Autriche/Austria, Contemporain/Contemporary, En français/In French, fantastique, Jeune Adulte/Young Adult, livres, Policier/Thriller

Le Sang des Wolf (Blanche Montclair) enfin édité! Woohooo!!

Le Sang des Wolf, Blanche Montclair

Il y a des auteurs que l’on découvre, et que l’on aime. Blanche Montclair, je l’ai découverte au détour d’une fouille du monde blogesque, et je ne l’ai plus lâchée. Cette jeune auteure française s’est lancé dans l’auto-édition, et son roman est maintenant en vente!

Bravo Blanche!!

Cliquez ici pour acheter son livre, et pour découvrir son univers.

Notez l’illustration de la couverture, de toute beauté, réalisée par l’auteure elle-même. Car quand elle n’écrit pas, elle est graphiste. Une artiste complète!

Voici mes chroniques passées sur ce premier tomes des aventures de Zoé à Vienne (cliquez sur les images):

Zoé, l'héroïne française qui étudie en Autriche sw31007

 

 

 

 

 

 

 

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Album/Picture book, En français/In French, Enfants/Children, France, livres

Toute Petite Souris (Very Little Mouse), Kimiko

toute-petite-sourisVoici une chronique que j’avais écrite pour le site theParentVoice, Magazine, sur un livre pour enfant ayant pour thème l’adoption.

theParentVoice, Magazine, est un magazine en ligne (principalement en anglais) dédié aux familles multiculturelles et multiraciales. Je fais partie de l’équipe de rédaction 🙂 Toute Petite Souris est un album pour enfants sur le thème de l’adoption inter-raciale.

This is a review I wrote for theParentVoice, Magazine, about a children’s picture book on adpotion.

theParentVoice, Magazine, is an online magazine (mostly in English for now) dedicated to multicultural and multiracial families. I’m part of the editorial team 🙂 Toute Petite Souris (Very Little Mouse) is a picture book for children about inter-racial adoption.


Mon avis: Mathilde et Oscar sont deux ours qui vivent dans la forêt. Un jour, ils trouvent une toute petite souris qui pleure dans le creux d’un arbre. Lorsqu’ils s’en approchent, elle s’arrête de pleurer et les appelle « Papa et maman ». Les ours, qui ont toujours voulu avoir un enfant, adoptent alors la petite souris, et l’appellent Lilette.

Review: Mathilde and Oscar are bears, and one day they find a very little mouse in the forest. She is alone and she’s crying. When they approach her, she stops crying and calls them “Mom and Dad”. And so Mama Bear and Papa Bear adopt the mouse, calling her Lilette.

En grandissant, Lilette se rend compte qu’elle ne sera jamais un ours, et s’en va dans la forêt, à la recherche de sa famille souris. Elle découvre qu’il y a beaucoup de types de souris différentes dans la forêt et de part le monde, et que les souris vivent d’une manière bien différente de celle dont elle a vécu jusqu’à présent avec sa famille ours.

As Lilette grows, she realizes that she will never be a bear and ventures in the forest, looking for her mouse family. She discovers that there are many different types of mice in the forest and in the world, and that mice have different habits from the ones she’s learnt with her bear parents. After spending some time with mice, Lilette starts missing her bear parents and goes back home.

Ce livre parle de l’adoption et de la recherché d’identité des enfants adoptés, d’une manière simple et poétique. Ici, on a à faire à une adoption «entre espèces différentes », avec des différentes physiques notables entre les parents d’adoption et l’enfant adopté.

This book talks about adoption and the search for identity of adopted children in a simple and poetic way. Here we have what we could call a “cross-species” adoption, with noticeable physical differences between the very little mouse and her very big and tall bear parents.

La quête d’identité de Lilette commence le jour où elle n’arrive pas à atteindre ses biscuits parce que la plupart des meubles de sa maison sont trop grands pour elle. Bien que les ours lui aient fabriqué des meubles et des jouets à sa taille, le reste de la maison est tout de même trop grand pour Lilette. C’est une manière simple et efficace de démontrer comment les enfants adoptés peuvent se sentir en inadéquation avec leur environnement.

The search for identity begins when Lilette, the adopted mouse, cannot reach her biscuits because most of the pieces of furniture in her adoptive parents’ house are too big for her. Although they’ve made efforts to provide her with pieces of furniture and toys at her size, the rest of the house is still too big. 

Lorsque Lilette s’aventure dans la forêt, elle est plutôt ignorante du monde extérieur. Elle apprend qu’il y a différentes sortes de souris, et que les souris sont si nombreuses, que retrouver ses parents souris va être très difficile. Cela illustre très bien les sentiments que peuvent ressentir les enfants adoptés qui se lancent à la recherche de leur famille naturelle. Ils peuvent se sentir submergés par l’ampleur de la tâche.

When Lilette starts venturing out, in search of her birth family, she is quite ignorant of the outside world. She learns that there are many different kinds of mice, and that they are so many that it is difficult to know who her birth parents could be. This illustrates how children looking for their birth families might feel overwhelmed by the huge task they’ve undertaken.

Un peu après, Lilette rencontre une souris, qui ne sait pas où se trouve la maman souris de Lilette, mais qui l’invite à venir passer du temps chez elle. Lilette y est confrontée à un style de vie bien différent de celui qu’elle a eu jusqu’à présent avec ses parents ours. C’est un moment dédié à la découverte de l’autre, à l’apprentissage (Lilette apprend à manger du fromage, et enseigne aux autres souris comment prendre du miel sans se faire piquer), et surtout d’acceptation mutuelle.

Eventually, Lilette meets a mouse who invites her to share her life for a little while. There, Lilette is confronted to a new way of life, very different from the one she’s had so far with her bear family. It is a time for learning, exchanging (the mice teach Lilette to eat cheese, and she teaches them how to get honey without being stung by bees), and mutual acceptance.

C’est aussi le moment où une hypothèse est formulée sur la raison probable de l’abandon de Lilette.

A la fin, Lilette parvient à réconcilier ses deux identités : Souris et Ours.

It is also a time when a possible explanation is offered to Lilette as to why her birth family might have abandoned her.

In the end, Lilette finds a way to reconcile both her identities: Mouse and Bear.

J’ai adore ce livre parce qu’il explore toutes les émotions et les différentes étapes par lesquelles un enfant adopté peut passer, sans être dramatique, et d’une jolie manière. Les illustrations sont simples mais belles. Le fait que ce livre ait pour personnages des animaux fait que n’importe quelle famille adoptive puisse s’y identifier.

I loved this book because it goes through all the emotions and different stages an adoptive child might go through, without being dramatic, and in quite a cute way. The illustrations are simple but beautiful. The fact that the book features animal species enables any adoptive family to easily identify with the characters.

Je trouve ce livre parfait pour aider les jeunes enfants adoptés à gérer leurs émotions. C’est aussi une bonne manière d’introduire le concept d’adoption aux autres enfants.

To me, this book can really help young children who have been adopted to deal with their own emotions. It is also a good introduction to the concept of adoption for other children.

A partir de trois ans / From 3 years old and available in French only. 


kimiko-EDL_Christophe_Crenel_2015L’auteure: Kimiko est née en 1963 d’une mère japonaise et d’un père français. Elle a principalement vécu en France, mais a souvent passé ses vacances au Japon dans la magnifique maison traditionnelle de ses grands-parents, près de Kyoto. Après des études de stylisme à Tokyo, elle a travaillé pour une maison de haute couture à Paris. Puis elle a quitté la mode pour faire des livres pour enfants. Elle se souvient de deux amies japonaises de sa maman, qui, tout en buvant du thé, dessinaient des imprimés textiles. Dessiner pour travailler était son rêve, aujourd’hui réalisé. (source)

Author: Kimiko was born in  1963 from a Japanese mother and a French father. She mostly lived in France, but used to spend her holidays in Japan, in her grand-parents beautiful traditional house, located next to Kyoto. After having studied fashion in Tokyo, she started working for a haute couture designer in Paris, France. Then she left fashion to dedicate her time to children books. She remembers two of her mother’s Japanese friends who would draw while sipping tea. Drawing to earn a living was her dream, and it came true.

Classique/Classics, En français/In French, France, livres, Roman/Novel

Yvette (et autres nouvelles), Guy de Maupassant

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Ah! Maupassant! Je suis éternellement reconnaissante au programme de seconde de m’avoir forcée à lire Bel Ami, sans quoi je serais vraiment passée à côté de ce génie de la littérature française. Ce livre était à donner dans la boite à livres de ma bibliothèque. Je ne connaissais pas du tout ce titre, mais je me suis dit que je n’avais rien à perdre et tout à gagner à le découvrir.

Ah! Maupassant! Novels by this classical French writer are studied in French high schools, and I can only thank my literature teachers for introducing me to this genius. This book was in the give away box of my local library. I had never heard of this specific novel before, but I was sure that Maupassant wouldn’t disappoint me. And I was right.


Illustrations/Book cover art:

Mon édition, vieillotte, montre une jeune femme jouant du piano, séduite et alanguie, mais qui a tout de même l’air de lutter un peu avec le charme de son séducteur. Une illustration qui colle parfaitement au livre.

La plupart des éditions montrent une jeune femme, plus ou moins sexy, quelque foise n compagnie d’un homme. Une édition comporte le portrait de Guy de Maupassant.

My edition is a bit old. The cover art shows a young lady playing the piano and being seduced. She’s trying to resist but clearly failing. This illustrates the book perfectly.

Most of the book covers show a young lady, either by herself or with a man, and more or less sexy. One edition only shows the author’s portrait.

 


Résumé: Jean de Servigny s’est épris d’Yvette, la fille d’une courtisane de luxe. Pourtant, il n’arrive pas à savoir si Yvette joue les ingénues, ou si elle n’a vraiment aucune idée des choses de la vie. Yvette le rend fou, il la veut. Mais lorsque la jeune femme découvre la véritable nature des activités de sa mère, elle tombe des nues et décide qu’il n’y a d’honneur que dans la vie d’une femme vertueuse. Sa seule issue, c’est la mort.

Story: Jean de Servigny is obsessed by Yvette, the 18 year old daughter of Paris’ most expensive courtesan. But he cannot decide if Yvette is just pretending to be innocent or if she really has no clue about sex and her mother’s profession. He’s mad about her, he wants her. But when the young woman discovers the true nature of her mother’s activities, she’s shocked and cannot bear it. She decides that the only way to live is to be an honest woman, or to die.

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Jean et Yvette dansent sur les bords de Seine – Jean and Yvette dancing on the Seine river banks.

Mon avis: Ah! Maupassant! Quel délice, après le style branchouille de Débutantes Divorcées! Quand je lis ces beaux mots, ces phrases à ralonge, ce passé simple, le plaisir de lire revient au galop. C’est un enchantement, que de lire Maupassant! Ca faisait longtemps que je n’avait pas lu d’auteur classique français, et ça fait du bien. Je lis beaucoup en anglais, ce qui est très chouette, mais je pense que je dois perdre un peu de poésie in translation. Là, dans ma langue maternelle, tout résonne en moi. La dernière fois, c’était avec Tarendol de Barjavel.

Voilà, ai-je besoin de développer plus, pour que vous soyez convaincus que le style de Maupassant me subjugue? Passons donc à l’intrigue.

Review: Ah! Maupassant! It is so pleasant to read a classical French author, after the trendy and fashionable but oh-so-superficial Debutante Divorcee! When I read these beautiful words, these extra long sentences, this past tense, the pleasure of reading comes back to me. It is simply enchanting, to read Maupassant! It’s been a long time since I have read a classical French author, and it feels good. I read a lot in English, which is good for me, but I’m quite sure I’m losing some poetry in translation. In my mother tongue, everything flows so beautifully. Last time it happened, it was with Barjavel’s Tarendol.

Do I need to say more, or have I said enough to convince you that I am totally in love with Maupassant’s writing style? Let’s talk about the story, then.

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La Comtesse Obardi et sa fille Yvette – Countess Obardi, the courtesan, and her daughter Yvette

Yvette, donc, est la fille de LA coutrisane de luxe de Paris. Sa mère gère son affaire comme une cheffe. Il n’y a pas de père pour cette jeune fille, qui malgré l’environement dans lequel elle grandit, reste innocente des choses de la vie, et surtout du commerce de sa mère.

Yvette is the only daughter of THE luxury courtesan of Paris. Her mother manages her business like a boss. there is no father to this young woman, who, despite growing up in such an environment, is still innocent about sex and the nature of her mother’s business.

On comprend que les salons de la Comtesse Obardi (un nom certainement inventé) ne font pas étalge de chair fraiche comme dans un quelconque bordel. Les femmes qui s’y vendent portent des tenues décentes, si ce n’est qu’elles sont peut-être un peu plus décolletées que ce qui se fait. La conversation et le diverstissement y ont lieu. Et les crac crac boum boum se font en privé.

The reader understands that Obardi’s salons are not your « normal » brothel, with half naked women. Here, women are decently dressed, if only a bit sexier than what a « normal » woman would wear. The art of conversation and entertainment are highly appreciated, and sex happens in private, after a phase of courting.

Yvette, donc, n’a aucune idée de ce qui se passe. Elle grandit parmis ces femmes libres, dans une ambiance bohème. Yvette lit beaucoup. Elle dévore. Des romans, qui la mettent d’humeur nostalgique et rêveuse, mais aussi des traités de zoologie et tout ce qu’elle peut se mettre sous la dent, vraiment. Cette boulimie de lecture m’a faite sourire. Forcément, j’ai un peu pensé à ma petite personne 😉

And so Yvette has no idea of the world she’s growing up into. She grows up among these free women. She reads. A lot. Novels, that put her in a romantic mood. But also zoology essays, and really, whatever book she manages to get. This hunger of words made me smile, as it reminded me a bit of myself.

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Jean de Servigny (à droite) lorgne sur la virginité d’Yvette – Jean de Servigny (right) wants to take Yvette’s virginity

Yvette a 18 ans, elle est belle, vive, intelligente. Yvette a des courtisants, et parmis eux se trouve Jean de Servigny. Jean a la tête qui tourne à chaque fois qu’il voit Yvette, il est obsédé par elle. Jean pense qu’elle est « au courrant » et qu’elle joue avec lui – et avec ses autres prétendants. Jean pense que ravir la virginité d’Yvette est un prix à remporter.

Yvette is 18 years old, she’s beautiful, witting and intelligent. She is courted by many men, and among them is Jean de Servigny (if you don’t know, « Jean » is French for « John », it isn »t a girl’s name :p ). Jean’s head is spinning every time he sees Yvette. He’s obsessed by her. Jean think that « she knows », and that she plays with him – and the other men courting her. Jean thinks that Yvette’s virginity is a prize to win and he’s ready to get it, at any price.

Un jour, Jean vient aux salons de Mme Obardi avec un ami, qui plait tout de suite à la matronne. Par un concours de circonstances, Yvette voit sa mère s’adonner à ses ébats avec ce monsieur, et est postivement horrifiée. Complètement bouleversée, elle se confie à son « ami » Jean, en lui demandant d’être tout à fait honnête avec elle. Et Jean de répondre à ses questions. Et Yvette de tomber des nues.

One day, Jean comes to Mme Obardi’s salons with a friend, who is to the taste of the Madame. Through an unfortunate chain of circumstances, Yvette sees her mother and Jean’s friend « doing business », and is horrified. Completely distraught, she asks her « friend » Jean to be completely honest with her. And Jean answers her questions. And Yvette discovers the sad reality of her life.

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Yvette en pleine rélfexion sur sa vie – Yvette reflecting about her life

Yvette, donc, se résoud à ne plus vivre du commerce de la chair, mais comme une honnête femme. Mais elle ne veut pas faire des ménages, car c’est trop difficile. Elle qui a toujours vécu dans le luxe… la seule façon de s’en sortir c’est la mort. Mais en commençant à s’asphixier au formol, Yvette prend plaisir à la drogue, et au lieu de prendre une dose mortelle, elle fait durer le plaisir…

Yvette is scandalized and refuses to live thanks to money brought to her household by dishonorable means. But she’s never worked in her life, and working seems too difficult to her. She’s always lived in luxury, doing what she wanted… the only honourable way out is death, she resolves. But as she begins to suffocate herself with formol, she starts hallucinating, which she quite enjoys. And so, taking pleasure in breathing in the drug, she takes her sweet time…

C’est alors que Jean la découvre, et découvre la lettre qu’elle avait écrite à sa mère.  Dans son délire de droguée, Yvette se rend compte que finalement, la prostitution ce n’est pas si mal, si l’on peut vivre assez confortalement pour se shooter. Jean, qui a lu la lettre, se rend compte qu’Yvette ne s’est jamais jouée de lui.

This is when Jean discovers her, as well as the goodbye letter she wrote to her mother. Reading the letter, Jean realizes that Yvette never played with him. In her drug induced delirium, Yvette starts thinking that in the end, prostitution is not so bad, if it allows her to live and enjoy drugs.

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Jean découvre Yvette inconsciente – Jean discovers Yvette uncouscious

On nous laisse là, en se demandant ce qu’il adviendra d’Yvette et de Jean. Yvette suivra-t-elle la voie de sa mère, en devenant courtisane de luxe? Jean donnera-t-il à Yvette le status de femme honorable dont elle rêve tant, en l’épousant? Yvette finira-t-elle ses jours droguée et prostituée?

And so it is the end of the story, and we are left wondering what will happen to Jean and Yvette. Will she follow her mother’s path? Will Jean marry her and give her the honourable status she always wanted? Will Yvette end up as a drugged courtesan?

Maupassant est un vrai dramaturge, et l’histoire qu’il nous conte fait mal. L’innocence d’une jeune femme est mise à mal, le rôle du/des parents est bousculé. Le lecteur lui-même se demande si Yvette joue au chat et à la souris ou si elle est vraiment naïve.

Maupassant is a real drama maker, and the story he tells us leaves a dark stain in the reader’s heart. A young woman’s innocence is killed. The role of parents is questioned. The reader themselves wonder if Yvette is genuine or not.

Quel mélange explosif, que celui de l’innocence et de la prostitution. Yvette en fait des frais.

What a dangerous mix, innocence and prostitution. Poor Yvette pays the price.

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la comtesse Obardi au chevet de sa fille

 


L’auteur: Guy de Maupassant est un auteur français naturaliste né en 1850 en Seine inférieure (Seine maritime). Il a écrit six romans et 300 nouvelles qui dépeignent la vie et la destinée des gens, simples ou nobles.

La mère de Maupassant se sépare de son père alors que Guy n’a que 11 ans. Il grandit en Normandie. Au collège, il se lie avec Flaubert, qui le guidera dans sa carrière littéraire. Il se liera plus tard d’amitié avec Emile Zola.

portraitMaupassant voyagea beaucoup en Europe et en Afrique du nord. Il contracte la syphilys, dont il meurt à 43 ans.

Guy de Maupassant is a French  naturalist author born in 1850 in northern France’s district of Seine inférieure (now Seine maritime). He wrote six novels and 300 short stories, depicting the life and destiny of poor and rich people alike.

Maupassant’s mother separated from her violent husband when he was 11. From then on, he grows up in Normandy. In high school, he becomes friend with French author Flaubert, who will serve as a mentor for his literary career. He also meet Emile Zola, another great French naturalist author.

Maupassant travels a lot in Europe and Northern Africa. He catches syphilis and dies at 43 years old.


Bonus:

Read Yvette in English: click here

Pour les francophones qui ont le temps, voici le texte lu. Attention, ça prend trois heures (mais ça vaut le coup).

Chick Lit/littérature féminine, Contemporain/Contemporary, En anglais/in English, En français/In French, livres, Roman/Novel, Romance, USA

Divorcées débutantes, Plum Skyes (Fr-Engl)

Débutantes divorcées

Voici un livre léger qui était à donner dans la boite à livres de ma bibliothèque. Un livre amusant et léger, traitant du divorce.

This book was in the give away box of my local public library. It’s a light and fun read about divorce.


Résumé: Sylvie vient de se marrier avec un beau producteur très en vue de Los Angeles. Mais il doit s’absenter lors de leur lune de miel au Mexique, pour le travail. Seule, Sylvie rencontre le club des Debutantes Divorcées, qui lui mettent le doute quand son charmant mari doit s’éclipser, encore et encore, pour le travail, en compagnie d’une briseuse de ménage. Son couple y survivra-t-il?

Story: Sylvie just got married to one of the hottest video producers of Los Angeles. But he is called for work in Paris in the middle of their honey moon, in Mexico. All by herself in mexico, Sylvie meets some other young women, who are freshly divorced. And she starts having doubts about the faithfulness of her new husband, when he must go to Paris again and again, with an infamous home wrecker. Will her marriage survive all of this?

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Mon avis: Soyons clairs, ce n’est pas le livre du siècle. C’est de la chick lit légère et marrante, comme on les aime, pour se détendre le cerveau. On navigue dans le cercle de la jet set newyorkaise et dans le monde de la mode. La plupart des protagonistes n’ont pas besoin de travailler. D’ailleurs, elles ne sauraient pas comment s’habiller pour aller au bureau, elles n’ont que des robes de cocktail.

Review: let’s be crystal clear, this isn’t the book of the century. It’s light chick lit, it’s lots of fun, just like we like it, to relax your brain. The story takes place in the New York jet set crowd and in the field of fashion. Most of the characters do not need to work, because they wouldn’t know how to dress to go to office, as they only have cocktail dresses.

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Et pourtant, ce livre, sous ses dehors très trèèèès superficiels, traite de l’amour, de la jalousie, du deuil d’un mariage gâché, de la solitude, et de la maternité. Alors oui, tout ça est emballé dans un papier rose brillant (avec une bouteille de champagne), mais il y a une réflexion de fond intéressante.

Still, under a veeery superficial packaging, this book deals with love, jealousy, grief of a past marriage, loneliness, and motherhood. It’s packaged in a shiny pink paper (with a bottle of Champagne), but the topics it deals with are interesting.

NYFW-2014-Street-Style-Blogger-13On ne croit pas une seule seconde à tout ce qui se passe, et pourtant je suis quasi certaine que le quotidien de Kim K. y ressemble beaucoup. L’auteure travaille chez Vogue, on sent qu’elle a l’expérience de ce qu’elle raconte. D’ailleurs, Anna wintour (le diable du fameux Le Diable s’Habille en Prada) figure dans les remeciements, c’est dire.

I didn’t believe anything that happened in the book, and still, I’m quite certain that this is how life must be for Kim K. and her little friends. The author works at Vogue, it’s clear that she knows what she talks about. And Anna Wintour is even mentioned at the end, in her thank you list.

A la fin, l’amour triomphe, même pour la méchante Sophie. C’est mignon, c’est choupinou, et j’ai quand même laissé échappé quelques éclats de rire de temps en temps.

It the end, love wins, even for the nasty Sophie. It’s cute, entertaining, and I laughed aloud quite a few times.

L’écriture… bon, c’est « tendance ». Des « ma chérie », « mais nooon » et autres. Superficiel. Ca se laisse lire, quoi, mais rien de transcendant.

Un livre parfait pour la plage!

The writing style… alright, it’s fashionable. A bit superficial. It’s ok, really, without being transcending or anything.

A perfect book for the summer holiday at the beach!

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Débutantes divorcéesIllustrations/Book cover art:

Mon édition montre les silhouettes de deux jeunnes femmes qui ont l’air de s’éclater, sans aucun doute Lauren et Sylvie, sur fond rose fushia. On ne peut pas faire plus girly. Ca me rappelle un peu la couverture de La Double Vie de Pénélope B.

My edition shows the silouhettes of two young women who look like they’re having lots of fun (Lauren and Sylvie, without a doubt), on a bright pink background. It reminds me a bit of the cover art of La Double Vie de Pénélope B.; another light chick lit read.

D’autres éditions montrent des jeunes femmes à la pointe de la mode, ou alors leurs accessoires.

Some other editions show very fashionable young women, or their accessories.

Enfin celle qui me plait le plus est la couverture verte d’eau avec des arabesques dorées. Je la trouve très jolie et girly sans être dans l’excès (le rose fushia c’est un chouia agressif).

The one I like the most is the light green one, with golden mandalas. I find it girly without being excessively girly -bright pink is a bit aggressive, in my opinion).


L’auteure: Victoria Skyes est née en 1969 à Londres, dans une fratrie de six enfants dont une soeur jumelle, Lucy, et elle a grandit dans le Kent. Elle a été surnommée Plum (Prune) dans son enfance.

Author: Victoria Sykes was born in 1969 in London, one of six children including a twin sister, Lucy, and grew up in Kent. She was nicknamed « Plum » as a child. 

