Autriche/Austria, Contemporain/Contemporary, En français/In French, fantastique, Jeune Adulte/Young Adult, livres, Policier/Thriller

Le Sang des Wolf (Blanche Montclair) enfin édité! Woohooo!!

Le Sang des Wolf, Blanche Montclair

Il y a des auteurs que l’on découvre, et que l’on aime. Blanche Montclair, je l’ai découverte au détour d’une fouille du monde blogesque, et je ne l’ai plus lâchée. Cette jeune auteure française s’est lancé dans l’auto-édition, et son roman est maintenant en vente!

Bravo Blanche!!

Cliquez ici pour acheter son livre, et pour découvrir son univers.

Notez l’illustration de la couverture, de toute beauté, réalisée par l’auteure elle-même. Car quand elle n’écrit pas, elle est graphiste. Une artiste complète!

Voici mes chroniques passées sur ce premier tomes des aventures de Zoé à Vienne (cliquez sur les images):

Zoé, l'héroïne française qui étudie en Autriche sw31007

 

 

 

 

 

 

 

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Chick Lit/littérature féminine, Contemporain/Contemporary, En anglais/in English, En français/In French, livres, Roman/Novel, Romance, USA

Divorcées débutantes, Plum Skyes (Fr-Engl)

Débutantes divorcées

Voici un livre léger qui était à donner dans la boite à livres de ma bibliothèque. Un livre amusant et léger, traitant du divorce.

This book was in the give away box of my local public library. It’s a light and fun read about divorce.


Résumé: Sylvie vient de se marrier avec un beau producteur très en vue de Los Angeles. Mais il doit s’absenter lors de leur lune de miel au Mexique, pour le travail. Seule, Sylvie rencontre le club des Debutantes Divorcées, qui lui mettent le doute quand son charmant mari doit s’éclipser, encore et encore, pour le travail, en compagnie d’une briseuse de ménage. Son couple y survivra-t-il?

Story: Sylvie just got married to one of the hottest video producers of Los Angeles. But he is called for work in Paris in the middle of their honey moon, in Mexico. All by herself in mexico, Sylvie meets some other young women, who are freshly divorced. And she starts having doubts about the faithfulness of her new husband, when he must go to Paris again and again, with an infamous home wrecker. Will her marriage survive all of this?

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Mon avis: Soyons clairs, ce n’est pas le livre du siècle. C’est de la chick lit légère et marrante, comme on les aime, pour se détendre le cerveau. On navigue dans le cercle de la jet set newyorkaise et dans le monde de la mode. La plupart des protagonistes n’ont pas besoin de travailler. D’ailleurs, elles ne sauraient pas comment s’habiller pour aller au bureau, elles n’ont que des robes de cocktail.

Review: let’s be crystal clear, this isn’t the book of the century. It’s light chick lit, it’s lots of fun, just like we like it, to relax your brain. The story takes place in the New York jet set crowd and in the field of fashion. Most of the characters do not need to work, because they wouldn’t know how to dress to go to office, as they only have cocktail dresses.

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Et pourtant, ce livre, sous ses dehors très trèèèès superficiels, traite de l’amour, de la jalousie, du deuil d’un mariage gâché, de la solitude, et de la maternité. Alors oui, tout ça est emballé dans un papier rose brillant (avec une bouteille de champagne), mais il y a une réflexion de fond intéressante.

Still, under a veeery superficial packaging, this book deals with love, jealousy, grief of a past marriage, loneliness, and motherhood. It’s packaged in a shiny pink paper (with a bottle of Champagne), but the topics it deals with are interesting.

NYFW-2014-Street-Style-Blogger-13On ne croit pas une seule seconde à tout ce qui se passe, et pourtant je suis quasi certaine que le quotidien de Kim K. y ressemble beaucoup. L’auteure travaille chez Vogue, on sent qu’elle a l’expérience de ce qu’elle raconte. D’ailleurs, Anna wintour (le diable du fameux Le Diable s’Habille en Prada) figure dans les remeciements, c’est dire.

I didn’t believe anything that happened in the book, and still, I’m quite certain that this is how life must be for Kim K. and her little friends. The author works at Vogue, it’s clear that she knows what she talks about. And Anna Wintour is even mentioned at the end, in her thank you list.

A la fin, l’amour triomphe, même pour la méchante Sophie. C’est mignon, c’est choupinou, et j’ai quand même laissé échappé quelques éclats de rire de temps en temps.

It the end, love wins, even for the nasty Sophie. It’s cute, entertaining, and I laughed aloud quite a few times.

L’écriture… bon, c’est « tendance ». Des « ma chérie », « mais nooon » et autres. Superficiel. Ca se laisse lire, quoi, mais rien de transcendant.

Un livre parfait pour la plage!

The writing style… alright, it’s fashionable. A bit superficial. It’s ok, really, without being transcending or anything.

A perfect book for the summer holiday at the beach!

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Débutantes divorcéesIllustrations/Book cover art:

Mon édition montre les silhouettes de deux jeunnes femmes qui ont l’air de s’éclater, sans aucun doute Lauren et Sylvie, sur fond rose fushia. On ne peut pas faire plus girly. Ca me rappelle un peu la couverture de La Double Vie de Pénélope B.

My edition shows the silouhettes of two young women who look like they’re having lots of fun (Lauren and Sylvie, without a doubt), on a bright pink background. It reminds me a bit of the cover art of La Double Vie de Pénélope B.; another light chick lit read.

D’autres éditions montrent des jeunes femmes à la pointe de la mode, ou alors leurs accessoires.

Some other editions show very fashionable young women, or their accessories.

Enfin celle qui me plait le plus est la couverture verte d’eau avec des arabesques dorées. Je la trouve très jolie et girly sans être dans l’excès (le rose fushia c’est un chouia agressif).

The one I like the most is the light green one, with golden mandalas. I find it girly without being excessively girly -bright pink is a bit aggressive, in my opinion).


L’auteure: Victoria Skyes est née en 1969 à Londres, dans une fratrie de six enfants dont une soeur jumelle, Lucy, et elle a grandit dans le Kent. Elle a été surnommée Plum (Prune) dans son enfance.

Author: Victoria Sykes was born in 1969 in London, one of six children including a twin sister, Lucy, and grew up in Kent. She was nicknamed « Plum » as a child. 

En 1998 elle est entrée au Worcester College à Oxford, d’où elle est ressortie diplomée en histoire moderne. En 1993, Plum Skyes est devenue assistante de mode chez l’édition britanique de Vogue. En  1997, elle devenait rédactrice contributrice de mode chez Vogue USA, duquel la britanique Anna Wintour est rédactrice en chef depuis 1988. Plum Skyes devint bientôt une habituée de la scène sociale newyorkaise, devenant l’une de ses it-girl.

In 1988 she went up to Worcester College, Oxford, where she graduated in modern history. In 1993, Sykes became a fashion assistant at British Vogue. In 1997, Sykes became a contributing editor on fashion for American Vogue, of which Anna Wintour, also British, had been editor-in-chief since 1988.Sykes soon became a familiar figure on the New York social scene, being frequently described as an « It girl ». 

Le monde de la mode newyorkaise constitue l’endroit dans lequel se déroule son premier roman, publié en 2004 (Bergdorf Blondes), et qui fut un best seller de la chick lit en se vendant à un quart de million de copies dans le monde. Son deuxième roman, Débutantes Divorcées, a été publié en 2006.

The world of New York fashion was the setting for Sykes’ first novel, Bergdorf Blondes (2004), which was one of the most successful examples of chick lit (or « chic lit » as some dubbed Sykes’ writing) and sold a quarter of a million copies worldwide. A second novel, The Debutante Divorcée, was published in 2006. 

En 2005, Plum Skyes a épousé l’entrepreneur britanique Toby Rowland dans la demeure ancestrale de sa famille, dans le Yorkshire. Leur premier enfant, Ursula, est née en octobre 2006, et leur deuxième, Tess, en juin 2010.

In 2005 Sykes married British entrepreneur Toby Rowland at her family’s ancestral home (1751) in the East Riding of Yorkshire. Sykes and Rowland had their first child, Ursula, in October 2006 and their second child, Tess, in June 2010.

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Bande dessinée/Comics, Chick Lit/littérature féminine, Contemporain/Contemporary, Danse/Dance, En français/In French, Japon/Japan, livres, Manga 漫画, Par Pays/By country, Turquie/Turkey

Les Nuits d’Aksehir白い街の夜たち, Ichikawa Raku 市川ラク(2013) Fr-Engl

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J’aime les mangas, mais forcer est de constater qu’en devenant adulte, j’accroche de moins en moins avec le thème de la collégienne aux pouvoirs magiques (Sakura je t’aime bien, mais à 30 ans passés j’ai du mal). Ma lecture de manga est donc passé  du status « dévoreuse » à celui de « lectrice occasionelle quand je trouve un truc qui me branche vraiment ». Et là, ça me branche vraiment, vraiment beaucoup!

I love reading mangas, but as I grew up, I had more and more difficulties with the recurring teenage girl with magical powers (Sailor Moon and Sakura, I’m looking at you!). And so I went from binge reading mangas to occasional reader, when I could find something that really enticed me. And this time, I was really, reaaally enticed!


Résumé tome par tome / volume by volume summary:

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Ayako est en dernière année d’école de mode, mais cela ne l’inspire pas plus que cela. Indécise et de nature tranquille, elle n’arrive pas à entrer dans l’esprit de compétition que reiquert son école.

Une amie d’enfance lui a offert une amulette turque  lorsqu’elle est partie à Tokyo pour ses études. C’est grâce à cette amulette, qu’elle porte autour de son cou, qu’Ayako se fera embaucher « à l’insu de son plein gré » comme serveuse dans un restaurant turc.

Dans ce tome, Ayako découvre la cuisine turque et les différentes formes de danse orientale.

Ayako is attending a fashion academy, but doesn’t feel much inspired. She’s naturally quiet and doesn’t really know what she wants to do in life. She doesn’t really fit in her school, where students are always competing against each others.

A childhood friend gave her a Turkish charm before Ayako left for Tokyo to pursue her studies in fashion. Thanks to the charm, worn as a necklace, Ayako is hired as a waitress in a Turkish restaurant.

In this volume, Ayako discovers Turkish food and delicacies, and the different styles of belly dance.

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Ayako garde son job de serveuse secret. C’est son jardin secret, un endroit dans lequel elle s’épanouit peu à peu, retrouve sa joie de vivre et trouve l’inspiration qu’elle cherchait désespérement pour son projet de fin d’année à l’école de mode.

Sa personalité change aussi, elle s’ouvre plus, devient plus joyeuse et profite de la vie. On explore un peu plus les personnages secondaires.

On continue notre exploration de la cuisine turque (et ça met vraiment l’eau à la bouche).

Ayako keeps her job at the Turkish restaurant secret. It’s her secret garden, a place where she slowly discover herself, and find happiness. It’s the place where she finally gets the inspiration for her end-of-the-year project at school.

Her personality changes as well. She becomes happier and more confident. We also get to know the side characters a bit better, and we continue exploring Turkish food.

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Ayako s’intéresse à l’Islam, visite la Mosquée de Tokyo, s’interroge sur le sens de la vie, la jalousie, le suicide. Elle envisage un temps de se convertir. Son intérêt pour l’Islam lui permet de réflechir de manière approfondie sur certains thèmes philosophiques.

En parallèle, on assiste au développement des histoires de Zakuro, la danseuse orientale, et de celle de Hodja, le chef du restaurant.

Ayako prend la décision de partir s’installer en Turquie pour devenir créatrice de costume de danse orientale, conjugant ainsi ses deux passions: la mode et la culture turque. Cette décision n’est pas comprise par son entourage, mais Ayako a enfin trouvé sa voie et elle sait que c’est ce qu’elle veut faire.

Ayako is curious about Islam. She visits the Tokyo Mosque, and asks herself questions about the meaning of life, jealousy and suicide. For a little while, she thinks that becoming Muslim might alleviate her troubles. Her curiosity about Islam enables her to think about some philosophical concepts in depth.

Meanwhile, the side characters’ stories are also developing and evolving. Zakuro, the belly dancer, and Hodja, the chef, both face challenges in their personal lives.

Ayako makes the decision to move to Istambul to become a belly dance costume maker at the end of the academic year. This enables her to work in fashion and discover Turkish culture even more. Her family doesn’t understand her decision, but Ayako has finally found her passion – and her voice.

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Mon avis: Ce manga est directement responsable de la hausse de fréquentation de notre resto turc préféré. Je l’ai choisi parce qu’il parlait de danse orientale. J’ai commencé à le lire et j’ai eu faim. Comme je suis piètre cuisinière, je me suis rabattue sur quelque chose de simple: l’Ayran. C’est simplement du yaourt mélangé à du sel et de l’eau. J’en ai descendu deux litres en une soirée il y a deux semaines, quand l’été s’est trompé et qu’on a essuyé les grosses chaleurs en plein mois d’avril. Bref, préparez-vous: ce manga donne faim!!!

Review: We’ve been  eating out at the Turkish restaurant a lot these days, and it’s all because of this manga. I picked it up because it was dealing with belly dancing. I started reading and I got hungry. Since my cooking skills are quite basic and I craved Turkish food, I made something very easy and delicious: Ayran. It’s just yoghurt, water and salt. I drank two litters of it in one evening, two weeks ago, during the heat wave (yes, we do have heat waves in Belgium, and yes, it was in April). In a nutshell: get ready, you’ll be hungry!!!

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On sent l’amour que l’auteure porte à la culture turque. On en explore toutes les facettes, à travers Ayako, une jeune japonaise qui n’y connait que tchi. C’est donc une âme complètement vierge qui explore cette culture. Un peu comme un bébé découvre le monde, Ayako découvre un monde nouveau.

This manga transpires of the mangaka’s love for Turkey and its culture. The reader explores all aspects of Turkish culture through Ayako, a Japanese student who knows nothing about Turkey. A virgin soul. A bit like a baby discovers the world, Ayako discovers a new world.

On pourrait reprocher au manga d’être un peu didactique, et pourtant cela m’a parfaitement convenu. Les plats sont présentés aux clients de manière à ce que le lecteur en salive d’envie. On décrit non seulement les ingrédients et la façon dont chaque plat est cuisiné, mais aussi la texture. Donc je me répète, hein, mais assurez vos arrières: Lisez-le le ventre plein, ou commandez un truc au resto turc de votre quartier (Ayran inclu), parce que sinon votre estomac va gromeler.

The manga is a bit didactic, but this didn’t bother me at all. On the contrary, I also don’t know much about Turkish culture and was happy to have detailed explanations. Dishes are presented to customers in a way that will make you, the reader, salivate. Ingredients are described, as well as the way they are cooked, and the final texture and taste of the dish. I’m repeating myself: please read this manga on a full belly, or make sure you can order from a Turkish place asap, otherwise you’re going to be a tad frustrated.

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En ce qui concerne la danse orientale, en tant que danseuse confirmée (sans être pro hein, mais bon ça fait tout de même quelques années que je tutoie les sagattes, les huits et autres shimmies), j’ai apprécié les explication sur les différents styles, que ce soit au niveau du costume, de l’interprétation, ou même du rythme.

Regarding belly dance, as a belly dancer myself (not at a professional level, but I’ve been practicing for four years now), I really appreciated explanations on the different styles, including the differences in costumes, interpretation, and rhythm.

Une autre chose qui est évoquée, et que je trouve importante, c’est le status de la danseuse dans le monde oriental. C’est malheureusement un cas de madone et putain. La madonne, la mère, est respectable. La danseuse orientale n’est pas une artiste, c’est une pute. Ah, ça fait mal de le dire… et pourtant, le regard de la société a très peu changé sur les danseuses orientales, que ce soit dans le monde oriental ou en dehors.

Something else that Ichikawa speaks about in the manga, and that is very important, is the way belly dancers are perceived in the oriental world. It is unfortunately a textbook case of Madonna vs prostitute. The Madonna, the mother figure, is respectable. The belly dancer is not seen as an artiste, but merely as a prostitute. It pains me deeply to write such a thing… but still, it’s true. Society as a whole, be it in the Western or oriental world, still sees belly dancers as cheap sexy entertainment, meat for the eyes, flesh.

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On le voit avec le cuisinier turc dévot, qui refuse de regarder la prestation de Zakuro, la danseuse. Mais on le voit aussi lorsque le petit ami potentiel de Zakuro, un jeune japonais, lui demande « à quoi ça ressemble quand c’est bien dansé ». Ca m’a brisé mon petit coeur de danseuse, et celui de la danseuse fictive du manga aussi. Après avoir hurlé sur son amoureux, elle lui explique que ce n’est pas parce que c’est sexy que c’est vulgaire, et surtout pas que c’est facile. Au contraire, elle explique les longues heures de répétition des mouvements, et compare la pratique de la danse orientale à celle de danses « respectables » comme la danse classique.

The pious Turkish cook is an example of how some people perceive belly dancing. He refuses to watch Zakuro’s performance. But Zakuro’s Japanese boyfriend also doesn’t « get » it, and asks her « what does it look like when it’s danced properly? ». Supreme insult! It broker my little belly dancer’s heart, not to mention the fictive belly dancer’s. After having yelled at him, she explains that indeed, belly dancing is sexy, but that it doesn’t mean that it’s easy or cheap. On the contrary, she explains the long practicing hours, and compares it to « respectable » forms of dance, like ballet.

Zakuro, qui envisage un voyage en Turquie d’un an pour se perfectionner sur place, doit s’interroger sur le fait de savoir si elle sera assez forte pour faire face aux préjugés dont souffrent les danseuses orientales en Turquie.

Zakuro is thinking about going to Turkey for a year to train herself. But she must first understand her own strength, and discover within herself if she’ll be able to face the prejudices attached to belly dancing in Turkey.

On explore aussi la spiritualité, avec la visite de la Mosquée, les conversations avec l’immam et le cuisto dévot. Ayako va jusqu’à lire le Coran en japonais pour essayer de mieux comprendre l’Islam. La culture musulmane qu’elle découvre est ouverte, aux antipodes de l’islamisme décrit dans les journaux télévisés. D’ailleurs, les personnes avec qui elle discute lui expliquent bien que les islamistes ne sont pas considérés comme musulmans par la communauté musulmane, mais bien comme des terroristes. Le message est clair: ne faisons pas d’amalgames!

