart du temps, ça marche.

Et puis les dieux sont un peu peureux. Lorsqu’un démon très puissant (qui a, soit dit en passant, obtenu sa puissance en priant longtemps, longtemps un dieu, je ne sais plus lequel) se ballade dans les jardins du Paradis et viole la reine des Apsara, Rambha, les dieux ont trop peur dudit démon et ne font rien! Que dalle!! Non mais c’est quoi, ces dieux???

Bref, je n’ai pas été emballée par la vision hindoue du Paradis et des relations entre les hommes et les dieux!

Le féminisme: Kavita Kané a pris le parti de raconter cette histoire du point de vue de Ménaka, la tentatrice. Normalement, c’est un postulat de départ qui me plaît: raconter une histoire connue du point de vue du personnage féminin, lui donnant un « twist » féministe.

La légende a été très bien respectée, mais j’ai eu l’impression qu’elle emprisonnait l’auteure. Le message féministe est bien là, mais c’est quand même un homme, Vishwamitra, qui est au centre de tout cela, et un dieu masculin, Indra, qui se sert de Ménaka pour assouvir sa vengeance.

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Oups, je sort de mon bain alors qu’un sage passe par là… quelle coïncidence!

Cependant, Ménaka arrive à renverser la vapeur de son côté en manipulant habillement Indra. On insiste sur sa beauté, mais aussi sur son intelligence.

Elle manigance pour s’échapper du Paradis, qui est devenu un enfer pour elle. On l’a forcée à abandonner sa fille, et son mari est banni et transformé en monstre. Lorsqu’Indra lui propose un nouveau job sur Terre, elle y voit l’opportunité de s’échapper du Paradis pour toujours.

Mais Indra, aveuglé par la jalousie (il n’a jamais digéré que Ménaka se soit mariée), demande à Kama, dieu de l’Amour, de la faire tomber amoureuse de sa proie, afin qu’elle oublie son mari. Bien mal lui en a pris, puisque, véritablement amoureuse de Vishwa, Ménaka va le pousser à retourner à sa méditation.

Ménaka est une femme/apsara forte. Elle n’est pas amère et surmonte les déceptions de sa vie éternelle pour en tirer des leçons? D’ailleurs, ces dernières sont à peine dissimulée sous un faux air de dialogue, qui est en fait un monologue, et j’ai vraiment senti que c’était le moment « morale de l’histoire ».

Ménaka prend ses décisions toute seule quant à sa vie, et contourne habillement les obstacles qui se présentent. A la fin, lorsqu’elle pourrait revoir son amour, elle choisit délibérément de ne pas y aller, afin qu’il puisse accomplir sa destinée.

Ménaka est une rebelle, qui renverse l’ordre établit, et remet en question les conventions. Lorsque son mari est frappé d’un châtiment injuste, elle fait grève.

Les apsaras sont conscientes de leur sort. Elles savent que tomber amoureuse et/ou enceinte n’apporte que des problèmes. Beaucoup de ses consoeurs préviennent Ménaka. Mais cette dernière fera tout pour libérer les apsaras de leur condition.

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Quand tu médites tellement longtemps que tu es convert de toiles d’araignées 😉

Kaushik/Vishwamitra: Ce personnage, qui est en fait le personnage central du roman,m’a laissée perplexe. C’est un sage né dans le corps et à place d’un roi. Il passe la première partie de sa vie à assouvir un besoin sans cesse renouvelé de conquêtes. On cherche où se cache le sage là dessous….

Jusqu’au jour où il rencontre un sage qui a une génisse qui exauce tous les voeux. Lorsque son royaume connaît la disette, Kaushik se dit que cette génisse lui serait bien utile, et part la réquisitionner. Sauf que la génisse n’est pas réquisitionnable, puisque c’est un cadeau d’un dieu, et donc Kaushik se fâche tout rouge et jure de se venger du sage.

De là, il abandonne ses femmes, ses enfants et son royaume, pour méditer, afin de devenir encore plus sage que le sage à la génisse. Lorsque Ménaka est envoyée sur Terre pour le distraire et le détourner de son but, il est tellement puissant qu’il a réussi à créer tout seul un autre univers avec d’autres dieux et un autre Paradis. Tu m’étonnes que les dieux d’ici bas flippent, s’ils ne servent plus à rien!

Bref, ce personnage m’a laissée perplexe. Il atteint des sommets de sagesse spirituelles mais est toujours motivé par sa vengeance. Lorsqu’enfin il s’aperçoit que son ego est surdimensioné, alors il s’excuse et devient bhramarishi, « super-sage ».

shakuntalaShakuntala: C’est l’enfant née des amours de Ménaka et Vishwamitra. Elle est mortelle. Lorsque Ménaka révèle à Vishwa qu’elle a été envoyée pour le divertir du droit chemin, Vishwa est tellement peiné qu’il ne peut plus poser son regard sur sa fille, car elle lui rappelle trop Ménaka. Shakuntala est donc élevée par un autre sage, un pote de son pôpa.