En 1998 elle est entrée au Worcester College à Oxford, d’où elle est ressortie diplomée en histoire moderne. En 1993, Plum Skyes est devenue assistante de mode chez l’édition britanique de Vogue. En  1997, elle devenait rédactrice contributrice de mode chez Vogue USA, duquel la britanique Anna Wintour est rédactrice en chef depuis 1988. Plum Skyes devint bientôt une habituée de la scène sociale newyorkaise, devenant l’une de ses it-girl.

In 1988 she went up to Worcester College, Oxford, where she graduated in modern history. In 1993, Sykes became a fashion assistant at British Vogue. In 1997, Sykes became a contributing editor on fashion for American Vogue, of which Anna Wintour, also British, had been editor-in-chief since 1988.Sykes soon became a familiar figure on the New York social scene, being frequently described as an « It girl ». 

Le monde de la mode newyorkaise constitue l’endroit dans lequel se déroule son premier roman, publié en 2004 (Bergdorf Blondes), et qui fut un best seller de la chick lit en se vendant à un quart de million de copies dans le monde. Son deuxième roman, Débutantes Divorcées, a été publié en 2006.

The world of New York fashion was the setting for Sykes’ first novel, Bergdorf Blondes (2004), which was one of the most successful examples of chick lit (or « chic lit » as some dubbed Sykes’ writing) and sold a quarter of a million copies worldwide. A second novel, The Debutante Divorcée, was published in 2006. 

En 2005, Plum Skyes a épousé l’entrepreneur britanique Toby Rowland dans la demeure ancestrale de sa famille, dans le Yorkshire. Leur premier enfant, Ursula, est née en octobre 2006, et leur deuxième, Tess, en juin 2010.

In 2005 Sykes married British entrepreneur Toby Rowland at her family’s ancestral home (1751) in the East Riding of Yorkshire. Sykes and Rowland had their first child, Ursula, in October 2006 and their second child, Tess, in June 2010.

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Bande dessinée/Comics, Chick Lit/littérature féminine, Contemporain/Contemporary, Danse/Dance, En français/In French, Japon/Japan, livres, Manga 漫画, Par Pays/By country, Turquie/Turkey

Les Nuits d’Aksehir白い街の夜たち, Ichikawa Raku 市川ラク(2013) Fr-Engl

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J’aime les mangas, mais forcer est de constater qu’en devenant adulte, j’accroche de moins en moins avec le thème de la collégienne aux pouvoirs magiques (Sakura je t’aime bien, mais à 30 ans passés j’ai du mal). Ma lecture de manga est donc passé  du status « dévoreuse » à celui de « lectrice occasionelle quand je trouve un truc qui me branche vraiment ». Et là, ça me branche vraiment, vraiment beaucoup!

I love reading mangas, but as I grew up, I had more and more difficulties with the recurring teenage girl with magical powers (Sailor Moon and Sakura, I’m looking at you!). And so I went from binge reading mangas to occasional reader, when I could find something that really enticed me. And this time, I was really, reaaally enticed!


Résumé tome par tome / volume by volume summary:

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Ayako est en dernière année d’école de mode, mais cela ne l’inspire pas plus que cela. Indécise et de nature tranquille, elle n’arrive pas à entrer dans l’esprit de compétition que reiquert son école.

Une amie d’enfance lui a offert une amulette turque  lorsqu’elle est partie à Tokyo pour ses études. C’est grâce à cette amulette, qu’elle porte autour de son cou, qu’Ayako se fera embaucher « à l’insu de son plein gré » comme serveuse dans un restaurant turc.

Dans ce tome, Ayako découvre la cuisine turque et les différentes formes de danse orientale.

Ayako is attending a fashion academy, but doesn’t feel much inspired. She’s naturally quiet and doesn’t really know what she wants to do in life. She doesn’t really fit in her school, where students are always competing against each others.

A childhood friend gave her a Turkish charm before Ayako left for Tokyo to pursue her studies in fashion. Thanks to the charm, worn as a necklace, Ayako is hired as a waitress in a Turkish restaurant.

In this volume, Ayako discovers Turkish food and delicacies, and the different styles of belly dance.

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Ayako garde son job de serveuse secret. C’est son jardin secret, un endroit dans lequel elle s’épanouit peu à peu, retrouve sa joie de vivre et trouve l’inspiration qu’elle cherchait désespérement pour son projet de fin d’année à l’école de mode.

Sa personalité change aussi, elle s’ouvre plus, devient plus joyeuse et profite de la vie. On explore un peu plus les personnages secondaires.

On continue notre exploration de la cuisine turque (et ça met vraiment l’eau à la bouche).

Ayako keeps her job at the Turkish restaurant secret. It’s her secret garden, a place where she slowly discover herself, and find happiness. It’s the place where she finally gets the inspiration for her end-of-the-year project at school.

Her personality changes as well. She becomes happier and more confident. We also get to know the side characters a bit better, and we continue exploring Turkish food.

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Ayako s’intéresse à l’Islam, visite la Mosquée de Tokyo, s’interroge sur le sens de la vie, la jalousie, le suicide. Elle envisage un temps de se convertir. Son intérêt pour l’Islam lui permet de réflechir de manière approfondie sur certains thèmes philosophiques.

En parallèle, on assiste au développement des histoires de Zakuro, la danseuse orientale, et de celle de Hodja, le chef du restaurant.

Ayako prend la décision de partir s’installer en Turquie pour devenir créatrice de costume de danse orientale, conjugant ainsi ses deux passions: la mode et la culture turque. Cette décision n’est pas comprise par son entourage, mais Ayako a enfin trouvé sa voie et elle sait que c’est ce qu’elle veut faire.

Ayako is curious about Islam. She visits the Tokyo Mosque, and asks herself questions about the meaning of life, jealousy and suicide. For a little while, she thinks that becoming Muslim might alleviate her troubles. Her curiosity about Islam enables her to think about some philosophical concepts in depth.

Meanwhile, the side characters’ stories are also developing and evolving. Zakuro, the belly dancer, and Hodja, the chef, both face challenges in their personal lives.

Ayako makes the decision to move to Istambul to become a belly dance costume maker at the end of the academic year. This enables her to work in fashion and discover Turkish culture even more. Her family doesn’t understand her decision, but Ayako has finally found her passion – and her voice.

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Mon avis: Ce manga est directement responsable de la hausse de fréquentation de notre resto turc préféré. Je l’ai choisi parce qu’il parlait de danse orientale. J’ai commencé à le lire et j’ai eu faim. Comme je suis piètre cuisinière, je me suis rabattue sur quelque chose de simple: l’Ayran. C’est simplement du yaourt mélangé à du sel et de l’eau. J’en ai descendu deux litres en une soirée il y a deux semaines, quand l’été s’est trompé et qu’on a essuyé les grosses chaleurs en plein mois d’avril. Bref, préparez-vous: ce manga donne faim!!!

Review: We’ve been  eating out at the Turkish restaurant a lot these days, and it’s all because of this manga. I picked it up because it was dealing with belly dancing. I started reading and I got hungry. Since my cooking skills are quite basic and I craved Turkish food, I made something very easy and delicious: Ayran. It’s just yoghurt, water and salt. I drank two litters of it in one evening, two weeks ago, during the heat wave (yes, we do have heat waves in Belgium, and yes, it was in April). In a nutshell: get ready, you’ll be hungry!!!

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On sent l’amour que l’auteure porte à la culture turque. On en explore toutes les facettes, à travers Ayako, une jeune japonaise qui n’y connait que tchi. C’est donc une âme complètement vierge qui explore cette culture. Un peu comme un bébé découvre le monde, Ayako découvre un monde nouveau.

This manga transpires of the mangaka’s love for Turkey and its culture. The reader explores all aspects of Turkish culture through Ayako, a Japanese student who knows nothing about Turkey. A virgin soul. A bit like a baby discovers the world, Ayako discovers a new world.

On pourrait reprocher au manga d’être un peu didactique, et pourtant cela m’a parfaitement convenu. Les plats sont présentés aux clients de manière à ce que le lecteur en salive d’envie. On décrit non seulement les ingrédients et la façon dont chaque plat est cuisiné, mais aussi la texture. Donc je me répète, hein, mais assurez vos arrières: Lisez-le le ventre plein, ou commandez un truc au resto turc de votre quartier (Ayran inclu), parce que sinon votre estomac va gromeler.

The manga is a bit didactic, but this didn’t bother me at all. On the contrary, I also don’t know much about Turkish culture and was happy to have detailed explanations. Dishes are presented to customers in a way that will make you, the reader, salivate. Ingredients are described, as well as the way they are cooked, and the final texture and taste of the dish. I’m repeating myself: please read this manga on a full belly, or make sure you can order from a Turkish place asap, otherwise you’re going to be a tad frustrated.

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En ce qui concerne la danse orientale, en tant que danseuse confirmée (sans être pro hein, mais bon ça fait tout de même quelques années que je tutoie les sagattes, les huits et autres shimmies), j’ai apprécié les explication sur les différents styles, que ce soit au niveau du costume, de l’interprétation, ou même du rythme.

Regarding belly dance, as a belly dancer myself (not at a professional level, but I’ve been practicing for four years now), I really appreciated explanations on the different styles, including the differences in costumes, interpretation, and rhythm.

Une autre chose qui est évoquée, et que je trouve importante, c’est le status de la danseuse dans le monde oriental. C’est malheureusement un cas de madone et putain. La madonne, la mère, est respectable. La danseuse orientale n’est pas une artiste, c’est une pute. Ah, ça fait mal de le dire… et pourtant, le regard de la société a très peu changé sur les danseuses orientales, que ce soit dans le monde oriental ou en dehors.

Something else that Ichikawa speaks about in the manga, and that is very important, is the way belly dancers are perceived in the oriental world. It is unfortunately a textbook case of Madonna vs prostitute. The Madonna, the mother figure, is respectable. The belly dancer is not seen as an artiste, but merely as a prostitute. It pains me deeply to write such a thing… but still, it’s true. Society as a whole, be it in the Western or oriental world, still sees belly dancers as cheap sexy entertainment, meat for the eyes, flesh.

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On le voit avec le cuisinier turc dévot, qui refuse de regarder la prestation de Zakuro, la danseuse. Mais on le voit aussi lorsque le petit ami potentiel de Zakuro, un jeune japonais, lui demande « à quoi ça ressemble quand c’est bien dansé ». Ca m’a brisé mon petit coeur de danseuse, et celui de la danseuse fictive du manga aussi. Après avoir hurlé sur son amoureux, elle lui explique que ce n’est pas parce que c’est sexy que c’est vulgaire, et surtout pas que c’est facile. Au contraire, elle explique les longues heures de répétition des mouvements, et compare la pratique de la danse orientale à celle de danses « respectables » comme la danse classique.

The pious Turkish cook is an example of how some people perceive belly dancing. He refuses to watch Zakuro’s performance. But Zakuro’s Japanese boyfriend also doesn’t « get » it, and asks her « what does it look like when it’s danced properly? ». Supreme insult! It broker my little belly dancer’s heart, not to mention the fictive belly dancer’s. After having yelled at him, she explains that indeed, belly dancing is sexy, but that it doesn’t mean that it’s easy or cheap. On the contrary, she explains the long practicing hours, and compares it to « respectable » forms of dance, like ballet.

Zakuro, qui envisage un voyage en Turquie d’un an pour se perfectionner sur place, doit s’interroger sur le fait de savoir si elle sera assez forte pour faire face aux préjugés dont souffrent les danseuses orientales en Turquie.

Zakuro is thinking about going to Turkey for a year to train herself. But she must first understand her own strength, and discover within herself if she’ll be able to face the prejudices attached to belly dancing in Turkey.

On explore aussi la spiritualité, avec la visite de la Mosquée, les conversations avec l’immam et le cuisto dévot. Ayako va jusqu’à lire le Coran en japonais pour essayer de mieux comprendre l’Islam. La culture musulmane qu’elle découvre est ouverte, aux antipodes de l’islamisme décrit dans les journaux télévisés. D’ailleurs, les personnes avec qui elle discute lui expliquent bien que les islamistes ne sont pas considérés comme musulmans par la communauté musulmane, mais bien comme des terroristes. Le message est clair: ne faisons pas d’amalgames!

Ayako also explores spirituality when she visits the Tokyo Mosque. There, she speaks with the imam and also with the pious cook. She even starts reading the Koran in Japanese to understand Islam better. The Muslim culture she comes to discover is open, which is quite different from what she sees in the TV reports about radical Islamists. And indeed, the people with whom she discusses Islam are very clear: these are terrorists and they do not consider them being Muslims, since they kill people. 

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L’art turc n’est pas en berne, avec bien sur l’exploration des costumes de danse orientale, mais aussi la dentelle turque, et les carreaux de céramique qui adornent les murs des demeures turques.

We also have a look at traditional Turkish art, with the exploration of belly dance costumes of course, but also Turkish lace and traditional Turkish tiles.

L’exploration de la culture turque amène Ayako à trouver sa voix et sa voie. De jeune fille indécise qui se laisse porter par la vie, elle développe un projet professionel et de vie tangible et concret. Elle s’affirme, sait enfin ce qu’elle veut. La découverte de la culture turque est une révélation.

Exploring Turkish culture enables Ayako to find her own path and her own voice. She was a quiet young lady, and thanks to her opening to a new culture, she is able to put together a project, both for her professional and personal future. She finally knows what she wants. It’s an epiphany.

C’est donc un manga initiatique, au travers duquel on découvre non seulement une culture, mais aussi une personne.

It is thus an intimate journey, through which we not only discover a culture, but also a character.

Le fil rouge, c’est le fameux Nazar Boncuk, cet oeil de verre bleu qui est censé protéger du mauvais oeil. C’est sa « meilleure amie » qui l’offre à Ayako lorsqu’elle déménage à Tokyo pour poursuivre ses études… avant de tenter de se suicider. Grace à cette amulette, qu’elle porte autour du cou, Ayako se fait remarquer par Hojda, le propriétaire d’un petit resto turc qui vient d’ouvrir, et c’est ainsi que commence sa plongée dans le monde turc. Le Nazar Boncuk prend toute sa signification pour Ayako lors du manga, car il se brise à la fin, la libérant en même temps de son passé, et lui ouvrant ainsi la voix vers le futur.

Throughout the series, the Nazar Boncuk, a Turkish charm made of blue glass and representing an eye, is present like a guiding light. It is a gift from Ayako’s « best friend », when she moves out to Tokyo… Ayako is the last person who saw her, before she tries to commit suicide. Thanks to the charm, that she wears as a necklace, Hodja notices Ayako in the crowd and asks her to work in his restaurant. And thus Ayako starts her journey in Turkish culture. The Nazar Boncuk’s meaning changes for Ayako throughout the manga, mirroring her own journey. In the end, it breaks, freeing her from her past, and giving her the chance to embrace her future.

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J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires et les intrigues paralèles qui sont développées autour d’eux. Hojda et sa femme, ainsi que leur petite fille et leur chat. Zakuro et sa relation à son corps et à la danse.

I loved the secondary characters and their own stories. Hodja and his complex relationship with his wife and his daughter. Zakuro, the Japanese belly dancer, and her relationship to her own body and dance.

Le dessin est efficace, ça m’a un peu rappelé le style de Mari Okazaki mais en moins onirique. Ca n’empêche que ce n’est pas du manga avec des filles super sexy gratuitement (genre seins qui tiennent en l’air tous seuls, à la Ranma 1/2), c’est un dessin réaliste et chaleureux.

I liked the graphic design a lot, it reminded me a bit of Mari Okazaki, but it’s less poetic. It’s still beautiful and it conveys emotions efficiently. I appreciate the realistic design of most characters, who are not sexy just to be sexy (Ranma 1/2 I’m looking at you). Drawings are realistic and give a nice, warm feeling.

En bref, j’ai passé un très bon moment et je ressors enchantée de ma lecture. Je ne peux que vous le conseiller, d’autant plus que cette série est finie, ce qui veut dire que vous n’aurez pas à vous ruiner en achetant 40 volumes sur 20 ans.

Overall I had a nice time reading this short series, and I loved it. I can only recommend it, even more because it’s only three volumes, and it’s over, so you won’t ruin yourself over the years 😉

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Istambul by Ichikawa Raku

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http://yabangee.com/inside-world-comikon-istanbul-2017/

L’auteure: Ichikawa Raku est une auteure et illustratrice de manga japonaise résidant à Istamboul, en Turquie. « Raku’ n’est pas son vrai prénom, c’est un nom de plume inspiré d’une célèbre boisson anisée turque, le raki.

Author: Ichikawa Raku is a Japanese author and manga illustrator who lives in Turkey. « Raku » isn’t her real first name; it is a pen name inspired by a famous Turkish anise drink called raki.

Si vous parlez japonais, vous pouvez explorer son site web. Vous pouvez la suivre sur Facebook, Pixiv, Twitter, et Instagram.

Here is her website. You can follow her on Facebook, Pixiv, Twitter and Instagram.

 

Bande dessinée/Comics, Biographie/Biographies, En anglais/in English, En français/In French, Féminisme/Feminism, France, livres

Culottées (Brazen), Pénélope Bagieu (Fr-Engl)

 

En cette Journée internationale des droit des femmes, quoi de mieux que de vous présenter Culottées, une BD qui dresse le portrait de femmes qui ont pris le destin en main.

Today is International Day of the rights of women. The comic books were translated in English under the title Brazen: rebel ladies who rocked the world. In English, the stories are publish in one volume, whereas in French there are divided into two books.

Cette BD de l’auteure française Pénélope Bagieu m’a été offerte pour mon anniversaire, et je crois bien que ça a été mon cadeau préféré. Cerise sur le téton, comme les illustrations sont plutôt marrantes et colorées, ma fille de quatre ans a cru que c’était un livre pour elle et veut que je lui lise les histoires. On ne commence jamais assez tôt son éducation féministe 😉

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It was created by French comic artist Pénélope Bagieu, and I got it for my birthday. It was actually my favourite present! Cherry on the nipple, since the drawings are colourful, they appealed to my four year old daughter, who asks me to read her the stories again and again. It is never too early to start her feminist education 😉

« Culottée » has a double meaning in French: it means « the one wearing the pants (=culotte) », but it also means « daring ». So the book is an ode to daring women who weren’t afraid to wear the pants!

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Culottées, c’est, à l’origine, un blog BD hebdomadaire du Monde. Chaque semaine, Pénélope Bagieu dressait le portrait d’une femme (ou d’un groupe de femmes) qui ne s’en est pas laissé conter et qui a fait ce que bon lui semblait… et ce, en dépit des diktats de la société bien pensante de chaque époque.

Originally it was a weekly blog series featured on famous French newspaper Le Monde. Each week, Bagieu would introduce a new strong woman (or a group of strong women) who lived her life the way she wanted, despite social pressure.

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En tout, 30 portraits ont été présentés aux lecteurs du Monde. Ils ont ensuite été regroupés et imprimés en deux tomes. C’est le premier que j’ai reçu, et je pense qu’il me faudrait le deuxième très bientôt.

In total, she drew about 30 women for the readers of Le Monde. These comic strips were then printed into two books. I got the first one for my birthday. Gotta get the second one asap.

Joséphine Baker

Pénélope Bagieu a expliqué que la contrainte temporelle (une BD par semaine) l’avait forcée à aller à l’essentiel. Elle s’est imposée un format de huit planches, et a essayé de faire tenir toute une vie et un combat entre ces huit pages. C’est un challenge de haut niveau, car chaque femme pourrait avoir une biographie de 200 pages, tellement elles sont intéressantes!

Bagieu explained that since she had only one week to complete each biography, she had to make choices and went straight to the main points of each woman’s life. She worked in a format of eight pages, which isn’t much. A real challenge, given the fact that each of these women’s life was so full and interesting that they each deserve a bio of 200 pages!

Lozen

Le point fort de cette BD, c’est donc de nous présenter un large éventail de femmes et leurs combats, en allant à l’essentiel. Bagieu trace les grandes lignes, présente une introduction. Si le lecteur est emballé par l’une ou l’autre de ces histoires vraies, il peut aller fouiller et approfondir le sujet de lui-même.

The main point of the comic book is to introduce women from diverse backgrounds and times, to make us familiar with their struggles and fights. Not to go in depth. If the reader likes one of these real life characters, they can do some research of their own.

Les dessins sont dans le plus pur style Bagieu, un peu « déglingués », colorés, et plutôt simples. Pas de fioritures dans les arrière-plans. La narration est elle aussi « marrante », avec des tournures de phrase plutôt drôles.

Bagieu’s drawing style is recognisible. Nothing fancy, no blablabla in the background, strong colours and bold colours, and lots of humour.

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Niveau contenu, on nous présente des sportives, exploratrices, gynécologues, guerrières, rebelles, résistantes… et autres femme à barbe ou artistes. J’ai apprécié la diversité des héroïnes présentées. Différentes époques, différentes ethnies. On couvre tous les continents.

We are introduced to warriors, athletes, explorers, gynecologists, rebels, artists and other bearded women. I loved that all these women come from a very diverse background. Many different ethnicities and times are represented. All continents are covered.

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C’est une BD, ça se lit vite. En une demie-heure, c’était plié. Par contre, comme je le disais plus haut, les illustrations ont tout à fait séduit ma fille de quatre ans, et elle me demande régulièrement l’histoire de la sirène (Anette Kellerman, qui a inventé le maillot de bain moderne pour femmes) et de la femme à barbe. Je suis aussi fan de Tove Jansson, la créatrice des Moomins (si vous ne connaissez pas les Moomins, honte à vous!).

It’s a comic book, you’ll read it fast. I was done in 30 min. If you aren’t at ease with French, it can also be a good way to practice. As I was saying before, my four year old daughter loves the illustrations and asks me to read her stories, especially « the mermaid story » (Annette Kellerman, who invented the modern version of women’s swimming suit) and of the Bearded Woman. I am personally a big fan of Tove Jansson, who created the Moonins.

Tove Jansson 2 (2)


L’auteure: Pénélope Bagieu est née en 1982 à Paris. Elle étudie l’art et lance en 2007 son blog BD Ma Vie est Tout à Fait Fascinante, dans lequel elle se met en scène. C’est ce blog qui lance sa carrière. Ses personnages de Joséphine et Charlotte sont désormais célèbres.

The cartoonist: Pénélope Bagieu was born in 1982 in Paris. She studied art and launched her webcomic blog in 2007, called My Quite Fascinating Life, in which she depicts her daily life. The blog launches her career. She created many characters who are now famous, like Josephine and Charlotte.

Vous pouvez suivre Pénélope sur Twitter / Follow Pénélope on Twitter.

Pénélope Bagieu


Bonus:

Reviews of Brazen in English: The Guardian, AVClub

Je vous laisse avec l’histoire de Clémentine Delait, la fameuse Femme à Barbe.

Below is the story of Clémentine Delait, the famous Bearded Woman.

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Calendrier/Calendar, En français/In French

Calendrier mars 2018 – March 2018 calendar

Nouveau mois, nouveau calendrier! Pour mars, la fin de l’hiver et le renouveau printanier, j’avais envie d’un peu de nature 🙂

New month, new calendar! To welcome March, say bye bye to winter and hello to spring, I wanted something related to nature 🙂

Smashing Magazine, ma ressource préférée pour les fonds d’écran calendrier, a un peu changé sa formule: elle propose maintenant un thème aux designers. Du coup je trouve qu’il y a un peu moins de diversité. Le thème de ce mois-ci était « explorer ». J’ai aussi farfouillé la toile à la recherche d’autres options, en anglais ou en français.

Smashing Magazine, my favourite desktop wallpaper ressource, changed its formula. Now monthly wallpaper designers compete on a given theme. As a result, I find that the wallpapers are lacking a bit in dviersity. This month, it was about « exploration ». So I also searched the Internet for more options, in French and in English.

Voici celui qui a remporté mon vote final / Here is the one I finally picked (in French):

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Il est simple et clair, avec beaucoup d’espace pour les icônes du bureau. Le calendrier est bien lisible, et on a la touche printanière avec les petites fleurs romantiques. Parfait!

It is simple and clear, with lots of space for the desktop icons. The calendar is also clearly readible (not always the case!), and the Spring touch is here with the romantic flowers.

Cliquez ici pour le télécharger. Click here to download this wallpaper.

Voici les autres options qui m’ont attiré l’oeil. J’espère qu’elles vous plairont! Il suffit de cliquer sur l’image pour télécharger le fond d’écran.

Below are the other options that caught my eye. I hope you’ll like them as well! Click on the image to download the calendar.