Ayako also explores spirituality when she visits the Tokyo Mosque. There, she speaks with the imam and also with the pious cook. She even starts reading the Koran in Japanese to understand Islam better. The Muslim culture she comes to discover is open, which is quite different from what she sees in the TV reports about radical Islamists. And indeed, the people with whom she discusses Islam are very clear: these are terrorists and they do not consider them being Muslims, since they kill people. 

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L’art turc n’est pas en berne, avec bien sur l’exploration des costumes de danse orientale, mais aussi la dentelle turque, et les carreaux de céramique qui adornent les murs des demeures turques.

We also have a look at traditional Turkish art, with the exploration of belly dance costumes of course, but also Turkish lace and traditional Turkish tiles.

L’exploration de la culture turque amène Ayako à trouver sa voix et sa voie. De jeune fille indécise qui se laisse porter par la vie, elle développe un projet professionel et de vie tangible et concret. Elle s’affirme, sait enfin ce qu’elle veut. La découverte de la culture turque est une révélation.

Exploring Turkish culture enables Ayako to find her own path and her own voice. She was a quiet young lady, and thanks to her opening to a new culture, she is able to put together a project, both for her professional and personal future. She finally knows what she wants. It’s an epiphany.

C’est donc un manga initiatique, au travers duquel on découvre non seulement une culture, mais aussi une personne.

It is thus an intimate journey, through which we not only discover a culture, but also a character.

Le fil rouge, c’est le fameux Nazar Boncuk, cet oeil de verre bleu qui est censé protéger du mauvais oeil. C’est sa « meilleure amie » qui l’offre à Ayako lorsqu’elle déménage à Tokyo pour poursuivre ses études… avant de tenter de se suicider. Grace à cette amulette, qu’elle porte autour du cou, Ayako se fait remarquer par Hojda, le propriétaire d’un petit resto turc qui vient d’ouvrir, et c’est ainsi que commence sa plongée dans le monde turc. Le Nazar Boncuk prend toute sa signification pour Ayako lors du manga, car il se brise à la fin, la libérant en même temps de son passé, et lui ouvrant ainsi la voix vers le futur.

Throughout the series, the Nazar Boncuk, a Turkish charm made of blue glass and representing an eye, is present like a guiding light. It is a gift from Ayako’s « best friend », when she moves out to Tokyo… Ayako is the last person who saw her, before she tries to commit suicide. Thanks to the charm, that she wears as a necklace, Hodja notices Ayako in the crowd and asks her to work in his restaurant. And thus Ayako starts her journey in Turkish culture. The Nazar Boncuk’s meaning changes for Ayako throughout the manga, mirroring her own journey. In the end, it breaks, freeing her from her past, and giving her the chance to embrace her future.

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J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires et les intrigues paralèles qui sont développées autour d’eux. Hojda et sa femme, ainsi que leur petite fille et leur chat. Zakuro et sa relation à son corps et à la danse.

I loved the secondary characters and their own stories. Hodja and his complex relationship with his wife and his daughter. Zakuro, the Japanese belly dancer, and her relationship to her own body and dance.

Le dessin est efficace, ça m’a un peu rappelé le style de Mari Okazaki mais en moins onirique. Ca n’empêche que ce n’est pas du manga avec des filles super sexy gratuitement (genre seins qui tiennent en l’air tous seuls, à la Ranma 1/2), c’est un dessin réaliste et chaleureux.

I liked the graphic design a lot, it reminded me a bit of Mari Okazaki, but it’s less poetic. It’s still beautiful and it conveys emotions efficiently. I appreciate the realistic design of most characters, who are not sexy just to be sexy (Ranma 1/2 I’m looking at you). Drawings are realistic and give a nice, warm feeling.

En bref, j’ai passé un très bon moment et je ressors enchantée de ma lecture. Je ne peux que vous le conseiller, d’autant plus que cette série est finie, ce qui veut dire que vous n’aurez pas à vous ruiner en achetant 40 volumes sur 20 ans.

Overall I had a nice time reading this short series, and I loved it. I can only recommend it, even more because it’s only three volumes, and it’s over, so you won’t ruin yourself over the years 😉

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Istambul by Ichikawa Raku

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http://yabangee.com/inside-world-comikon-istanbul-2017/

L’auteure: Ichikawa Raku est une auteure et illustratrice de manga japonaise résidant à Istamboul, en Turquie. « Raku’ n’est pas son vrai prénom, c’est un nom de plume inspiré d’une célèbre boisson anisée turque, le raki.

Author: Ichikawa Raku is a Japanese author and manga illustrator who lives in Turkey. « Raku » isn’t her real first name; it is a pen name inspired by a famous Turkish anise drink called raki.

Si vous parlez japonais, vous pouvez explorer son site web. Vous pouvez la suivre sur Facebook, Pixiv, Twitter, et Instagram.

Here is her website. You can follow her on Facebook, Pixiv, Twitter and Instagram.

 

Contemporain/Contemporary, Enfants/Children, Jeune Adulte/Young Adult, livres, Roman/Novel

Coeur Coco (Coco Caramel), Cathy Cassidy (Fr-Engl)

Coeur Coco livreCoeur Coco est le 4è tome de la série pour ados Les Filles au Chocolat de l’auteure britanique Cathy Cassidy. Il est consacré à Coco Tanberry, la plus jeune de la fratrie des soeurs Tanberry.

Coco Caramel is the 4th volume of the series The Chocolate Box Girls by British author Cathy Cassidy. We follow the adventures of Coco Tanberry, the youngest of five sisters.


Rappel des tomes précédents/previously:

Coeur Cerise, consacré à Cherry Costello, raconte comment l’adolescente de 14 ans doit arriver à trouver sa place dans sa nouvelle famille de 4 soeurs. Ce roman traite de la mythomanie chez les jeunes qui ont perdu un parent très tôt.

Cherry Crush follows Cherry Costello. The 14 year old girl must try and find a way to fit in her new family of four sisters. This novel is about inventing a better past and lying to embellish things.

Coeur Guimauve, consacré à Skye Tanberry, une des jumelles de 13 ans, la suit dans sa passion pour l’histoire et les antiquités.

Marshmallow Skye follows Skye Tanberry, one of the 13 year old twin girls. She is passionate about history and vintage clothes. She kind of falls in love with a ghost.

Coeur Mandarine, consacré à Summer Tanberry, la jumelle de Skye, raconte comment l’univers impitoyable de la danse classique peut broyer certaines jeunes filles, et traite de l’anorexie.

Summer’s Dream is about Summer and her dream of becoming a ballerina. It is about anorexia, second chances and plan Bs.

Filles au chocolat BD
Skye, Cherry, Coco, Summer, Paddy et Charlotte

En bref: Coco est la benjamine d’une fratrie de quatre soeurs + une demie soeur. A 12 ans, elle est passionnée par la protection de la nature. Lorsque sa ponette favorite se retrouve en danger, Coco n’hésite pas à voler à son secours.

C’est un chouette roman pour adolescente, qui traite de thèmes forts. Une écriture agréable et beaucoup de rebondissements. il faut avoir lu les tomes précédents pour suivre l’histoire.

In a nutshell: Coco is the youngest of four sisters + a step sister. She’s 12 years old and passionate about protecting nature. When her favourite poney is in danger, Coco doesn’t hesitate much and decides to rescue her.

It is a nice novel for preteens, with strong themes. Nice writing and a lot of developments and surprises. You need to read the previous books to follow the story line though.


Voici la bande annonce de la BD éponyme:


Mon avis: Comme les romans précédents, c’est agréable à lire, ça se lit vite, et les thèmes traités sont plutôt sérieux. La cible est la jeune adolescente, ça correspond tout à fait.

Même si certaines choses sont un peu invraisemblables – kidnappage de chevaux? Helloooo?? – les ados ont besoin d’aventure et d’évènements sortant de l’ordinaire pour rêver un peu. Quand on lit Alice Détective avec des yeux d’adulte, ou Fantômette, on se rend bien compte qu’il est impossible que des gamines sauvent la planète. Et pourtant, qu’est-ce qu’elle m’ont fait rêver!

Donc je ne remets pas en cause ce sauvetage de chevaux. Ca correspond à la cible. Moi-même, du haut de mes 12 ans, j’ai écrit une magnifique rédaction sur comment j’avais sauvé une fillette de la noyade. Episode 100% fictif, bien sur!

La structure de l’histoire d’amour suit celle de Tommy et Summer: un garçon qui a tout pour déplaire se révèle être plus que charmant. Sauf que là, Coco étant « trop jeune », refuse de s’engager dans une romance.

Comme dans Coeur Guimauve et Coeur Mandarine, on retrouve le fait que les copines commencent à s’intéresser aux garçons et au maquillage, alors que notre héroïne est à fond dans sa passion. Un décalage se crée entre elle et ses amies au niveau de leurs centres d’intérêt.

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A travers Coeur Coco, on suit aussi les développements des autres personnages de la famille Tanberry. La fabrique de chocolat mise en place par Paddy, le nouveau mari de la maman des filles, commence à fonctionner. Honey, l’aînée, enchaîne les frasques, mais tire toujours son épingle du jeu. Summer combat son anorexie, mais on marche sur des oeufs en ce qui concerne la nourriture (oui j’ai fait exprès, oeufs/nourriture :p ). Skye est à fond dans son histoire d’amour avec Finn et sa passion pour les costumes anciens.

Le thème principal de ce livre est bien sur la protection de la nature. Coco est une activiste née, prenant part activement à la sauvegarde des espèces menacées en levant des fonds. Elle a un agneau comme animal de compagnie, ne se sépare jamais de son bonnet panda, et prend des cours d’équitation pour mieux comprendre les chevaux.

Mais on explore aussi le fonctionnement de la fratrie et plus particulièrement de la famille recomposée. Les familles recomposées de Stevie et Coco sont diamétralement opposées. Coco a un beau père sympa, alors que Stevie est tombé sur un tyran.

Stevie est l’aîné, il a une jeune soeur qui s’appelle Jasmine. Du haut de ses douze ans, il ment sur son âge pour trouver un petit boulot afin de mettre de l’argent de côté et pouvoir ne plus dépendre de son beau père. Il porte la responsabilité de sa famille ET des animaux qu’il aime sur ses épaules.

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Coco est la benjamine. On ne la prend jamais au sérieux car elle est « trop jeune », ce qui fait qu’elle se sent ignorée. Les problèmes de ses soeurs et de ses parents sont toujours plus importants que les siens.

La solidarité entre soeurs est aussi mise en avant: doit-on dénoncer Honey, qui sèche allègrement les cours, sort, fume et boit? Ou le principe de solidarité entre soeurs est-il plus fort que tout?

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L’auteure: Cathy Cassidy est née en 1962 à Coventry, en Angleterre. Elle a toujours aimé écrire et dessiné, et a écrit son premier livre d’images pour son petit frère lorsqu’elle avait huit ans.

The writer: Cathy Cassidy was born in 1962 in Coventry, England. She’s always liked drawing and writing, and she wrote her first book for her younger brother when she was eight years old.

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Cathy Cassidy a commencé sa carière dans un magazine, puis elle a repris ses études en école d’art. Après avoir été professeur d’art à Coventry pendant quelques années, elle a déménagé avec son petit ami, Liam, en Ecosse, afin de fonder une famille. Elle continuait d’enseigner l’art. Maintenant que ses enfants sont grands, elle vit à Liverpool dans une belle maison victorienne.

Cathy Cassidy started her career in a magazine, then she went back to school to study art. After having been an art teacher in Coventry for a fez years, she moved in with her boyfriend Liam in Scotland, to start a family. She continued to teach art over there. Now that her children are all grown up, she lives in Liverpool in a beautiful Victorian house.

Vous pouvez en apprendre plus sur elle en visitant son site web (en anglais). Have a look at her website here, to learn more about her.


Produits dérivés: Toute la série des Filles aux Chocolat, évidemment! Il y a d’autres tomes consacrés aux jumelles Skye et Summer; Honey, l’ainée; Cherry, la nouvelle demie-soeur; et même aux personnages secondaires comme Shay ou Jody!

Byproducts: the whole series of the Chocolate Box Girls, of course! Other books are about Skye and Summer, the twins; Honey, the eldest; Cherry, the new addition; and even side characters like Shay or Jody.

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Il y a aussi une série sur le web, dans laquelle les filles au chocolat se confient face caméra sur leur vie, un peu comme des journaux intimes. C’est en anglais, un peu surjoué parfois, mais très sympa si on veut se plonger dans le monde des filles au chocolat!

There is also a webseries, in which the girls have a vlog. The acting is ok, and it’s quite nice for young fans.


L’histoire: Coco a 12 ans, et c’est la benjamine de sa famille recomposée: elle a trois grandes soeurs naturelles et une « demie soeur », la fille du nouveau mari de sa mère. Coco est une jeune fille passionnée par la nature, l’environnement et les animaux. Elle met toute son énergie dans ce qu’elle entreprend, et est d’un naturel optimiste.

Coco organise donc des ventes de cupcakes dans son collège au profit d’animaux en voie de disparition comme les baleines ou les pandas géants. Elle prend aussi des cours d’équitation, car elle adore les chevaux. Et quand elle sera grande, elle sera vétérinaire. Et jouera du violon.

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Vente de cupcake au collège, pour lever des fonds pour la protection des pandas géants

La ponette favorite de Coco, un peu caractérielle, va être vendue par son club d’équitation. Coco apprend par Stevie, un mec mystérieux et qui semble la détester, mais qui partage sa passion pour les chevaux, que le nouveau propriétaire est un homme cruel et maltraitant ses animaux.

N’écoutant que son courage, Coco, du haut de ses 12 ans, va enlever Coconut, sa ponette préférée, ainsi qu’une autre jument sur le point de mettre bas, et les cacher dans la campagne environnante. Entre Stevie et Coco, une histoire d’amitié improbable se noue, alors que les deux adolescents prennent soin ensemble des ponettes. La police est avertie et recherche les « mystérieux voleurs de chevaux ».

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Une rencontre fracassante entre Stevie et Coco

Mais chez Coco, rien ne va: sa grande soeur Honey, l’aînée, enchaîne frasques et bêtises. Lorsque Honey, qui n’a plus mis les pieds à l’école depuis des mois, pirate le système informatique de l’école à l’aide d’Anthony, un geek transi d’amour qu’elle utilise comme bon lui semble, et que le pot aux roses est découvert, c’est la goute d’eau qui fait déborder le vase.

Coco passe inaperçue et se confie à Stevie. Entre sa soeur rebelle, une autre anorexique, et les débuts chaotiques de l’entreprise qu’ont lancé sa mère et son beau-père, personne ne s’occupe de savoir comment elle va.

Lorsque l’homme qui avait acheté Coconut acquiert deux autres chevaux, Coco ne voit pas d’autre issue que d’aller les sauver eux aussi. Mais cette fois-ci, Stevie et elle sont pris sur le fait. Une violente altercation s’en suit, au cour de laquelle Coco réalise que Stevie est le beau-fils du méchant propriétaire de chevaux.

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Coco (à droite) avec sa demie-soeur Cherry et Shay

Alors qu’il frappe Stevie, la mère et la jeune soeur de ce dernier sortent en trombe de la maison et bondissent dans la voiture, embarquant les deux adolescents. Coco les dirige jusque chez elle, à Tanglewood House, où la mère de Stevie raconte comment son nouveau mari les persécute.

La police est mise au courant. Le beau-père de Stevie est emmené par la police pour son comportement envers sa famille et ses animaux. Les chevaux trouvent refuge au club d’équitation de Coco. Quant à Coconut, qui appartient à la jeune soeur de Stevie, c’est à Coco et sa famille qu’elle est confiée.

Stevie, attiré par Coco et son tempérament farouchement aventurier et optimiste, se heurte à une jeune fille pour qui l’amour n’a pas encore sa place, et qui doit continuer de grandir. Avant de repartir dans le nord du Royaume-uni, dont sa famille est originaire, il promet à Coco qu’il reviendra.


 

Contemporain/Contemporary, France, Inde/India, livres, Par Pays/By country, Roman/Novel

L’extraordinaire Voyage Du Fakir Qui Etait Resté Coincé Dans Une Armoire Ikéa (The Extraordinary Journey Of The Fakir), Romain Puértolas – 2013 (Fr-Eng)

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Voici un livre qui a fait beaucoup de bruit lorsqu’il est sorti, et qu’une amie a prêté à mon mari lorsqu’il s’est cassé la jambe l’année dernière, afin qu’il s’occupe. Sauf que Monsieur n’est pas un fan de fiction, donc c’est moi qui l’ai lu :p

This is a book that got a lot of positive reviews when it was released. A friend lent it to my husband when he broke his leg last year. The only thing is, my husband doesn’t read fiction, so I read it instead :p


Résumé: Un fakir indien débarque à Paris pour acheter une planche à clous à Ikéa pour son dernier numéro. Sauf qu’il se retrouve coincé dans une armoire et embarque pour un périple des plus surprenants. Pendant son voyage, il trouvera l’amour, l’inspiration, et comprendra ce qu’endurent les gens qui fuient à tout prix leur pays – en passant par la malle à sous-vêtement d’une actrice française en voyage. Autant dire que c’est une aventure plutôt rocambolesque!

Story: An Indian fakir arrives in Paris to buy a nail bed in Ikea. But he gets stuck in a wardrobe, thus embarking on a very exciting adventure. During his trip, he finds love, inspiration, and will come to understand why people flee their country at all price. He will travel by hot air balloon, in the leather suit-case filled with underwear of a French actress, and by boat. What an adventure!

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Mon avis en bref (vu que j’ai lu ce livre il y a pas mal de temps): Tout d’abord, soulignons une écriture truculente. Oui, c’est le mot qui s’impose. On se marre du début à la fin avec ce bouquin! Et puis surtout, des thèmes auxquels je ne m’attendais pas du tout ont été traités. Alors ce n’est pas le livre du siècle, mais il est super marrant et a le mérite de nous faire réfléchir.

My review in brief (since I read this book quite a while ago): First thing first, the quality of the writing is excellent. I smiled and laughed from start to finish. It is just loaded with humour. Then I should also mention the topics the book deals with. I wasn’t expecting that when I started this book. Pretty deep and serious topics. I wouldn’t say it is the best book in the world, but it is certainly internationalizing and will make you think about stuff when you read it.

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Comme Monsieur est d’origine indienne, je me suis bien marrée avec les approximations sur le nom de notre héro. J’en ai un peu pris la mouche au début – un petit relent de racisme, n’est-ce pas – mais en bonne française que TOUT fait rire, je suis passée outre et j’ai continué à me fendre la poire. Au passage on se fout aussi un peu de la gueulle des noms imprononçables des meubles en kit du suédois.