Elle rencontre dans la foret un jeune prince qui lui promet monts et merveilles, mais dans les faits, il abuse d’elle et ne revient jamais. Shakuntala, fière, déclare qu’elle n’a pas besoin de lui, et élève seule son fils.

Lorsque celui-ci demande à connaître son père, elle l’emmène à la cour et se fait traiter de pute par le roi. Elle ne se démonte pas, et le ridiculise devant sa cour. Pour sauver la face, le roi n’a d’autre option que de la reconnaître comme sa femme légitime, et leur fils, comme leur héritier.

Bref, les femmes en ont dans la culotte, dans cette famille!

Conclusion: une jolie découverte, assez bien écrit, qui m’a fait découvrir un épisode de la mythologie indienne que j’ignorais. La condition féminine, au travers du mythe de l’apsara, est détaillée et secouée jusque dans ses fondations. Cependant, je ne suis pas emballée par le mythe originel, et me suis un peu ennuyée sur la fin.

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kavita-kaneL’auteure: Kavita Kané a étudié la littérature anglaise avant de devenir journaliste pendant 20 ans. Elle commence sa carrière d’auteur en 2013 avec La Femme de Karna (Karna’s wife), puis La Soeur de Sita (Sita’s Sister) en 2014. Ses livres revisitent une figure mythologique féminine. Le Choix De Ménaka est son troisième livre.

Vous pouvez en apprendre plus sur elle en lisant son interview ici et une autre sur sa méthode de travail et sa fascination pour les figures mythologiques féminines (en anglais).

Ses livres ont reçu un écho favorable en Inde, où Kavita Kané est maintenant une auteure de best seller.


 

 

Défi 365 jour d’écriture: Vieille photo

Publié le

Girl Kissed By Fire organise tout au long de l’année un défi d’écriture. Chaque jour, elle nous donne un mot, une direction, et à nous d’être inspirés. Sur 365 jours, beaucoup sont déjà passés…

Voici ma troisième contribution avec « vieille photo ».Chacune de mes entrée fait suite aux précédentes, je vous invite donc à lire mes contributions précédentes: sucré (1) et première fois (2).


Alphonse attendait le retour de Carmen. Elle serait bien surprise, et très certainement enchantée de la petite surprise que son mari lui avait préparée!

L’appartement était silencieux. Alphonse attendait, et l’attente est un sport de haut niveau, quand on y pense: le coeur bat plus vite, l’anxiété monte, il faut respirer correctement… Alphonse n’en n’avait pas l’habitude.

Pour tromper les secondes qui s’allongeaient en éternités, Alphonse entreprit à nouveau d’ouvrir et de fermer méthodiquement des tiroirs. La commode sur la droite du canapé avait déjà remplit son office quelques minutes auparavant, en révélant les petites cuillères en argent.

Qui sait ce que la commode qui soutenait leur téléviseur pouvait bien cacher? Alphonse ne cherchait rien de particulier, mais ouvrir et fermer les tiroirs lui donnait un but pour tromper les quelques minutes à combler avant l’arrivée de Carmen.

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Dans le tiroir du haut, s’alignaient des boites en fer blanc. De vieilles boites à biscuit, dont Carmen raffolait. La première boite était une ancienne boite de galettes bretonnes, ornée du Mont St Michel. Alphonse sourit: ils avaient été jusqu’au Japon, mais jamais au Mont st Michel. Il faudrait peut-être penser à réparer cet oubli.

Il la sortit du tiroir, la soupesa, la tourna et lu distraitement la liste des ingrédients qui était au dos. Il allait remettre la boite dans le tiroir lorsqu’il se ravisa et souleva le couvercle.

La boite était remplie de vieilles photos. Celle qui couronnait la pile montrait un jeune couple souriant, elle en robe du dimanche et lui en costume. Leur photo de mariage…

Alphonse caressa doucement la photo jaunie, ému. Il la posa sur la table, devant le service à thé, et remis la boite à sa place dans le tiroir.

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365 jours d’écriture: première fois

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Girl Kissed By Fire organise tout au long de l’année un défi d’écriture. Chaque jour, elle nous donne un mot, une direction, et à nous d’être inspirés. Sur 365 jours, beaucoup sont déjà passés… Je prends le train en marche (la queue du train!) et je vous propose aujourd’hui ma production avec « première fois ». Vous pouvez retrouver ma première contribution ici (l’histoire continue).


pain-d_pices-9Alphonse et Carmen Beaugrain avaient eu un anniversaire de mariage remarquable. Trente ans de mariage, cela se fête! Trente ans d’entente tacite et de sourires, trente ans de disputes et de soupirs excédés, trente ans d’amour.