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Ado/Teens, Danse/Dance, En anglais/in English, En français/In French, Grande Bretagne/UK, livres, Roman/Novel, Romance

Les filles au chocolat 2-3 – The Chocolate Box Girls 2-3, Cathy Cassidy

(English in blue)

Après avoir été conquise par Coeur Cerise, j’ai continué les aventures des soeurs Tanberry avec Skye et Summer, les jumelles.

After really loving Cherry Crush, I continued to follow the adventures of the Tanberry girls with Skye and Summer, the twins.


twin blond teenagersRésumé et avis en bref: Skye et Summer ont 13 ans, elle sont soeurs jumelles. Pourtant, leurs centres d’intérêt ne pourraient être plus différents: Skye est fascinée par une ancêtre disparue, alors que Summer se consacre corps et âme à la danse classique.

Story and review in a nutshell: Skye and Summer are 13 years old, they are twin sisters. But their centers of interest couldn’t be more different: Skye loves anything vintage and is fascinated by an ancestor of the family, while Summer dedicates all her time to ballet.

Cathy Cassidy explore, au travers de ses personnages, les affres de l’adolescence, et en profite pour approfondire des thématiques difficiles. Avec Coeur Cerise, c’était la mythomanie. Coeur Guimauve, le tome consacré à Skye, explore l’anticonformisme et un peu de surnaturel. Coeur Mandarine, le livre dans lequel on suit Summer, parle de danse classique, de refus de grandir, et d’anorexie.

Cathy Cassidy explores the difficult times of teenage years through her characters. With each one of the Tanberry girls, we go deeper into a specific theme. With Cherry Crush, it was lying. Marshamllow Skye explores anticonformism and subnatural phenomenons as well as history, while Summer’s Dream deals with ballet, anorexia, and the concept of second chance.

En toile de fond, on a toujours la famille en cours de recomposition, avec un père absent, un beau-père sympa et une nouvelle soeur qui cherche sa place…. et l’amour, bien sur 😀

Il est attendrissant de voir les filles au chocolat grandir au fil des volumes. Je pense que cette série de romans est d’utilité pour publique pour les ados et pré-ados.

Others themes, like blended family, an absent father, a nice step dad and a new sister still unsure of her place in this new family… as well as love, of course!!

It is very nice to watch the chocolate box girls growing up. I think this series should be on every teenage girl’s bookshelf!

Filles au chocolat BD


Mon avis: Coeur Guimauve et Coeur Mandarine suivent les aventures de Skye et Summer Tanberry. Ces jumelles de presque 13 ans ont une complicité à toute épreuve. Cependant, l’adolescence vient mettre son grain de sel dans leur belle complicité. Les filles se rendent compte, de manière douloureuse, qu’elles sont deux personnes à part entières. Cela se remarque particulièrement en ce qui concerne leurs centres d’intérêts, à des lieues l’un de l’autre.

Review: Marshmallow Skye and Summer’s Dream follow the adventures of Skye and summer Tanberry. The 13 yo twin sisters have an indestructible bond. But growing up and becoming teenagers, they start loosing their special bond. The girls realise, in a painful manner, that they are two distinctive people. This is quite obvious when it comes to their hobbies.

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Summer et Skye Tanberry

Skye est fascinée par une ancêtre de la famille qui se serait suicidée car ses parents, conservateurs, auraient refusé son amour pour un jeune gitan. Summer, elle, est obsédée par la danse classique, au point de mettre sa santé en danger. Alors que Skye se moque éperduement d’être à la mode, de plaire aux garçons ou d’écouter de la musique dans le vent, Summer se met la pression pour être l’ado parfaite et branchée. En lisant les deux livres consacrés aux jumelles, on se rend compte qu’elles ont chacune une image faussée de leur soeur.

Skye is fascinated by an ancestor of the family. The young woman had committed suicide because her very conservative parents refused to accept her love for a young gypsy man. Summer, on the other hand, is obsessed by ballet, putting her health at risk in the process. When Skye couldn’t care less about boys and fashion, or whatever music that is popular, Summer puts pressure on herself to be the perfect fashionable teenage girl. When reading these two books, the reader realises that both girls have a false image of the other sister and what she goes through.

coeur-guimauve-02Coeur Guimauve: Une vieille malle contenant les affaires de Clara Travers, une ancêtre de la famille, est retrouvée dans le grenier de la maison, qui est aménagé pour servir de chambre à Cherry (cette dernière logeait dans la roulotte qui est dans le jardin jusqu’à présent). Skye, qui adore les antiquités et les frippes, adopte le contenu de la malle, met les affaires de la jeune fille disparue, et commence à faire d’étranges rêves…

Marshmallow Skye: an old trunk is found in the attic, when the girls’ parents start to renovate it to make it a bedroom for Cherry (who was staying in the old gypsy caravan in the garden until then). The trunk is full of Clara Travers’ clothes, and there are a few other items of hers found in the attic. Clara Travers was an ancestor of the family. Skye, who loves antiques and vintage things, asks to be given the clothes, wears them, and starts having very strange dreams…

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La mauve, à partir de la racine de laquelle la guimauve est fabriquée

Le surnaturel: Skye se croit « possédée » par l’esprit de son ancêtre. Elle fait des rêves dans lesquels elle rencontre un charmant gitan et tombe amoureuse de ce personnage qui vient hanter ses rêves de manière récurrente. Même si l’on découvre à la fin que c’est son histoire d’amour à elle dont elle rêvait, et non pas celle de son ancêtre Clara, il est tout de même troublant qu’elle ait rêvé de manière prémonitoire de celui qui allait faire chavirer son coeur dans la vie réelle…

Ghosts and dreams: Skye thinks that she is « possessed » by her ancestor’s spirit. She dreams that she meets a very charming gypsy boy and falls in love with him. This boys comes back again and again in her dreams. Even if we discover that in the end, Skye was dreaming about her own love story and not her ancestor’s, it is still a bit puzzling to realise that she had a premonitory dream about… the boy her, literally, her dreams!

romani2Les secrets de famille: l’Histoire (avec un grand H) est au centre du roman, et la petite histoire rejoint la grande dans ce roman. Un secret de famille bien gardé est finalement percé grâce à l’obstination de Skye, qui veut absolument savoir ce qu’il est advenu de Clara. Les scènes avec le prof d’histoire, au collège, sont juste hilarantes, mais pleines de bon sens et d’enseignements.

Grâce à la petite enquête de Skye, le musée d’histoire local organise une exposition sur Clara et son amoureux gitan, Sam. Elle se découvre aussi des cousins moitié gitans.

Family secrets: History and lessons from the past are at the center of the novel. A family secret is finally exposed, thanks to Skye’s obstinacy and fascination for Clara Travers. The few scenes with the history teacher at school are just hilarious. Loved this character!

Thanks to Skye’s investigation, the local history museum put together a special exhibition about Clara and Sam, her gypsy lover. In the process, Skye also discovers that she has gypsy cousins.

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L’amour: Skye, comme toutes les jeunes filles de son âge, est amoureuse. Sauf qu’elle est littéralement amoureuse du garçon de ses rêves… un garçon qui n’existe pas… ou peut-être que si?

Ses copines et même sa soeur jumelle, Summer, s’intéressent aux garçons. D’ailleurs Millie, la meilleure amie de Skye, s’éloigne d’elle car Skye ne s’intéresse ni au beau gosse du collège, ni aux acteurs/chanteurs en vogue. Millie préfère Summer, qui est une préado plus conforme.

Skye se retrouve à jouer les conseillères pour Tommy, le pitre de la classe, qui craque pour sa soeur jumelle. Les affres de Tommy, qui ferait tout pour que Summer le remarque, sont très touchantes. On se rend compte que les jeunes filles ET les jeunes hommes sont soumis à beaucoup de pression pour se conformer à l’image de la fille/du garçon parfait. Pauvre Tommy, qui, en suivant les conseils des magazines, met trop de gel, trop de déo, et fait trop le clown.

Millie, la meilleure copine de Skye, est tellement obsédée par les garçons qu’elle est prête à sortir avec n’importe qui, pourvu qu’elle embrasse quelqu’un et qu’elle ne finisse pas « vieille fille », du haut de ses treize ans.

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Le look the Skye Tanberry

Love: Skye, like any other teenage girl, is in love. The only thing is that she’s literally in love with the boy of her dreams… a boy who doesn’t exist in the real world… or maybe he does?

Her friends, and even her twin sister Summer, are into boys. In fact, Skye’s best friend Millie, is becoming a bit distant with her because Skye shows no interest in boys or fashion. Millie prefers to hang out with Summer, who is the popular girl at school.

Skye finds herself being a love counselor for Tommy, the joker of their class, who is in love with her twin Summer. Tommy’s efforts, who would do anything (even the worst jokes) for summer to even look at him, are very touching. In the book, both boys and girls are experiencing being in love for the first time, and they both have to make a lot of efforts to look/behave like the perfect teenage boy or girl. Lots of pressure on them. Poor Tommy! He tries to follow what he reads in magazines, and ends up with too much gel, too much perfume, and cracks the most horrible jokes…

Millie, Skye’s best friend, is so obsessed about boys that she is ready to kiss anyone, as long as she doesn’t end up a « spinster », at 13!

Portrait of cute female twins looking aside and smiling in sunflower field

La gémélité: Skye et Summer sont jumelles. Mais Skye a toujours l’impression d’être dans l’ombre de sa soeur, qui est une danseuse très douée.  D’ailleurs, personne ne s’intéresse à elle… ah si, Tommy. Mais c’est pour lui demander conseil pour savoir comment séduire sa jumelle.

Lorsque Skye trouve les affaires de Clara Travers, elle trouve enfin une passion en dehors de sa relation avec sa soeur, et elle s’épanouit… ce que Summer a du mal à accepter. Skye se perd dans un monde que sa soeur ne comprend pas, qui fait peur à Summer.

Twin sisters: Skye and Summer are twins. But Skye is always in the shadow of her sister, who is popular at school and an accomplished ballerina. Proof is, no one takes any interest in her… except Tommy. But it’s only because he needs advice to seduce her twin. Ah!

When Skye finds Clara Travers’ trunk, she finally finds a world in which she can immerse herself alone, without her twin… but this is something that Summer has difficulties understanding. Skye dives into a world that her twin doesn’t understand, and that is scary for Summer.

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Coeur mandarine: Summer a toujours rêvé d’être ballerine. Elle travaille dur pour éaliser son rêve. Lorsqu’on lui propose de passer une audition pour une prestigieuse école, elle se met à redoubler d’efforts.

Summer’s Dream: Summer has always wanted to become a ballerina. She works hard to make her dream come true. When she is selected for an audition in a prestigious dance school, she starts working even harder.

Coeur Mandarine suit les péripéties de Summer. Sous ses apparences de jeune fille parfaite, se cache une adolescence perfectioniste malheureuse, puisqu’elle ne peut pas tout maîtriser dans sa vie. Elle se conforme à ce que l’on attend d’elle. En apparence, c’est la jeune fille parfaite. Mais elle ne sort avec son petit ami que parce que c’est « ce qu’il faut faire », pas parce qu’elle a des sentiments pour lui.

Summer’s Dream follows Summer’s adventures. Under her « miss perfect » appearance, there is a teenage girl who is scared, perfectionist and unhappy, because she would like to control everything and she cannot. She does what is expected of her. She has a boyfriend, as any popular girl would, but she doesn’t really like him.

Ellendale-Mandarin

Sa soeur jumelle, Skye, dont elle a besoin pour se rassurer, lui échappe: Skye a trouvé sa voie (habilleuse sur un tournage) et un amoureux.  Qui plus est, sa mère est en voyage de noces avec son nouveau mari, et son père est parti vivre en Australie. Summer se retrouve donc seule pour affronter l’été et la terrifiante audition qui en marque la fin.

Her twin sister Skye, whom she needs to feel good, seems to be sliding away: she found her passion and a boyfriend, and as a result, she has less time for Summer. On top of that, their mother is on a honeymoon with her new husband and their father just moved at the other end of the world, in Australia. Summer feels alone. She’s alone to deal with the two summer months and the pressure of her terrifying dance audition at the end of the holiday.

Ce livre parle du monde de la danse classique, assez impitoyable. Les jeunes filles qui rêvent de devenir ballerines doivent se plier à un entrainement intensif et un discipline de fer. La compétition est dure, car seules les meilleures sont choisies. il suffit d’une journée « sans », comme lors de la première audition de Summer, pendant laquel son père l’a à peine encouragée, pour que ça ne marche pas… et il n’y a pas de seconde chance.

The book explore the world of ballet, which is quite tough. Young girls who are dreaming of becoming ballerinas must train intensively. There is a lot of competition, because only a few will be chosen. And even the best can miss this opportunity, if they are having a bad day. Like Summer had, when her father drove her late to her first audition to the most prestigious dance school in the country.

Ce livre parle aussi d’un mal qui se manifeste souvent à l’adolescence: l’anorexie. Abandonnée par tous, Summer pense trouver son salut dans la danse, et, se souvenant d’une remarque entendue, se prive pour devenir de plus en plus mince. Elle qui ne contrôle plus rien (ses parents, ses soeurs, sa jumelle) peut au moins contrôler son corps. Elle cherche la légèreté tout prix, pour s’échapper du monde réel qui l’oppresse.

The book also deals with an insidious disease that touches so many teenagers: anorexia. Abandoned by her friends and family, who don’t understand her, Summer trows herself into dancing. Remembering a previous failed audition, she starts starving herself to become thinner and lighter. She thinks that being very thin is one of the criteria to be admitted. Since she cannot control anything anymore in her life (her parents, her sisters, her twin), she starts controlling her body to the extreme. She is trying to find solace in being as light as possible.

Firebird
L’oiseau de feu – Firebird

C’est aussi un livre sur les secondes chances, les Plans B, les sorties de secours. La seconde chance de Jody, qui avait été recalée à une précédente audition, et qui décroche une place dans l’école de danse. Le Plan B de Tommy, qui change d’option pour l’avenir jusqu’à trouver ce qui lui convient vraiment (de comédien, il finit par décider de devenir cuisinier bio).

This book is also about second chances and Plan Bs. There is a second chance for Jody, the plump ballerina, and one for Tommy as well, who changes his plan for the future several times before finding what he really likes.

Et la seconde chance de Summer, qui n’entrera jamais dans l’école de danse à cause de sa maladie, mais qui est sauvée par Tommy et son amour. Grâce à Tommy, Summer réalise que la vie est faite de surprises, et que l’on ne peut pas tout maitriser.

It is also Summer’s second chance. She will never attend the prestigious dance school, as she needs to deal with her anorexia first, but she is saved by Tommy and his love for her. Thanks to Tommy, Summer realises that life is full of surprises, and that we need to let go a bit to be able to enjoy it.

Summer look book

Enfin, c’est un livre sur l’amour et la persistence. Tommy, qui aime Summer depuis des années, reste à ses côtés et comprend son mal-être lorsque le monde entier est aveugle. il se rend compte de la maladie de Summer, et au lieu de la pousser à manger des choses qui tiennent au corps, il lui prépapre de petits en-cas à son goût, s’assurant par là qu’elle continue à se nourir. Sa patience paiera, puisque Summer ouvrira enfin les yeux sur l’amour véritable qu’il lui voue.

Last but not least, it is also a book about love and patience. Tommy, who loves Summer since childhood, stays with her and understand what she is going through, when everybody else is too busy to see anything. He notices that Summer eats less and instead of trying to make her eat rich foods, he offers her light snacks, ensuring that she keeps eating. His patience pays, as in the end, Summer finally sees him for the sweet boy that he is, and falls for him.

Pour résumer: Ces deux romans, qui font suite à Coeur Cerise, m’ont autant plus que le premier. L’écriture est toujours aussi sympa, les thèmes abordés sont sérieux, et chaque fille trouve l’amour à la fin, tout en tirant une leçon de vie importante. Ce sont des romans à offrir à toute adolescente de 12 à 16 ans.

In a nutshell: I enjoyed these two books as much as Cherry Cruch. The author has a nice writing style, the themes she deals with are serious, and each girl finds love and a life lesson in the end. Perfect gifts for girls 12 to 16 years old.

 

chocolate box


L’auteure: Cathy Cassidy est née en 1962 à Coventry, en Angleterre. Elle a toujours aimé écrire et dessiné, et a écrit son premier livre d’images pour son petit frère lorsqu’elle avait huit ans.

The writer: Cathy Cassidy was born in 1962 in Coventry, England. She’s always liked drawing and writing, and she wrote her first book for her younger brother when she was eight years old.

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Cathy Cassidy a commencé sa carière dans un magazine, puis elle a repris ses études en école d’art. Après avoir été professeur d’art à Coventry pendant quelques années, elle a déménagé avec son petit ami, Liam, en Ecosse, afin de fonder une famille. Elle continuait d’enseigner l’art. Maintenant que ses enfants sont grands, elle vit à Liverpool dans une belle maison victorienne.

Cathy Cassidy started her career in a magazine, then she went back to school to study art. After having been an art teacher in Coventry for a fez years, she moved in with her boyfriend Liam in Scotland, to start a family. She continued to teach art over there. Now that her children are all grown up, she lives in Liverpool in a beautiful Victorian house.

Vous pouvez en apprendre plus sur elle en visitant son site web (en anglais). Have a look at her website here, to learn more about her.


Produits dérivés: Toute la série des Filles aux Chocolat, évidemment! Il y a d’autres tomes consacrés à Coco, la benjamine; Honey, l’ainée; Cherry, la nouvelle demie-soeur; et même aux personnages secondaires comme Shay ou Jody!

Byproducts: the whole series of the Chocolate Box Girls, of course! Other books are about Coco, the youngest; Honey, the eldest; Cherry, the new addition; and even side characters like Shay or Jody.

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Il y a aussi une série sur le web, dans laquelle les filles au chocolat se confient face caméra sur leur vie, un peu comme des journaux intimes. C’est en anglais, un peu surjoué parfois, mais très sympa si on veut se plonger dans le monde des filles au chocolat!

There is also a webseries, in which the girls have a vlog. The acting is ok, and it’s quite nice for young fans.

Et enfin, il y a des BD, adaptées des histoires de Cathy Cassidy. Le design reprend la couleur associé à chaque fille, ainsi que les cupcake qui décorent les couvertures des romans. Le portrait dessiné des filles est au centre de l’illustration.

Last but not least, the books have been adapted into comics. The design follows the original books’ design with the cupcakes and the associated colour for each girl. The portrait of the girl adorns the center of the cover.

 

Album/Picture book, Cuisine/Cooking, En anglais/in English, En français/In French, Enfants/Children, livres

La Soupe Au Potiron (Pumpkin Soup) – Helen Cooper, 1998 (Fr-Eng)

Book cover Fr
(English in purple)

La Soupe Au Potiron est un album de saison. Quoi de meilleur qu’une soupe au potiron? Hélas, Mademoiselle ne partage pas mon avis. C’est pour tenter de lui faire apprécier ce plat délicieux que j’ai emprunté cet album à la bibliothèque. Elle adore l’histoire, mais elle refuse toujours ma délicieuse soupe.

Pumpkin Soup is the perfect autumn read for children. Is there anything better than pumpkin soup? Unfortunately, Mademoiselle my daughter doesn’t quite agree. In an effort to try and convince her, I borrowed this picture book from our local library. She loves the book, still doesn’t want to touch my pumpkin soup. Ah well…


L’histoire: Chat, Ecureuil et Canard habitent dans une cabane, au milieu d’un carré de potirons. Tous les soirs, ils font de la soupe au potiron, après quoi ils jouent de la musique. Chacun a une tâche bien précise dans le processus de préparation de la soupe. Mais un jour, Canard veut touiller la soupe au lieu de s’occuper du sel. S’en suit une dispute mémorable, et Canard met les voiles. Nos trois amis apprennent la valeur de l’amitié après s’être disputés.

Story: Cat, Squirrel and Duck live together in a cabin in the woods, in the middle of a pumpkin patch. Every night, they prepare pumpkin soup, then they play some music and go to bed. Each of them has a specific task. But one fine day, Duck wants to try something new, and their world is turned upside down. It’s a tale about friendship.

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Mon avis: Un magnifique album! Les illustrations sont parfaites. Un peu désuètes, charmantes, avec des couleurs chaudes. Des illustrations de conte, intemporelles, riches de détails. J’ai apprécié le fait que texte et images soient mêlés, l’enfant peut donc suivre en image ce qu’on lui raconte.

Le texte est simple et un peu répétitif. Il est chantant, il rime. Parfait pour les enfants qui apprennent par la répétition.

My review: A beautiful picture book! The illustrations are just perfect. A bit old fashioned, with warm colours. Fairy tale illustrations, ful of details. I like how text and pictures are mingled on the pages. The children can follow what’s being read aloud by looking at the illustrations.

The text is simple and a bit repetitive (which is a good thing for this age group).

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Les cucurbitacés ont le vent en poupe chez nous, après Sophie Et Ses Courges et Le Potiron (dans la série de La Famille Souris). Nous avons d’ailleurs planté des graines de courge qui ont pointé le bout de leurs feuilles au grand jour.

Pumpkins and squashes are fairly popular at home nowadays, after Sophie’s Squash and The Pumpkin (from the Mouse Family collection). We’ve even planted squash seeds dans they’re growing nicely on our balcony.

Mademoiselle s’est donc enthousiasmée pour ce livre, et me demande de le lire tous les jours. Sa passion pour les courges et potirons n’entache absolument pas le fait qu’elle ne veuille pas en manger, ce qui est tout de même assez bizarre.

Mademoiselle loves this book. She’s been asking me to read it almost everyday. Her newly found passion for pumpkins and squashes doesn’t influence at all the fact that she still refuses to eat my delicious pumpkin soup, though.

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Dans ce livre, il y a trois colocataires. Leur vie harmonieuse repose sur le principe de partage des tâches. Pour la préparation de la soupe, c’est Chat qui coupe le potiron, Ecureuil qui ajoute l’eau et tourne, et Canard qui dose le sel. Et la soupe est parfaite.

In the book, three friends share the same house. They live a harmonious life, based on a task-sharing principle. When it comes to soup preparation, Cat cuts the pumpkin, Squirrel adds the water and stirs, and Duck is in charge of the salt. And the soup is perfect.

Lorsqu’ils jouent de la musique, Chat a sa cornemuse, Ecureuil son banjo, et Canard chante. Leur couverture est cousue par Chat, brodée par Ecureuil, et rembourrée des plumes de Canard.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

When they play music, Cat plays his windbag, Squirrel his banjo, and Duck sings. Their blanket was sawn by Cat, embroided by Squirrel, and stuffed with Duck’s feathers.

Everything is perfect.

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Sauf que Canard va venir perturber cette harmonie en demandant à changer de rôle. Les deux autres ne sont pas d’accord, et Canard se fait la malle. On ne sait pas ce qu’il advient de lui.

But Duck is disturbing this perfect world. He wants a change of roles. The other two don’t agree, and Duck runs away. We have no clue about what happens to him.

On sait juste que les deux autres, d’abord en colère, finissent par regretter de n’avoir pas laissé une chance à Canard. Ils se mettent à la recherche de leur ami, s’imaginent qu’un accident lui est arrivé, ou qu’il s’est fait de nouveaux amis plus tolérants et ouverts qu’eux.

What we know, though, is that the two others, after being angry at Duck, start getting worried. They start looking for him, imagining that horrible things might have happened to him, or that he met better friends than they are. Friends who allow Duck to stir the soup.

Après avoir cherché Canard partout, sans succès, ils rentrent chez eux… et Canard les y attend. Chat et Ecureuil décident de le laisser essayer de tourner la soupe. C’est une catastrophe, il y en a de partout. Canard apprend aux autres comment doser le sel correctement.

After having looked for Duck everywhere, Cat and Squirrel give up and go back home… to find Duck, waiting for them. Cat and Squirrel decide to let him stir the soup. It is a big mess, but Duck is happy and learning. Duck also teaches to his friends how much salt should be added to the soup to make it perfect.

hug

C’est un joli conte sur l’acceptation de nos propres limites, le fait de les repousser, l’entraide, l’amitié. Et la soupe au potiron, bien sur!!

It is a very nice tale about accepting our own limitations, pushing them, helping each others, and friendship. And pumpkin soup, of course!!


Helen CooperL’auteure: Helen Cooper est une auteur britanique, née en 1963 à Londres, et elle grandit dans le conté de Cumbria, dans le nord de l’Angleterre, à la campagne. Elle se passionne très tôt pour le piano et l’écriture. Après avoir obtenu son diplôme de professeur de musique, elle écrit son premier livre pour enfants en 1987. Depuis, elle a publié 16 albums pour enfants. Elle vit à Oxford avec son mari, lui aussi illustrateur, et leur fille Pandora. Vous pouvez en apprendre plus sur elle en consultant son site.