Since my husband is from India, I laughed a lot when it came to try and enunciate the name of the hero properly. At first I was a bit hurt on behalf of my Indian friends – isn’t it a bit racist to make fun of their very long and complicated names? – but since I’m French and we laugh about everything, I left this aside and continued to read – and laugh. By the way, the book also makes fun of Ikea and the names of its DYI furniture, so everybody gets some.

Il faut bien avouer que l’auteur tombe dans des clichés un peu faciles, qui frôlent parfois le racisme. Les blagues et calembours sont très très accessibles. Mais pour moi ça reste drôle tout de même. Je dois avouer que je suis très bon public, peut-être grâce à une exposition précoce à l’humour pas toujours très subtil de mon papa :p Donc moi, ça m’a fait rire, mais certaines personnes n’ont pas été amusées du tout, surtout dans le public non-francophone. Niveau humour, je dirais que c’est le même niveau que OSS 117. Voilà, vous êtes prévenus!

Alright, so the writer goes into all possible kinds of clichés about the different peoples encountered by our hero (gypsies, Indians, etc…), it is borderline racist. The jokes are a bit heavy as well. But I still found the book extremely funny. The French are known to be able to make fun of everything, we know no borders. I noticed that some non-French readers disapproved completely, which I can understand. Mind you, once I told a very dark joke to my husband, to which he answered, horrified, that he didn’t want our children to grow up in the French culture. That’s how far we go with humour :p So, you’re warned! This book is funny, but you might not agree – and it’s fine.

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Ce roman a fait parlé de lui pour les bonnes raisons. Son écriture est magnifique dans son style comique, et il traite de sujets de fonds qui sont d’actualité.

This book got lots of good reviews for a good reason. The writing is wonderfully fun, and it deals with serious topics at the same time.

Bien sur, rien n’est vraiment plausible. Le coup de foudre à Ikéa, le fait d’être embarqué dans une armoire malgré lui, ses aventures entre les migrants prêts à tout, les mafiosi qui le poursuivent, la malle à sous-vêtement d’une actrice qui m’a beaucoup faite penser à Sophie Marceau (idole de ma jeunesse), et sa reconversion en écrivain à succès, n’est pas du tout crédible.

Of course, nothing is really believable. Falling in love in Ikea, being sent on a journey in an Ikea wardrobe, his adventure with migrants, the mafiosi who are after him, the underwear-filled luxury suitcase of a French glamourous actress, and his new carreer as a writer, all of this is a bit too much.

C’est une fable, qui pointe du doigt les travers de notre société.

It is a tale, pointing at all the wrong things happening in Europe.

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C’est marrant parce que juste avant, j’avais lu La Vérite Sur L’affaire Harry Québert, dont l’un des thèmes est la pression que mettent les contrats que signent les écrivains avec les maisons d’édition sur lesdits écrivains. Là, le larron tire carrément profit de ce contrat, qu’il signe sans trop savoir qu’il signe en fait pour la gloire (et l’amour – la beauté on ne sait pas trop, mais au moins il change de style vestimentaire).

It’s a bit funny because right before this one, I read The Truth About The Harry Quebert Affair, which also deals with being a writer, and the pressure they are under once they’ve signed with a publisher. Here, the situation is exactly the opposite. This guy has no clue, he signs, and voilà! Fame comes, love as well. Tadam!

lit à clouCe qui m’a le plus plu, en fait, dans ce livre, c’est le parcours de rédemption du faux fakir. Oui, désolée pour le spoiler, mais ce mec est en fait arnaqueur professionel. Par les rencontres qu’il va faire, il va se rendre compte que l’honnêteté est aussi un chemin plutôt sympa à prendre.

What I liked the most, in the book, is the redemption path taken by the fake fakir. Yes sorry, I should have warned you – SPOILER!! He is a professional crook. Through the people he’ll meet, he will learn that honesty is also a way of life that he can enjoy.

C’est un livre qui se lit vite, qui est vraiment drôle, et qui traite de sujets un peu graves avec humour – ce qui n’est pas toujours facile. Parfait pour offrir sous le sapin. Je ne sais pas à qui ça pourrait déplaire.

This is a quick read, it is super funny and deals with serious topics at the same time – which isn’t always easy. Perfect as a Christmas gift. I don’t think anyone could not enjoy that book.


00_20_11_354_fileL’auteur: Romain Puértolas semble être un joyeux luron à l’imagination débordante. Honnêtement, lisez sa bio sur son site. Je ne peux pas faire mieux.

Vous pouvez visiter son site pour en apprendre plus sur cet auteur, ses romans, ses vidéos, et sa vie pleine de rebondissements. J’aimerais bien qu’il soit mon pote, ce mec :p

The author: Romain Puertolas seems to be a very merry man, with ideas sprouting non-stop in his brain. And he’s hilarious. Seriously, read his bio on his website, I can’t do better than that. And read the rest of his website to learn more about his other books, his videos, his music, and his life in general. I’d like to be friend with this guy :p


Produits dérivés: un film est en cours de tournage avec Dhanush dans le rôle principal, et Bérénice Béjo. Il devrait arriver sur les écrans de cinéma au printemps 2018. Vite, viiite!!

By-products: a movie is being shot with Indian actor Dhanush and French actress Bérénice Béjo. It should be released in Spring 2018. Yaaay!!

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Traductions/translations: le livre a été traduit dans un milliard de langues, avant même sa parution française. Gros jackpot pour Romain Puertolas!

La plupart des jaquettes reprennent plus ou moins le même design et le même code couleur jaune et bleu. Pas trop de surprises de ce côté là. Y’a juste les chinois qui ont mis une chemise au lieu d’une armoire ou d’un fakir (la chemise tient un rôlle essentiel dans ce roman, saluons donc l’originalité des chinois qui n’ont pas fait comme tout le monde mais qui sont tout de même dans le bon).

Je ne parle évidemment pas toutes ces langues, mais globalement j’ai l’impression que le titre originel est traduit tel quel.

The book was translated into a zillion other languages even before it was released in French. Jackpot for Romain Puertolas!

Most of the illustrations have more or less the same design and follow the same colour code, with yellow and blue. Only the Chinese depict a shirt instead of a wardrobe or a fakir (the shirt is a central element of the novel as well, so kudos to the Chinese for doing something a bit original).

Of course I don’t speak all these languages, but it seems that most of the time, the original title was translated as it was.

All books


Pour aller plus loin: un résumé sur Babélio.

To go a bit further: A review by The Guardian. Some other reviews on GoodRead.

Classique/Classics, Contemporain/Contemporary, En anglais/in English, En français/In French, France, livres, Roman/Novel, USA

The Handmaid’s Tale (La Servante Ecarlate), Margaret Atwood – 1985 (Fr-Engl)

La servante écarlate(English in purple)

Tout le monde en parle, et contrairement à d’habitude, on dirait que tout le monde en parle pour de bonnes raisons. Des raisons féministes, des raisons de Trump, des raisons de « en fait ce n’est pas si loin », de « en fait ça pourrait arriver demain ». De bonnes raisons. J’ai englouti la série en trois soirées. J’ai fini le livre en deux nuits.

Everybody’s speaking about it, and for once it looks like it’s for some good reasons. Some feminist reasons, some Trump reasons, some « in fact it isn’t that far » and « in fact it could happen tomorrow » reasons. I binged watched the series and finished it in three nights. I binged read the book and finished it in two.


Résumé: Les Etats-unis, en proie à une insécurité, une perte des valeurs morale, et une infertilité grandissantes, subissent un coup d’Etat. Un groupe religieux fanatique revient à des valeurs plus traditionelles, de nouvelles loi régissent un pays qui s’appelle maintenant Gilead. Pour faire face à la crise de la natalité, les femmes fertiles sont mises au service des couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfant. L’une d’entre elles se confie, et se souvient aussi de sa vie d’avant.

Story: The United Stated got through a coup, following a troubled period of growing insecurity, fertility problems and loss of moral values. This is a religious and military coup, and society goes back to a more traditional way of life. The country’s name is now Gilead. In order to solve the fertility problem they are facing, the few women that are still fertile are asked (and forced) to put their body to the service of the greater good, and go from childless family to another, to try and bear them a child. One of these women speaks up – and also remembers her previous life, before.

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Traduction: En français, le titre a été légèrement modifié: ce n’est plus « le dit de la Servante », mais « La Servante écarlate ». Je comprends ce choix et l’approuve 😀

Translation: In French, the title has been changed into « La Servante Ecarlate », which means « The Scarlett Handmaid ». It sounds better in French than the literal translation of ‘The Handmaid’s Tale » would.


Illustrations: Depuis 1985, il y a eu une myriade d’éditions. Je me suis concentrée sur celles en anglais. La couleur rouge y est, sans surprise, prédominante. On y voit les servantes en uniforme, qui parfois se transmettent des informations. Qui marchent deux par deux. Les allusions à la maternité sont subtiles: une feuille dans le ventre, ou des poires, fruit dont la forme rappelle un utérus. J’aime particulièrement l’illustrationn qui représente un oeuf à la coque. C’est une allusion subtile.

Cover art: Since 1985, the novel has been published and republished a thousand times. I focused on the illustrations of the English editions. Without much surprise, the colour red is predominant  in almost all illustrations. We can see handmaids in their uniforms, sometimes they are exchanging information. References to pregnancy are also depicted in subtle ways. The egg, the pears (reminding of the shape of a womb), the leaf in the womb. My favourite is the red egg with a cracked shell.


Mon avis: ayant visioné la série avant de lire le livre, je me demandais si j’allais être déçue. Je lisais partout que la série, en contre-exemple de ce qui se fait habituellement, était mieux que le livre. En fait ce n’est pas mieux, c’est différent. Le livre a été écrit comme une oeuvre qui se suffit à elle-même, alors que la série s’est ménagée des ouvertures pour une deuxième saison. Donc il y a des différences, mais le fond ET la forme correspondent.

My review: Since I watched the series before reading the book, I was wondering if I would be disappointed. I read everywhere that the series, for once, was much better than the book. In fact I wouldn’t say that it is better, it is just different because they both have different goals. The book was written as a one shot. The series is built in a way that allows more seasons to follow. So yes, the series has a bit more material to deal with. But otherwise, they’ve done a very fine job respecting the original work by Margaret Atwood. 

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L’attente et la solitude de la Servante

On retrouve tout. Les flashbacks, la lutte contre la folie, l’attente. La passion. Le danger. Oh! le danger, palpable. On n’ose rien, on murmure, on ne bouge pas. L’autre jour il y avait un van noir devant mon immeuble, j’ai eu peur une minute, et puis je me suis rappelée que hum, pour l’instant en tout cas, on n’en n’est pas encore là.

Everything is there. Flashbacks, fighting to stay mentally sane, waiting. Passion. Danger. Oh! Danger, you can almost touch it. No daring to do or say anything. Walking on eggshells, testing the waters. Not moving. The other day, there was a black van in front of my building. I panicked for a micro second before I remembered that for now at least, this is not the society I live in.

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Le mur sur lequel sont exhibés les dissidents exécutés

Je trouve que le livre explore plus l’ambivalence des sentiments de la servante Defred. Elle trouve une certaine sécurité dans son nouveau status, plus d’agressions sexuelles possibles, elle est protégée, comme le sont toutes les femmes, par la loi de Gilead. Pourtant elle est prisonière, n’est pas libre de faire ce qu’elle veut. Elle regarde avec dégout des touristes aux pieds étranglés dans des sandales, se souvient de la douleur de porter des talons. Est heureuse de ne plus avoir à se plier à ces jeux de séduction. Est malheureuse de ne plus pouvoir séduire.

I find that the book goes deeper into the exploration of the handmaid Offred’s ambivalent feelings. She does enjoy the relative safety of her new status. No more sexual aggression, she is protected, as all the women of Gilead are. But still, she’s a prisoner. She is disgusted by the foreign tourists who come to visit Gilead. The women’s feet are trapped into painful heeled sandals. She remembers how painful it was to wear heels. She is happy that she doesn’t have to try and seduce. She is sad that she cannot seduce anymore.

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la force des servantes

Elle doit maitriser son esprit, contrairement à Janine, qui se laisse gagner par une folie douce. Qui n’arrive pas à lutter, à rester lucide. La servante se laisse aller à se remémorer le passé quand elle est seule. Elle trouve réconfort et chagrin dans les images du passé, de sa vie avec son mari et sa petite fille. Elle se réveille dans son cauchemard, ne sachant pas s’ils sont morts ou vivants. N’ayant pour espoir que celui de survivre, pas de vivre.

She must keep control of her mind. Not like Janine, who lets madness take control. Who cannot fight it, who is too weak to face the reality of their new life. The handmaid can only remember the past when she is alone. She finds comfort and sadness in these memories of her husband and daughter. She wakes up and she lives her nightmare. She doesn’t know if they are dead or alive. Her only hope is to survive, not to live.

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Après la cérémonie: Le commandant se rajuste, tandis que la Servante reste alongée sur le lit, et l’Epouse pleure son malheur.

 

J’ai beaucoup aimé sa relation avec Nick, le chauffeur, que ce soit dans la série ou dans le livre. C’est un personnage ambivalent mais profondément humain. Dans le livre, il est clair que c’est lui qui sauve la servante, certainement pour se sauver lui-même. Dans la série, c’est moins clair.

I liked her relationship with Nick a lot, both in the series and in the book. He is an ambivalent character, but he’s deeply human. Like her, he tries his best to keep his head out of the water. In the book, it is quite clear that he is the one saving the handmaid. In the series, it isn’t as clear.

 

La servante trahit-elle son mari en faisant l’amour avec Nick? En établissant une relation avec son Commandant? Tant que les relations sexuelles étaient commandées, cela ne lui posait pas de problème moral. Mais maintenant que des relations humaines, et non plus fonctionelles, se mettent en place, la servante est troublée.

Is the handmaid being unfaithful to her husband when she makes love to Nick? By establishing a relationship with her Commander? As long as sexual encounters were commandments, rules she had to follow, it wasn’t a moral problem for her. But when human interaction, feelings, start to emerge, the handmaid is not sure anymore. She’s troubled.

Serena Joy 2
la solitude de l’Epouse, en bleu virginal.

 

Le Commandant, ainsi que sa femme Serena Joy (« quel nom ridicule », dira-t-elle), représentent l’élite de cette nouvelle société, dont le code couleur régit les fonctions des êtes. Bleu Madonne pour les Epouses, Noir pour les Commandants, Rouge Sang pour les servantes reproductrices, et un brouillard gris pour le reste.

The Commander and his wife Serena Joy (« what a stupid name », says the handmaid) are the elite of this new society, in which the social status of each member is determined by the colour they wear. Virginal Blue for the Wives, Black for the Commanders, Blood Red for the fertile Handmaids, and a blur of grey for anyone else.

Jezebels
Transgression des règles établies: le Commandant emmène la Servante dans un bar clandestin.

Le Commandant et sa femme sont l’exemple et le contre-exemple. Ils ont mis en place cette société eux-mêmes. Pourtant ils en bafouent les codes. Elle fume des clopes de contre-bande. Il veut connaitre la fille qu’il est censé engrosser, au lieu de la laisser réduite à sa seule fonction de réceptacle fécond. Ils brisent les règles qu’ils ont eux-mêmes établies. Quelle hypocrisie.

The Commander and his Wife are the example to follow, and also exactly its opposite. They are supposed to be perfectly happy in this new social order they’ve implemented, but they break the rules. She is smoking black market cigarettes. He wants to know the girls he fucks, instead of keeping them in their place as a fertile vase. They both break the rules they’ve helped implementing. So much hypocrisy.

Moira
Moira, l’amie, la rebelle, la battante.

Et puis il y a Moira. La battante, la lesbienne, l’empêcheuse de tourner en rond, la provocatrice. Celle qui a toujours une nouvelle carte à abattre. La meilleure amie. Dans le livre, elle est finalement brisée, et on ne la reverra jamais. On ne sait pas ce qu’il advient d’elle, on suppose qu’elle meurt. Dans la série, elle se relève. Bitch. Je veux croire au dénouement de la série pour elle.

And then Moira. The fighter, the lesbian, the one who’s always trying to go further and deeper. The one who will never give up. The best friend. In the book, she is finally broken, and we will never see her again. We don’t know what will happen to her, we can only guess, and my guess is that she dies. In the series, however, she fights back. Bitch. I want to believe to this issue for her character.

La société toute entière est régimentée par la loi. Chaque acte posé l’est parce que la loi l’ordone ou l’autorise. Mais ce qui devait être un Paradis sur Terre ne l’est pour personne. C’est une théocratie-tyranie.

The whole society is ruled by this new order of law. Everything that they do is done because the law says they should. But what should have been a Paradise on Earth has become Hell for everyone. It is a theocratic tyranny.

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« Under His Eye »

 

Le roman et la série font peur, car cela semble réel. On dirait que cela pourrait arriver bientôt. Il est temps de s’interroger sur notre société. La « vieille » société avait ses travers, qui se sont traduits par de l’insécurité et une baisse drastique de la natalité. C’est déjà le cas dans nos sociétés modernes. Les ovaires polycystiques, l’endométriose, ça vous dit quelque chose?

The novel and the series are both frightening, it seems so real. It seems like it could happen, soon. It is high time to reflect on our society. The « old » society has its bad sides, they translated into insecurity and infertility. This is already the case in our society. Polycystic ovary syndrome, endometriosis… does it ring a bell to you?

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The handmaids

Margaret Atwood a écrit une postface très intéressante, dans laquelle elle explique qu’elle n’a utilisé que des faits ayant déjà été commis par l’humanité. C’est un miroir qu’elle nous tend. Regardez, comme on est moches!

Margaret Atwood wrote a very interesting postface, in which she explains that she only used things that humans had already done in the past for her novel. It is a mirror. Look, we’re ugly!

Alors, comment faire pour éviter de glisser? Comment éviter l’avèmenet de Gilead?

So, how can we avoid slowly sliding towards a disaster? How do we act to stop Gilead for ever happening?

Nolite te bastardes carborundorum


Margaret AtwoodL’auteure: Margaret Atwood est née le 18 novembre 1939 à Ottawa, au Canada. En 1961, elle est diplomée d’anglais, avec en option le français et la philosophie. Elle étudie ensuite à Harvard. Margaret Atwood a écrit de nombreux romans qui ont remporté des prix. Vous pouvez visiter son site (en anglais) pour en apprendre plus sur elle et son oeuvre.