Le jour précédent, Alphonse avait dû faire face à un dilemme. Après avoir fini de préparer son pain d’épice, il s’était retrouvé comme deux ronds de flan, ne sachant pas comment cacher son pain d’épice encore tout chaud.

Carmen était de sortie avec ses amies tout l’après-midi, ce qui avait donné à Alphonse le temps nécessaire pour préparer son pain d’épice. Il s’était même octroyé assez de temps pour recommencer, en cas de ratage intempestif. Après tout, c’était la première fois qu’il faisait un gâteau de sa vie… un pain d’épice, en plus! Il avait mis la barre haut!

Mais Carmen allait rentrer, et les preuves allaient être difficiles à dissimuler. Même si, par miracle, il arrivait à remettre la cuisine en état, l’odeur caractéristique allait rester. Et surtout, où cacher le pain d’épice?

Vraiment, Alphonse avait pensé à tout, sauf à cela. Quand on sort du rôle que l’on a joué pendant près de trente ans, un rôle dans lequel les décisions sont prises par une instance supérieure (sa femme) et qu’il suffit de suivre, il est bien difficile de mettre sur pied un projet qui tienne la route. Qui plus est, un projet secret!

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Il était 16h45. Alphonse avait rangé et nettoyé la cuisine, et ouvert les fenêtres en grand. Carmen allait bientôt rentrer de son après-midi avec ses amies, et Alphonse ne savait toujours pas quoi faire de son pain d’épices, caché, en désespoir de cause, dans le four encore chaud.

Il avait 15 minutes pour trouver une solution. Alphonse était debout au milieu du salon, se tordant les mains et ne sachant que faire. Il se dirigea vers la cuisine, ouvrit le four: le pain d’épice était toujours là. Il revint au milieu du salon, ajusta les rideaux aux fenêtres, revint au milieu du salon, tourna trois fois sur lui même, ne sachant où aller ni que faire.

Machinalement, il ouvrit un à un les tiroirs de la commode du salon, espérant y trouver une solution. Il connaissait bien le premier tiroir, qui abritait les menus articles de papeterie des Beaugrain: crayons à papier, stylos, post-its, enveloppes et timbres s’y côtoyait, bien en ordre.

6-petites-cuilleres-en-argentAlphonse referma le tiroir, et ouvrit le second, puis le troisième, qui ne l’aidèrent pas non plus à cacher son pain d’épice. Le quatrième tiroire était, quant à lui, rempli de boites oblongues en carton. Il en ouvrit une, et découvrit des petites cuillères en argent.

« Mon Dieu, les couverts en argent de notre liste de mariage! On ne s’en sert jamais, je les avais complètement oubliés! »

Alphonse savait maintenant ce qu’il devait faire. Il jeta quelques couverts en argent sur la table de la salle à manger, où ils atterrirent en cliquetant, avant de filer dans la chambre à coucher. Frénétiquement, il fouilla la grande armoire de chêne massif, hérité de son grand-père, qui leur servait de lingère.

Lorsqu’il eut trouvé ce qu’il cherchait, il claqua d’un coup sec la porte de la vénérable lingère et couru aussi vite que son coeur le lui permettait dans la cuisine. Il ouvrit les robinets trop fort, faisant gicler l’eau partout et s’aspergeant en même temps. Soufflant et jurant, il mit l’eau à chauffer sur le feu.

Il avait toujours la belle nappe qu’ils avaient reçue dix ans auparavant coincée sous le coude. Quelle heure était-il? Il lui restait dix minutes pour que tout soit parfait. Alphonse déplia d’un geste majestueux la nappe de dentelle et l’étala sur la table. En voulant la lisser, il s’aperçut qu’il avait laissé les couverts en argent en dessous, et pesta.

tea-setL’eau était chaude, il sortit le set de thé que Carmen adorait et avait rapporté de leur voyage au Japon, lorsqu’ils avaient rendu visite à leur fille aînée, Elise, qui y étudiait alors.

Il mis la table minutieusement, ajustant les couverts auprès des assiettes à dessert et recentrant mille fois ceci ou cela. Le thé infusait. Parfait.

Alphonse se détendit et alla d’un pas tranquille dans sa chambre à coucher pour passer une nouvelle chemise.

Pour la première fois depuis trente ans, il allait surprendre sa femme, son adorée, avec un petit thé romantique. Il n’aurait plus qu’à sortir le pain d’épice du four le moment venu.