The writer: Helen Cooper is a British author born in 1963 in London, and who grew up in the countryside of Cumbria, northern England. She very early expresses interest in playing the piano and writing. After she graduated as a music teacher, she writes her first picture book in 1987. Since then, she’s published 16 picture books. She lives in Oxford with her husband, an illustrator, and their daughter Pandora. Click here to discover her website.


Bonus: vidéo (en anglais) de l’histoire 🙂 / a video of the story

Classique/Classics, Contemporain/Contemporary, En anglais/in English, En français/In French, France, livres, Roman/Novel, USA

The Handmaid’s Tale (La Servante Ecarlate), Margaret Atwood – 1985 (Fr-Engl)

La servante écarlate(English in purple)

Tout le monde en parle, et contrairement à d’habitude, on dirait que tout le monde en parle pour de bonnes raisons. Des raisons féministes, des raisons de Trump, des raisons de « en fait ce n’est pas si loin », de « en fait ça pourrait arriver demain ». De bonnes raisons. J’ai englouti la série en trois soirées. J’ai fini le livre en deux nuits.

Everybody’s speaking about it, and for once it looks like it’s for some good reasons. Some feminist reasons, some Trump reasons, some « in fact it isn’t that far » and « in fact it could happen tomorrow » reasons. I binged watched the series and finished it in three nights. I binged read the book and finished it in two.


Résumé: Les Etats-unis, en proie à une insécurité, une perte des valeurs morale, et une infertilité grandissantes, subissent un coup d’Etat. Un groupe religieux fanatique revient à des valeurs plus traditionelles, de nouvelles loi régissent un pays qui s’appelle maintenant Gilead. Pour faire face à la crise de la natalité, les femmes fertiles sont mises au service des couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfant. L’une d’entre elles se confie, et se souvient aussi de sa vie d’avant.

Story: The United Stated got through a coup, following a troubled period of growing insecurity, fertility problems and loss of moral values. This is a religious and military coup, and society goes back to a more traditional way of life. The country’s name is now Gilead. In order to solve the fertility problem they are facing, the few women that are still fertile are asked (and forced) to put their body to the service of the greater good, and go from childless family to another, to try and bear them a child. One of these women speaks up – and also remembers her previous life, before.

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Traduction: En français, le titre a été légèrement modifié: ce n’est plus « le dit de la Servante », mais « La Servante écarlate ». Je comprends ce choix et l’approuve 😀

Translation: In French, the title has been changed into « La Servante Ecarlate », which means « The Scarlett Handmaid ». It sounds better in French than the literal translation of ‘The Handmaid’s Tale » would.


Illustrations: Depuis 1985, il y a eu une myriade d’éditions. Je me suis concentrée sur celles en anglais. La couleur rouge y est, sans surprise, prédominante. On y voit les servantes en uniforme, qui parfois se transmettent des informations. Qui marchent deux par deux. Les allusions à la maternité sont subtiles: une feuille dans le ventre, ou des poires, fruit dont la forme rappelle un utérus. J’aime particulièrement l’illustrationn qui représente un oeuf à la coque. C’est une allusion subtile.

Cover art: Since 1985, the novel has been published and republished a thousand times. I focused on the illustrations of the English editions. Without much surprise, the colour red is predominant  in almost all illustrations. We can see handmaids in their uniforms, sometimes they are exchanging information. References to pregnancy are also depicted in subtle ways. The egg, the pears (reminding of the shape of a womb), the leaf in the womb. My favourite is the red egg with a cracked shell.


Mon avis: ayant visioné la série avant de lire le livre, je me demandais si j’allais être déçue. Je lisais partout que la série, en contre-exemple de ce qui se fait habituellement, était mieux que le livre. En fait ce n’est pas mieux, c’est différent. Le livre a été écrit comme une oeuvre qui se suffit à elle-même, alors que la série s’est ménagée des ouvertures pour une deuxième saison. Donc il y a des différences, mais le fond ET la forme correspondent.

My review: Since I watched the series before reading the book, I was wondering if I would be disappointed. I read everywhere that the series, for once, was much better than the book. In fact I wouldn’t say that it is better, it is just different because they both have different goals. The book was written as a one shot. The series is built in a way that allows more seasons to follow. So yes, the series has a bit more material to deal with. But otherwise, they’ve done a very fine job respecting the original work by Margaret Atwood. 

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L’attente et la solitude de la Servante

On retrouve tout. Les flashbacks, la lutte contre la folie, l’attente. La passion. Le danger. Oh! le danger, palpable. On n’ose rien, on murmure, on ne bouge pas. L’autre jour il y avait un van noir devant mon immeuble, j’ai eu peur une minute, et puis je me suis rappelée que hum, pour l’instant en tout cas, on n’en n’est pas encore là.

Everything is there. Flashbacks, fighting to stay mentally sane, waiting. Passion. Danger. Oh! Danger, you can almost touch it. No daring to do or say anything. Walking on eggshells, testing the waters. Not moving. The other day, there was a black van in front of my building. I panicked for a micro second before I remembered that for now at least, this is not the society I live in.

The wall
Le mur sur lequel sont exhibés les dissidents exécutés

Je trouve que le livre explore plus l’ambivalence des sentiments de la servante Defred. Elle trouve une certaine sécurité dans son nouveau status, plus d’agressions sexuelles possibles, elle est protégée, comme le sont toutes les femmes, par la loi de Gilead. Pourtant elle est prisonière, n’est pas libre de faire ce qu’elle veut. Elle regarde avec dégout des touristes aux pieds étranglés dans des sandales, se souvient de la douleur de porter des talons. Est heureuse de ne plus avoir à se plier à ces jeux de séduction. Est malheureuse de ne plus pouvoir séduire.

I find that the book goes deeper into the exploration of the handmaid Offred’s ambivalent feelings. She does enjoy the relative safety of her new status. No more sexual aggression, she is protected, as all the women of Gilead are. But still, she’s a prisoner. She is disgusted by the foreign tourists who come to visit Gilead. The women’s feet are trapped into painful heeled sandals. She remembers how painful it was to wear heels. She is happy that she doesn’t have to try and seduce. She is sad that she cannot seduce anymore.

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la force des servantes

Elle doit maitriser son esprit, contrairement à Janine, qui se laisse gagner par une folie douce. Qui n’arrive pas à lutter, à rester lucide. La servante se laisse aller à se remémorer le passé quand elle est seule. Elle trouve réconfort et chagrin dans les images du passé, de sa vie avec son mari et sa petite fille. Elle se réveille dans son cauchemard, ne sachant pas s’ils sont morts ou vivants. N’ayant pour espoir que celui de survivre, pas de vivre.

She must keep control of her mind. Not like Janine, who lets madness take control. Who cannot fight it, who is too weak to face the reality of their new life. The handmaid can only remember the past when she is alone. She finds comfort and sadness in these memories of her husband and daughter. She wakes up and she lives her nightmare. She doesn’t know if they are dead or alive. Her only hope is to survive, not to live.

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Après la cérémonie: Le commandant se rajuste, tandis que la Servante reste alongée sur le lit, et l’Epouse pleure son malheur.

 

J’ai beaucoup aimé sa relation avec Nick, le chauffeur, que ce soit dans la série ou dans le livre. C’est un personnage ambivalent mais profondément humain. Dans le livre, il est clair que c’est lui qui sauve la servante, certainement pour se sauver lui-même. Dans la série, c’est moins clair.

I liked her relationship with Nick a lot, both in the series and in the book. He is an ambivalent character, but he’s deeply human. Like her, he tries his best to keep his head out of the water. In the book, it is quite clear that he is the one saving the handmaid. In the series, it isn’t as clear.

 

La servante trahit-elle son mari en faisant l’amour avec Nick? En établissant une relation avec son Commandant? Tant que les relations sexuelles étaient commandées, cela ne lui posait pas de problème moral. Mais maintenant que des relations humaines, et non plus fonctionelles, se mettent en place, la servante est troublée.

Is the handmaid being unfaithful to her husband when she makes love to Nick? By establishing a relationship with her Commander? As long as sexual encounters were commandments, rules she had to follow, it wasn’t a moral problem for her. But when human interaction, feelings, start to emerge, the handmaid is not sure anymore. She’s troubled.

Serena Joy 2
la solitude de l’Epouse, en bleu virginal.

 

Le Commandant, ainsi que sa femme Serena Joy (« quel nom ridicule », dira-t-elle), représentent l’élite de cette nouvelle société, dont le code couleur régit les fonctions des êtes. Bleu Madonne pour les Epouses, Noir pour les Commandants, Rouge Sang pour les servantes reproductrices, et un brouillard gris pour le reste.

The Commander and his wife Serena Joy (« what a stupid name », says the handmaid) are the elite of this new society, in which the social status of each member is determined by the colour they wear. Virginal Blue for the Wives, Black for the Commanders, Blood Red for the fertile Handmaids, and a blur of grey for anyone else.

Jezebels
Transgression des règles établies: le Commandant emmène la Servante dans un bar clandestin.

Le Commandant et sa femme sont l’exemple et le contre-exemple. Ils ont mis en place cette société eux-mêmes. Pourtant ils en bafouent les codes. Elle fume des clopes de contre-bande. Il veut connaitre la fille qu’il est censé engrosser, au lieu de la laisser réduite à sa seule fonction de réceptacle fécond. Ils brisent les règles qu’ils ont eux-mêmes établies. Quelle hypocrisie.

The Commander and his Wife are the example to follow, and also exactly its opposite. They are supposed to be perfectly happy in this new social order they’ve implemented, but they break the rules. She is smoking black market cigarettes. He wants to know the girls he fucks, instead of keeping them in their place as a fertile vase. They both break the rules they’ve helped implementing. So much hypocrisy.

Moira
Moira, l’amie, la rebelle, la battante.

Et puis il y a Moira. La battante, la lesbienne, l’empêcheuse de tourner en rond, la provocatrice. Celle qui a toujours une nouvelle carte à abattre. La meilleure amie. Dans le livre, elle est finalement brisée, et on ne la reverra jamais. On ne sait pas ce qu’il advient d’elle, on suppose qu’elle meurt. Dans la série, elle se relève. Bitch. Je veux croire au dénouement de la série pour elle.

And then Moira. The fighter, the lesbian, the one who’s always trying to go further and deeper. The one who will never give up. The best friend. In the book, she is finally broken, and we will never see her again. We don’t know what will happen to her, we can only guess, and my guess is that she dies. In the series, however, she fights back. Bitch. I want to believe to this issue for her character.

La société toute entière est régimentée par la loi. Chaque acte posé l’est parce que la loi l’ordone ou l’autorise. Mais ce qui devait être un Paradis sur Terre ne l’est pour personne. C’est une théocratie-tyranie.

The whole society is ruled by this new order of law. Everything that they do is done because the law says they should. But what should have been a Paradise on Earth has become Hell for everyone. It is a theocratic tyranny.

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« Under His Eye »

 

Le roman et la série font peur, car cela semble réel. On dirait que cela pourrait arriver bientôt. Il est temps de s’interroger sur notre société. La « vieille » société avait ses travers, qui se sont traduits par de l’insécurité et une baisse drastique de la natalité. C’est déjà le cas dans nos sociétés modernes. Les ovaires polycystiques, l’endométriose, ça vous dit quelque chose?

The novel and the series are both frightening, it seems so real. It seems like it could happen, soon. It is high time to reflect on our society. The « old » society has its bad sides, they translated into insecurity and infertility. This is already the case in our society. Polycystic ovary syndrome, endometriosis… does it ring a bell to you?

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The handmaids

Margaret Atwood a écrit une postface très intéressante, dans laquelle elle explique qu’elle n’a utilisé que des faits ayant déjà été commis par l’humanité. C’est un miroir qu’elle nous tend. Regardez, comme on est moches!

Margaret Atwood wrote a very interesting postface, in which she explains that she only used things that humans had already done in the past for her novel. It is a mirror. Look, we’re ugly!

Alors, comment faire pour éviter de glisser? Comment éviter l’avèmenet de Gilead?

So, how can we avoid slowly sliding towards a disaster? How do we act to stop Gilead for ever happening?

Nolite te bastardes carborundorum


Margaret AtwoodL’auteure: Margaret Atwood est née le 18 novembre 1939 à Ottawa, au Canada. En 1961, elle est diplomée d’anglais, avec en option le français et la philosophie. Elle étudie ensuite à Harvard. Margaret Atwood a écrit de nombreux romans qui ont remporté des prix. Vous pouvez visiter son site (en anglais) pour en apprendre plus sur elle et son oeuvre.

The writer: Margaret Atwood was born on November 18th in Ottawa, Canada. In 1961, she majors in English, with French and philosophy as minors. She then studied in Harvard. Margaret Atwood wrote many books, some of which got prizes. Have a look at her website to learn more about her and her books.


Produits dérivés: la série qui bat actuellement tous les records!! Il y a aussi eu un film en 1990.

By-products: the super successful TV series, and there was also a movie made in 1990.

Je n’ai pas vu le film, par contre j’ai dévoré la série. Comme dit ci-dessus, la série élargit l’histoire et l’enrichit, car le but est de continuer au delà du roman. Il y a quelques changements mineurs, mais qui ne m’ont pas dérangés.

I haven’t seen the movie from 1990, but I binged watched the series. As said above the series widens the story and make it possible to continue with another season, beyond the novel. There are a few minors changes to the story line, but they didn’t bother me. Maybe because I watched the series before reading the book.

Le seul changement qui donne vraiment une dimension différente, c’est l’âge du Commandant et de Serena Joy. Dans le livre, ils sont âgés. Il a les cheveux blancs et il est décrépi. Elle a le visage qui s’affaisse et marche à l’aide d’une béquille. Ils sont clairement d’une génération différente de la Servante. Dans la série, ces personnages sont interprétés par des acteurs d’une quarantaine d’années, encore beaux. Cela fait une grande différence pour moi.

The only change that has a real impact was, for me, the age of the Commander and his wife Serena Joy. In the book, they are a bit old already. He has white hair and wrinkles. Her face is puffy and falling, she needs a stick to walk. They are obviously a generation older than their Handmaid. In the series, the actors are in their 40s and very good looking. It made a big difference for me.

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Partie de Scrabble avec un vieux monsieur (et non pas un beau gosse)

Dans le livre, on se dit que de toute façon, le Commandant et Serena Joy sont trop vieux pour avoir un enfant. Ils ont du essayé, mais ils sont « périmés », pour ainsi dire. Dans la série, ils sont jeunes et ont clairement renoncé à essayer d’avoir un enfant par eux-mêmes.

In the book, it seems that anyway, the Commander and Serena Joy are too old to have children. They might have tried, but it’s too late for them. In the series, they are still young, but they’ve given up trying by themselves.

Le livre se concentre plus sur les sentiments contradictoires de la servantes, alors que la série développe le contexte et l’enrichit. Cependant la série a su retransmettre fidèlement les conflits intérieurs de la Servante et ses souvenirs.

The book is more an exploration of the Handmaid’s feelings, while the series broadens the context and bring more elements to it. But the series is very faithful to the original novel and they did a great job on exploring the Handmaid’s contradictory feelings and memories.

La bande son Rock’n’roll vient souligner la rebellion intérieure de ces femmes, qui semblent soumises, mais qui n’ont pas renoncé à s’échapper.

The rock’n’roll soundtrack is an illustration of the rebellion of the Handmaids, who might appear to be submissive, but who are nonetheless looking for a way to escape.

Album/Picture book, En anglais/in English, En français/In French, Enfants/Children, livres

Chrysanthème (Chrysanthemum), Kevin Henkes (Fr-Engl)

Chrysanthème fleur(English in purple)

Encore un super livre de notre bibliothèque! Je l’ai choisi (et non pas Mademoiselle) parce que les illustrations étaient jolies, et que j’aime bien les chrysanthèmes.

Another wonderful book from our local library. I picked it (yes, I picked it, not my daughter) because I liked the drawings, and because I love chrysanthemums.


L’histoire: Chrysanthème est une petite souris absolument parfaite, et ses parents lui ont donné un prénom qui, comme elle, est absolument parfait. Chrysanthème adore son prénom, jusqu’au jour où elle commence l’école… et où tout le monde se moque de son prénom. Chrysanthème est l’objet de piques et de moqueries de la part des autres enfants de l’école, et elle ne veut plus y aller.

Un jour, une dame magnifique arrive dans l’école: c’est la professeur de musique, et toutes les petites souris sont conquises. La professeur de musique entend les autres souris se moquer de Chrysanthème, et leur demande pourquoi. Lorsqu’elle révèle qu’elle aussi a un prénom de fleur, et qu’elle pense nommer son bébé Chrysanthème s’il s’agit d’une petite fille, les petites souris retournent subitement leur veste: les noms de fleur, c’est trop bien.

baby chrysanthemum

Story: Chrystanthemum is a little mouse who is absolutely perfect, and as such, her parents picked an absolutely perfect name for her: Chrysanthemum. She loves her name, until the day she starts school… and everybody makes fun of her name. Chrysanthemum becomes a bullied child and she doesn’t want to go to school anymore.

One day, a magnificient lady comes to school. She’s the music teacher, and all the little mice at school instantly fall in love with her. The music teacher hears the other little mice making fun of Chrysanthemum, and asks them why. When she reveals that she also bears the (rather long) name of a flower, and that she wants to name her unborn child Chrysanthemum, the little mice change their mind: being named after a flower is just too cool.


Chrysanthemum3Mon avis: un joli conte sur le harcèlement scolaire, et sur la mise en perspective du « pourquoi ». C’est un chouette livre, les dessins sont très beaux et il y a beaucoup de musicalité dans les phrases. Il traite d’un sujet difficile. Le rôle des adultes y est souligné comme étant primordial.

My review: It is a very nice book about bullying at school. It deals with why and how. The drawings are very beautiful and there is a lot of musicality and rhythm in the text itself. It deals with a difficult topic. The role of the adults surrounding the bullied kid is very important.

Chrysanthème est une petite souris tout ce qu’il y a de plus heureuse. Mais quand elle commence l’école, c’est le drame: tout le monde se moque de son prénom. Trop long, c’est en plus le nom d’une fleur, qui pousse dans la terre, avec les vers de terre.

Les autres enfants, sous l’égide de l’infâme Victoria (qui est donc la meneuse), vont persécuter la pauvre Chrysanthème. Elles se moquent d’elle sans cesse, lui disent qu’elle préféreraient changer de prénom plutôt que de porter le sien, font semblant de la cueillir et de lui arracher ses pétales…

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La petit souris perd sa joie de vivre, malgré les câlins de ses parents et leur insistance que les autres sont justes jaloux de son si beau prénom. Mais Chrysanthème commence à douter.

J’ai trouvé que les parents ET l’institutrice ne jouaient pas un grand rôle. Les parents se contentent de dire « ne t’inquiète pas, ils sont jaloux ». Se rendent-ils vraiment compte de ce que traverse leur fille? L’institutrice remet gentillement Victoria, la meneuse des harceleurs, en place, mais n’en fait pas plus. Elle est même complice, elle sourit lorsqu’elle prononce le prénom de Chrysanthème pour la première fois. Comme les autres enfants, elle trouve ce prénom… bizarre.

L’enfant est donc laissée seule contre tous. Les adultes présents dans sa vie ne semblent pas se rendre compte du calvaire qu’elle endure chaque jour. Je pense malheureusement que c’est le cas de beaucoup d’enfants victimes de harcèlement. Cela me fait réfléchir à ma propre manière de réagir avec ma fille. Je croise les doigts pour qu’elle ne soit jamais persécutée par d’autres enfants – et qu’elle n’en persécute jamais elle-même!!

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Tout change le jour où la professeur de musique arrive. Elle éblouit tous les enfants, qui essaient de se faire bien voir. Lorsqu’elle attribue le rôle d’une marguerite à Chrysanthème, c’est le fou rire général dans la classe. Une fleur dans le rôle d’une fleur, mouahaha :p

C’est là que s’opère un retournement de situation: la prof de musique prend la défense de Chrysanthème. Elle déclare qu’elle porte elle-même le nom d’une fleur, Delphinum; et comme elle est enceinte, qu’elle aimerait appeler son bébé Chrysanthème. D’un coup, avoir un nom de fleur devient trop chouette. Les enfants arrêtent d’embêter Chrysanthème et se donnent des noms de fleur: Pivoine, Hortense, Anémone…

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Et le bébé est baptisé Chrysanthème, et tout est bien qui finit bien. Je ne sais pas si la prof de musique a vraiment un nom de fleur aussi, ou si elle a juste senti la détresse de Chrysanthème. En tout cas c’est la seule adulte qui ait une réaction positive et qui prend acte de ce qui se passe pour la petite souris… et dont la solution est vraiment subtile.

En faisant devenir le « handicap » de Chrysanthème quelque chose de « cool », elle renverse la vapeur dans la cour de récré, et libère ainsi la petite souris de la torture qu’elle subit chaque jour.


Kevin HenkesL’auteur: Kevin Henkes est né le 27 novembre 1960 dans le Wisconsin, aux Etats-Unis. Il a toujours su qu’il serait illustrateur, jusqu’au jour où son professeur de littérature l’a félicité pour ses productions écrites et l’a encouragé à continuer dans cette voie. Il a alors décidé que les albums pour enfants pourraient constituer une excellente fusion de ses deux passions. Vous pouvez consulter son site web ici (en anglais).

The author: Kevin Henkes was born on November 27th, 1960, in Wisconsin, USA. He always knew he’d be an illustrator, until the day his English teacher told him he had a gift for writing. He thus decided that kid’s albums were the perfect way to combine his two talents. You can learn more about him on his website.


Bonus: une vidéo de la lecture du livre (en anglais) / a video of the story, read aloud.

Actualité/News, Contemporain/Contemporary, En français/In French, France, livres, Roman/Novel

La Double Vie De Pénélope B., Anne-Solange Tardy (2007) (Fr-Eng)

La double vie de Pénélope B.(English in purple)

Voici un livre de blogueuse fait pour les blogueuses. Il était dans la boîte de livres à donner de ma bibliothèque, et à cause du sujet, il a fallut que je le prenne. Pas le choix, vous comprennez… Un petit livre qui se lit vite, marrant, et qui parlera à plusieurs d’entre nous.

Penelope B.’s Double Life – This is a book about bloggers, so you can easily understand why I pick it up from my library’s « to give » book box. It was an easy and fun read, and it points out a few truths about blogging.


La jaquette: elle dépeint parfaitement le contenu du livre: Pénélope reine de la night, et Pénélope dans sa vraie vie. Dans les tons roses et rouges, girly à souhait. Je déplore la taille de guêpe de Pénélope, elle est censée avoir quelques kilos « en trop ». Le design de l’illustration rappelle un jeu de carte.

Illustration: Penelope and her two lives: Queen of the night and in her real life. Pink and red hues, very girly. Penelope is supposed to have a few extra kilos, so I’m a bit disappointed that she is pictured with such a thin waist. 


Résumé et avis en bref: Pénélope vit à Renne. Après s’être fait humiliée au mariage de son ex, elle décide sur un coup de tête d’accepter de travailler pour sa parisienne de tante, et plaque tout pour « monter à la capitale ». Comme elle ne connait personne et s’ennuie ferme, elle traine sur les blogs, et crée bientôt le sien… Un beau jour, son cousin Axel, qui est « dans la mode », débarque des USA et opère sur Pénélope un avant/après radical. Il emmène la jeune femme, au look désormais branché, dans tous els endroits les plus hyp de Paris.

Du coup le bog Pénélope passe de « provinciale découvrant Paris » à « fille la plus branchée de la capitale ». Mais lorsque Axel repart aux States, Pénélope se retrouve à niveau livrée à elle-même. Comment faire face aux milliers de personnes qui suivent son blog et attendent ses bons plans mode et sortie? Alors Pénélope commence à inventer…

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In a nutshell: Penelope lives in Brittany, France. After a big humiliation at her ex’s wedding, she decides to accept a job in Paris and leaves everything behind to start a new life. Since she doesn’t know anyone over there, she spend her time on the internet, reading blogs… and soon enough, she starts her own, about a girl discovering Paris. One fine day, her cousin Axel arrives from NYC, where he works « in the fashion industry ». Axel decides that Penelope’s look isn’t good enough and he takes her shopping, to the hair dresser, etc… to make her a true Parisian. And he takes her in the best clubs, cafés and restaurants.