The writer: Margaret Atwood was born on November 18th in Ottawa, Canada. In 1961, she majors in English, with French and philosophy as minors. She then studied in Harvard. Margaret Atwood wrote many books, some of which got prizes. Have a look at her website to learn more about her and her books.


Produits dérivés: la série qui bat actuellement tous les records!! Il y a aussi eu un film en 1990.

By-products: the super successful TV series, and there was also a movie made in 1990.

Je n’ai pas vu le film, par contre j’ai dévoré la série. Comme dit ci-dessus, la série élargit l’histoire et l’enrichit, car le but est de continuer au delà du roman. Il y a quelques changements mineurs, mais qui ne m’ont pas dérangés.

I haven’t seen the movie from 1990, but I binged watched the series. As said above the series widens the story and make it possible to continue with another season, beyond the novel. There are a few minors changes to the story line, but they didn’t bother me. Maybe because I watched the series before reading the book.

Le seul changement qui donne vraiment une dimension différente, c’est l’âge du Commandant et de Serena Joy. Dans le livre, ils sont âgés. Il a les cheveux blancs et il est décrépi. Elle a le visage qui s’affaisse et marche à l’aide d’une béquille. Ils sont clairement d’une génération différente de la Servante. Dans la série, ces personnages sont interprétés par des acteurs d’une quarantaine d’années, encore beaux. Cela fait une grande différence pour moi.

The only change that has a real impact was, for me, the age of the Commander and his wife Serena Joy. In the book, they are a bit old already. He has white hair and wrinkles. Her face is puffy and falling, she needs a stick to walk. They are obviously a generation older than their Handmaid. In the series, the actors are in their 40s and very good looking. It made a big difference for me.

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Partie de Scrabble avec un vieux monsieur (et non pas un beau gosse)

Dans le livre, on se dit que de toute façon, le Commandant et Serena Joy sont trop vieux pour avoir un enfant. Ils ont du essayé, mais ils sont « périmés », pour ainsi dire. Dans la série, ils sont jeunes et ont clairement renoncé à essayer d’avoir un enfant par eux-mêmes.

In the book, it seems that anyway, the Commander and Serena Joy are too old to have children. They might have tried, but it’s too late for them. In the series, they are still young, but they’ve given up trying by themselves.

Le livre se concentre plus sur les sentiments contradictoires de la servantes, alors que la série développe le contexte et l’enrichit. Cependant la série a su retransmettre fidèlement les conflits intérieurs de la Servante et ses souvenirs.

The book is more an exploration of the Handmaid’s feelings, while the series broadens the context and bring more elements to it. But the series is very faithful to the original novel and they did a great job on exploring the Handmaid’s contradictory feelings and memories.

La bande son Rock’n’roll vient souligner la rebellion intérieure de ces femmes, qui semblent soumises, mais qui n’ont pas renoncé à s’échapper.

The rock’n’roll soundtrack is an illustration of the rebellion of the Handmaids, who might appear to be submissive, but who are nonetheless looking for a way to escape.

Actualité/News, Contemporain/Contemporary, En français/In French, France, livres, Roman/Novel

La Double Vie De Pénélope B., Anne-Solange Tardy (2007) (Fr-Eng)

La double vie de Pénélope B.(English in purple)

Voici un livre de blogueuse fait pour les blogueuses. Il était dans la boîte de livres à donner de ma bibliothèque, et à cause du sujet, il a fallut que je le prenne. Pas le choix, vous comprennez… Un petit livre qui se lit vite, marrant, et qui parlera à plusieurs d’entre nous.

Penelope B.’s Double Life – This is a book about bloggers, so you can easily understand why I pick it up from my library’s « to give » book box. It was an easy and fun read, and it points out a few truths about blogging.


La jaquette: elle dépeint parfaitement le contenu du livre: Pénélope reine de la night, et Pénélope dans sa vraie vie. Dans les tons roses et rouges, girly à souhait. Je déplore la taille de guêpe de Pénélope, elle est censée avoir quelques kilos « en trop ». Le design de l’illustration rappelle un jeu de carte.

Illustration: Penelope and her two lives: Queen of the night and in her real life. Pink and red hues, very girly. Penelope is supposed to have a few extra kilos, so I’m a bit disappointed that she is pictured with such a thin waist. 


Résumé et avis en bref: Pénélope vit à Renne. Après s’être fait humiliée au mariage de son ex, elle décide sur un coup de tête d’accepter de travailler pour sa parisienne de tante, et plaque tout pour « monter à la capitale ». Comme elle ne connait personne et s’ennuie ferme, elle traine sur les blogs, et crée bientôt le sien… Un beau jour, son cousin Axel, qui est « dans la mode », débarque des USA et opère sur Pénélope un avant/après radical. Il emmène la jeune femme, au look désormais branché, dans tous els endroits les plus hyp de Paris.

Du coup le bog Pénélope passe de « provinciale découvrant Paris » à « fille la plus branchée de la capitale ». Mais lorsque Axel repart aux States, Pénélope se retrouve à niveau livrée à elle-même. Comment faire face aux milliers de personnes qui suivent son blog et attendent ses bons plans mode et sortie? Alors Pénélope commence à inventer…

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In a nutshell: Penelope lives in Brittany, France. After a big humiliation at her ex’s wedding, she decides to accept a job in Paris and leaves everything behind to start a new life. Since she doesn’t know anyone over there, she spend her time on the internet, reading blogs… and soon enough, she starts her own, about a girl discovering Paris. One fine day, her cousin Axel arrives from NYC, where he works « in the fashion industry ». Axel decides that Penelope’s look isn’t good enough and he takes her shopping, to the hair dresser, etc… to make her a true Parisian. And he takes her in the best clubs, cafés and restaurants.

Peneople’s blog reflects this change of lifestyle, and from « I am an outsider in Paris », it becomes « I know all the good places in Paris ». Bam, she get zillions of views and comments. But when Axel leaves to go back to the US, Penelope is alone once again… and no one invites her to trendy parties anymore. How will she provide interesting content to her blog audience? She starts inventing…

AlisonArbouxbyJonathanSegade

C’est un roman qui se lit vite (une journée), marrant, et qui démontre avec brio les pièges dans lesquels on est prêt(e)s à tomber pour maintenir l’audience de nos blogs chéris au top du top. L’écriture est sympa, un peu familière et orale par endroits, on a l’impression qu’une bonne copine se confie à nous. Beaucoup, beaucoup d’humour. Je me suis marrée comme une baleine.

L’auteure sait de quoi elle parle, elle est elle-même aux commandes de Cachemire et Soie, un blog apparement super en vue :p Elle dénonce les travers de la blogosphère: rythme à tenir, contenu intéressant à fournir, la pression qu’on se met… Bref, toutes les blogeuses (et les blogueurs) devraient le lire, histoire de remettre les pendules à l’heure 🙂

blog

I read this novel in a day. It is an easy and funny read, pointing out all the traps of the blogging world. How far can we go to maintain good stats? The writing style is nice, a bit oral sometimes. It feels like a good friend is speaking to us. There is a lot of humour. A lot. Really. I don’t remember the last time I laughed so much while reading a book.

The writer knows her topic well, since she’s a blogger herself. Her blog Cachemire et Soie is apparently one of the top one in France. She deals with all the little things that having a blog requires: deadlines, interesting content, the pressure… all bloggers should read it, to remember that blogging is, indeed important and interesting, but that there is more than that in life 🙂

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Les Deux Magots – le repère des parisiens branchés (where cool people hang out in Paris)

Mon avis: Ce n’est pas le livre du siècle, soyons clairs. Mais c’est un livre qui ne se prend pas la tête, et qui ne prétend justement pas être le livre du siècle. Il prétend juste offrir du diverstissement, mâtiné d’une réflexion sur un sujet qui nous interpelle tous: le blogging!!

Tout au long du bouquin, on se marre. C’est truffé d’humour. Ca faisait longtemps que je n’avas pas gloussé comme une dinde, toute seule dans mon canapé. Même que j’ai été une mère indigne et que j’ai fais semblant d’aller aux toilettes pour lire (et glousser) tranquillement ce weekend. Le bouquin fait 300 pages je crois, mais ça se lit super vite tellement c’est marrant.

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C’est donc l’histoire d’une provinciale qui monte à la capitale. Encore une histoire de Cendrillon, avec dans le rôle de la bonne fée, son cousin Axel qui bosse « dans la mode » et qui lui fait un relooking d’enfer.

Choc des cultures: à Rennes, tout ce qui est doré est trop ringard, à Paris c’est le summum de la branchitude. Idem pour les pulls rapiécés aux coudes et les coupes de cheveux gothiques. Ne parlons pas des lunettes mouches.

Il se trouve que pour passer le temps, la provinciale n’a rien trouvé de mieux à faire que de créer un blog, dans lequel elle raconte sa vie pas passionante du tout. Bien sur, dès que son cousin l’emmène faire du shopping, elle se met à répertorier toutes les bonnes adresses de la capitale sur son blog, et fait le buzz.

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Le problème, avec l’effet Cendrillon, c’est qu’il y a aussi l’effet Citrouille qui suit: lorsque la bonne fée se barre à NYC, Cendrillon n’a plus de coach pour lui dire quoi mettre avec quoi, ni pour lui dire où sortir. D’ailleurs on ne l’invite plus, parce que ce n’était pas elle qui était invitée, mais Axel. Trop la loose.

Sauf que, comment lâcher des stats de blog qui en rendraient plus d’un, sur la blogosphère, complètement extatique?? Elle peut pas. Donc elle va ruser et inventer. On en arrive à des bassesses, pour maintenair nos stats au beau fixe… Je ne l’ai jamais fait, parce que 1. mes stats sont gentillettes et je ne fais pas le buzz; 2. j’ai une vraie vie qui m’occupe bien aussi; 3. j’ai des principes. Enfin, je crois!

On répertorie aussi toutes ces petites choses qui vont faire gonfler nos stats: « aimer » et commenter les articles d’autres blogueurs, suivre de nouveaux blogs… Avouez, vous le faites aussi! C’est du boulot tout ça :p

blogging

Il ya aussi l’histoire d’amitié avec Lili, sa meilleure copine, qui, de retour d’Inde, a un choc culturel avec la surconsommation. Par contre ça ne dure qu’un temps, et Lili s’adapte comme un poisson dans l’eau à son nouveau job aux Galerie Lafayettes. J’ai trouvé ça dommage, finalement les deux nanas succombent à cette société surconsomatrice.

Après il y a une histoire d’amour assez chou, et j’ai bien aimé la fin. Honnêtement j’avais deviné les deux quiproquos – le nom et l’origine du mal-entendu – mais ça n’enlève rien au charme de l’homme dont Pénélope tombe amoureuse.

Y’a juste des interrogations qui restent en suspens: pourquoi Axel s’est-il barré aussi précipitament? quel lien y-a-t-il entre Lili et Aure? Je suppose que comme il y a un tome 2, on y trouve réponse.

Globalement c’est un livre sympa, écrit avec beaucoup d’entrain. La bonne humeur de l’auteure est communicative. Ca ne se prend pas la tête et c’est très bien comme ça.


Anne Solange TardyL’auteure: Anne-Solange Tardy est bretonne ET parisienne. Elle tient son blog Cachemire et Soie depuis 2006. Je la laisse se présenter elle-même:

Il y a un peu plus de dix ans, le 9 février 2006 précisément, j’appuyais sur un bouton sur lequel il était écrit « valider » et qui allait changer ma vie.

Je m’ennuyais dans un travail qui n’avait aucun sens à mes yeux, tout en rêvant d’écrire des romans persuadée, que ce n’était qu’un rêve inaccessible.

Ce jour là, j’ai entré mon prénom et un email pour m’inscrire sur un site qui s’appelait « Mabulle ». Une plateforme de blog qui n’existe plus depuis un bon moment, maintenant.

Ne sachant quoi répondre à la question « Nom du blog », j’ai tapé Cachemire & Soie en me pelotonnant dans mon pull préféré qui était vert sapin, tout doux, et confectionné à partir de cachemire et de soie.

Je ne pouvais pas en avoir la moindre idée, bien entendu, mais j’embarquais ce jour-là dans l’une des plus grandes et des plus belles aventures de ma vie.

Un an et demie plus tard paraissait mon premier roman, la double de vie de Pénélope B. aux éditions First. Depuis, bien d’autres livres ont suivi. Bien d’autres aventures. Une passion dévorante pour la photo (que j’adore partager avec vous!). D’innombrables billets sur à peu près tous les sujets. Des rencontres incroyables et la vie, la vie avec tout ce qu’elle nous donne et nous prend, tous les défis auxquels elle nous confronte et toutes les merveilles qu’elle dépose à nos pieds.

Bien des choses ont changé depuis ce 9 février 2006, car ce blog grandit avec moi. Comme moi, comme vous, il est en évolution permanente et se transforme année après année. Mais une chose demeure : cette intime conviction que les rêves que vous formez au plus profond de votre coeur sont là tout près de vous, que la vie porte en elle cette magie qui n’attends de nous qu’une chose en retour : que nous soyons prêts à la recevoir.

Retrouvez Anne-Solange sur Twitter et sur son blog Cachemire et Soie. Et pour son look, faites un tour par là.

Anne-Solange Tardy is originally from Brittany and now lives in Paris. She’s the one behind the blog Cachemire et Soie, which she created in 2006 while wearing her favourite jumper, made of… cachemire and silk. Follow her on Twitter, and have a look at her oh so chic Parisian look here.


Bonus:

Pour parfaire le truc, Anne-Solange Tardy a même créé le blog de Pénélope B. en vrai de vrai: une mouette à Paris. Si, si!

Et une petite vidéo dans laquelle l’auteure nous parle de son livre:

Contemporain/Contemporary, En anglais/in English, Inde/India, livres, Roman/Novel, Romance

One Indian Girl – Chetan Bhagat (Fr-Engl)

One Indian Girl cover(English in blue)

One Indian Girl (Une Jeune Femme Indienne) faisait partie des livres en tête de gondole à Crossword, donc je me suis dit que ça devait être quand même bien. Et puis le résumé avait l’air intéressant.

One Indian Girl was one of the books advertised by Crosswords as « trendy », so I thought it was a safe buy. And the blurb at the back seemed interesting.


Résumé et avis en bref: Radhika est sur le point de se marier, lorsque ses deux premiers amours débarquent pour lui déclarer leur flamme respective. Radhika revient sur ces deux histoires d’amour, et pourquoi ça n’a pas marché. Mais maintenant, elle a des doutes sur le mariage arrangé qu’elle s’apprête à officialiser.

C’est un livre court que j’ai lu très rapidement. Il soulève des points intéressants sur la patriarche, la place de la femme dans la société indienne, le féminisme, et l’amooouuur.

Plutôt bien écrit, sans pour autant être subjuguant, l’auteur arrive à conjurer des images assez fortes. On visualise très bien! en tout cas l’auteur n’est pas une victime du style indien, avec des phrases à rallonge et un phrasé alambiqué.

Le roman est construit en flash backs, en partant du premier jour de mariage de Radhika. Les mariages indiens durent plusieurs jours, pour ceux qui ne sont pas au courant. Allez voir par là pour avoir un aperçu de mon mariage à moi 😉

On découvre le passé de Radhika en même temps que l’on assiste aux différentes activités de son mariage, et on suit ses tourments.

C’est une lecture facile, que j’ai appréciée. Ca ne casse pas des briques, mais ça a le mérite de faire réfléchir, et c’est aussi très divertissant. L’auteur a aussi écrit Two States, un livre qui a été porté à l’écran, et que j’avais beaucoup aimé. J’ai découvert cela après coup.

In a nutshell: Radhika is about to get married, when her first two loves arrive and tell herboth that they love her. Radhika remembers these two love stories and why it didn’t work. But now she starts having doubts about the arranged marriage she is about to go through.

It is a short book, and I read it very quickly. It deals with interesting points about patriarchy, the place of women in the Indian society, feminism, and of course: loooove!

The book is rather well written, without being very well written. The author has a certain gift to conjure very vivid images. I was picturing things very well! 

The novel is built around flashbacks, from the first day of Radhika’s wedding. Indian weddings last at least three days before they actually tie the knot, so it gives her plenty of time to reflect and think, but the clock it still ticking. We discover Radhika’s past while going through all the different activities inherent to an Indian wedding.

It is an easy read, and I liked it. It certainly isn’t the novel of the year, but it makes you think, and it is also very entertaining. The same author also wrote Two States, a book that was later adapted into a movie that I liked a lot. I discovered this after I was done reading the novel.


L’illustration: On y voit une mariée indienne de dos, son voile couvrant sa tête et ses épaules. En bas on distingue les lignes d’horizon de New York et de Londres qui se confondent. Et certainement Hong Kong aussi, mais je ne connais pas ce paysage assez bien pour en être certaine. Des mots à demi effacés sont parsemés ici et là.

Cette illustration résume très bien le livre: les interrogations d’une jeune mariée indienne qui travaille dans la finance (les mots disséminés sur l’illustration sont en rapport avec la finance), et qui a vécu à New York, Hong Kong et Londres.

Book cover art:  the silhouette of an Indian bride under her veil, on a sunset kind of background. At the very bottom, a skyline comprising elements of three cities: New York, London and Singapore. Some half erased words here and there.

This art is a good illustration of what the heroin is going through: she’s about to get married, works in finance (the half erased words are linked the finance) and she lived in New York, Hong Kong and London.

one indian girl


Mon avis: La phrase d’ouverture m’a tout de suite emballée: « Hi, I’m Radhika Mehta, and you might not like me » (Salut, je m’appelle Radhika Mehta, et peut-être que vous n’allez pas m’aimer).

Et pourquoi ne l’aimerait-on pas? Est-ce qu’elle tabasse les gens? Est-elle un suppôt de Satan? Que nenni, ma belle dame. Cette gente demoiselle a simplement…. couché avant le mariage. Et en plus elle gagne bien sa vie. Ouais, rien que ça.

Ca vous choque? En Inde, les doubles standards ont la vie dure. Boys will be boys, et les filles n’ont qu’à être bien gentilles et se tenir de manière respectable. Ce qui veut dire arriver vierge au mariage et surtout, avoir un niveau d’étude et un salaire moindres que ceux de son époux.