Peneople’s blog reflects this change of lifestyle, and from « I am an outsider in Paris », it becomes « I know all the good places in Paris ». Bam, she get zillions of views and comments. But when Axel leaves to go back to the US, Penelope is alone once again… and no one invites her to trendy parties anymore. How will she provide interesting content to her blog audience? She starts inventing…

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C’est un roman qui se lit vite (une journée), marrant, et qui démontre avec brio les pièges dans lesquels on est prêt(e)s à tomber pour maintenir l’audience de nos blogs chéris au top du top. L’écriture est sympa, un peu familière et orale par endroits, on a l’impression qu’une bonne copine se confie à nous. Beaucoup, beaucoup d’humour. Je me suis marrée comme une baleine.

L’auteure sait de quoi elle parle, elle est elle-même aux commandes de Cachemire et Soie, un blog apparement super en vue :p Elle dénonce les travers de la blogosphère: rythme à tenir, contenu intéressant à fournir, la pression qu’on se met… Bref, toutes les blogeuses (et les blogueurs) devraient le lire, histoire de remettre les pendules à l’heure 🙂

blog

I read this novel in a day. It is an easy and funny read, pointing out all the traps of the blogging world. How far can we go to maintain good stats? The writing style is nice, a bit oral sometimes. It feels like a good friend is speaking to us. There is a lot of humour. A lot. Really. I don’t remember the last time I laughed so much while reading a book.

The writer knows her topic well, since she’s a blogger herself. Her blog Cachemire et Soie is apparently one of the top one in France. She deals with all the little things that having a blog requires: deadlines, interesting content, the pressure… all bloggers should read it, to remember that blogging is, indeed important and interesting, but that there is more than that in life 🙂

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Les Deux Magots – le repère des parisiens branchés (where cool people hang out in Paris)

Mon avis: Ce n’est pas le livre du siècle, soyons clairs. Mais c’est un livre qui ne se prend pas la tête, et qui ne prétend justement pas être le livre du siècle. Il prétend juste offrir du diverstissement, mâtiné d’une réflexion sur un sujet qui nous interpelle tous: le blogging!!

Tout au long du bouquin, on se marre. C’est truffé d’humour. Ca faisait longtemps que je n’avas pas gloussé comme une dinde, toute seule dans mon canapé. Même que j’ai été une mère indigne et que j’ai fais semblant d’aller aux toilettes pour lire (et glousser) tranquillement ce weekend. Le bouquin fait 300 pages je crois, mais ça se lit super vite tellement c’est marrant.

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C’est donc l’histoire d’une provinciale qui monte à la capitale. Encore une histoire de Cendrillon, avec dans le rôle de la bonne fée, son cousin Axel qui bosse « dans la mode » et qui lui fait un relooking d’enfer.

Choc des cultures: à Rennes, tout ce qui est doré est trop ringard, à Paris c’est le summum de la branchitude. Idem pour les pulls rapiécés aux coudes et les coupes de cheveux gothiques. Ne parlons pas des lunettes mouches.

Il se trouve que pour passer le temps, la provinciale n’a rien trouvé de mieux à faire que de créer un blog, dans lequel elle raconte sa vie pas passionante du tout. Bien sur, dès que son cousin l’emmène faire du shopping, elle se met à répertorier toutes les bonnes adresses de la capitale sur son blog, et fait le buzz.

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Le problème, avec l’effet Cendrillon, c’est qu’il y a aussi l’effet Citrouille qui suit: lorsque la bonne fée se barre à NYC, Cendrillon n’a plus de coach pour lui dire quoi mettre avec quoi, ni pour lui dire où sortir. D’ailleurs on ne l’invite plus, parce que ce n’était pas elle qui était invitée, mais Axel. Trop la loose.

Sauf que, comment lâcher des stats de blog qui en rendraient plus d’un, sur la blogosphère, complètement extatique?? Elle peut pas. Donc elle va ruser et inventer. On en arrive à des bassesses, pour maintenair nos stats au beau fixe… Je ne l’ai jamais fait, parce que 1. mes stats sont gentillettes et je ne fais pas le buzz; 2. j’ai une vraie vie qui m’occupe bien aussi; 3. j’ai des principes. Enfin, je crois!

On répertorie aussi toutes ces petites choses qui vont faire gonfler nos stats: « aimer » et commenter les articles d’autres blogueurs, suivre de nouveaux blogs… Avouez, vous le faites aussi! C’est du boulot tout ça :p

blogging

Il ya aussi l’histoire d’amitié avec Lili, sa meilleure copine, qui, de retour d’Inde, a un choc culturel avec la surconsommation. Par contre ça ne dure qu’un temps, et Lili s’adapte comme un poisson dans l’eau à son nouveau job aux Galerie Lafayettes. J’ai trouvé ça dommage, finalement les deux nanas succombent à cette société surconsomatrice.

Après il y a une histoire d’amour assez chou, et j’ai bien aimé la fin. Honnêtement j’avais deviné les deux quiproquos – le nom et l’origine du mal-entendu – mais ça n’enlève rien au charme de l’homme dont Pénélope tombe amoureuse.

Y’a juste des interrogations qui restent en suspens: pourquoi Axel s’est-il barré aussi précipitament? quel lien y-a-t-il entre Lili et Aure? Je suppose que comme il y a un tome 2, on y trouve réponse.

Globalement c’est un livre sympa, écrit avec beaucoup d’entrain. La bonne humeur de l’auteure est communicative. Ca ne se prend pas la tête et c’est très bien comme ça.


Anne Solange TardyL’auteure: Anne-Solange Tardy est bretonne ET parisienne. Elle tient son blog Cachemire et Soie depuis 2006. Je la laisse se présenter elle-même:

Il y a un peu plus de dix ans, le 9 février 2006 précisément, j’appuyais sur un bouton sur lequel il était écrit « valider » et qui allait changer ma vie.

Je m’ennuyais dans un travail qui n’avait aucun sens à mes yeux, tout en rêvant d’écrire des romans persuadée, que ce n’était qu’un rêve inaccessible.

Ce jour là, j’ai entré mon prénom et un email pour m’inscrire sur un site qui s’appelait « Mabulle ». Une plateforme de blog qui n’existe plus depuis un bon moment, maintenant.

Ne sachant quoi répondre à la question « Nom du blog », j’ai tapé Cachemire & Soie en me pelotonnant dans mon pull préféré qui était vert sapin, tout doux, et confectionné à partir de cachemire et de soie.

Je ne pouvais pas en avoir la moindre idée, bien entendu, mais j’embarquais ce jour-là dans l’une des plus grandes et des plus belles aventures de ma vie.

Un an et demie plus tard paraissait mon premier roman, la double de vie de Pénélope B. aux éditions First. Depuis, bien d’autres livres ont suivi. Bien d’autres aventures. Une passion dévorante pour la photo (que j’adore partager avec vous!). D’innombrables billets sur à peu près tous les sujets. Des rencontres incroyables et la vie, la vie avec tout ce qu’elle nous donne et nous prend, tous les défis auxquels elle nous confronte et toutes les merveilles qu’elle dépose à nos pieds.

Bien des choses ont changé depuis ce 9 février 2006, car ce blog grandit avec moi. Comme moi, comme vous, il est en évolution permanente et se transforme année après année. Mais une chose demeure : cette intime conviction que les rêves que vous formez au plus profond de votre coeur sont là tout près de vous, que la vie porte en elle cette magie qui n’attends de nous qu’une chose en retour : que nous soyons prêts à la recevoir.

Retrouvez Anne-Solange sur Twitter et sur son blog Cachemire et Soie. Et pour son look, faites un tour par là.

Anne-Solange Tardy is originally from Brittany and now lives in Paris. She’s the one behind the blog Cachemire et Soie, which she created in 2006 while wearing her favourite jumper, made of… cachemire and silk. Follow her on Twitter, and have a look at her oh so chic Parisian look here.


Bonus:

Pour parfaire le truc, Anne-Solange Tardy a même créé le blog de Pénélope B. en vrai de vrai: une mouette à Paris. Si, si!

Et une petite vidéo dans laquelle l’auteure nous parle de son livre:

Classique/Classics, Contemporain/Contemporary, En français/In French, Grande Bretagne/UK, livres

Le Mont-Brûlé (Hungry Hill) – Daphné du Maurier (1943)

Le Mont BruléLe Mont-Brûlé est un livre que j’ai récupéré dans la boite à livres à donner de ma bibliothèque. Il est tellement vieux qu’il tombe en morceaux. Je l’ai pris parce que c’est un Daphné Du Maurier. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, et je dois dire que le démarrage a été un peu lent. Mais je suis finalement complètement entrée dans l’histoire et je me suis laissée happer par les aventures de la famille de Copper John.


Résumé et avis en bref: Le Mont-Brûlé retrace la saga familiale des Brodricks, une famille anglaise installée en Irelande, dont le patriarche Copper John lance une mine de cuivre en exploitant les entrailles de la coline voisine: le fameux Mont-Brûlé. Cinq hommes différents seront à la tête de la famille et des mines, juqu’au jour fatal ou une ancienne querelle refera surface, et que vengeance sera faite.

C’est un livre qui m’a un peu rappelé Zola, avec sa manière déterministe de considérer la génétique et les prédispositions de caractère de chaque génération d’homme. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le livre au début, très certainement parce que c’est une (très) vieille édition française et que la traduction est un brin désuette. Aussi parce que je ne m’attendais pas du tout à une histoire de mines, et que le sujet m’a un peu rebutée. Tiens, voilà Zola qui revient, avec son Germinal – sauf que ce n’est pas la même époque ni le même endroit.

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Le destin tragique de cette famille maudite est touchante. La bonne société anglaise, qui vient s’installer en Irelande et exploiter ses terres en se souciant seulement de son profit, est très intéressante à découvrir.

Comme toujours, Daphné Du Maurier insiste sur la psychologie de ses personnages. Peut-être parce que l’on couvre cinq générations, il est difficile de s’attacher aux derniers hommes de Clonmere, dont l’histoire est moins détaillée que celle des deux générations précédentes. Un bel ouvrage, une bonne découverte. Un mix de Zola et des soeurs Brontë.


Jacquettes et traductions: La jacquette du livre que j’ai  ne comporte que le titre et rien d’autre. La traduction littérale du titre anglais est « la colline affamée ». Evidemment ça sonne bizarre en français, et « Le Mont Brûlé » est assez bien trouvé. Si la « faim » de la montagne n’est plus évoqué, son côté tragique ressort bien avec l’adjectif « brûlé ».

Les différentes jacquettes anglophones montrent toutes le domaine de Clonmere, lui donnant plus ou moins d’importance.

En français Clonmere n’est pas du tout évoqué. Une édition montre un paysage de landes, tandis qu’une autre montre les portrait de ceux qui sont certainement Copper John et Fanny Rosa, les deux personnages constants du livre.


Mon avis: Mon avis est mitigé, mais pourtant je pense que c’est tout de même un livre à découvrir. C’est très différent de Rebecca. Je ne suis pas surprise de constater que c’est l’oeuvre de Daphné Du Maurier qui plait le moins. Comme je l’ai dit ci dessus, ce livre relève plutôt de Zola pour les thèmes, et de Brontë pour le côté tragique et maudit. Bon, le tragique et la malédiction sont tout de même très présents chez du Maurier 😛

J’ai eu du mal à entrer dans le livre. Je pense que j’ai lu les premières lignes des mois avant d’arriver à aller plus loin. Mais une fois prise dans l’histoire, je me suis attachée aux personnages et j’ai vibré avec eux.

Le style: c’est une très vieille édition française que j’ai ramassée, et la traduction est un peu désuette. Certaines formules sont des traductions littérales de l’anglais, ce qui alourdit le texte. Mais c’est une plume lyrique et envolée que celle de Du Maurier, donc cela contre-balance la lourdeur du texte.

minesLa rivalité fraternelle et le déterminisme héréditaire: si on y regarde de plus près, la rivalité fraternelle est au centre du livre. A chaque génération, il y a un frère brillant et sociable, et un frère rêveur, sombre, mélancolique, qui ne demande qu’à ce qu’on le laisse tranquille. A chaque fois, la comparaison mine une relation: soit la relation entre les deux frères, soit la relation père-fils, ou encore, d’une certaine manière, la relation entre un mari et sa femme.

Ce sont des chamailles de gamins: « est-ce qu’elle a jamais regardé mon frère? » / « Pourquoi elle pleure ‘sans raison’? » / « pourquoi mon fils est-il un bon à rien? » / « mon frère fait tout mieux que moi » / « allons chasser/peindre/nous bourrer la gueule, on se sentira moins nul ».

La génétique, comme chez Zola, joue un rôle majeur: Fanny-Rosa est désordonnée et tête en l’air comme son père. Les différentes générations d’hommes Brodrick, quant à eux, sont soit solaires, soit complètement déconnectés de la réalité. Il arrive même qu’un évènement tragique, comme la mort d’une épouse, change un homme solaire en ogre taciturne, guidé uniquement par le gain.

Et puis il y a les enfants illégitimes, les bâtards, que l’ancêtre a semé aux quatre coins du pays. Là encore, l’hérédité parle: Copper John a un demi frère batard qui lui sert d’administrateur du domaine, et Johnnie freluque avec tellement de donzelles qu’il doit avoir des enfants un peu partout.

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La rivalité et le colonialisme anglais: avant d’anexer la moitié du globe, l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais a commencé par ses voisins: le Pays de Gales, l’Ecosse, et bien sur l’Irelande. C’est là que se déroule l’action du livre. L’irelande est anglaise, mais les populations locales n’ont jamais bien digéré cela (tu m’étonnes, Elton!).

Dans les faits, cela se traduit par une rivalité entre les Brodrick, qui sont arrivés un beau jour et ont déclaré que Clonmere leur appartenait, et les Donovan, une famille locale qui clame à qui veut bien l’entendre (et surtout aux villageois) que Clonmere est à eux, et que Clonmere leur reviendra un jour.

Comme en Inde ou tout autre pays pillé, les angliches imposent leur vues et trouvent les locaux complètement attardés. Ils imposent leur « progrès », ici en creusant une mine dans le flanc d’une coline iconoclaste du patelin, ne s’embêtant pas à savoir ce qu’en pensent les autres. Le profit et le progrès avant tout. Copper John ira même jusqu’à sacrifier quelques mineurs un peu trop revendicatifs pour assurer le bon déroulement des choses – sacrifier au sens propre, hein, pas juste les virer.

Cette rivalité se transmet de génération en génération, avec les Donovan irlandais, fourbes, qui essaient à chaque fois de planter un couteau dans le dos des Brodrick anglais. Certains Brodrick se rapprocheront des Donovan, par bravache, ou alors pour tenter d’enterrer la hache de guerre. Peine perdue, les Donovan sont décrits comme étant vicieux et profiteurs, n’hésitant devant aucune bassesse pour se venger des Brodrick.

Cette rivalité culmine avec le sort que lance Morty Donovan à Copper John, maudissant sa famille sur plusieurs générations et sa mine.

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La petite noblesse anglaise: Copper John et sa famille sont le stéréotype de la petite noblesse anglaise, ou du moins d’une famille aisée, mais pas tant que ça – vous me suivez?  😉 Il faut de l’argent pour faire vivre un domaine et une famille nombreuse. Copper John s’y emploie.

Les filles sont éduquées à la maison alors que les garçons sont envoyés en pension à Eton, en Angleterre, pour y apprendre le droit. C’est comme ça. On se fout bien de leurs intérêts à eux: la peinture? Un truc de mauviette. Ne parlons pas des courses de lévriers. Bref c’est trop la joie quand on n’est pas formaté pour entrer dans le moule. D’ailleurs, le meilleur moyen de remédier à cela, c’est d’abuser, dès l’adolescence, de la bouteille.

Les filles ont pour projet de se marier, malheureusement la première génération finit soit morte, soit (très) vieille fille. Les autres générations de filles se marient sans faire de vagues, jusqu’à Molly, la soeur aînée de la quatrième génération, qui tient un peu tête à son père. Dommage qu’on n’explore pas plus le destin des femmes de cette famille, d’ailleurs, car à mon avis elles sont bien plus intéressantes que les hommes.

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La mine: symbole de modernité et de développement, mais aussi de la main-mise des anglais sur la Terre irlandaise et de leur non-respect des traditions, la mine est au coeur du roman.

La mine bouffe la beauté du Mont Brûlé, et elle bouffe aussi la famille. Les Brodrick en tirent de l’argent, bien sur, mais cette mine les tue tous petit à petit. Elle englouti littéralement les corps lors des inondations, elle éventre le flanc de la colline…

Bref, par la mine, le mal arrive. Un mal sourd, qui va ronger et la famille Brodrick, et la colline irlandaise verdoyante.

Il est intéressant de suivre le boom économique engendré par l’activité minière, les spéculations et le cours des minerais, auxquels les mineurs ne comprennent rien. D’ailleurs, lorsque la mine ferme parce que le cuivre irlandais revient trop cher par rapport au cuivre de je ne sais-où, les mineurs ne comprennent pas: pourquoi arrêter le travail alors que la colline regorge encore de cuivre?

Mais les investisseurs s’en foutent, et il n’y avait bien sur pas d’assurance chômage pour que ces pauvres gens puissent survivre le temps de trouver autre chose. Y’a un côté Germinal dans tout ça. Encore le fantôme de Zola qui plane sur ce bouquin!

fanny rosa 2L’addiction: L’un des personnage fort du roman, c’est Fanny Rosa. D’abord parce qu’elle a un prénom à coucher dehors -qui appelle sa fille Fanny Rosa??? Franchement!!- et ensuite parce qu’avec Copper John, c’est l’un des personnage qui dure le plus longtemps dans ce bouquin.

Par Fanny Rosa, le gène de l’addiction entre dans la famille Brodrick. Avant elle, les particularités de caractère des rejetons Brodrick étaient: 1. brillant et sociable; 2. contemplatif et fainéant. Fanny Rosa la fantasque a un père buveur, et le reste de sa famille n’est pas bonne à grand chose.

Fanny Rosa met au monde Johnnie, qui sera associal comme son père et fantasque comme sa mère. Et ivrogne comme son grand-père maternel.  Le pauvre enfant mourra d’ailleurs une bouteille à la main.

Le neveux de Johnnie, Hal, un enfant incompris, aura aussi tendance à siroter la bibine en douce quand il ne se sent pas bien – c’est à dire plus que régulièrement.

Fanny Rosa elle-même, dans ses vieux jours, sera accro au jeu. Elle déménage dans le sud de la France « pour le climat », à côté de Monte Carlo. Elle commence à voler de l’argent à son fils Henry quand elle se retrouve à court de ressources. Lorsque celui-ci décide de lui rendre visite, surprise: personne pour l’attendre à la gare. Sa mère l’a oublié! Et lorsqu’il arrive chez elle, catastrophe: Fanny Rosa vit dans un dépotoir, la maison est sens dessus dessous tout est sale. Le triste état de la maison de Fanny Rosa, sa paranoïa (le croupier triche) et son sentiment qu’elle va bientôt se refaire, tout dépeint les symptômes connus de l’addiction.

hungry hill jaquette

L’epilogue: John-Henry (encore un prénom à coucher dehors, si voulez mon avis) incarne, de par son prénom et par l’abandon de la propriété de Clonmere. Finalement, tout rentre dans l’odre. La nature envahit ce qui reste de la mine, et Clonmere revient enfin au clan des Donovan.

Le prénom même de John-Henry, qui accole les prénoms les plus emblématiques de la famille, a une portée réconciliatrice. C’est juste un type normal, il n’est pas extrêmement enjoué ni extrêment mélancolique, comme l’ont pu être ses ancêtres. Il est à même de voir et de comprendre que s’accrocher à Clonmere n’est plus possible, qu’il faut lâcher prise pour aller de l’avant.

Pour résumer: un roman intéressant, qui survole cinq générations d’hommes, la gloire et la ruine d’une famille. On aurait pu s’attarder plus sur certains personnages féminins, mais c’était clairement les personnages masculins qui étaient au coeur de l’intrigue. Un genre d’étude sociale et génétique sur la transmission de certaines caractéristiques dans une même famille. Une critique à peine couverte de la main-mise anglaise sur l’Irlande.


daphne-du-maurierL’auteure: Daphné du Maurier est née à Londres, le 13 mai 1907. Elle est la cadette d’une fratrie de trois soeurs, toutes artistes, et la fille d’une actrice et d’un manager d’acteurs. Elle baigne donc dans un milieu artistique dès sa plus tendre enfance.

En 1932, elle épouse Fredrick Browning, un officier de l’armée de terre britannique. Leur relation sera ponctuée de hauts et de bas, les deux prenant tour à tour des amant-e-s. Ils auront trois enfants. Browning meurt en 1965.

Daphné du Maurier est une auteure prolifique dont les romans les plus connus sont Rebecca et Ma cousine Rachel. Elle est aussi l’auteure de pièces de théatre. Les Cornouailles sont sa terre de prédilection, elle y situe d’ailleurs plusieurs de ses intrigues.

Elle meurt le 19 avril 1989 dans sa maison de Menabilly en Cornouailles, et ses cendres seront dispersées sur les falaises de Cornouailles.


Produits dérivés: Un film a été tourné en 1947.


L’histoire: Les Brodrick sont une famille anglaise installée en Irlande. Ils possèdent le château de Clonmere, et une ancienne rivalité les oppose à la famille Donovan, une famille irlandaise qui prétend que Clonmere a été bâti sur des terres qui lui appartenaient. D’ailleurs, le grand-père de John Brodrick a été tué d’un coup de feu dans le dos – certainement par un Donovan.

John Brodrick est ambitieux: il veut faire creuser des mines pour exploiter le cuivre qui se trouve dans les entrailles du Mont-Brûlé, une colline qui se trouve moitié sur son terrain, moitié sur celui de son voisin. Il est surnommé Copper John (John Cuivre).

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C’est un homme d’affaire qui mène son business de manière stricte et ferme. Il est visionnaire, et grâce à lui le conté isolé se développe, par exemple en se dotant d’une route carrossable. Il mène de même sa famille. Veuf, il guide d’une main de fer ses deux fils, Henry et John, et ses trois filles, Barbara, Eliza et a douce Jane.

Mais Morty Donovan, l’héritier du clan ennemi des Brodrick, maudit Copper John lorsqu’il creuse la mine, défigurant ainsi le majestueux Mont Brûlé. Copper John ne pense qu’au profit, détruisant ainsi le paysage, y implantant des baraquements sombres et délabrés, exploitant les humains comme la Terre. Donovan lui prédit que sa descendance sera anéantie, et que les Donovan reprendront leurs droits sur leur terre.

Henry, le fils ainé de Copper John, est avenant et extraverti, très charmant. Il seconde son père à la mine. John, le cadet, est à l’opposé de son frère: introverti, intéressé par la nature, la chasse et les courses de lévrier. Mais les deux jeunes hommes ont une passion commune: Fanny Rosa, la fille de leurs voisins.

Fanny Rosa est rousse, elle marche pieds nus, et n’a rien à faire du qu’en dira-t-on. Son père dissipe son argent dans la boisson. C’est cette liberté, qui manque tant dans leur foyer, qui séduit les deux frères. Fanny Rosa fait du gringe à l’un, puis à l’autre, s’amusant, faisant la mystérieuse. A la fin d’un été magique, Fanny Rosa et sa famille partent en Italie, et la mine est creusée dans le Mont Brûlé.

Pendant l’hiver, une mutinerie menée par les Donovan éclate à la mine. Henry et John viennent à la rescousse pour aider leur père… sous la pluie, Henry attrape un mauvais coup de froid et commence à tousser. Au fil des mois, sa santé se détériore de plus en plus, et il prend la décision d’aller en Italie rejoindre la famille de Fanny Rosa afin de profiter de la clémence du temps.

fanny rosa 2John est fou de jalousie et s’imagine Fanny Rosa et Henry roucouler sous le soleil italien. Les semaines passent, et un jour Copper John reçoit une missive de son fils aîné lui disant qu’il a décidé de rentrer. Copper John, inquiet pour Henry, décide de voyager au devant de lui.

En Italie il ne trouve personne, la famille de Fanny Rosa lui indique que le jeune homme est reparti vers la France. Remontant la trace de son fils, Copper John arrive trop tard: Henry est décédé dans une auberge française. C’est donc son second fils, John, qui devient l’héritier du domaine de Clonmere et des mines.

Sauf que John n’est pas du tout intéressé par la gestion du domaine ni celle des mines. Tout ce qui l’intéresse, ce sont ses lévriers. Greyhound John (John Lévrier) est une déception pour son père.

Lorsque Fanny Rosa revient d’Italie, Greyhound John est toujours aussi amoureux d’elle, mais les souvenirs de ses fantasmes, dans lesquels son frère décédé Henry et Fanny Rosa batifolaient en Italie, le hantent. Jalousie, quand tu nous tiens… Fanny Rosa ne dira jamais à John ce qui s’est passé en Italie, mais elle lui fera comprendre que le passé est passé, et qu’elle l’aime. Apaisé, John lui demande sa main.

John a un caractère fainéant et bon vivant. Il aime à trainasser au lit avec sa femme, l’emmener chasser ou faire des promenades. L’incompréhension et la déception rythment les relations avec son père. Un jour, une inondation survient. John y voit l’occasion de faire ses preuves et va aider son père à la mine. Copper John prend une décision que n’approuve pas son fils: percer le flanc de la colline pour l’eau s’écoule des galeries. C’est un succès, mais la route est emportée par les eaux…

…la route par laquelle revenaient Fanny Rosa, enceinte, et Jane, la jeune soeur de John. Fanny Rosa est sauve, mais Jane meurt sous les décombres. La mine a déjà tué deux enfants de Copper John.

John et Fanny Rosa s’installent dans une autre maison, et rendent rarement visite à Copper John à Clonmere. Ils ont quatre enfants: Johnnie, Henry, Fanny, Edward et Herbert. Les enfants sont terrorisés par leur grand-père.

Après un incident au cour duquel un employé de la mine descend un Donovan, Greyhound John décide d’aller enterrer la hache de guerre et va boire un coup chez les Donovan pour faire la paix. Sauf qu’il y attrape la diphtérie et.. meurt. La malédiction continue.

Fanny Rosa et ses bambins reviennent s’installer chez Copper John à Clonmere. L’aîné, Johnnie, a un caractère sombre et emporté. Adolescent, il boit en cachette des coups avec le fils Donovan, juste pour embêter son grand-père. Son frère cadet, Henry, est tout à fait l’opposé, et le portrait caché de son oncle décédé.

Fanny Rosa est ambitieuse et met dans la tête de Johnnie, son aîné, qu’un jour il sera maître de Clonmere. Johnnie passe donc son temps à attendre que Copper John, son grand-père, ne meurt, pour enfin jouir des lieux et faire ce que bon lui semble.

En attendant, son grand-père a une santé de fer, et Wild Johnnie (Johnnie le sauvage, à cause de son caractère emporté) décide d’arrêter les études pour s’enrôler dans l’armée. Son caractère fait qu’il est solitaire. Tout le contraire de son frère cadet, Henry, qui se fait tout de suite plein d’amis à l’école. Johnnie boit trop et est renvoyé de l’armée, mais il le cache à sa famille.

Lors d’un repas de famille, barbant à souhait pour Johnnie qui a en horreur de parler de la pluie et du beau temps, apparaît Katherine Eyre (oui comme Jane Eyre!!), la belle-soeur de Fanny (la soeur cadette de Johnnie et Henry). Johnnie en tombe instantanément amoureux. Cette femme belle, douce et posée, c’est son remède. Un jour il l’épousera, et elle apaisera tous ses maux. Sauf qu’Henry annonce justement ses fiançailles avec Katherine. Tout s’écroule…

Johnnie tombe plus bas que terre. Sans travail et sans argent, Johnnie dépérit, jalousant maladivement le bonheur conjugal de son frère. Jusqu’au jour où la nouvelle tant attendue tombe: Copper John est mort. Clonmere appartient désormais à Johnnie.

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Cependant, l’euphorie est de courte durée. Johnnie emménage à Clonmere avec Fanny Rosa, sa mère, mais la cohabitation se passe mal. Fanny Rosa essaie de garder son fils sur le droit chemin, mais ce dernier n’apprécie pas. Fanny Rosa décide donc d’aller habiter dans le sud de la France, près de Monte Carlo.

Livré à lui même dans cette grande demeure, Johnnie est hanté par le souvenir de son grand-père Copper John et n’arrive pas à s’approprier les lieux. Son frère Henry vient de temps en temps avec sa femme Katherine et ses enfants. Cela met du baume au coeur de Johnnie que de voir Katherine, mais le fait aussi terriblement souffrir. D’autant plus que Katherine lui offre son amitié et lui promet d’être toujours là pour lui.

Clonmere se détériore. Johnnie vire le personnel pour un oui ou pour un non. Un jour, il tombe sur son copain de beuverie de ses années d’adolescence: Donovan. Par bravache, il propose à ce dernier de devenir son concierge et l’installe dans la loge à l’entrée du domaine, avec sa soeur Kitty. Très vite, Johnnie passe plus de temps à la loge, à boire des coups avec Donovan, qu’au château. Très vite aussi, Donovan s’éclipse et laisse Kitty et Johnnie en tête à tête.

Donovan fait chanter Johnnie en lui disant qu’il a déshonoré sa soeur et qu’elle est enceinte. Il veut que Johnnie épouse Kitty. Henry tire son frère de ce mauvais pas en lui achetant un voyage pour le Nouveau Monde, afin qu’il disparaisse quelques temps et que la colère des villageois contre Johnnie, ce méchant homme qui ne veut pas épousé la fille qu’il a déshonorée, s’apaise.

Johnnie s’apprête à s’embarquer pour le Nouveau Monde, mais il veut dire adieu à son frère et Katherine. Henry est sorti et Katherine est seule. Elle lui renouvelle son amitié mais… soudain elle comprend, dans le regard de Johnnie, que son amitié seule ne pourra jamais sauver son beau-frère, et qu’elle ne pourra jamais lui donner ce dont il a besoin: son amour. La jeune femme s’en va, laissant Johnnie seul. Il prend en souvenir la Bible de Katherine. On retrouve le lendemain le corps de Johnnie dans une auberge, entouré de cadavres de bouteilles, tenant dans une main une Bible et dans l’autre une bouteille.

Henry devient maître de Clonmere. Il coule des jours heureux au domaine, entre sa femme adorée et leurs trois enfants Hal, Molly et Kitty. Il aime gérer le domaine et la mine. Il a de grands projets, dont celui d’agrandir Clonmere. Les travaux commencent, ce qui enchante les enfants. Mais Katherine, enceinte d’un quatrième enfant, voir sa santé décliner. L’accouchement est difficile et Katherine meurt peu après. La petite Lizette, dernière née, a un pied bot.

Henry est inconsolable. Il fait arrêter les travaux à Clonmere et loue une maison à Londres pour sa petite famille. Les enfants l’insupportent, lui rappelant trop leur défunte mère. Henry les couvre de cadeaux mais laisse la Nanny s’occuper de leur éducation. les enfants tombent des nues lorsqu’ils apprennent que leur père a mis Clonmere en location pour 10 ans.

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Ayant besoin de se changer les idées, Henry décide de voyager un peu en Europe. Il rend visite à sa mère, Fanny Rosa, qui vit dans le sud de la France près de Monte Carlo, et qui lui demande sans cesse plus d’argent. Henry déchante lorsqu’il se rend compte que sa mère est accro aux jeux de casino et qu’elle vit dans la saleté.

Il rencontre la voisine de sa mère, une veuve anglaise, qui l’aide à faire soigner (interner) Fanny Rosa. Henry tombe sous le charme de cette femme efficace, organisée et pimpante. Il lui demande de l’épouser et la ramène à la maison.

Sauf que rien ne se passe comme prévu entre les enfants et leur nouvelle belle mère. Cette dernière prend ses marques très rapidement et change la manière dont les choses ont toujours fonctionné, s’attirant la haine des enfants. Hal, qui a un penchant pour la peinture, avait préparé pour son père une miniature du portrait de Katherine, sa défunte mère. Lorsque Henry découvrira le portrait, il remerciera son fils, mais n’en dira pas plus.

La belle mère prend le contrôle et les enfants font tout pour s’échapper. Hal ne rentre pas du collège, où il est interne, pour les vacances. Il préfère les passer chez son oncle. Ses soeurs le suivent avec plaisir pour fuir la maison de leur père.

Le bail de Clonmere prend fin et pour la première fois, les enfants d’Henry, devenus adultes pour la plupart, y retournent pour y fêter Noël. Hal retrouve avec nostalgie les endroits de son enfance, et la petite Lizette, qui n’a pas de souvenir de l’endroit, découvre avec émerveillement « la maison ».

Hal rencontre la douce Jinnie lors de ce séjour. C’est la fille du pasteur. Ils s’entendent bien, et Hal promet de revenir pour Jinnie. Excédé par son père, qui ressemble de plus en plus à Copper John de par son caractère, Hal décide d’aller tenter sa chance au Canada. Il y passe plusieurs années mais en revient sans rien. Il a échoué. Pourtant, Jinnie l’a attendu.

Jinnie et Hal se marient et s’installent dans une petite maison du village. Hal est considéré comme l’ennemi, puisqu’il est le fils du patron des mines. Il s’enrichit sur leur dos. Pourtant Hal ne reçoit rien de son père et doit recourir à la charité de son beau-père, le pasteur, pour faire vivre son ménage. Hal souffre dans son ego: il devrait être à Clonmère, Jinnie ne devrait pas faire la cuisine et le ménage. Il se rappelle avec nostalgie les moments passés avec sa chère maman.

Le pasteur propose à Hal de trouver du travail. Justement, on a besoin d’une personne à la mine pour distribuer les gages des mineurs. Hal s’y rend, et commence à être accepté par les villageois. Hal retrouve un peu d’estime de lui-même. Il doit travailler dur, faire la comptabilité. Pour la première fois de sa vie, il ne peut pas être fainéant et faire ce qui lui plaît. En plus, le petit John-Henry nait. Son fils a besoin d’un papa qui travaille et gagne sa vie.

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Mais le cours du cuivre baisse dramatiquement. Henry vend la mine à des exploitants peu scrupuleux, qui vident la colline de tout ce qu’ils peuvent avant que le cours du cuivre ne s’écroule définitivement sous la concurrence du cuivre asiatique, et que la mine ne ferme.

Les mineurs ne comprennent rien: il y a encore du cuivre, pourquoi n’y a-t-il plus de travail? Les mineurs au chômage se mettent à boire et à vandaliser la mine. Hal, lui aussi sans emploi, revient à la mine pour lui faire ses adieux. Il tombe sur un Donovan, qui le passe à tabac et le laisse pour mort. Lorsque Hal se relève, il ne voit rien. Ses yeux sont endommagés. Il se déplace à tâtons et tombe dans un puis de la mine. La malédiction a encore frappé….

Adulte, John-Henry a fait la guerre et s’en revient à Clonmere. Tout le monde le lui déconseille, surtout sa vieille grand-tante Eliza. Mais John-Henry a le rêve de finir les travaux que son grand-père Henry avait entrepris. Sur la route, il est arrêté par un barrage révolutionnaire. John-Henry a été vu par un Donovan en train de boire un coup avec des officiers anglais. Lorsqu’il explique qui il est, sa voiture est réquisitionnée, et on l’emmène pour quelques jours dans un lieu secret.

Lorsque John Henry est finalement libéré, un journal est laissé devant la porte de sa geôle. L’incendie et la destruction de Clonmere font les gros titres. Abattu, John-Henry s’en va à pied jusqu’à Clonmere, où il récupère le portrait de sa grand-tante Jane et quelques bricoles.

Un berger fait paître ses moutons sur la pelouse du domaine. John-Henry s’en approche… c’est un Donovan. Il n’y a pas d’animosité entre les deux hommes. Juste un constat: la terre est revenue aux Donovan. John-Henry s’en va en souhaitant aux Donovan d’être heureux à Clonmere.

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Foire du Livre de Bruxelles 2017: mes aventures et mes trouvailles

BannerSamedi dernier, je suis allée à la Foire du Livre de Bruxelles. Mon chemin a été semé d’embûches, mais j’y suis arrivée! Laissez-moi vous raconter mon parcours du combattant et partager avec vous mes trouvailles et découvertes.

Mon but ultime: la Foire du Livre de Bruxelles. Il y a quelques mois, j’avais déjà téléchargé mes places pour y aller le dimanche. Tout était réglé comme du papier à musique: le samedi j’irai au yoga et profiterai de ma fille, et le dimanche, je m’immergerai dans la culture et la littérature.

Sauf que… sauf que Monsieur m’annonce un évènement culturel indien pour le dimanche à la dernière minute. Holi, la fête du printemps, la fête des couleurs, vous savez, cette fête pendant laquelle on se jette des poudres de pigments et on finit arc-en-ciel. Ok, c’est important, donc je m’en vais télécharger de nouvelles places pour le samedi. A deux jours du lancement de la Foire, le site est débordé et il faut faire la queue virtuelle pendant plus d’une heure pour enfin accéder au site et s’enregistrer. Ouf!

Un petit drame plus tard, l’évènement indien est annulé par les organisateurs et on se retrouve comme deux ronds de flan, sans projet pour le dimanche. Je décide alors que je vais y aller LES DEUX JOURS, vu que j’ai des places pour le samedi ET le dimanche. Oh joie, Oh bonheur!!! Deux jours de littérature, et ma mini miss pourra passer du temps avec son papa qui travaille beaucoup trop. Tout le monde est content.

Menneken Pis 2016
L’année dernière, le Manneken Pis avait revêtu ses habits de papier à l’occasion

Sauf que le samedi matin, deux petits boutons suspects apparaissent sur le visage de Mademoiselle ma fille. Monsieur n’a pas eu la varicelle, donc il est en quarantaine dans notre chambre, pendant que j’appelle pédiatre et généraliste. Comme c’est le weekend, bien sur, personne ne me répond, et je me résouds à emmener Mademoiselle aux urgences.

Aux urgences, une greluche en blouse blanche et stéthoscope me déclare que les boutons sont suspects, mais sans fièvre ça ne peut pas être la varicelle, même si les vésicules sont très semblables. Ouais. Je ne suis pas convaincue, mais je me dis que tant qu’à faire, si ce n’est pas la varicelle mais juste « une éruption cutanée », autant en profiter et emmener Mademoiselle avec moi.

Bien que l’urgentiste m’ait déclaré que ce ne soit pas la varicelle, je suis méfiante et n’ose pas laisser Mademoiselle avec Monsieur, juste au cas où. Cependant, mes doubles standards ne m’empêchent absolument pas d’emmener ma fille à la Foire et donc de potentiellement contaminer tout le monde. Tapez-moi sur les doigts… Mais le docteur a dit que ce n’était pas ça!

Nous arrivons donc et prenons une entrée avec des escaliers. Je peste intérieurement car le ticket comportait la mention « accessible aux personnes à mobilité réduite ». Je m’aperçois plus tard que je n’ai pas pris l’entrée principale, qui, elle, était bien plane et sans escaliers. Des rampes sont mises à disposition pour les fauteuils roulants et les poussettes, on en profite au max (on est en poussette).

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Les escaliers à droite, et sur la gauche on aperçoit la rampe pour les personnes à mobilité réduite.

Mademoiselle commence à avoir sommeil, il est 13.30, et il fait super chaud à l’intérieur. La chaleur aidant, Mademoiselle se ramollit jusqu’à s’endormir paisiblement dans sa poussette. LIBERTE!!! Si elle dort, je peux vraiment en profiter!!

Pendant deux heures, je vais méthodiquement parcourir les quatre halls (appelés « magasins » pour l’occasion) de Tour et Taxis dans lesquels la Foire s’est installée. Par deux fois, il faudra que j’aille retirer de l’argent et faire la queue pendant une bonne vingtaine de minutes à chaque fois. Même que la première fois, une gonzesse m’est allègrement passée devant, mais je n’avais pas le courage de la remettre à sa place. Même que la seconde fois, j’ai pu me délecter de la conversation de deux jeunes fraîchement diplômés et cherchant quoi faire de leur vie.

Le programme et le plan nous ont été remis à l’entrée. Dans mon « horaire » ‘le samedi après-midi, il y avait quelques conférences et interventions qui me bottaient bien, mais… il me fallait être efficace. C’était soit les intervenants, soit les livres. Mademoiselle n’allait pas dormir ad vitam eternam. J’ai donc dit adieu à Alex Vizorek et son Café Caustique et me suis concentrée sur les livres et les auteurs présents aux stands, en ayant soin de privilégier les petits éditeurs, mais pas que.

Je suis repartie avec une sélection des plus éclectiques, pour un budget presque respecté: de la science fiction, de l’imaginaire, du steam punk, du développement personnel (qui est aussi un best seller), de la philosophie, un roman québécois (le Québec étant l’invité d’honneur de la Foire cette année), un livre de recette, un carnet d’inspiration japonaise et un livre pour enfant… pour 130 euros (budget de base: 100 euros).

Lorsque j’ai annoncé mon budget à Monsieur, il est tombé par terre. Bien sur, il ne lit pas de livres, seulement des articles de journaux en ligne, donc le prix d’un bouquin lui échappe complètement.

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Pas de foule compacte, on peut se déplacer à son aise.

J’ai snobbé les files interminables d’attente pour Bernard Weber (que je n’ai jamais lu, mais il faudrait peut-être) et Amélie Nothomb (que j’aurais vraiment voulu voir en vrai, tellement elle me fascine, même si je ne comprends pas grand chose à ses bouquins) et j’ai discuté un peu avec les auteurs moins connus qui étaient présents sur les stands. Mon temps étant précieux, il me fallait le rentabiliser au mieux.

Je m’attendais à un évènement avec une foule compacte, mais j’aurais dû me souvenir que c’était une foire du livre, et non pas un truc style Salon du Bébé ou Salon du Mariage. J’ai apprécié le calme et la tranquilité, il n’y avait pas de bousculade. Même les files d’attente pur les gros bonnets du stylo, bien que très longues, étaient tranquilles. Ca m’a rendu la navigation en poussette plus aisée que prévue.

J’ai bien aimé papoter avec les auteurs que j’ai rencontré, ce qui a réveillé mon côté fan-girl. Ouais. Normalement je snobbe ce genre de truc, mais là j’ai demandé des autographes à tout va. Autant en profiter, n’est-ce pas? Le seul truc c’est que je ne savais pas trop quoi leur dire. J’aurais bien aimé prendre un chocolat chaud et papoter pour de vrai, mais en quelques minutes, à part dire « Merci » et « comment vous est venue l’inspiration pour ce livre? », y’a pas grand chose à développer.

Mademoiselle s’est réveillée alors que je me dirigeais vers la sortie. Nous nous sommes arrêtées au coin pic nic, où il y avait une très longue file pour l’unique stand de crêpes bretonnes, et nous avons pris notre goûter à l’ombre des champignons des Schtroumpfs.

Ce fut une journée mouvementée et enrichissante 🙂

Et je m’excuse encore si nous avons disséminé la varicelle à tout vent, mais encore une fois, l’incompétence de l’urgentiste est fautive!! Nous sommes allées lundi chez la pédiatre, qui a bien confirmé la varicelle.

Je conclue avec un article de La Libre qui dresse un joli bilan de la Foire.

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Merci aux bénévoles 🙂

Mes trouvailles:

Enfants: Dent, La Carrie, par Francette Bosquet (auteure) et Eric Creton (illustrateur) Page Facebook, Site web

Les éditions Issekinicho, beaux livres sur le Japon: site web

Fantasy: The Pink Tea Time Club, Cecile Guillot, Les editions Du Chat Noir: site web

Steampunk: Elixir de Nouvelles Steampunk, Delphine Schmitz, Edition Sema: site web

Québec: Le Plongeur, Stéphane Larue, Le Quartanier: site web

Science-fiction: Saga de la Famille du Prince Athorn, Armand Bourgeois, La Société des Ecrivains: site web

Philosophie: Cryogénie, Geoffrey Van Hecke, Mon Petit Editeur: site web

Développement personnel/best seller: Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en n’as qu’une, Raphaëlle Giordano: site web

Cuisine: Carnet de recettes végétariennes, Adèle Hugot, Editions Stéphane Bachès: site de l’éditeur, compte Twitter de l’auteure

Je suis aussi passée devant un stand qui proposait un livre au titre évocateur: Les vrais héros ne portent pas de slip rouge, par Axel Sénéquier. Je l’aurais sans doute pris si je n’avais pas déjà été hors budget.


Les photos sont tirées de la page Facebook de La Foire Du Livre et de son site web.

 

 

 

 

En français/In French, Inde/India

Jeunesse: découvrir l’Inde par les livres

Ariane, du blog TSAGA, m’a demandé si j’avais des recommandations de littérature jeunesse pour faire découvrir l’Inde à ses enfants de 5 à 12 ans… Défi relevé!

Tout d’abord, laissez-moi vous parler brièvement d’Ariane et de sa famille: ils sont cinq (deux parents et trois enfants), et adorent faire du vélo et voyager. Si bien que régulièrement, cette jolie petite famille s’envole pour des destinations exotiques et lointaines, avec ses vélos et son barda!

Ils ont notamment fait l’Amérique Latine, et plus récemment l’Inde, juste en vélo! Je suis admirative. Ils campent dans le désert andin et font la route avec trois enfants assez jeunes. Nous avec UNE enfant de deux ans et des brouettes, on fait attention à ne pas trop bouger et à prévoir autant de confort que possible. Ariane et sa troupe nous montre que quand on veut, on peut (avec un peu d’organisation et d’entraînement).

D’ailleurs j’ai récupéré mon vieux vélo, mais l’excuse bien pratique du moment pour ne pas l’utiliser, c’est que le temps est pourri.

Bref, passons aux choses sérieuses: la littérature jeunesse sur l’Inde, et en français. Malheureusement, je ne suis pas encore concernée par la tranche d’âge qui l’intéresse, mais pas de problème, j’ai fait quelques recherches 😉

Je vous présente donc ma wish list pour quand Mademoiselle sera en âge, et si ça peut servir à Ariane en attendant, c’est tant mieux! Il suffit de cliquer sur les images pour ouvrir un lien vers la page Amazon de chaque livre.


Histoires:

princesse-sambhaar rishima le-grand-courage-de-petit-babiji surya-et-ke-tigre-du-bengale  kip


Contes, légendes et mythologie:

le-tigre-et-le-petit-chacal ganesh-le-gourmand la-naissance-de-ganesh rama-sita recits-de-linde-illustres vampire 51e3mjq32dl


Musique:

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Découverte du pays:

aujourdhui-en-inde a-toi-linde navani aglae-en-inde gandhi


Pour finir, je vous laisse avec deux listes, bien plus exhaustives que la mienne (et dans laquelle vous retrouverez quelques titres ci-dessus):

La Joie Par les LivresLa Joie Par les Livres

Ricochets Jeunes

Et une sélection de bandes dessinées sur l’Inde: bandes dessinées 

Bibliorue, Book crossing, Contemporain/Contemporary, En français/In French, Roman/Novel, Science fiction, USA

Le Temps N’est Rien (The Time Traveller’s Wife) Audrey Nieffenegger, 2003

51WsjMRpzmL__SX307_BO1,204,203,200_Samedi dernier, je suis passée devant la boite à livres qui est près de chez moi. Pour une fois, elle était assez remplie. Je me suis dit que je ne pouvais pas tout prendre (quand même!), et entre une biographie de Simone Veil et Le Temps N’Est Rien, je me suis décidée pour le dernier.

Pour me justifier, je dirais juste que j’avais envie d’une lecture pas trop prise de tête, et que j’espère très très fort que la biographie de Mme Veil sera toujours là quand je repasserai… 😉

Il me semble que j’avais vu le film, mais j’en garde un souvenir confus. Il se pourrait bien que je l’ai visionné dans l’avion, et que je me sois endormie à un moment (ou qu’on ait atterri, ce qui est toujours source de frustration car je ne peux pas finir mon film! D’ailleurs la plupart du temps je continue à regarder même quand les hôtesses ont ramassé les écouteurs, mais je digresse).

J’aime bien les histoires de voyage dans le temps, les trucs à la Benjamin Button. Voilà, j’ai donc commencé ce livre samedi après-midi, et je l’ai fini le dimanche soir juste avant minuit, avec entre les deux ma fille et ma vie en général. Bref, une très bonne lecture!


Traduction et illustration autour du monde: Littéralement, le titre original anglais, The Time Traveler’s Wife, se traduit par « La femme de l’homme qui voyageait dans le temps ». Peut-être un peu long, et moins efficace qu’en anglais? Toujours est-il qu’on perd un peu de sens dans cette traduction.

En anglais, l’accent est mis sur l’épouse de cet homme mystérieux, alors qu’en français, le titre plus flou – Ok, on a à faire à une histoire dans laquelle le temps peut jouer un rôle, mais lequel exactement?  Et pourtant, je préfère le titre français, qui fait la part belle au couple qui est au centre de ce livre, et non à seulement l’un des deux protagonistes. Je trouve cela plus équitable (vous verrez pourquoi quand je vous expliquerait le processus de narration).

« Le temps n’est rien » est une citation tirée du livre, une phrase que dit le voyageur à sa femme. J’aime bien aussi le titre en français du film qui a été tiré du livre: Hors du temps.