Review: I loved the opening line: « Hi, I’m Radhika Mehta, and you might not like me »

And what did she do, to deserve not to be liked? Is she hitting people when she doesn’t like them? Is she a satanist? Nope, nothing like that. This gentle lady committed a much bigger felony… she had sex before marriage. And, on top of that, she earns well. Yup, that’s it!

Shoking? In India, double standards are still a thing, unfortunately. Boys will be boys, but girls should behave and be respectable. Meaning, still being a virgin when they get married, and earning less than their husband.

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Ce livre est plein de clichés, mais aussi plein de pistes de réflexions intéressantes. Certains internautes indiens reprochent à l’auteur de prendre ses lecteurs pour des imbéciles, en leur offrant un scénario assez didactique (thèse, antithèse, synthèse, soit ex no1, ex no2, fiancé) et des scènes plus pensées pour leur impact visuel que pour leur signification (comment oublier la scène torride sex on the beach???). D’ailleurs, un autre de ses roman a été adapté au cinéma, et c’était très réussi.

This book is full of clichés, but also full of interesting reflections. Some Indians say that the author is taking his readers for dumb people, because his scenario is a bit too didactic. The scenes described in a book are more relevant to a screenplay than literature, with a very high visual impact (sex on the beach scene, I’m looking at you!) but little significance in the grand scheme of things. Speaking of which, another of his novels was made into a movie, and I liked it a lot. So yeah, maybe he should write movies instead of books?

Beaucoup de clichés sur la condition de la femme en Inde, mais il n’y a pas de fumée sans feu. Idem pour ce qui concerne l’organisation d’un mariage, le fait de devoir se marier avant tel âge, les atouts de la fiancée idéale, et les tourments d’un mère indienne. Comme je dis, caricatural, mais pas de fumée sans feu. Je réitère, parce que je connais des cas comme ça. Dans la vraie vie, ouais. Ca ne veut pas dire qu’il faut généraliser, mais ça existe, et c’est une majorité. Dieu merci, les moeurs évoluent.

Many many clichés about the condition of women in India, but in my opinion this is not baseless. Same when it comes to organising a wedding, the fact that one should get married before being « too old for the market », the definition of the perfect bride, and the many torments of the bride’s mother. As I said, it is more like a caricature, but it isn’t not baseless. I personally know some cases like that. In real life, yes. Doesn’t mean it’s true for everybody, but it does happen. Thank God, things are changing.

Tout ça fait que beaucoup trouvent que ce livre est réducteur à beaucoup d’endroits, ce que je ne nie pas. Mais il y a du suspense, et surtout, on cogite. Peut-être que c’est parce que je ne suis pas indienne, mais moi ça m’a plu. En plus il y a beaucoup d’humour, ce qui est plutôt sympa.

All of this means that many readers found the book took some easy shortcuts, which is true. But there is suspense, and more important, it makes us think. Maybe it’s because I am not Indian, but I loved this book. Cherry on top, there is a lot of humour, and I laughed a lot.

On assiste donc à la transformation d’une geek en bombasse qui réussit dans les affaires. Cendrillon, nous voilà. Mention spéciale à la fascination de l’auteur pour l’épilation. Je précise que c’est un mec. On nous en parle, de ce salon de beauté, on nous en paaaarle… De la sensation affreuse du poil qui quitte l’épiderme, de la sentation jouissive de jambes galbes… et du fait que Radhika lui doive sa toute première fois (tou-toute première fois). Et puis d’ailleurs, après ça, on n’en n’entend plus trop parler, de ce salon de beauté, ce que j’ai trouvé dommage vu l’importance qu’on lui accorde pendant 15 chapitres (ou à peu près).

This is a Cinderella story: A geeky girl suddenly becomes a bombshell with a successful career in finance. Special mention to the author’s fascination about waxing. Should I say that the writer is male? How much is said about this beauty parlor, about the horrifying sensation of hair being pulled out of the skin, of the sensation of smooth skin… and that thanks to waxing her legs and bikini, Radhika wasn’t embarrassed for her very first time in bed with a man. After that, weirdly enough, no more mention of said beauty parlor. Weird. She took a card at that parlor, she should go back at least ten times! But not relevant anymore to the story, I guess.

On assiste à sa réflexion sur la condition de la femme: comment combiner une carrière ET une vie de famille? Est-ce possible? Ses deux exs lui ont prouvé que non, l’un voulant une femme au foyer, l’autre une carriériste. Est-il aussi possible de trouver l’amour par le biais d’un mariage arrangé, d’après des critères, euh…. pour le moins superficiels? Quelle est la place de la femme dans la société indienne?

This book is all about reflecting about a woman’s life: how to combine career AND family life? Is it even possible? Her two exes proved her that it wasn’t, one wanted a housewife, the other a career woman. Is it possible to find love in an arranged marriage, which is often arranged based on superficial criteria? What is the place of women in Indian society?

L’écriture est plutôt sympa et trrrèèès évocatrice. Je ne dirais pas que c’est du Flaubert, mais c’est pas mal. J’ai trouvé dommage que l’auteur n’engage pas son héroïne dans une histoire d’amour avec un homme qui ne soit pas indien, mais bon ils sont d’une autre région, ce qui est déjà assez exotique pour l’Inde, croyez moi.

The writing style is modern and nice. Lots of very evocative scenes. It isn’t close to any classical author, of course, but it’s a nice read. I thought the author could have make her heroin have a relationship with a non-Indian man, given the fact that she’s such an international person. But I guess that the fact that her lovers come from different Indian States is exotic enough for an Indian audience.

La fin de l’histoire est sympa, les deux tourtereaux se (re)trouvent, et on entrevoit peut-être une relation équilibrée qui se développera. Mais j’aurais préféré, une fois encore, qu’elle trouve l’amour toute seule. Parce que la morale de l’histoire, finalement, c’est « ma mère avait raison ». Tss tss….

I liked the end of the story very much, our two love birds find each other again and we can guess that this will evolve into a balanced relationship, which Radhika’s previous lovers where not able to give her. i would have preferred if she had found love by herself, though, because in the end the morale of the story is « my mom was right ». Which bothers me!

En bref: un livre sympa, un peu cliché par endroits mais agréable à lire, avec une réflexion de fond sur le féminisme et la condition de la femme indienne. Et surtout: est-ce qu’on peut tout avoir, dans la vie?

In a nutshell: a nice book, lots of cliches but still I enjoyed reading it, with interesting reflections on feminism and what it means to be a woman in India. And it asks the big question: can we have it all in life?

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L’histoire: Radhika a 28 ans, toutes ses dents et deux histoires d’amour passionnées sous la ceinture. Bien sur ses parents ne sont pas au courant, et sa mère désespère de marier un jour sa fille. D’ailleurs Aditi, la soeur aînée de Radhika, n’a pas fait tant de manières: elle s’est mariée à 21 ans, a foiré ses études, et ne pense qu’à mettre en valeur le corps (et les seins) dont mère nature a bien voulu l’affubler. A 28 ans, Radhika va finir vieille fille si elle ne se marie pas fissa.

Story: Radhika is 28 and already had two tumultuous love stories. Of course, her parents don’t know about these, and her mom is desperate that her daughter will ever get married. Aditi, Radhika’s elder sister, didn’t fuss about it so much: she got married at 21, gave up her studies, and her main concern is finding the best dress for her fabulous body (and boobs). Radhika’s 28, and if she doesn’t get married soon, she’ll end up a spinster.

Il y a un petit côté Cendrillon dans tout ça. Radhika, c’est l’intello de la famille. La fille qui prend son pied en résolvant des équations plutôt qu’en choisissant son mascara. Qui s’en fout un peu de ses fringues, et surtout de ses poils de jambes.

It’s a bit of a Cinderella story. Radhika is the family’s geek. The girl who loves solving equations rather than picking up the right mascara. Who doesn’t care much about her outfit, and doesn’t care at all about her hairy legs.

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Dès sa sortie de l’université, elle est embauchée chez Goldman Sachs – le diable, quoi – et elle débarque à New York. On l’invite à boire un verre, et là elle a envie de devenir quelqu’un d’autre, d’être belle, sur son 31… Alors elle va faire du shopping, et elle prend un abonnement chez l’esthéticienne. Parce qu’à 22 ans, elle ne s’était épilée qu’une seule fois dans sa vie, et c’est sa bimbo de soeur qui l’avait forcée. Et là: Bam! Bombasse!!!

As soon as she finishes university, she is hired at Goldman Sachs (Eviiiiil!!), and her first job is in New York. When she’s invited by colleagues to go out for a drink, it is a first, and so she wants to be « going out for a drink Radhika ». So she goes shopping, and a subscription at the beauty parlor. At 22, she has apparently never waxed her legs, except this one time when her superficial sister forced her. And Bam! Bombshell.

Radhika commence à sortir avec un mec, un indien bien sur, et tout roule et roucoule. Premier baiser, première partie de jambes en l’air, premier emménagement ensemble, première routine, et premières disputes. Le gars, qui l’avait tellement encensée pour son indépendance, ne supporte pas que sa meuf gagne plus que lui. En fait, il se rend compte qu’entre ses idées et la réalité, il y a un gouffre: son subconscient lui renvoie l’image d’une épouse qui reste à la maison avec les enfants. Pas qui se fait les millions en faisant du sauvetage d’entreprise au bord de la faillite.

Radhika starts seeing a guy, Indian of course, and everything goes well. First kiss, first night, first move together, first boring routine, and first fights. The guy, who praised her for her independence, cannot bear that his partner is making more money than he does. Indeed, he realises that there is a big gap between his ideas and reality: his subconscious is dictating him that he should have a housewife, who stays at home with the kids. Not a wife who goes and earns millions with evil Goldman Sachs.

Radhika joue une fois encore les Cendrillon, elle s’échappe. Elle se fait muter à Hong Kong. Petite joueuse!!

So Radhika escapes the city of her first heart break and asks to be sent to Hong Kong.

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Bref, Hong Kong, nouvelle ville, nouveau départ. Elle fait à nouveau des étincelles dans son job, si bien qu’elle se fait remarquer par le boss sur lequel toutes les nanas de l’entreprise craquent. Neel Gupta. Bon alors j’avoue avoir un faible pour Neel, d’abord parce que j’adore ce prénom, et ensuite parce qu’il est juste trop beau. Après il est aussi juste trop con, mais nous y reviendrons.

New city, new life. She’s brilliant at her job, so the boss notices her. It just happens that the boss is super handsome, and all the girls in office have a crush on him. Neel Gupta. I must confess having a crush on Neel myself, first because I love the name, and second because, well… he’s damn handsome. He’s also a dumbass, but we’ll talk about it later.

Neel, donc, a la quarantaine, mais il est super mince et musclé. Quelques cheveux argentés de ci de là. Il la remarque, elle le remarque. Il la fait bosser sur des dossiers secrets juste avec lui. Il l’emmène en voyage d’affaire sur une île paradisiaque. Ils font l’amooouuur sur la plage.

So, Neel. In his fourties, slim and athletic. A few silver strands here and there. He notices her. She notices him. He makes her work on confidential files, just him and her. He takes her to work trips, one of them on a paradise island. They have sex on the beach!!

OMG, qu’ai-je fait? Se demande Radhika. Mais ils continuent tout de même. A Hong Kong, c’est « bonjour comment ça va? », mais dès qu’ils sont en voyage d’affaire, c’est « viens par là que je te saute » (en moins vulgaire hein, mais bon c’est pour résumer). Neel a des problèmes de couple et reste avec sa femme « pour les enfants ». Neel pense, au contraire de l’ex de Radhika, que cette dernière est une femme purement intellectuelle qui n’a besoin que de sa carrière pour être satisfaite.

OMG, what did I dooo?? wonders Radhika. But still, they go on. In Hong Kong, they barely talk to each other. But as soon as they’re on a plane « for work », they jump on each other and have sex aaaaall the time. Neel is going through a rough time with his wife (didn’t I mention that he was married?), and he’s staying « ‘for the children ». Neel thinks that Radhika is a purely intellectual woman whose only need in life is a crareer (and sex) to be happy.

Sauf que non, Radhika veut le beurre et l’argent du beurre: une carrière ET une famille. du coup elle rompt avec Neel, et prise une fois encore du syndrome de Cendrillon, se fait muter à Londres. Nouvelle vie, nouveau mec?

But no, Radhika wants it all: career AND family life. So she breaks up with Neel, and once again she asks to work in a new city. This time, it is London. New city, new lover?

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Sa mère, qui la harcèle depuis ses 22 ans pour qu’elle se marie, débarque et l’inscrit sur un site de rencontre bien connu: shaadi.com. Shaadi veut dire « mariage »‘ en hindi, ça vous donne le ton. Il faut savoir qu’en Inde, 80% des mariages sont encore des mariages arrangés. Des critères de haut niveau, tel que la couleur de la peau, la taille, le caractère (docile de préférence), et enfin le niveau d’étude (pas trop) sont pris en compte. Ca donne le ton. Ah, et bien sur, l’origine (tu vas pas te marier avec un gars qui n’est pas de la même région ou de la même caste que toi, nan mais oh!).

Her mom, who’s been annoying her since she was 22 to get married, comes all the way from India and convince her to register on a well-known website: shaadi.com. Shaadi means « marriage » in Hindi. Now you know 😉 In India, 80% of marriages are still arranged. Important criteria to pick an appropriate bride go from skin tone, height, mindset (preferably docile), and level of studies (not too high). And of course, community. You don’t get married to someone out of your community.

Bref, par l’intermédiaire de ce site très connu, Radhika tombe sur la perle rare: un mec sympa, qui est ok avec le fait qu’elle gagne plein de fric et qu’elle ait une carrière, et qui a grandi à trois pâtés de maisons de chez elle. C’est le DES-TIN! Ni une ni deux, voilà Radhika qui se retrouve, sans vraiment avoir compris comment, à organiser son mariage.

Via this well-known website, Radhika finds someone who seems ok: nice guy, not scared of the fact that she earns more than him and that she has a successful career, and who grew up in her neighbourhood! Destiny! And this is how Radhika finds herself organising her crazy wedding, without really understand how and why she’s doing it.

Tout se passe bien, elle trouve même que son promis est plutôt sympa. Peut-être qu’un jour elle pourra l’aimer, sauf que… ses exs débarquent. Ils ont tous les deux entendu parler de son mariage, et lààààà ils ils se dit « Ah mais j’ai été très con, en fait Radhika est la femme de ma vie ». L’un est prêt à prendre la place du marié, tandis que l’autre veut l’enlever à bord d’un jet privé.

Everything goes well, she even finds her prospective groom nice in real life. Maybe one day she’ll love him? Except that both her exes arrive. They’ve both heard that Radhika was getting married, and all of a sudden they realised that they made a biiiig mistake by breaking up with her / letting her go. The first one wants to get married the next day instead of the groom, whereas the second one wants to elope with Radhika on his private jet.

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Ils ont juste oublié de demandé à l’intéressée si elle était d’accord. Ben non. Elle les envoie gentillement chier, avant d’avoir une bonne discussion avec son fiancé et de lui expliquer pourquoi elle annule leur mariage.

They forgot a detail, though: they didn’t ask Radhika if she still wanted them. So she nicely tell them to fuck off, and then she decides to cancel the wedding. He fiancé is so nice that he understands.

Radhika part faire le tour du monde, parce qu’elle a de la thune et besoin de se changer les idées, et puis elle s’arrête chez son ex fiancé, histoire de s’excuser encore du coup qu’elle lui a fait… et là les deux jeunes gens passent un bon moment. On peut supputer que finalement, ils vont se marier.

Radhika goes and travels around the world, because she has lots of money and she needs fresh air to figure out her life. She decides to stop by her ex fiancé’s when she visits a nearby city, to ask for his forgiveness for running away at the altar. And then… they spend a nice time together. The end is open, but it is strongly suggested that they’re going to fall in love and get married.

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Classique/Classics, Contemporain/Contemporary, En français/In French, Grande Bretagne/UK, livres

Le Mont-Brûlé (Hungry Hill) – Daphné du Maurier (1943)

Le Mont BruléLe Mont-Brûlé est un livre que j’ai récupéré dans la boite à livres à donner de ma bibliothèque. Il est tellement vieux qu’il tombe en morceaux. Je l’ai pris parce que c’est un Daphné Du Maurier. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, et je dois dire que le démarrage a été un peu lent. Mais je suis finalement complètement entrée dans l’histoire et je me suis laissée happer par les aventures de la famille de Copper John.


Résumé et avis en bref: Le Mont-Brûlé retrace la saga familiale des Brodricks, une famille anglaise installée en Irelande, dont le patriarche Copper John lance une mine de cuivre en exploitant les entrailles de la coline voisine: le fameux Mont-Brûlé. Cinq hommes différents seront à la tête de la famille et des mines, juqu’au jour fatal ou une ancienne querelle refera surface, et que vengeance sera faite.

C’est un livre qui m’a un peu rappelé Zola, avec sa manière déterministe de considérer la génétique et les prédispositions de caractère de chaque génération d’homme. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le livre au début, très certainement parce que c’est une (très) vieille édition française et que la traduction est un brin désuette. Aussi parce que je ne m’attendais pas du tout à une histoire de mines, et que le sujet m’a un peu rebutée. Tiens, voilà Zola qui revient, avec son Germinal – sauf que ce n’est pas la même époque ni le même endroit.

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Le destin tragique de cette famille maudite est touchante. La bonne société anglaise, qui vient s’installer en Irelande et exploiter ses terres en se souciant seulement de son profit, est très intéressante à découvrir.

Comme toujours, Daphné Du Maurier insiste sur la psychologie de ses personnages. Peut-être parce que l’on couvre cinq générations, il est difficile de s’attacher aux derniers hommes de Clonmere, dont l’histoire est moins détaillée que celle des deux générations précédentes. Un bel ouvrage, une bonne découverte. Un mix de Zola et des soeurs Brontë.


Jacquettes et traductions: La jacquette du livre que j’ai  ne comporte que le titre et rien d’autre. La traduction littérale du titre anglais est « la colline affamée ». Evidemment ça sonne bizarre en français, et « Le Mont Brûlé » est assez bien trouvé. Si la « faim » de la montagne n’est plus évoqué, son côté tragique ressort bien avec l’adjectif « brûlé ».

Les différentes jacquettes anglophones montrent toutes le domaine de Clonmere, lui donnant plus ou moins d’importance.

En français Clonmere n’est pas du tout évoqué. Une édition montre un paysage de landes, tandis qu’une autre montre les portrait de ceux qui sont certainement Copper John et Fanny Rosa, les deux personnages constants du livre.


Mon avis: Mon avis est mitigé, mais pourtant je pense que c’est tout de même un livre à découvrir. C’est très différent de Rebecca. Je ne suis pas surprise de constater que c’est l’oeuvre de Daphné Du Maurier qui plait le moins. Comme je l’ai dit ci dessus, ce livre relève plutôt de Zola pour les thèmes, et de Brontë pour le côté tragique et maudit. Bon, le tragique et la malédiction sont tout de même très présents chez du Maurier 😛

J’ai eu du mal à entrer dans le livre. Je pense que j’ai lu les premières lignes des mois avant d’arriver à aller plus loin. Mais une fois prise dans l’histoire, je me suis attachée aux personnages et j’ai vibré avec eux.

Le style: c’est une très vieille édition française que j’ai ramassée, et la traduction est un peu désuette. Certaines formules sont des traductions littérales de l’anglais, ce qui alourdit le texte. Mais c’est une plume lyrique et envolée que celle de Du Maurier, donc cela contre-balance la lourdeur du texte.

minesLa rivalité fraternelle et le déterminisme héréditaire: si on y regarde de plus près, la rivalité fraternelle est au centre du livre. A chaque génération, il y a un frère brillant et sociable, et un frère rêveur, sombre, mélancolique, qui ne demande qu’à ce qu’on le laisse tranquille. A chaque fois, la comparaison mine une relation: soit la relation entre les deux frères, soit la relation père-fils, ou encore, d’une certaine manière, la relation entre un mari et sa femme.

Ce sont des chamailles de gamins: « est-ce qu’elle a jamais regardé mon frère? » / « Pourquoi elle pleure ‘sans raison’? » / « pourquoi mon fils est-il un bon à rien? » / « mon frère fait tout mieux que moi » / « allons chasser/peindre/nous bourrer la gueule, on se sentira moins nul ».

La génétique, comme chez Zola, joue un rôle majeur: Fanny-Rosa est désordonnée et tête en l’air comme son père. Les différentes générations d’hommes Brodrick, quant à eux, sont soit solaires, soit complètement déconnectés de la réalité. Il arrive même qu’un évènement tragique, comme la mort d’une épouse, change un homme solaire en ogre taciturne, guidé uniquement par le gain.

Et puis il y a les enfants illégitimes, les bâtards, que l’ancêtre a semé aux quatre coins du pays. Là encore, l’hérédité parle: Copper John a un demi frère batard qui lui sert d’administrateur du domaine, et Johnnie freluque avec tellement de donzelles qu’il doit avoir des enfants un peu partout.

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La rivalité et le colonialisme anglais: avant d’anexer la moitié du globe, l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais a commencé par ses voisins: le Pays de Gales, l’Ecosse, et bien sur l’Irelande. C’est là que se déroule l’action du livre. L’irelande est anglaise, mais les populations locales n’ont jamais bien digéré cela (tu m’étonnes, Elton!).

Dans les faits, cela se traduit par une rivalité entre les Brodrick, qui sont arrivés un beau jour et ont déclaré que Clonmere leur appartenait, et les Donovan, une famille locale qui clame à qui veut bien l’entendre (et surtout aux villageois) que Clonmere est à eux, et que Clonmere leur reviendra un jour.

Comme en Inde ou tout autre pays pillé, les angliches imposent leur vues et trouvent les locaux complètement attardés. Ils imposent leur « progrès », ici en creusant une mine dans le flanc d’une coline iconoclaste du patelin, ne s’embêtant pas à savoir ce qu’en pensent les autres. Le profit et le progrès avant tout. Copper John ira même jusqu’à sacrifier quelques mineurs un peu trop revendicatifs pour assurer le bon déroulement des choses – sacrifier au sens propre, hein, pas juste les virer.

Cette rivalité se transmet de génération en génération, avec les Donovan irlandais, fourbes, qui essaient à chaque fois de planter un couteau dans le dos des Brodrick anglais. Certains Brodrick se rapprocheront des Donovan, par bravache, ou alors pour tenter d’enterrer la hache de guerre. Peine perdue, les Donovan sont décrits comme étant vicieux et profiteurs, n’hésitant devant aucune bassesse pour se venger des Brodrick.

Cette rivalité culmine avec le sort que lance Morty Donovan à Copper John, maudissant sa famille sur plusieurs générations et sa mine.

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La petite noblesse anglaise: Copper John et sa famille sont le stéréotype de la petite noblesse anglaise, ou du moins d’une famille aisée, mais pas tant que ça – vous me suivez?  😉 Il faut de l’argent pour faire vivre un domaine et une famille nombreuse. Copper John s’y emploie.

Les filles sont éduquées à la maison alors que les garçons sont envoyés en pension à Eton, en Angleterre, pour y apprendre le droit. C’est comme ça. On se fout bien de leurs intérêts à eux: la peinture? Un truc de mauviette. Ne parlons pas des courses de lévriers. Bref c’est trop la joie quand on n’est pas formaté pour entrer dans le moule. D’ailleurs, le meilleur moyen de remédier à cela, c’est d’abuser, dès l’adolescence, de la bouteille.

Les filles ont pour projet de se marier, malheureusement la première génération finit soit morte, soit (très) vieille fille. Les autres générations de filles se marient sans faire de vagues, jusqu’à Molly, la soeur aînée de la quatrième génération, qui tient un peu tête à son père. Dommage qu’on n’explore pas plus le destin des femmes de cette famille, d’ailleurs, car à mon avis elles sont bien plus intéressantes que les hommes.

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La mine: symbole de modernité et de développement, mais aussi de la main-mise des anglais sur la Terre irlandaise et de leur non-respect des traditions, la mine est au coeur du roman.

La mine bouffe la beauté du Mont Brûlé, et elle bouffe aussi la famille. Les Brodrick en tirent de l’argent, bien sur, mais cette mine les tue tous petit à petit. Elle englouti littéralement les corps lors des inondations, elle éventre le flanc de la colline…

Bref, par la mine, le mal arrive. Un mal sourd, qui va ronger et la famille Brodrick, et la colline irlandaise verdoyante.

Il est intéressant de suivre le boom économique engendré par l’activité minière, les spéculations et le cours des minerais, auxquels les mineurs ne comprennent rien. D’ailleurs, lorsque la mine ferme parce que le cuivre irlandais revient trop cher par rapport au cuivre de je ne sais-où, les mineurs ne comprennent pas: pourquoi arrêter le travail alors que la colline regorge encore de cuivre?

Mais les investisseurs s’en foutent, et il n’y avait bien sur pas d’assurance chômage pour que ces pauvres gens puissent survivre le temps de trouver autre chose. Y’a un côté Germinal dans tout ça. Encore le fantôme de Zola qui plane sur ce bouquin!

fanny rosa 2L’addiction: L’un des personnage fort du roman, c’est Fanny Rosa. D’abord parce qu’elle a un prénom à coucher dehors -qui appelle sa fille Fanny Rosa??? Franchement!!- et ensuite parce qu’avec Copper John, c’est l’un des personnage qui dure le plus longtemps dans ce bouquin.

Par Fanny Rosa, le gène de l’addiction entre dans la famille Brodrick. Avant elle, les particularités de caractère des rejetons Brodrick étaient: 1. brillant et sociable; 2. contemplatif et fainéant. Fanny Rosa la fantasque a un père buveur, et le reste de sa famille n’est pas bonne à grand chose.

Fanny Rosa met au monde Johnnie, qui sera associal comme son père et fantasque comme sa mère. Et ivrogne comme son grand-père maternel.  Le pauvre enfant mourra d’ailleurs une bouteille à la main.

Le neveux de Johnnie, Hal, un enfant incompris, aura aussi tendance à siroter la bibine en douce quand il ne se sent pas bien – c’est à dire plus que régulièrement.

Fanny Rosa elle-même, dans ses vieux jours, sera accro au jeu. Elle déménage dans le sud de la France « pour le climat », à côté de Monte Carlo. Elle commence à voler de l’argent à son fils Henry quand elle se retrouve à court de ressources. Lorsque celui-ci décide de lui rendre visite, surprise: personne pour l’attendre à la gare. Sa mère l’a oublié! Et lorsqu’il arrive chez elle, catastrophe: Fanny Rosa vit dans un dépotoir, la maison est sens dessus dessous tout est sale. Le triste état de la maison de Fanny Rosa, sa paranoïa (le croupier triche) et son sentiment qu’elle va bientôt se refaire, tout dépeint les symptômes connus de l’addiction.

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L’epilogue: John-Henry (encore un prénom à coucher dehors, si voulez mon avis) incarne, de par son prénom et par l’abandon de la propriété de Clonmere. Finalement, tout rentre dans l’odre. La nature envahit ce qui reste de la mine, et Clonmere revient enfin au clan des Donovan.

Le prénom même de John-Henry, qui accole les prénoms les plus emblématiques de la famille, a une portée réconciliatrice. C’est juste un type normal, il n’est pas extrêmement enjoué ni extrêment mélancolique, comme l’ont pu être ses ancêtres. Il est à même de voir et de comprendre que s’accrocher à Clonmere n’est plus possible, qu’il faut lâcher prise pour aller de l’avant.

Pour résumer: un roman intéressant, qui survole cinq générations d’hommes, la gloire et la ruine d’une famille. On aurait pu s’attarder plus sur certains personnages féminins, mais c’était clairement les personnages masculins qui étaient au coeur de l’intrigue. Un genre d’étude sociale et génétique sur la transmission de certaines caractéristiques dans une même famille. Une critique à peine couverte de la main-mise anglaise sur l’Irlande.


daphne-du-maurierL’auteure: Daphné du Maurier est née à Londres, le 13 mai 1907. Elle est la cadette d’une fratrie de trois soeurs, toutes artistes, et la fille d’une actrice et d’un manager d’acteurs. Elle baigne donc dans un milieu artistique dès sa plus tendre enfance.

En 1932, elle épouse Fredrick Browning, un officier de l’armée de terre britannique. Leur relation sera ponctuée de hauts et de bas, les deux prenant tour à tour des amant-e-s. Ils auront trois enfants. Browning meurt en 1965.

Daphné du Maurier est une auteure prolifique dont les romans les plus connus sont Rebecca et Ma cousine Rachel. Elle est aussi l’auteure de pièces de théatre. Les Cornouailles sont sa terre de prédilection, elle y situe d’ailleurs plusieurs de ses intrigues.

Elle meurt le 19 avril 1989 dans sa maison de Menabilly en Cornouailles, et ses cendres seront dispersées sur les falaises de Cornouailles.


Produits dérivés: Un film a été tourné en 1947.


L’histoire: Les Brodrick sont une famille anglaise installée en Irlande. Ils possèdent le château de Clonmere, et une ancienne rivalité les oppose à la famille Donovan, une famille irlandaise qui prétend que Clonmere a été bâti sur des terres qui lui appartenaient. D’ailleurs, le grand-père de John Brodrick a été tué d’un coup de feu dans le dos – certainement par un Donovan.

John Brodrick est ambitieux: il veut faire creuser des mines pour exploiter le cuivre qui se trouve dans les entrailles du Mont-Brûlé, une colline qui se trouve moitié sur son terrain, moitié sur celui de son voisin. Il est surnommé Copper John (John Cuivre).

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C’est un homme d’affaire qui mène son business de manière stricte et ferme. Il est visionnaire, et grâce à lui le conté isolé se développe, par exemple en se dotant d’une route carrossable. Il mène de même sa famille. Veuf, il guide d’une main de fer ses deux fils, Henry et John, et ses trois filles, Barbara, Eliza et a douce Jane.

Mais Morty Donovan, l’héritier du clan ennemi des Brodrick, maudit Copper John lorsqu’il creuse la mine, défigurant ainsi le majestueux Mont Brûlé. Copper John ne pense qu’au profit, détruisant ainsi le paysage, y implantant des baraquements sombres et délabrés, exploitant les humains comme la Terre. Donovan lui prédit que sa descendance sera anéantie, et que les Donovan reprendront leurs droits sur leur terre.

Henry, le fils ainé de Copper John, est avenant et extraverti, très charmant. Il seconde son père à la mine. John, le cadet, est à l’opposé de son frère: introverti, intéressé par la nature, la chasse et les courses de lévrier. Mais les deux jeunes hommes ont une passion commune: Fanny Rosa, la fille de leurs voisins.

Fanny Rosa est rousse, elle marche pieds nus, et n’a rien à faire du qu’en dira-t-on. Son père dissipe son argent dans la boisson. C’est cette liberté, qui manque tant dans leur foyer, qui séduit les deux frères. Fanny Rosa fait du gringe à l’un, puis à l’autre, s’amusant, faisant la mystérieuse. A la fin d’un été magique, Fanny Rosa et sa famille partent en Italie, et la mine est creusée dans le Mont Brûlé.

Pendant l’hiver, une mutinerie menée par les Donovan éclate à la mine. Henry et John viennent à la rescousse pour aider leur père… sous la pluie, Henry attrape un mauvais coup de froid et commence à tousser. Au fil des mois, sa santé se détériore de plus en plus, et il prend la décision d’aller en Italie rejoindre la famille de Fanny Rosa afin de profiter de la clémence du temps.

fanny rosa 2John est fou de jalousie et s’imagine Fanny Rosa et Henry roucouler sous le soleil italien. Les semaines passent, et un jour Copper John reçoit une missive de son fils aîné lui disant qu’il a décidé de rentrer. Copper John, inquiet pour Henry, décide de voyager au devant de lui.

En Italie il ne trouve personne, la famille de Fanny Rosa lui indique que le jeune homme est reparti vers la France. Remontant la trace de son fils, Copper John arrive trop tard: Henry est décédé dans une auberge française. C’est donc son second fils, John, qui devient l’héritier du domaine de Clonmere et des mines.

Sauf que John n’est pas du tout intéressé par la gestion du domaine ni celle des mines. Tout ce qui l’intéresse, ce sont ses lévriers. Greyhound John (John Lévrier) est une déception pour son père.

Lorsque Fanny Rosa revient d’Italie, Greyhound John est toujours aussi amoureux d’elle, mais les souvenirs de ses fantasmes, dans lesquels son frère décédé Henry et Fanny Rosa batifolaient en Italie, le hantent. Jalousie, quand tu nous tiens… Fanny Rosa ne dira jamais à John ce qui s’est passé en Italie, mais elle lui fera comprendre que le passé est passé, et qu’elle l’aime. Apaisé, John lui demande sa main.

John a un caractère fainéant et bon vivant. Il aime à trainasser au lit avec sa femme, l’emmener chasser ou faire des promenades. L’incompréhension et la déception rythment les relations avec son père. Un jour, une inondation survient. John y voit l’occasion de faire ses preuves et va aider son père à la mine. Copper John prend une décision que n’approuve pas son fils: percer le flanc de la colline pour l’eau s’écoule des galeries. C’est un succès, mais la route est emportée par les eaux…

…la route par laquelle revenaient Fanny Rosa, enceinte, et Jane, la jeune soeur de John. Fanny Rosa est sauve, mais Jane meurt sous les décombres. La mine a déjà tué deux enfants de Copper John.

John et Fanny Rosa s’installent dans une autre maison, et rendent rarement visite à Copper John à Clonmere. Ils ont quatre enfants: Johnnie, Henry, Fanny, Edward et Herbert. Les enfants sont terrorisés par leur grand-père.

Après un incident au cour duquel un employé de la mine descend un Donovan, Greyhound John décide d’aller enterrer la hache de guerre et va boire un coup chez les Donovan pour faire la paix. Sauf qu’il y attrape la diphtérie et.. meurt. La malédiction continue.

Fanny Rosa et ses bambins reviennent s’installer chez Copper John à Clonmere. L’aîné, Johnnie, a un caractère sombre et emporté. Adolescent, il boit en cachette des coups avec le fils Donovan, juste pour embêter son grand-père. Son frère cadet, Henry, est tout à fait l’opposé, et le portrait caché de son oncle décédé.

Fanny Rosa est ambitieuse et met dans la tête de Johnnie, son aîné, qu’un jour il sera maître de Clonmere. Johnnie passe donc son temps à attendre que Copper John, son grand-père, ne meurt, pour enfin jouir des lieux et faire ce que bon lui semble.

En attendant, son grand-père a une santé de fer, et Wild Johnnie (Johnnie le sauvage, à cause de son caractère emporté) décide d’arrêter les études pour s’enrôler dans l’armée. Son caractère fait qu’il est solitaire. Tout le contraire de son frère cadet, Henry, qui se fait tout de suite plein d’amis à l’école. Johnnie boit trop et est renvoyé de l’armée, mais il le cache à sa famille.

Lors d’un repas de famille, barbant à souhait pour Johnnie qui a en horreur de parler de la pluie et du beau temps, apparaît Katherine Eyre (oui comme Jane Eyre!!), la belle-soeur de Fanny (la soeur cadette de Johnnie et Henry). Johnnie en tombe instantanément amoureux. Cette femme belle, douce et posée, c’est son remède. Un jour il l’épousera, et elle apaisera tous ses maux. Sauf qu’Henry annonce justement ses fiançailles avec Katherine. Tout s’écroule…

Johnnie tombe plus bas que terre. Sans travail et sans argent, Johnnie dépérit, jalousant maladivement le bonheur conjugal de son frère. Jusqu’au jour où la nouvelle tant attendue tombe: Copper John est mort. Clonmere appartient désormais à Johnnie.

-Hungry_Hill-_(1947)

Cependant, l’euphorie est de courte durée. Johnnie emménage à Clonmere avec Fanny Rosa, sa mère, mais la cohabitation se passe mal. Fanny Rosa essaie de garder son fils sur le droit chemin, mais ce dernier n’apprécie pas. Fanny Rosa décide donc d’aller habiter dans le sud de la France, près de Monte Carlo.

Livré à lui même dans cette grande demeure, Johnnie est hanté par le souvenir de son grand-père Copper John et n’arrive pas à s’approprier les lieux. Son frère Henry vient de temps en temps avec sa femme Katherine et ses enfants. Cela met du baume au coeur de Johnnie que de voir Katherine, mais le fait aussi terriblement souffrir. D’autant plus que Katherine lui offre son amitié et lui promet d’être toujours là pour lui.