Dans les autres langues, le titre anglais a été respecté, et la plupart du temps, la jaquette originale a été reprise: on y voit le bas du corps d’une petite fille habillée en écolière dans un champs (le Pré), et sur le sol à côté d’elle, un tas de vêtements, des chaussures d’hommes et un thermos de café. Dans beaucoup de langues, l’affiche du film a aussi été reprise après sa sortie.

J’ai fait une sélection des illustrations qui m’ont le plus intéressée. Certaines montrent une montre de gousset, une petite fille qui attend, une femme solitaire, des amants qui n’arrivent pas à se rejoindre, ou encore un voyageur solitaire. Celle que je préfère est l’édition portugaise, où l’on voit une petite fille rousse hilare dont la chevelure est balayée par le vent, semblable aux banches de l’arbre en arrière-plan, dans le soleil couchant.


L’histoire: Henry DeTamble voyage dans le temps malgré lui. Il a une vie « linéaire » avec un passé, un présent et un futur, mais il fait des bonds dans les deux directions, sans aucun moyen de maîtriser sa « différence ». Le petit Henry naît à Chicago d’une mère chanteuse d’opéra et d’un père violoniste, tous deux virtuoses en leur domaine. Enfance heureuse, parents fous l’un de l’autre et de musique. Par contre, Henry n’a pas du tout l’oreille musicale, et chante faux.

henry and HenryLa première fois qu’il voyage dans le temps, il a cinq ans, et retourne dans un musée qu’il a visité et adoré. Là, l’attend son « lui » plus vieux, qui vient donc du futur. Deux versions d’Henry ensemble, en somme. Le « grand » Henry apprend au « petit » Henry à survivre lors de ces flash temporels.

Les symptômes: vision qui se trouble, nausée, vertiges. Les effets: Henry n’emporte que son corps avec lui, il est donc nu. Il doit se débrouiller pour trouver de quoi se vêtir, de l’argent, et une planque. Et surtout, il s’entraine à courir, car se retrouver tout nu entraîne bien souvent des quiproquos. Henry se base sur ses propre souvenirs d’enfance pour ces leçons de survie (Henry m’avais appris ceci, c’est donc ce que je dois enseigner au petit moi-même).

La vie d’Henry bascule le jour où sa mère meurt dans un accident de voiture, le jour de Noël. Henry aurait lui aussi dû mourir, mais il se volatilise juste à temps pour échapper à la mort. S’en suit une période de vie sombre, pendant laquelle le père d’Henry, Richard, sombre dans l’alcool.

Sa relation avec son père atteint son paroxysme lorsqu’un soir, ce dernier ouvre la porte de la chambre de son fils, pour le trouver à converser avec un lui-même à peine plus âgé, qui vient de quelques mois dans le futur. Henry devient bibliothécaire et déménage dans un studio. Il boit beaucoup, se drogue, et sort avec Ingrid Carmichel, une blonde plantureuse folle de lui mais dont il n’a rien en commun, hormis la drogue et le sexe.

claire sixHuit après Henry, naît Clare Abshire, dans une belle demeure au milieu de la campagne américaine. Bonne famille bien sous tout rapports, un frère aîné et une soeur cadette, une immense maison, une gouvernante et une cuisinière. Bref, la bourgeoisie américaine. Clare aime bien aller dans le Pré, une clairière dans le bois qui est derrière sa maison, et où elle se rend lorsqu’elle a envie de lire un livre ou de jouer tranquille, toute seule.

Clare a six ans lorsqu’Henry se matérialise dans le Pré pour la première fois. Elle n’a pas peur, ils font connaissance, et du haut de ses six ans, comprend tout à fait cette histoire de voyager dans le temps. Henry lui donne d’ailleurs toute une série de dates auxquelles il reviendra. Clare a donc à faire à un Henry déjà âgé, qui a déjà fait beaucoup de voyages temporels dans le Pré avant, et qui a rencontré Clare plusieurs fois.

picnic dans le pre

Tout au long de son enfance et de son adolescence, Clare rencontre Henry dans la clairière. Elle lui laisse toujours des vêtements et de quoi se rassasier, et lui aménage même une cachette dans le sous-sol de sa maison. Lorsqu’elle est enfant, Henry aide Clare avec ses devoirs, lui apprends le français et l’allemand, et des poèmes. A l’adolescence, il doit résister au gringe que lui fait Clare.

Elle sait qu’ils vont se marier dans le futur. Henry fait très attention à ne pas trop en dévoiler, car leur rencontre dans le temps présent doit se faire de manière naturelle et spontanée. Pourtant, il laisse à Clare quelques trucs pour le futur, comme une note à l’attention de son futur docteur.

Clare grandit et s’installe à Chicago pour étudier l’art. Sa spécialité: des structures de fil de fer habillées de papier qu’elle fabrique elle-même. Un jour, à la bibliothèque, elle rencontre Henry, le bibliothécaire, qui a 26 ans et aucune idée de qui est Clare. Celle-ci l’invite à boire un coup pour lui expliquer qu’elle le connaît depuis son enfance. Enfin, pas lui, là, maintenant tout de suite, mais des versions plus âgées de lui. Leur histoire commence sur les chapeaux de roue.

meeting at the library

Mais Clare déchante vite. Le Henry du présent a mauvaise réputation. Il baise tout ce qui passe, a déjà une copine (Ingrid, la blonde sculpturale), et est alcoolique. Rien à voir avec l’homme qu’elle connaît. Et maintenant, tout comme Henry avait du être très prudent quant à ce qu’il lui disait du futur quand il lui rendait visite enfant, c’est à elle de lui taire ce qu’il fera dans son futur à lui, lorsqu’il lui rendra visite. Ce qu’elle lui a confié/lui confiera. Ce qu’ils ont fait/feront ensemble. Car le Henry de son enfance n’existe pas encore, et c’est à elle de le guider vers l’homme qu’il deviendra.

Clare et Henry se marient, non sans quelques appréhensions, car les voyages de Henry sont souvent causés par des moments de stress ou de panique. D’ailleurs, il s’éclipse, mais heureusement son « moi » du futur le remplace pendant la cérémonie, et tout le monde n’y voit que du feu. Le jeune couple s’installe dans un appartement trop petit, dans lequel la créativité de Clare est à l’étroit. Aussi Henry décide-t-il de faire fi de ses principes et de les faire gagner au loto, afin qu’ils puissent s’acheter une maison pourvue d’un studio assez grand pour son artiste de femme.

wedding dance

Henry voit beaucoup de médecins, mais c’est le docteur Kendrick qui sera le premier à le croire, grâce à un petit subterfuge (Henry lui remet un papier sur lequel sont notés les prénoms, le poids, la date et l’heure de naissance de ses enfants, pas encore nés, et le handicap de l’un d’entre eux). Ah, et aussi, Henry disparaît devant ses yeux, ce qui aide quand même pas mal.

Kendrick va donc essayer plein de choses, faire des expériences sur des souris, séquencer le génome d’Henry, et surtout essayer de trouver un remède miracle à sa chrono-déficience, puisque c’est comme cela que ça s’appelle.

En attendant, Clare et Henry décident de faire un bébé, mais ça ne marche pas. Clare fait fausse couche sur fausse couche. Sa créativité en prend un coup, son couple aussi. Clare est obsédée et veut à tout pris un enfant. Kendrick leur explique que toutes ses souris chrono-déficientes enceintes sont mortes car le foetus disparaissait de l’utérus de la maman pour réapparaître un peu plus tard. Bref, quand on est foetus, il ne faut pas s’amuser à ce genre de chose, ça vous tue et ça met en danger votre maman.

Claire pregnant

Henry n’en peut plus de voir sa femme dans cet état et décide de couper le robinet – au sens propre, puisqu’il subit une vasectomie. Mais un Henry un peu plus jeune rend une nuit visite à Clare, un Henry encore en possession de ses petits nageurs, et bam! Clare est à nouveau enceinte. Plus ou moins à ce moment là, Kendrick a trouvé le moyen de stabiliser les souris chrono-déficientes enceintes, et Clare mène sa grossesse à terme.

Henry fait un voyage dans le futur juste avant que Clare n’accouche, et rencontre sa fille, Alba, âgée de 10 ans. Elle est contente de le voir, mais elle est en pleine sortie scolaire, et sa maîtresse peine à croire qu’il s’agisse bien de son père, puisque celui-ci est.. décédé.

Henry encaisse le coup, et découvre qu’il est mort lorsqu’Alba avait 5 ans. En discutant, il apprend qu’Alba est très douée en violon, et que c’est son grand-père qui se charge de son éducation musicale.

Alba est elle aussi chrono-déficiente, mais contrairement à son père, elle peut décider du lieu et de l’époque où elle va atterrir. C’est ainsi qu’elle a pu écouter sa grand-mère chanter à l’opéra. Avertie de la présence d’Henry, Clare rapplique illico, trop contente de revoir son mari disparu, mais Henry s’évapore avant qu’ils ne puissent se toucher la main.

Alba-and-Henry-talk-Time-Travelers-Wife

De retour dans le présent, Henry peut rassurer Clare sur le fait que leur bébé va vivre et devenir une chouette petite fille, maligne et accomplie. La naissance d’Alba se passe bien, même si Henry disparaît pendant 10 min. Il est cependant de retour juste à temps pour cueillir sa fille nouvelle-née lorsqu’elle pointe le bout de son nez.

Une nuit d’hiver, Henry et Clare reçoivent un coup de fil d’urgence d’un Henry du futur qui s’est matérialisé dans un parking. ll fait -26 et il gèle. Les DeTamble attrapent Alba et foncent vers le parking indiqué, mais personne ne s’y trouve. Le Henry du futur est déjà reparti dans son présent.

Alba grandit et fait la joie de ses parents. Elle sauve son grand-père Richard de l’alcoolisme en devenant une élève violoniste investie et douée. Elle joue souvent avec une version plus âgée d’elle-même qui vient lui rendre visite du futur.

Un jour, Henry voyage dans le passé, et se retrouve dans le Pré, derrière la maison des parents de Clare. C’est l’automne, à l’aube. Il s’habille avec les vêtements que la Clare de 13 ans lui a laissé, et commence à marcher. Deux homme chassent, et tirent sur une masse sombre qui se trouve dans le Pré aussi. Une voix s’élève, désespérée, criant « Clare! Clare! ». Les deux hommes, le père et le frère de Clare, ainsi qu’Henry, se précipitent vers la voie. Mais quand ils arrivent, il n’y a plus rien. Juste une trace de sang. Henry comprend qu’il vient d’assister à sa propre mort. Dans le futur, il se fera tirer dessus et en mourra. Et il sait déjà quand: quand Alba aura cinq ans.

Henry naked 1Il rentre dans le présent, perturbé. Clare sent que quelque chose ne va pas, mais Henry ne veut rien lui dire. Un jour, il disparaît, et revient tremblant de froid. Il a fait un saut dans le temps, cette fois où il faisait horriblement froid et qu’il a appelé à la maison, en pleine nuit. Le temps qu’ils n’arrivent, l’Henry du futur avait eu le temps d’avoir de profondes engelures aux pieds, une hypothermie prononcée, et de retourner dans le présent.

Emmené à l’hôpital, Henry doit être amputé des deux pieds. Il sombre dans la mélancolie, jusqu’au jour où il décide de se secouer les puces, et de préparer son départ. Alba a cinq ans, il sait qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il fait une série de vidéos dans lesquelles il lui apprend à survivre, tout comme il avait appris cela au jeune Henry: crocheter des serrures, voler un portefeuille, trouver des habits, se fondre dans la masse. Il apprend aussi à Clare à cuisiner, elle qui n’a jamais su rien faire en cuisine.

Pour Noël, les DeTamble organisent une fête à laquelle sont conviés tous leurs amis. C’est une belle soirée froide. Henry demande à ses meilleurs amis de le rejoindre sur la terrasse, où il leur fait ses adieux. Puis il fait de même avec Clare. Il lui explique qu’elle le reverra lorsqu’elle sera très vieille, puis il disparaît.

Time-Travelers-Wife-house-Christmas-tree

Il se matérialise dans le Pré, chez les parents de Clare. C’est l’automne, au petit matin. Il n’a plus de pieds, il ne peut pas se lever, ni se déplacer. Il sait ce qui va se passer. Henry voit les deux silhouettes des chasseurs mais ne peut rien faire. Il entend la détonation, et sent la balle lui déchirer les entrailles. Il veut voir Clare. Il crie « Clare! Clare! » avant de disparaître, pour réapparaître dans le présent, le soir de Noël, chez lui.

En mourant, il dit à sa femme « Le temps n’est rien ». Clare déprime après la mort de son mari, mais après quelques temps, elle se ressaisit et se remet au travail. Alba rencontre son père régulièrement dans le futur. Mais Henry n’apparaît jamais à Clare.

Enfin, un soir, alors qu’elle est très vieille, Clare sent une présence derrière elle: c’est Henry, qui comme promis, lui rend visite du passé, une dernière fois.

Henry disappears


Mon avis: une tuerie! J’ai vraiment adoré ce bouquin. J’ai lu la traduction française, mais d’après ce que j’ai pu voir, les phrase des l’auteur sont efficaces, sans trop de fioritures.

Le style de narration: tout le récit est au présent. Pas de temps passé ou futur. Le récit est à deux voix: celle de Clare et d’Henry. A chaque début de paragraphe est indiqué qui narre la scène, et quel âge ont les deux protagonistes. Il arrive qu’Henry soit là simultanément, on a donc le droit à des choses du style « 1988, Clare a 20 ans, Henry a 15 et 43 ans » (j’invente, c’est un exemple).

Un petit peu de philo: tout le livre sous-tend la question de la perception du temps, du déterminisme et du libre-arbitre. Par exemple, lorsque le petit Henry voyage dans le temps pour la première fois, il ne sait pas ce qu’il lui arrive. Pourtant, le grand Henry est là à l’attendre. Ce dernier ne savait pas à quelle époque il avait atterri, jusqu’à ce qu’il retrouve son petit lui-même, et se souvienne de ce qu’il avait fait avec le grand Henry. C’est donc grâce à ses souvenirs d’enfance que le grand Henry sait ce qu’il doit faire avec le petit Henry.

Henry young

Henry essaie quelques fois de changer le cour des choses, comme l’accident qui coûte la vie à sa maman. Il retourne sur les lieux des dizaines de fois, à des âges différents, mais jamais il ne peut rien changer. Donc même s’il le voulait, il ne pourrait pas changer non plus la manière dont il agit avec le petit Henry lorsqu’il le rencontre, une fois adulte. Ce qui s’est passé ne peut être changé… Que cela soit arrivé dans le passé, ou dans le futur.

Clare s’accroche aussi à cette bouée. Elle sait qu’Henry et elle vont se marier. Elle prend donc des risques, adolescente, en conduisant, certaine qu’elle ne mourra pas, puisqu’elle doit se marier avec Henry. Logique implacable. Lorsqu’elle est enceinte d’Alba, et qu’Henry lui explique qu’il a rencontré leur fille âgée de 10 ans, elle sait aussi qu’elle ne perdra pas ce bébé, qu’il vivra et deviendra une petite fille vive et pleine de curiosité.

Si les choses sont déjà arrivées, qu’en est-il alors de notre libre arbitre? Clare a-t-elle vraiment d’autre choix que de tomber amoureuse d’Henry? Ca me rappelle cette série de mon adolescence: « Sliders, les mondes parallèles ». Les mondes parallèles se développaient chaque fois qu’une personne prenait une décision au lieu d’une autre. Si elle avait pris la décision A, alors le monde évoluait de telle manière, alors que si elle avait pris la décision B, le monde tournait d’une autre. De fil en aiguille, une multitude de mondes parallèles s’étaient développés.

Ici point de mondes parallèle, par contre. Notre monde a une histoire, une chronologie, et les évènements arrivent tels qu’ils sont destinées à se passer. Et l’on n’y peut rien. Les amoureux passent pas mal de temps à s’interroger là dessus. Henry a aussi pour règle de ne jamais révéler aux autres ce que leur réserve leur futur. Ce que je trouve bien 😉

La psychologie des personnages: c’est un point que j’ai trouvé très bien développé par l’auteure. On a une galerie de personnages très différents, qui ne sont pas du tout lisses, ce qui est très appréciable quand on lit une romance.

Henry et son père sont tous les deux alcooliques car ils ne sont pas arrivés à faire leur deuil. Henry est rongé par la culpabilité, il pense qu’il aurait dû mourir aussi cette nuit là. Depuis, Noël est un cauchemar pour lui (l’accident avait eu lieu à ce moment là). Richard, son père, ne se remet pas d’avoir perdu l’amour de sa vie, en veut vaguement à son fils, et est effrayé par sa chrono-déficience. Père et fils ont rompu la communication, et sont pratiquement au point de non-retour.

La mère de Clare est maniaco-dépressive. Elle fait des crises de nerfs que sa famille « bien sous tous rapports » juge « embarrassantes », et rabaisse ses enfants. Les parents de Clare passent d’ailleurs le plus clair de leur temps à se disputer – contrairement à ceux d’Henry, qui vivaient en osmose. Deux modèles familiaux aux antipodes.

Ingrid Carmichel incarne la période sex, drugs and rock’n’roll d’Henry. Une jeune femme instable, folle d’un homme qui a déjà une promise mais qui l’ignore encore. Une jeune femme qui se perdra lorsqu’Henry la quittera, et qui finira par se tirer une balle sous les yeux de ce dernier lorsqu’elle touchera le fond.

Enfin il y a Ben, le gars séropositif qui bricole des médicaments illégalement (et surement d’autres choses) dans sa cuisine.

Même Clare passera par des périodes sombres. Elle demandera à Henry de tabasser et de ridiculiser un mec qui l’a violentée quand elle a 16 ans. Elle est obsédée par le fait d’avoir un enfant, quitte à risquer sa vie. Sa créativité et ses créations sont le reflet de ses remous intérieurs. Les apparitions d’Henry dans le passé, et ses disparitions dans le présent, font qu’elle passe son temps à attendre, dans l’expectative, sans vraiment savoir dans quel état elle le retrouvera.

L’art: l’auteure étant elle-même artiste, les références ne manquent pas dans ce livre. Je me demande d’ailleurs dans quelle mesure on retrouve l’auteur à travers ses personnages, car de toute évidence, elle parle d’un monde qu’elle connait bien.

Clare travaille un matériau bien particulier, le papier. Elle le fabrique elle-même, et on assiste à des descriptions sensuelles des propriétés des papiers créés par Clare. Henry est bibliothécaire, et adore les livres en tant qu’objets ET en tant qu’oeuvres littéraires. Le livre est émaillé de références littéraires, de poèmes et de citations. On s’instruit tout en se divertissant!

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La médecine: la science et la médecine ont un rôle prépondérant dans le livre. Henry essaie de se guérir par tous les moyens. Il consulte médecin sur médecin, et tous le prennent pour un fou. Jusqu’à Kendrick, qu’il convaincra en lui donnant la date, le poids, le prénom et le handicap de l’enfant qu’il attend.

Henry essaie de trouver un remède, il va même jusqu’à l’illégalité en demandant à Ben de lui fabriquer un médicament du futur, pour pouvoir rester dans le présent.

La violence: Le Temps N’Est Rien est un livre empli d’une grande violence, que ce soit dans les sentiments, le vécu, ou les actes. Henry a dû apprendre à survivre, ce qui passe par le vol, la bagarre, et la course. Il n’hésite pas à passer à tabac ceux qui s’en prennent à lui (l’épisode où il se fait agresser car il est habillé « gay », mais finalement, c’est l’agresseur qui se fait refaire le portrait), ou même à aider Clare à se venger d’un rencard qui a mal tourné (je n’aurais pas aimé être à la place du mec!).

Violence aussi dans les scènes traumatisantes où Clare perd ses bébés, nimbée de sang, serrant dans ses mains ses foetus morts. Violence des disputes de couple, violence de la maladie qui emporte la mère de Clare, de l’amputation qu’Henry doit subir. Violence des traditions catholiques, qui imposent un mariage à deux amants étourdis, qui ne peuvent avorter.

the brideClare, la lumière: Clare est celle qui sauve Henry, et par extension son père. Son prénom parle de lui-même, « la clarté ». Elle est celle par qui Henry s’accomplit, devient le « roi du foyer », comme le signifie son prénom: un mari, un père. Clare enfante Alba la blanche, contraste saisissant entre son prénom et son apparence, elle qui ressemble tant à son père, et par extension, à sa grand-mère: une petite fille brune, méditerranéenne.

Clare est le médium par lequel Henry devient parfait au travers d’Alba: elle a l’oreille musicale, et maîtrise sa chrono-déficience.

Une romance, mais pas que: Ce livre est avant tout une histoire d’amour. Une romance au sens strict du terme. Une histoire où deux êtres sont destinés l’un à l’autre, liés par un amour au dessus de tout. Mais pour toutes les raisons que je viens de lister ci-dessus, c’est une romance qui n’est pas mièvre, qui donne à réfléchir, et surtout (chose que j’apprécie toujours), on apprend des choses.

Ce fut une lecture rapide, deux jours et hop, c’était plié. Pourtant le livre est assez épais – 521 pages – mais ça se lit très vite. Donc un style fluide et efficace.

Pourtant j’ai lu des critiques déçues, pour qui romance et voyage dans le temps ne se conjugaient pas au même temps (je suis fière de celle là, applaudissez moi! 😉 ). Pour moi cette alchimie a fonctionné, et j’ai vraiment pu visualiser et ressentir ce que l’auteur a voulu transmettre. Les seuls passages qui m’ont laissée un peu hermétiques étaient ceux relatifs au papier quand Clare travaille, mais même là, les descriptions très sensuelles ont pu rattraper le coup pour moi.

Les personnages secondaires sont hauts en couleurs. Big up à Kimy et Alicia, qui sont personnages secondaires préférés.


Audrey-Niffenegger-001L’auteure: Audrey Nieffeneger est née le 13 juin 1963 à South Haven, dans le Michigan – tiens, comme Clare, quelle coïncidence! et elle est rousse aussi. Continuons: elle est diplômée d’art d’une école de Chicago, et  elle enseigne maintenant les arts plastiques. Elle est peintre et romancière.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter son site. Vous verrez que son univers est à la fois emprunt de douceur et de noirceur – un bon condensé de son roman, tout compte fait!


The_Time_Traveler's_Wife_film_posterProduits dérivés: Il y a eu un film, et pour faire un travail bien complet, je l’ai regardé à nouveau hier en finissant mon repassage (ma vie est fascinante). Et bien, il se trouve que je l’avais en fait vu jusqu’au bout! Et que je ne m’en souvenais pas… Tout simplement parce que le film n’est pas transcendant.

Le film reprend l’essentiel du livre, mais cette dimension violente, noire, a presque été gommée. C’est trop « romance » et pas assez « sci-fi », par rapport au livre. Exit la mère de Clare à moitié folle, elle se contente de faire une remarque désagréable à sa fille le jour du mariage. L’alcoolisme du père d’Henry parait beaucoup moins dévastateur que dans le livre.

On voit Henry se battre une fois, mais c’est tout. Ingrid est complètement passée à la trappe, et avec elle le passé sex drugs and rock’n’roll d’Henry. Exit aussi les leçons de crochetage de serrure et de vol avec le jeune Henry. Et LA scène violente du livre, celle où Clare demande à Henry de la venger, est tout simplement gommée. Clare n’a jamais été violentée, pas d’ecchymoses, et elle n’a donc pas besoin de se venger (la vengeance était d’ailleurs assez spectaculaire).

Eric BanaLast but not least, le physique de l’acteur qui joue Henry, le bel Eric Bana, ne colle pas du tout au personnage. Oui il est brun, un peu ténébreux. Mais: Henry est censé être félin, un corps souple et en longueur. Pas forcément beau, mais charmant. Un truc, un petit je-ne-sais-quoi. Eric Bana a de la carrure, des gros muscles, et malheureusement pour lui il me rappelle vaguement Partick Fiori (j’aime bien ses chansons, mais pas sa tronche).

girls-w-rachelRachel Mac Adams, rien à redire, je l’adore depuis The Notebook, et elle colle parfaitement au personnage de Clare.

Big up aux deux actrices qui jouent Alba, deux soeur se ressemblant beaucoup, qui jouent la petite fille à des âges différents. Par contre elles sont blondes, alors qu’Alba est censée être brune, comme son père et sa grand-mère.

Le film est mimi et sympa à regarder. Les réalisateurs se sont bien débrouillés pour rendre dans un format exigeant au niveau du temps la plupart des éléments importants d’une histoire longue et difficile à retranscrire, et je comprends leurs choix. La plupart du temps, c’est même fait habilement, et je me suis dit « Ah oui, ils ont mis ça là, comme ça. Pas bête ».

movie posterLa photo est magnifique, rien à redire là dessus. Mais ça reste un film d’amour un peu nunuche, les dimensions philosophique et noire du livre ayant été gommées.