Clonmere se détériore. Johnnie vire le personnel pour un oui ou pour un non. Un jour, il tombe sur son copain de beuverie de ses années d’adolescence: Donovan. Par bravache, il propose à ce dernier de devenir son concierge et l’installe dans la loge à l’entrée du domaine, avec sa soeur Kitty. Très vite, Johnnie passe plus de temps à la loge, à boire des coups avec Donovan, qu’au château. Très vite aussi, Donovan s’éclipse et laisse Kitty et Johnnie en tête à tête.

Donovan fait chanter Johnnie en lui disant qu’il a déshonoré sa soeur et qu’elle est enceinte. Il veut que Johnnie épouse Kitty. Henry tire son frère de ce mauvais pas en lui achetant un voyage pour le Nouveau Monde, afin qu’il disparaisse quelques temps et que la colère des villageois contre Johnnie, ce méchant homme qui ne veut pas épousé la fille qu’il a déshonorée, s’apaise.

Johnnie s’apprête à s’embarquer pour le Nouveau Monde, mais il veut dire adieu à son frère et Katherine. Henry est sorti et Katherine est seule. Elle lui renouvelle son amitié mais… soudain elle comprend, dans le regard de Johnnie, que son amitié seule ne pourra jamais sauver son beau-frère, et qu’elle ne pourra jamais lui donner ce dont il a besoin: son amour. La jeune femme s’en va, laissant Johnnie seul. Il prend en souvenir la Bible de Katherine. On retrouve le lendemain le corps de Johnnie dans une auberge, entouré de cadavres de bouteilles, tenant dans une main une Bible et dans l’autre une bouteille.

Henry devient maître de Clonmere. Il coule des jours heureux au domaine, entre sa femme adorée et leurs trois enfants Hal, Molly et Kitty. Il aime gérer le domaine et la mine. Il a de grands projets, dont celui d’agrandir Clonmere. Les travaux commencent, ce qui enchante les enfants. Mais Katherine, enceinte d’un quatrième enfant, voir sa santé décliner. L’accouchement est difficile et Katherine meurt peu après. La petite Lizette, dernière née, a un pied bot.

Henry est inconsolable. Il fait arrêter les travaux à Clonmere et loue une maison à Londres pour sa petite famille. Les enfants l’insupportent, lui rappelant trop leur défunte mère. Henry les couvre de cadeaux mais laisse la Nanny s’occuper de leur éducation. les enfants tombent des nues lorsqu’ils apprennent que leur père a mis Clonmere en location pour 10 ans.

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Ayant besoin de se changer les idées, Henry décide de voyager un peu en Europe. Il rend visite à sa mère, Fanny Rosa, qui vit dans le sud de la France près de Monte Carlo, et qui lui demande sans cesse plus d’argent. Henry déchante lorsqu’il se rend compte que sa mère est accro aux jeux de casino et qu’elle vit dans la saleté.

Il rencontre la voisine de sa mère, une veuve anglaise, qui l’aide à faire soigner (interner) Fanny Rosa. Henry tombe sous le charme de cette femme efficace, organisée et pimpante. Il lui demande de l’épouser et la ramène à la maison.

Sauf que rien ne se passe comme prévu entre les enfants et leur nouvelle belle mère. Cette dernière prend ses marques très rapidement et change la manière dont les choses ont toujours fonctionné, s’attirant la haine des enfants. Hal, qui a un penchant pour la peinture, avait préparé pour son père une miniature du portrait de Katherine, sa défunte mère. Lorsque Henry découvrira le portrait, il remerciera son fils, mais n’en dira pas plus.

La belle mère prend le contrôle et les enfants font tout pour s’échapper. Hal ne rentre pas du collège, où il est interne, pour les vacances. Il préfère les passer chez son oncle. Ses soeurs le suivent avec plaisir pour fuir la maison de leur père.

Le bail de Clonmere prend fin et pour la première fois, les enfants d’Henry, devenus adultes pour la plupart, y retournent pour y fêter Noël. Hal retrouve avec nostalgie les endroits de son enfance, et la petite Lizette, qui n’a pas de souvenir de l’endroit, découvre avec émerveillement « la maison ».

Hal rencontre la douce Jinnie lors de ce séjour. C’est la fille du pasteur. Ils s’entendent bien, et Hal promet de revenir pour Jinnie. Excédé par son père, qui ressemble de plus en plus à Copper John de par son caractère, Hal décide d’aller tenter sa chance au Canada. Il y passe plusieurs années mais en revient sans rien. Il a échoué. Pourtant, Jinnie l’a attendu.

Jinnie et Hal se marient et s’installent dans une petite maison du village. Hal est considéré comme l’ennemi, puisqu’il est le fils du patron des mines. Il s’enrichit sur leur dos. Pourtant Hal ne reçoit rien de son père et doit recourir à la charité de son beau-père, le pasteur, pour faire vivre son ménage. Hal souffre dans son ego: il devrait être à Clonmère, Jinnie ne devrait pas faire la cuisine et le ménage. Il se rappelle avec nostalgie les moments passés avec sa chère maman.

Le pasteur propose à Hal de trouver du travail. Justement, on a besoin d’une personne à la mine pour distribuer les gages des mineurs. Hal s’y rend, et commence à être accepté par les villageois. Hal retrouve un peu d’estime de lui-même. Il doit travailler dur, faire la comptabilité. Pour la première fois de sa vie, il ne peut pas être fainéant et faire ce qui lui plaît. En plus, le petit John-Henry nait. Son fils a besoin d’un papa qui travaille et gagne sa vie.

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Mais le cours du cuivre baisse dramatiquement. Henry vend la mine à des exploitants peu scrupuleux, qui vident la colline de tout ce qu’ils peuvent avant que le cours du cuivre ne s’écroule définitivement sous la concurrence du cuivre asiatique, et que la mine ne ferme.

Les mineurs ne comprennent rien: il y a encore du cuivre, pourquoi n’y a-t-il plus de travail? Les mineurs au chômage se mettent à boire et à vandaliser la mine. Hal, lui aussi sans emploi, revient à la mine pour lui faire ses adieux. Il tombe sur un Donovan, qui le passe à tabac et le laisse pour mort. Lorsque Hal se relève, il ne voit rien. Ses yeux sont endommagés. Il se déplace à tâtons et tombe dans un puis de la mine. La malédiction a encore frappé….

Adulte, John-Henry a fait la guerre et s’en revient à Clonmere. Tout le monde le lui déconseille, surtout sa vieille grand-tante Eliza. Mais John-Henry a le rêve de finir les travaux que son grand-père Henry avait entrepris. Sur la route, il est arrêté par un barrage révolutionnaire. John-Henry a été vu par un Donovan en train de boire un coup avec des officiers anglais. Lorsqu’il explique qui il est, sa voiture est réquisitionnée, et on l’emmène pour quelques jours dans un lieu secret.

Lorsque John Henry est finalement libéré, un journal est laissé devant la porte de sa geôle. L’incendie et la destruction de Clonmere font les gros titres. Abattu, John-Henry s’en va à pied jusqu’à Clonmere, où il récupère le portrait de sa grand-tante Jane et quelques bricoles.

Un berger fait paître ses moutons sur la pelouse du domaine. John-Henry s’en approche… c’est un Donovan. Il n’y a pas d’animosité entre les deux hommes. Juste un constat: la terre est revenue aux Donovan. John-Henry s’en va en souhaitant aux Donovan d’être heureux à Clonmere.

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Foire du Livre de Bruxelles 2017: mes aventures et mes trouvailles

BannerSamedi dernier, je suis allée à la Foire du Livre de Bruxelles. Mon chemin a été semé d’embûches, mais j’y suis arrivée! Laissez-moi vous raconter mon parcours du combattant et partager avec vous mes trouvailles et découvertes.

Mon but ultime: la Foire du Livre de Bruxelles. Il y a quelques mois, j’avais déjà téléchargé mes places pour y aller le dimanche. Tout était réglé comme du papier à musique: le samedi j’irai au yoga et profiterai de ma fille, et le dimanche, je m’immergerai dans la culture et la littérature.

Sauf que… sauf que Monsieur m’annonce un évènement culturel indien pour le dimanche à la dernière minute. Holi, la fête du printemps, la fête des couleurs, vous savez, cette fête pendant laquelle on se jette des poudres de pigments et on finit arc-en-ciel. Ok, c’est important, donc je m’en vais télécharger de nouvelles places pour le samedi. A deux jours du lancement de la Foire, le site est débordé et il faut faire la queue virtuelle pendant plus d’une heure pour enfin accéder au site et s’enregistrer. Ouf!

Un petit drame plus tard, l’évènement indien est annulé par les organisateurs et on se retrouve comme deux ronds de flan, sans projet pour le dimanche. Je décide alors que je vais y aller LES DEUX JOURS, vu que j’ai des places pour le samedi ET le dimanche. Oh joie, Oh bonheur!!! Deux jours de littérature, et ma mini miss pourra passer du temps avec son papa qui travaille beaucoup trop. Tout le monde est content.

Menneken Pis 2016
L’année dernière, le Manneken Pis avait revêtu ses habits de papier à l’occasion

Sauf que le samedi matin, deux petits boutons suspects apparaissent sur le visage de Mademoiselle ma fille. Monsieur n’a pas eu la varicelle, donc il est en quarantaine dans notre chambre, pendant que j’appelle pédiatre et généraliste. Comme c’est le weekend, bien sur, personne ne me répond, et je me résouds à emmener Mademoiselle aux urgences.

Aux urgences, une greluche en blouse blanche et stéthoscope me déclare que les boutons sont suspects, mais sans fièvre ça ne peut pas être la varicelle, même si les vésicules sont très semblables. Ouais. Je ne suis pas convaincue, mais je me dis que tant qu’à faire, si ce n’est pas la varicelle mais juste « une éruption cutanée », autant en profiter et emmener Mademoiselle avec moi.

Bien que l’urgentiste m’ait déclaré que ce ne soit pas la varicelle, je suis méfiante et n’ose pas laisser Mademoiselle avec Monsieur, juste au cas où. Cependant, mes doubles standards ne m’empêchent absolument pas d’emmener ma fille à la Foire et donc de potentiellement contaminer tout le monde. Tapez-moi sur les doigts… Mais le docteur a dit que ce n’était pas ça!

Nous arrivons donc et prenons une entrée avec des escaliers. Je peste intérieurement car le ticket comportait la mention « accessible aux personnes à mobilité réduite ». Je m’aperçois plus tard que je n’ai pas pris l’entrée principale, qui, elle, était bien plane et sans escaliers. Des rampes sont mises à disposition pour les fauteuils roulants et les poussettes, on en profite au max (on est en poussette).

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Les escaliers à droite, et sur la gauche on aperçoit la rampe pour les personnes à mobilité réduite.

Mademoiselle commence à avoir sommeil, il est 13.30, et il fait super chaud à l’intérieur. La chaleur aidant, Mademoiselle se ramollit jusqu’à s’endormir paisiblement dans sa poussette. LIBERTE!!! Si elle dort, je peux vraiment en profiter!!

Pendant deux heures, je vais méthodiquement parcourir les quatre halls (appelés « magasins » pour l’occasion) de Tour et Taxis dans lesquels la Foire s’est installée. Par deux fois, il faudra que j’aille retirer de l’argent et faire la queue pendant une bonne vingtaine de minutes à chaque fois. Même que la première fois, une gonzesse m’est allègrement passée devant, mais je n’avais pas le courage de la remettre à sa place. Même que la seconde fois, j’ai pu me délecter de la conversation de deux jeunes fraîchement diplômés et cherchant quoi faire de leur vie.

Le programme et le plan nous ont été remis à l’entrée. Dans mon « horaire » ‘le samedi après-midi, il y avait quelques conférences et interventions qui me bottaient bien, mais… il me fallait être efficace. C’était soit les intervenants, soit les livres. Mademoiselle n’allait pas dormir ad vitam eternam. J’ai donc dit adieu à Alex Vizorek et son Café Caustique et me suis concentrée sur les livres et les auteurs présents aux stands, en ayant soin de privilégier les petits éditeurs, mais pas que.

Je suis repartie avec une sélection des plus éclectiques, pour un budget presque respecté: de la science fiction, de l’imaginaire, du steam punk, du développement personnel (qui est aussi un best seller), de la philosophie, un roman québécois (le Québec étant l’invité d’honneur de la Foire cette année), un livre de recette, un carnet d’inspiration japonaise et un livre pour enfant… pour 130 euros (budget de base: 100 euros).

Lorsque j’ai annoncé mon budget à Monsieur, il est tombé par terre. Bien sur, il ne lit pas de livres, seulement des articles de journaux en ligne, donc le prix d’un bouquin lui échappe complètement.

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Pas de foule compacte, on peut se déplacer à son aise.

J’ai snobbé les files interminables d’attente pour Bernard Weber (que je n’ai jamais lu, mais il faudrait peut-être) et Amélie Nothomb (que j’aurais vraiment voulu voir en vrai, tellement elle me fascine, même si je ne comprends pas grand chose à ses bouquins) et j’ai discuté un peu avec les auteurs moins connus qui étaient présents sur les stands. Mon temps étant précieux, il me fallait le rentabiliser au mieux.

Je m’attendais à un évènement avec une foule compacte, mais j’aurais dû me souvenir que c’était une foire du livre, et non pas un truc style Salon du Bébé ou Salon du Mariage. J’ai apprécié le calme et la tranquilité, il n’y avait pas de bousculade. Même les files d’attente pur les gros bonnets du stylo, bien que très longues, étaient tranquilles. Ca m’a rendu la navigation en poussette plus aisée que prévue.

J’ai bien aimé papoter avec les auteurs que j’ai rencontré, ce qui a réveillé mon côté fan-girl. Ouais. Normalement je snobbe ce genre de truc, mais là j’ai demandé des autographes à tout va. Autant en profiter, n’est-ce pas? Le seul truc c’est que je ne savais pas trop quoi leur dire. J’aurais bien aimé prendre un chocolat chaud et papoter pour de vrai, mais en quelques minutes, à part dire « Merci » et « comment vous est venue l’inspiration pour ce livre? », y’a pas grand chose à développer.

Mademoiselle s’est réveillée alors que je me dirigeais vers la sortie. Nous nous sommes arrêtées au coin pic nic, où il y avait une très longue file pour l’unique stand de crêpes bretonnes, et nous avons pris notre goûter à l’ombre des champignons des Schtroumpfs.

Ce fut une journée mouvementée et enrichissante 🙂

Et je m’excuse encore si nous avons disséminé la varicelle à tout vent, mais encore une fois, l’incompétence de l’urgentiste est fautive!! Nous sommes allées lundi chez la pédiatre, qui a bien confirmé la varicelle.

Je conclue avec un article de La Libre qui dresse un joli bilan de la Foire.

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Merci aux bénévoles 🙂

Mes trouvailles:

Enfants: Dent, La Carrie, par Francette Bosquet (auteure) et Eric Creton (illustrateur) Page Facebook, Site web

Les éditions Issekinicho, beaux livres sur le Japon: site web

Fantasy: The Pink Tea Time Club, Cecile Guillot, Les editions Du Chat Noir: site web

Steampunk: Elixir de Nouvelles Steampunk, Delphine Schmitz, Edition Sema: site web

Québec: Le Plongeur, Stéphane Larue, Le Quartanier: site web

Science-fiction: Saga de la Famille du Prince Athorn, Armand Bourgeois, La Société des Ecrivains: site web

Philosophie: Cryogénie, Geoffrey Van Hecke, Mon Petit Editeur: site web

Développement personnel/best seller: Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en n’as qu’une, Raphaëlle Giordano: site web

Cuisine: Carnet de recettes végétariennes, Adèle Hugot, Editions Stéphane Bachès: site de l’éditeur, compte Twitter de l’auteure

Je suis aussi passée devant un stand qui proposait un livre au titre évocateur: Les vrais héros ne portent pas de slip rouge, par Axel Sénéquier. Je l’aurais sans doute pris si je n’avais pas déjà été hors budget.


Les photos sont tirées de la page Facebook de La Foire Du Livre et de son site web.

 

 

 

 

Contemporain/Contemporary

La Morsure De Lucius, K-lee Klein

klee-klein_fom1_lucius-bite1-275x370J’ai gagné La Morsure De Lucius lors d’un concours en ligne des éditions Reines Beaux, dont le blog Grimoire renard amour et carpates était partenaire.

La couverture, que vous pouvez admirer ci-contre, ne laissait pas du tout présager d’un type de roman que je lis d’habitude, qui sont plutôt « sérieux » (ou chiants, comme en diraient d’autres).

On dirait plutôt un Harlequin, avec ce beau jeune homme musclé et sa moue boudeuse. Bref, je me suis dit « pourquoi pas, ça changera un peu », d’autant que je n’avais pas lu d’Harlequin depuis mon adolescence.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai été très surprise, et que je ne regrette pas du tout ma participation à ce concours!


Résumé: Lucius est un jeune loup-garou qui se prépare à Yule (la version païenne de Noël) avec sa famille d’adoption: Ali, un sorcier qui l’a recueilli, et ses deux frères adoptifs, Kristof et Manny. La particularité de ce foyer magique, c’est qu’ils sont tous gay. Le soir de Yule, des invités humains arrivent. Et l’un d’entre eux, Nicu, va provoquer des drôles de réactions chez Lucius…


winter-christmas-tree-wallpaper-1920x1080En bref: Un genre que je n’avais jamais expérimenté auparavant! La romance gay fantastique érotique. Ouais. L’histoire est toute jolie, les personnages bien travaillés, et la traduction est impeccable. Pas du tout ce à quoi je m’attendais, une vraie bonne surprise!


Petite note: ce roman a pour sujet une histoire d’amour entre hommes, et contient des scènes de sexe très explicites. Si cela vous gêne, je prie de ne pas lire la suite et de vous dispenser de tout commentaire. Les avis divergeants sont bienvenus, tant qu’ils sont exprimés de manière respectueuse.


L’histoire (Attention! Spoilers): Lucius est un loup-garou de presque 25 ans. Rejeté par sa meute à la suite de la mort mystérieuse de son père, un alpha, il a connu pas mal de galères, pendant lesquelles il a rencontré son frère de coeur, Manny. Ce dernier est un puma-garou. Lucius est aussi brun, sarcastique et buté que Manny est blond et candide. Manny a été sévèrement passé à tabac avant sa rencontre avec Lucius, ce qui lui a laissé quelques séquelles (son odorat est notamment moins développé qu’un puma « normal »).