Un truc qui a peut-être fait que je n’ai pas trop aimé le film, c’est que je l’ai regardé en français. Le doublage était un peu nul, je n’ai pas aimé. En même temps, la première fois que je l’avais vu, en anglais, il ne m’avait pas laissé un souvenir transcendant non plus (mais bon, quand on regarde des films dans l’avion, on a tendance à s’endormir).

Voici le film en français:

 

En français/In French, Grande Bretagne/UK, Historique/Historical novels, Roman/Novel

Les Pilliers De La Terre (The Pillars Of The Earth) Ken Follett, 1989 (1/2)

couverture FranceJ’ai acheté Les Pilliers De La Terre par dépis. Au détour d’une ballade en poussette avec ma fille, j’ai apperçu dans la vitrine d’une librairie le tome 3 de la Trilogie Du Siècle, par Ken Follett. Ayant lu (que dis-je, « dévoré ») le premier tome, je me suis dit que j’allais acheter les tome 2 et 3. Manque de bol, le tome 2 était en rupture de stock…

Je me suis donc rabattue sur Les Pilliers De La Terre, un autre roman du même auteur, dont je n’avais entendu que du bien. Sur les cathédrales, parait-il. Ok, pourquoi pas… Et puis j’aime bien le moyen-âge.

Ca n’a pas manqué: dès que je l’ai ouvert, je ne me suis plus arrêtée.


Note: Ce livre étant un pavé ( 1180 pages, le genre de bouquin qui vous sert bien quand il vous faut un presse-papier/une cale/un oreiller/des haltères), le résumé de l’histoire est super long. Ce billet reprend l’intrigue du roman dans le détail, et je développerai ma critique dans le prochain billet.

Si vous ne voulez pas de spoiler, vous pouvez lire la partie « résumé » ci-dessous et passer votre chemin pour la partie « L’histoire ».


Résumé: Dans l’Angleterre du 12è siècle, les destins croisés d’un prieur, d’une famille noble, d’une famille de nouveaux-riches, d’un évêque, de la famille d’un batisseur et d’une rebelle se tissent autour de la construction d’une cathédrale. La guerre de succession qui ravage le pays ne lui permet pas de prospérer, et rejaillit d’une manière ou d’une autre sur les protagonistes. Amour, haine, jalousie, foi, orgueuil, poussent nos héros à se déchirer.

kingsbridge canvas


L’histoire: Tout commence par le naufrage de la Blanche Nef (White Ship), dans lequel périt l’héritier du trône d’Angleterre et sa femme, plongeant le pays dans une longue guerre de succession, qui ruinera le pays. En mourrant, le Roi Henri 1er a nommé sa fille Maud (ou Mathilde) pour lui succéder, mais son cousin Stephen (Etienne de Blois) prendra le trône par la force. Stephen s’est fait courroner en promettant à l’Eglise qu’elle aurait carte blanche pour agir comme elle le veut. S’en suivent des années et des décénies de batailles entre les deux camps, qui laisseront l’Angleterre apauvrie et ravagée.

Pendant que les grands de ce monde s’étripent, Tom le bâtisseur, maçon, et sa famille, parcourrent le pays à pied, au gré des emplois de Tom. Le rêve de Tom, c’est de travailler sur le chantier d’une cathédrale. En attendant, cet homme droit, doué, et ne rechignant pas à la tâche, est embauché sur le chantier de la future demeure de William Hamleigh, le fils d’un gros commerçant, qui est fiancé à Aliéna, la fille du conte de Shiring. William a déjà la richesse, il ne lui manque qu’un titre de noblesse pour enfin jouer dans la cour des grands (au propre comme au figuré).

Tom le batisseur
Tom le batisseur

Cependant, la jolie Aliéna n’a aucune envie de se lier à vie avec William, qui est rustre et violent, et surtout très macho. D’où l’arrêt du chantier sur lequel Tom travaille. Tom et William garderont à jamais de la rancoeur l’un pour l’autre: Tom parce que William a failli écraser sa fille Martha, et a en plus voulu congédier les ouvriers sur le champs sans les payer; et William parce qu’il ne supporte pas qu’un maçon lui ait tenu tête pour être payé.

Tom s’en repart sur les chemins avec sa femme Agnès qui est enceinte, leur fils Alfred, un adolescent bagarreur qui ne porte que peu d’intérêt à l’art de son père, et Martha, leur fille de 7 ans, espiègle et blonde comme les blés. Sur le chemin, ils rencontreront une première fois Ellen, une femme à la beauté saisissante qui vit dans les bois, et son fils de 8 ans Jack.

Ellen, fille d’un noble, a été éduquée et instruite comme un garçon, jusqu’à la puberté. Son père l’a alors envoyée au couvent, où elle s’est mortellement ennuyée (après avoir participé aux banquets et à la chasse, évidemment…), et s’est donc échappée pour vivre dans les bois. Elle a sauvé un homme qu’elle avait trouvé inconscient sur la plage, et de leur union est né Jack, cet enfant aux cheveux roux qui a grandit dans les bois, loin de tout contact humain. Lors de cette première rencontre, Ellen guérit Martha d’une blessure à la tête.

Ellen
Ellen

Tom et sa famille continuent d’errer sur les routes, de plus en plus affamés. Agnès approche de son terme, et doit accoucher dans la forêt. Malheureusement elle ne survivra pas, et Tom prend la décision d’abandonner le bébé sur la tombe de sa mère, n’ayant ni lait, ni argent pour acheter du lait pour nourrir son fils nouveau-né.

Pris de remors, il reviendra sur ses pas, mais le nouveau-né a disparu, emmené par Francis, un éclésiatique qui va voir son frère, Philip. Ce dernier dirige une petite communauté de frères dans la forêt, et décide de garder le bébé, qu’il nommera Jonathan. Francis, qui travaille pour Maud, demande à son frère de dénoncer le Comte de Shiring pour complot contre la couronne. En effet, même s’il est dans le camps de l’opposition, son premier parton est l’Eglise, et cette dernière ne pourra pas bénéficier des mêmes libertés sous le reigne de Maud.

Philip se rend donc à Kingsbridge, un prieuré mal entretenu dont les frères passent plus de temps à boire et manger qu’à prier, afin de pouvoir rendre visite à l’évêque qui habite non loin. Il est reçu par son aide, Waleran, auquel il confie son « secret ». De retour au prieuré, il découvre que le Prieur James qui était à sa tête est décédé. Waleran propose à Philip un marché: il l’aidera a devenir prieur si en retour, Philip l’aide à devenir évêque à la mort de ce dernier. Ce que Philip ne sait pas, c’est que Waleran a dissimulé la mort de l’évêque. On se retrouve donc avec un nouveau prieur à la tête de Kingsbridge, et un nouvel évêque.

Waleran manipule la famille Hamleigh, qui n’a que haine pour le Comte de Shiring et surtout pour sa fille, Aliéna, afin de faire tomber le comte. Ce dernier est emprisonné, et Aliéna violée par William Hamleigh sous les yeux de son jeune frère Richard. Les Hamleighs reçoivent le comté de Shiring en récompense de leurs efforts. Aliéna et Richard parviennent à s’enfuir et, après bien des mésaventures, retrouvent leur père mourant en prison, qui fera jurer à sa fille de tout faire pour que Richard recouvre son titre et son domaine. Aliéna se lance dans le commerce de la laine pour pouvoir soutenir financièrement son frère, qui devient chevalier à la cour du roi Stephen. Il espère se faire bien voir du roi, et ainsi réclamer son comté.

Après la disparition de son bébé, Tom rencontre à nouveau Ellen, dont il tombe amoureux. Ellen et Jack se joignent donc à Tom et sa famille sur les routes. Ils arrivent à Kingsbridge, dont une tour de la cathédrale est à moitié écroulée. Malheureusement, Philip n’a pas les moyens d’embaucher Tom. Jack comprend que sa famille va continuer d’errer sur les chemin, des crampes au ventre. Il décide alors de mettre feu à la cathédrale, rendant son beau-père indispensable pour la reconstruire, et lui permettant de rester auprès de son fils Jonathan, élevé par les moines…

Ellen et Tom
Ellen et Tom aux portes du prieuré de Kingsbridge

Jack et Alfred sont le jour et la nuit, et se disputent souvent. Aliéna, qui habite à Kingsbridge et qui est devenue riche grâce à son commerce, a toujours fasciné Jack. Ce dernier est d’ailleurs devenu un excellent sculpteur qui réalise de magnifiques gargouilles. Il se rapprochera de la belle et la séduira en lui récitant des ballades que sa mère lui avait apprises lors de son enfance sauvage. Ellen tenait elle-même ces histoires du père de Jack, un français nommé Jacques Sherburg.

Cependant, William Hamleigh, qui est maintenant comte de Shiring, et l’évêque Waleran, ne voient pas d’un bon oeil le développement économique qu’ont entrainé la reconstruction de la cathédrale de Kingsbridge, et la gestion du prieuré par Philip. Ils vont donc mettre des batons dans les roues à Philip et Tom, le maitre-batisseur. Ils lui coupent l’accès à la carrière et incendient Kingsbridge. Lors de cette attaque, Tom meurt sous les sabots du destrier de William, et le stock de laine d’Aliéna est entièrement brulé.

Alfred, le fils de Tom, reprend le chantier de feu son père, mais modifie les plans de la cathédrale pour la doter d’un toit de pierre au lieu du toit de bois prévu par Tom. Il propose aussi à Aliéna de l’épouser. Cette dernière, ruinée et ne pouvant plus soutenir financièrement la carrière de chevalier de son frère Richard, accepte à contre-coeur, car elle a fait la promesse à son père de tout faire pour récupérer le Comté de Shiring. Jack et Aliéna passeront une nuit d’amour juste avant le mariage de cette dernière. Mais ne pouvant faire changer sa douce d’avis, Jack décide de partir.

Une nuit d'amour avant le mariage d'Aliéna
Une nuit d’amour avant le mariage d’Aliéna

Il parcourt les routes de France et d’Espagne, travaillant sur différents chantiers d’églises et de cathédrales, avant de fixer à Tolède, où il découvrira les mathématiques arabes. Sa vision de l’architecture en sera changée à jamais. Les mathématiques et la géométrie lui permettent en effet de résoudre des problèmes auxquels Tom n’avait jamais eu de réponse.

A Kingsbridge, le mariage d’Aliéna et d’Alfred n’a jamais été consommé. Ellen, la mère de Jack, a en effet maudit cette union, avant de repartir vivre dans la forêt. Aliéna est enceinte, mais Alfred ne l’a pas remarqué, car ils ne partagent pas le même lit. La cathédrale est enfin finie, mais le jour de son inauguration, elle s’écroule sous le poids du toit de pierre. Sous les décombres, on retrouve Aliéna serrant sur son coeur un nouveau-né roux qui tête avidement son sein. Aliéna est jetée dehors avec son fils, et décide de partir à la recherche de Jack.

De son côté, Jack décide de quitter Tolède et se remet en route pour la France. Aliéna suit sa trace. C’est à St Denis, sur le chantier de la basilique, qu’Aliéna présentera son fils à Jack. Ils le nomment Tom, en mémoire du batisseur. Aliéna raconte à Jack comment la cathédrale de Kingsbridge s’est effondrée, menant à la démission de Philip en tant que prieur et à la mise à l’écart d’Alfred, qui s’est réfugié à Shiring.

Jack rencontre son fils Tom sur le chantier de la cathédrale St Denis
Jack rencontre son fils Tom sur le chantier de la basilique St Denis

D’ailleurs, Shiring prospère. Waleran et William Hamleigh projettent même d’y construire une cathédrale, projet pour lequel ils embauchent Alfred, afin que Kingsbridge retourne à jamais à l’état de prieuré insignifiant, en rase campagne.

Jack décide de reprendre le chantier de la cathédrale de Kingsbridge. Afin de récolter des fonds, il fabrique une fausse relique. La Vierge qui pleure est une statue de femme maure rapportée de Tolède, à la quelle Jack ajoute des yeux faits dans une pierre « du diable » qui suinte lors d’un brusque changement de température. Exposée sur les parvis des églises au coucher du soleil, la vierge se met à pleurer dès que les derniers rayons du soleil disparaissent.

weeping statue
La Vierge qui pleure

Grâce à sa Vierge qui pleure, Jack réussi à ammasser un joli pactole pour financer la construction de la cathédrale de Kingsbridge. Sur le chemin du retour à Cherbourg, il va aussi rencontrer la famille de son père, dont il est le portrait craché. Il apprendra que son père était troubadour à la cour du roi d’Angleterre, et que sa famille avait cru qu’il avait péri lors du nauffrage de la Blanche Nef.

Jack fait un retour triomphant à Kingsbridge, et trace les nouveaux plans de la cathédrale selon les principes architecturaux  révolutionnaires qu’il a appris en Espagne et à St Denis. Mais William n’a pas dit son dernier mot, et cherche à nouveau à incendier le village. Heureusement, les habitants se sont organisés pour se défendre sous la houlette de Richard, le frère d’Aliéna, qui, faute de moyens, n’est plus chevalier. Richard est un guerrier et meneur d’hommes, il s’épanouit donc dans ce rôle.

William devient de plus en plus aigri, surtout que le comté de Shiring, mal géré, est de plus en plus pauvre. Le projet de cathédrale est suspendu. William règne par la terreur, violant et tuant ceux qui ont le malheur de se trouver sur son passage. Il s’est néanmoins marié avec Elizabeth, une jeune fille de 14 ans, qu’il brutalise.

A Kingsbridge, Aliéna et Jack vivent séparément, car Aliéna est toujours mariée à Alfred. Elle a demandé l’annulation de ce mariage, mais sa requête est bloquée par Waleran. Une petite soeur vient bientôt tenir compagnie au petit Tom.

Le mariage d'Elizabeth et de William
Le mariage d’Elizabeth et de William

Les jeux de pouvoirs entre Maud et Stephen continuent, et les parties au pouvoir changent régulièrement. Après avoir servit le Roi Stephen, sans aucun résultat, Richard change son allégence et se bat pour Henri, le fils de Maud. Lorsque l’armée d’Henri envahi l’Angleterre, un compromis se dessine: Stephen continuera de reigner jusqu’à sa mort, mais son successeur sera Henri. Quand ce dernier montera sur le trône, il rendra à Richard le comté de Shiring.

Richard, que les habitants du comté considèrent être leur comte légitime, réussit à reprendre ses terres grâce à sa soeur Aliéna. Celle-ci s’est liée d’amitié avec la jeune Elizabeth, qui déteste son mari. Elle accepte de rendre Shiring à Richard en l’absence de William. Lorsque ce dernier revient, il se retrouve donc botté hors du château. Aliéna a finalement tenue la promesse fait à son père. Cependant, Waleran fait nommer William Hamleigh shérif de Shiring, le poste étant vacant. William continue donc de terroriser le comté.

Alfred touche le fond. Il est jaloux de son demi-frère Jack, à qui tout réussi. Un beau jour, l’envie lui  prend de faire son « devoir conjugal »: il tente de violer Aliéna. Richard intervient et le tue dans la bagarre. Richard obtient du roi Stephen un pardon pour son crime, en échange de ses services aux croisades. Il part donc pour Jérusalem, laissant à sa soeur Aliéna le soin de gérer le comté. Sous l’égide d’Aliéna, le comté prospère. Aliéna étant veuve, elle peut enfin épouser Jack. Malheureusement, Richard ne reviendra jamais des croisades.

Aliéna et Jack peuvent enfin se marier
Aliéna et Jack peuvent enfin se marier

Bien des années plus tard, Stephen rend son dernier soupir, et Henri II, fils de Maud, monte sur le trône d’Angleterre. A Kingsbridge, la cathédrale est enfin finie, et vient le jour de son inauguration. Waleran, jaloux du succès du prieur Philip malgré tout ce qu’il a pu faire pour retarder ou empêcher ce projet, tente une dernière fois de le faire tomber. Il accuse Philip de fornication et de népotisme, allégant que frère Jonathan, qui vient d’être nommé à un poste à responsabilité au prieuré malgré son jeune âge, est en fait son fils.

Lors du procès de Philip, Ellen témoigne. Elle jure que le bébé trouvé en forêt était celui de Tom et Agnès. Elle accuse aussi Waleran de parjure. En effet, Waleran, Lord Percy Hamleigh, le père de William, et le Prieur James, le prédécesseur de Philip à Kingsbridge, avaient fait condamner à mort injustement Jacques de Cherbourg, le père de Jack.

Ayant survécu au naufrage de la Blanche-Nef, il savait que le navire avait été saboté dans le but de tuer l’héritier du trône. L’ayant retrouvé, les trois hommes l’ont pendu sur la place publique afin de pouvoir bénéficier des largesses des barons qui avaient comploté la mort de l’héritier de la couronne. Leur but était de mettre sur le trône un dirigeant faible et controlable. Suite à cette révélation, Waleran passera le reste de sa vie à vivre en humble moine.

Quant à William Hamleigh, il prend part au projet d’assassinat de l’évêque de Cantorbury, Thomas Becket. Ce projet est fomenté par le roi Henri II, le fils de Maud, qui trouve que Becket demande trop de libertés pour l’Eglise, et qui l’empêche de faire ce que bon lui semble. Beckett aura le crâne fendu en deux dans la cathédrale de Cantorbury, et Philip, à ses côtés lors de sa mort, en fera un symbole, un martyr, et un saint.

St-Thomas-Becket
St Thomas Becket

William est pendu à Shiring pour le meurtre de Thomas Beckett. Quant à Henri II, il devra se repentir publiquement en recevant des coups de martinet symboliques de la part des évêques d’Angleterre, dont Philip fait maintenant partie. La symbolique de cet acte, c’est que la couronne d’Angleterre se soumet à nouveau à l’autorité de l’Eglise.

La cathédrale de Kingsbridge


Si vous m’avez lue jusque là, félicitations! Ecrire ce résumé fut un véritable calvaire, tant il y avait de détails à se rappeler et d’évènement imbriqués les uns dans les autres. Je reviens très vite avec la partie 2 sur Les Pilliers De La Terre, qui comportera ma critique de l’oeuvre de Ken Follett, ainsi que mon traditionel comparatif des jaquettes suivant les différents pays dans lequel le livre a été publié, sans oublier les nombreux produits dérivés (série, jeux).


Votre rat de bibliothèque vous souhaite un beau week-end prolongé qui sent bon le muguet!

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Meurtre au Champagne (Sparkling Cyanide) Agatha Christie, 1945 / France: 1947

0147084_1Agatha Christie et moi, une histoire d’amour réussie.

J’ai dévoré la moitié de la collection l’été de mes quatorze ans, et l’autre moitié l’été suivant; de vieux bouquins récupérés chez ma grand-mère. Autant dire que mes souvenirs sont confus, que les histoires se mélangent, et que je ne suis plus sûre de savoir qui de Poirot ou de Marple a résolu le crime.

Il y a quelques jours, je suis passée devant une « boîte à livres » près de chez moi; une super initiative d’un particulier qui a accroché une grande boite au mur de sa maison pour y recueillir les livres dont on ne veut plus, et faire en sorte qu’ils trouvent de nouveaux lecteurs. Un peu d’économie parallèle 🙂 Cette personne a même installé un petit banc pour qu’on puisse y lire tranquille, à l’ombre des platanes.

J’ai donc regardé ce qui s’y trouvait, et suis repartie avec ce petit bouquin dans mon sac.


L’histoire:

Rosemary, jeune londonienne belle et écervelée, meurt empoisonnée le jour de son anniversaire, dans un cabaret huppé. Suicide ou meurtre? Le poison était placé dans sa coupe de champagne, et personne ne s’est approché d’elle… Autour de la table, son mari George, sa jeune soeur Iris, la secrétaire de son mari, son amant No1 et l’épouse de celui-ci, et son amant No2.

Tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide, pourtant le veuf reçoit quelques mois plus tard des lettres anonymes lui révélant que sa chère et tendre aurait été assassinée, et non pas qu’elle se serait donné la mort. Il va donc organiser, un an plus tard, un autre dîner avec les mêmes convives dans l’espoir que le meurtrier se confonde…

Entre-temps, depuis que sa sœur est décédée, la jeune Iris n’a plus personne pour la chaperonner. Son beau-frère George, chez qui elle vit, propose d’appeler une vieille tante, Lucilla, pour lui servir de chaperon. La vieille tante accepte avec joie, d’autant qu’elle est presque ruinée par son fils, un vaurien qui lui réclame sans-cesse de l’argent. Le jour de l’anniversaire de la mort de Rosemary, le dîner a lieu, mais c’est George qui est à son tour empoisonné… Le suspens s’épaissit.

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Spoiler alert!

Chaque convive a un mobile: Iris hérite de la fortune de sa soeur; George est jaloux des amants de sa femme; les amants veulent se débarrasser d’une conquête belle comme le jour mais futile et surtout encombrante; la femme de l’un des amant est jalouse de Rosemary; et enfin la secrétaire de George est secrètement amoureuse de lui et déteste Rosemary. En fait c’est le cousin ruiné qui est derrière tout ça, le fils de Lucilla. En effet, Rosemary a hérité d’une jolie fortune. A sa mort, l’argent est revenu à sa soeur Iris. C’est elle qui devait mourir lors du second dîner, son seul héritier étant son cousin.


Mon avis:

Agatha Christie nous emmène dans un joli conte, et dans une histoire passionnante. C’est rondement mené, comme d’habitude chez Christie. Personnellement j’ai très vite compris que les personnages « secondaires », c’est à dire la tante Lucilla et son fils, avaient leur importance.

La narration est intéressante, chaque chapitre se déroulant dans la tête de l’un des convives/suspects. On comprend leur côté sombre, pourquoi à un moment ou à un autre ils ont voulu la mort de Rosemary… Mais sont-ils passés à l’acte? Le second meurtre brouille encore plus les pistes, jusqu’à la « révélation finale », ou tout s’éclaire.

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J’ai lu ce roman en français, dans une traduction qui laisse plus que deviner l’anglais original, et cela m’a un peu déplu (« une partie » pour une fête, par exemple – traduction littérale de « party »), mais donnait en même temps un charme désuet à l’ensemble.

Pour moi il s’agit d’une histoire bien ficelée, rondement menée. On doute, on se perd, on retrouve son chemin, peut-être, peut-être pas… Un bon divertissement, avec du suspens, de l’humour et un peu de surnaturel (ou du moins, on pourrait le croire).

J’ai fini ce livre en deux jours, ça se lit vite, ça se savoure comme un carré d’un bon chocolat noir.


L’auteure: Agatha Christie

Agatha Christie
Agatha Christie

« Parce qu’une intrigue policière est un bon dérivatif et que ses contemporains, pris comme elle dans les remous de la guerre de 1914-1918, ont besoin de se changer les idées, une jeune anglaise (à moitié américaine par son père) s’amuse à écrire un roman policier en dehors de son service d’infirmière volontaire. »

On n’aurait pas pu mieux faire que ces quelques mot d’introduction de l’édition du livre de poche de 1978 pour présenté la reine du policier. Agatha Christie est née en 1891 à Torquay, dans le Devon, et meurt près d’Oxford en 1976, laissant derrière elle 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théatre.

 

0147084_1Le livre: J’ai lu l’édition du Livre de Poche de 1978. Les tranches des pages sont bleues. La jaquette est horrible et ne fait pas du tout justice au contenu! La jeune femme sensée représenter Rosemary fait vulgaire (Rosemary a beaucoup de classe), il y a une cible de dessinée sur la couverture. On a l’impression qu’il s’agit d’un roman avec beaucoup d’action, de la violence, alors qu’il s’agit plutôt de rentrer dans la psychologie des personnages.

Depuis, d’autres éditions avec des jaquettes beaucoup plus appropriées ont vu le jour. En voici quelques exemples, en français et en anglais:


Produits dérivés: Il y a eu un film en 1983, dont les critiques sont assez mauvaises. Apparemment il ne ferait pas justice à la plume d’Agatha Christie. Je n’ai pas pris la peine de le regarder.

En France, il y a aussi eu un téléfilm sur France 2 en 2013 dans le cadre de la série « Les petits meurtres d’Agatha Christie ». Je ne l’ai pas regardé non plus.

Dans les deux cas, il semblerait que l’histoire soit transposée à l’époque actuelle (1983 et 2013).

La BBC a aussi réalisé une version radiophonique du livre.

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Les petits meurtres d’Agatha Christie – Meurtre au champagne, Eric Woerth, 2012, France 2

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