Ils ont été tiré du pétrin par Ali, un sorcier à la longue chevelure rousse hyper classe, qui fait office de figure paternelle. Pour venir compléter cette joyeuse troupe, Kristof, qui se change, lui, en ours, est venu rejoindre cette famille. Petite particularité, tous ses membres préfèrent les hommes (au sens « mâle » du terme).

Dans le chalet qu’ils occupent, en retrait d’une ville canadienne, les quatre hommes se préparent à fêter Yule (Noël païen). Ali et Manny ont des amants humains, qui ont été invités pour l’occasion. Lucius n’est pas très content, il n’aime pas les humains (car les humains les rejettent et puent!), mais promet de faire un effort. Par contre, il n’apprécie pas trop qu’Ali ait invité un autre humain pour lui.

chalet

Lorsque les invités arrivent, Lucius sent une odeur délicieuse, mais est pris de vertiges et s’évanouit. Lorsqu’il revient à lui, il se sent mal, oppressé, mais quelqu’un lui touche l’épaule et lui propose sont aide. Surement un foutu humain! Mais le contact de cette main lui apporte apaisement et détente; et le propriétaire de ladite main, en se penchant sur Lucius pour l’aider, ne peut s’empêcher de l’embrasser! Et quel baiser…

NicuNicu (prononcer « Nico », sinon ça sonne vraiment bizarre! et de toute façon c’est la bonne prononciation en roumain) est un très, TRES beau jeune homme aux yeux cuivrés et aux cheveux en dreadlocks. Plus un corps de rêve, bien sûr.

A chaque fois que Nicu le touche, Lucius fait un malaise. Il sent en même temps plein de choses, des sentiments qui s’éveillent, lui qui s’est toujours targué d’être auto-suffisant et de n’avoir besoin que de plans cul. Bref, il est tout dérouté.

Nicu l’adore, le vénère. Nicu a un secret: il est le compagnon spirituel de Lucius, ce qui veut dire que son destin – vivre ou mourir – dépendra du fait que Lucius l’accepte et le « marque » pour le faire sien. Il mourra le jour de son 25è anniversaire (le 1er janvier) si Lucius ne l’a pas « marqué », mais il lui est interdit de révéler à Lucius sa destiné si ce dernier choisit de ne pas le faire.

gays-holding-hands-2Nicu va devoir apprivoiser Lucius, qui se sent tout chamboulé, et les deux tourtereaux ne peuvent s’empêcher de se jeter l’un sur l’autre dès qu’ils sont proches.

Le désir qui ravage Lucius est incompréhensible pour ce dernier, car il est mêlé à quelque chose de nouveau: des émotions. En plus de ça, comme ils sont liés par le destin, Nicu peut « voir » ce qui se passe dans la tête de son adoré. Bref, c’est chelou, cette histoire.

Pendant que Lucius a des états d’âme, la santé de Nicu se détériore très rapidement. Il s’affaiblit de plus en plus à l’approche de la date fatidique (rappelez vous qu’il est arrivé à Noël, et qu’il a jusqu’au 1er janvier pour faire en sorte que Lucius ne le morde. Tic tac!). Voyant son amant dépérir, Lucius est mis au pied du mur et accepte ses sentiments. Il accepte que c’est plus qu’un plan cul, qu’il y a quelque chose de plus fort entre lui et Nicu…

arctic-wolf-1920x1200Cependant, Lucius est aussi un peu schizo, dans le sens ou deux entités l’habitent: sa version humaine et sa version loup. Et le loup en lui réclame de mordre Nicu, ce que Lucius ne veut pas faire. Il ne veut pas faire de mal à son chéri déjà si faible ( sauf qu’il ne sait pas que c’est ce qui le sauverait, mais c’est parce que c’est interdit par les règles. Rah làlà!).

Nicu finit par tomber dans le coma. Drâme. Lucius ne sait plus quoi faire. Il fait un rêve dans lequel il voit son père, qui lui explique qu’il avait lui aussi un compagnon spirituel. Malheureusement, son père a rejeté son compagnon. Ce dernier, pour ne pas mourir, a dû tuer le père de Lucius. Dans le rêve, le père de Lucius lui demande de ne pas faire la même erreur, mais d’accepter l’amour de son compganon spirituel, car à deux ils seront plus forts.

La lumière est donc faite sur la mort du paternel, mais Lucius ne sait toujours pas comment, en pratique, il doit faire. C’est Ali qui lui expliquera qu’il doit mêler son sang à celui de Nicu.

Tremblant mais confiant, Lucius essaie pour la première fois de sa vie de se transformer à moitié: toujours sous forme humaine, mais avec ses crocs acérés, il mord Nicu, et se taillade la main. Mêlant leurs sangs, il voit Nicu reprendre des couleurs et revenir à la vie.

Tout est bien qui finit bien, sauf que Nicu, qui n’était auparavant que douceur, a hérité du caractère de cochon de son chéri!

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Mon avis: Comme je l’ai dit plus haut, ce fut une grosse surprise! Je m’attendais à une romance (rapport à l’illustration toute en pecs et en abdos), mais pas gay, et encore moins fantastique! Je ne savais même pas que ce genre existait. Mais voilà qui est réparé, et mon instruction faite en la matière. Ignorante que j’étais 😉 En jetant un oeil au site de l’éditeur, je m’apperçois qu’il s’agit d’un éditeur spécialisé dans la romance en tout genre, promouvant le respect de l’autre. Super!

loveC’est un livre agréable et drôle à lire. Il se lit très vite.

Tout d’abord, big up à l’équipe de traduction. Pendant un long moment, j’ai cru que le roman avait été écrit par un auteur français. si, si. C’est pour vous dire.

Mais quelques détails m’ont mis la puce à l’oreille lors de ma lecture: le gitan qui s’exprime en anglais avec un léger accent – même si, Ok, l’histoire se passe au Canada, donc ça aurait pu être un auteur français fan du Canada?

Pas Québecois en tout cas, car il n’y avait aucune tournure de phrase québécoise. Et puis quand Nicu dit des mots doux en roumain à Lucius, celui-ci traduit phonétiquement avec des mots anglais.

C’est en regardant la biographie de l’auteure que je me suis rendue compte que le livre avait été traduit de l’anglais au français. Et ça ne se sent pas! en tant que traductrice, je peux vous dire que cela relève de l’exploit. on « sent » toujours la langue originelle sous la traduction, ce n’est pas facile de s’en détacher. Pas là. Chapeau.

canadaL’histoire est toute mimi, ça tourne presque au conte de fées. Les protagonistes sont hauts en couleurs sans tomber dans le cliché ou le ridicule. L’univers mis en place par l’auteur est convaincant parce qu’il est crédible.

A part le côté métamorphe et sorcellerie, il s’agit avant tout d’une famille de marginaux qui se protège du monde extérieur en vivant en retrait de la société, mais sans en être coupés. Sous ses airs de comédie romantique hot, ce livre offre aussi une bonne petite critique de la société et de l’acceptation des autres, tels qu’ils sont.

Les scènes de sexe gay – je dirais qu’elle sont crédibles, même si je n’ai aucune expérience en la matière ^^ Mais la passion et les sensations, on les a tous ressentis, homme ou femme, homo ou hétéro. Et j’ai trouvé que c’était plutôt bien rendu 🙂

Je ne sais pas si ça vient de l’auteure elle-même ou encore une fois de la traduction, mais on ne verse jamais dans le vulgaire. Alors oui, c’est vrai, on appelle un chat un chat (et si ça avait été une romance lesbienne, ceci aurait donné l’occasion d’un jeu de mot douteux!), mais ça ne m’a pas dérangé. J’ai trouvé cela plus honnête qu’autre chose. L’auteure ne joue pas les saintes nitouches, mais n’a pas besoin non plus de verser dans le vulgaire et le gore. Bref, encore une fois, chapeau! parce que c’est un exercice d’équilibriste.

printsLe fait que ça soit un huit-clos permet de se concentrer sur les sentiments des protagonistes, surtout notre cher Lucius. Les autres sont aussi bien fouillés, pas juste survolés. Manny je le kiffe grave!

Franchement, le fait que les gars puissent se métamorphoser, et que leur papa d’adoption (ou maman ourse, comme il surnomment Ali), rajoute un petit truc en plus, mais l’important dans cette histoire, ce sont les sentiments.

Certains trouveront peut-être que ça dégouline un peu trop d’amour. Moi je trouve ça juste chou.

en plus il y a des passages qui sont juste à se tordre de rire, comme lorsqu’Ali change Lucius en poulet en guise de punition. Je me suis bien marrée!

On vibre avec les personnages (sans mauvais jeu de mots, hein!). On ressent les tourments des premiers émois amoureux (même si 25 ans ça fait un peu tard, mais bon) avec Lucius, on se consume d’amour avec Nicu, et on se ronge les sangs quand le beau tzigane tombe dans les vapes.

Pour moi c’est une réussite sur tous les plans! Ah, sauf le mystère de la cicatrice de Nicu, mais je pense que ça sera élucidé dans le tome 2 de la série!


klee-klein2 L’auteure: K-lee Klein a vécu toute sa vie au Canada occidental. Mère de trois grands enfants, elle peine à contrôler son cerveau en ébullition, dans lequel de charmants jeunes hommes s’aiment et se disputent sur des scénarios variés.

Son mari et sa famille ne comprennent pas trop d’où vient son obsession pour les gays, mais ils la laissent faire, et ça lui réussit plutôt bien!  Son premier roman a été publié en 2011, et depuis, elle est heureuse de pouvoir vivre de sa plume.

Son site: http://kleeklein.com/kleinwebsite/


Produits dérivés: Il y a deux autres tomes dans cette série, consacrés à Ali et à Manny: L’Intuition D’Ali et Le Coeur De Manny

Contemporain/Contemporary, En anglais/in English, livres, USA

Middlesex – Jeffrey Eugenides (2002)

n950003Middlesex fait partie de la pile de livres que j’ai récupérée chez mon amie journaliste qui, déménageant à l’autre bout de la Terre, a dû faire du tri dans son imposante bibliothèque. Je me souviens d’ailleurs que ce titre se trouvait en plusieurs exemplaires, ça avait donc dû lui plaire (et je lui fais confiance à 100% en ce qui concerne la littérature).

Le nom de l’auteur, Jeffrey Eugenides, m’était vaguement familier… Ah oui, c’est lui qui a écrit Virgin Suicides, un best seller de mon adolescence mis en images par Sofia Coppola, avec entre autres Kristen Dunst et A.J. Cook. Encore un gage de qualité.

Je me suis donc aventurée dans ce pavé sans trop savoir à quoi m’attendre, mais en étant sûre que ce serait intéressant. J’ai lu Middlesex d’une traite, en une semaine, entre un mariage en Italie, les prémices de ma grossesse et la chaleur de l’été.


L’histoire: Middlesex est une fresque historique et (un peu) scientifique. On suit une famille grecque de Turquie qui va fuir à détroit, aux Etats-Unis, sur trois générations. L’histoire se déroule en deux parties: celle des grands parents et des parents de Callie/Cal, et celle de Callie/Cal à proprement parler.

Izmir

En 1922, Desdemona et Eleutherios « Lefty » Stephanides sont frère et soeur. Ils font partie de la communauté grecque qui vit en Asie mineure, soit la Turquie, dans le petit village de Bythinios sur l’Olympe de Bythinie (le Mont Ulu Dag).

View_of_the_city,_Bursa,_Turkey-LCCN2001699450Les parents des enfants Stephanides étaient cousins, une pratique courante dans ce village à l’époque. Ces derniers meurent, victimes de la guerre gréco-turque, laissant les enfants orphelins. Ils vivent de la culture des vers à soie. Desdemona les récolte, et Lefty les vend au marché de la grande ville la plus proche, Bursa (ou Brousse).

Les adolescents sont attirés l’un par l’autre, mais, de peur d’être jugés, ils s’efforcent de renier leurs sentiments. La guerre faisant rage, ils doivent quitter leur village et décident de fuir aux Etats-unis, où leur cousine pourra les accueillir. Pour cela ils doivent embarquer à Smyrne (aujourd’hui Izmir). Ils y font la connaissance d’un docteur qui soigne Lefty gracieusement.

Smyrne

La famille du docteur est massacrée par les turcs, et ce dernier ne veut plus vivre. Il est pourtant embarqué de force par Lefty et Desdemona, qui arrivent tant bien que mal à prendre place sur un bateau en prétendant être de nationalité française (tous les bateaux grecs ayant déjà quitté le port, les bateaux restants sont tous étrangers et réservent leurs places à leurs ressortissants). Le bateau de Lefty et Desdemona lève l’ancre alors que la ville est incendiée par les troupes d‘Atatürk et que sa population grèque est massacrée.

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Sur le bateau, personne ne les connait. Lefty et Desdemona s’abandonnent donc à leurs sentiments et se marient (souvenez vous que leurs parents étaient déjà cousins germains, ça ne fait donc pas beaucoup de brassage génétique, tout ça). Ils arrivent à New York, où les attend leur cousine Sourmelina, dite Lina, qui les emmène chez elle à Détroit.

Detroit;-Woodward-Ave;1920

Lefty y trouve un emploi à l’usine Ford, mais cela ne dure pas. Il s’associe donc à Jimmy, le mari de Lina, pour faire de la contrebande d’alcool (on est en pleine prohibition – Gatsby le magnifique, ça vous dit quelque chose?) en traversant en voiture la rivière du Détroit (qui donne son nom à la ville) en hiver, alors qu’elle est gelée.

ford factory

Lefty et Desdeomna ont deux enfant, Milton et Zoe. Quant à Lina, lesbienne mariée avec Jimmy pour sauver les apparences, elle se laisse aller un soir d’ivresse et donne naissance à Théodora, dite Tessie. Lefty ouvre un bar clandestin aux tabourets garnis de fausse fourrure zébrée, qu’il appelle le « Zebra Bar », au sous-sol de sa maison.

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Les cousins grandissent ensemble. Milton est un ado boutonneux et Tessie est la sensation du quartier. Quand à Zoe, elle est la petite dernière chouchoutée. Tessie est brièvement fiancée au pasteur Mike, un gars très gentil et très bon, mais trop lisse. Elle le quitte pour Milton, son cousin, avec qui elle se marie en 1946. Zoe « récupère » Mike et se marie avec lui, lui donnant quatre enfants et une famille bruyante.

Milton et Tessie ont deux enfants: « Chapitre 11 », un garçon, et Calliopé, dite Callie, une fille. Lors de la seconde grossesse de Tessie, Desdemona prédit que le bébé sera un garçon, mais à la naissance, le vieux médecin que Lefty avait sauvé des flammes à Smyrne effectue les contrôles du bébé et conclue que c’est une fille au vu de son appareil génital. C’est maintenant que commence l’histoire de Calliopé, et par la même occasion, les choses sérieuses.

Le magnifique schéma ci-dessous illustre très bien les relations familiales complexes de cette famille où l’inceste est chose courante:

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Callie grandit dans une famille aimante, entourée d’un père, Milton, dévoré par l’ambition. Milton commence par un fast food de rue, pour ensuite développer une chaîne de restaurant qui lui apportera le confort matériel. Lors des émeutes de 1967, qui voient la population noire de Détroit affronter la police puis l’armée américaine, la maison des Stephanides est pillée. La famille déménage donc à Grosse Pointe, la banlieue huppée de Détroit, dans une maison moderne sur le boulevard Middlesex.

Callie a une très bonne copine d’école, l’Obscur Objet, avec qui elle va connaître ses premiers émois. Elle va aussi fricoter avec le frère de cette dernière. Callie sait tout au fond d’elle qu’elle n’est pas comme ses copines d’école. Elle se cache dans les vestiaires, et fait semblant d’avoir ses règles (qui ne viendront jamais). Un jour, Callie a un accident, et doit être emmenée à l’hôpital. C’est à ce moment là qu’on découvre sa différence: son clitoris est bien trop gros pour n’être qu’un clitoris. C’est en fait un tout petit pénis.

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S’en suivent des jours et des jours d’examens physiques et mentaux, éprouvants pour Callie et sa famille. Callie est « intersex », entre le mâle et la femelle. Génétiquement, elle est XY, donc mâle. Mais physiquement, elle est entre les deux. Cette anomalie génétique était fréquente dans le village de ses grands-parents, et grâce au non-brassage génétique de sa famille, ses deux parents, tous les deux porteurs récessifs, ont fait un enfant porteur dominant. La prédiction de Desdemona se vérifie: l’enfant de Tessa est bien un garçon.

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Callie fugue, embrassant son statut masculin, et se fait appeler Cal. Il fait toutes sortes de rencontres qui l’aideront à appréhender sa sexualité. Il est pris en stop par un homosexuel qui préfère les jeunes garçons, mais avec qui il ne se passera rien. Cal finit par trouver un emploi dans un freak peep-show (un genre de club de strip tease spécialisé dans les numéros mettant en scène des gens atteints de déformation). Il y rencontre d’autres intersex, avec qui il échange.

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Pendant ce temps, à la maison, ses parents sont morts d’inquiétude. Son père reçoit des coups de fil anonymes lui disant qu’il tient Callie, lui donnant pour preuve des informations qu’elle seule peut détenir. Milton accepte de payer une rançon contre sa fille, et convient d’un rendez-vous pour échanger une valise de dollars contre Callie. Il se rend compte que c’est le Père Michaël, son beau frère, qui est derrière tout ça, et le prend en chasse en voiture. Malheureusement, Milton et Michaël dérapent sur le pont qui traverse la rivière Détroit, et plongent tous les deux vers la mort.

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Lorsque Cal rentre enfin chez lui, après que son lieu de travail ait subit une descente de police et que son grand-frère soit venu le chercher au poste, il trouve sa famille en deuil. Cal embrasse sa nouvelle identité en accomplissant un rituel grec exclusivement masculin: il reste à la maison pendant les funérailles de son père, et barre l’entrée au fantôme du défunt.


Mon avis: à lire absolument! Cependant, vu les thèmes abordés, je ne pense pas que ce livre soit à mettre en toutes mains. Commençons par le commencement pour cette revue.

Jeffrey Eugenides est un virtuose des mots. Ils les enroule autour de sa plume en longues phrases au rythme chaloupé. Rien que pour ça, le bouquin vaut le détour.

Le style de narration est aussi très intéressant. C’est Cal, adulte et âgé d’une quarantaine d’années, qui a manifestement réussi dans la vie puisqu’il est diplomate, qui nous raconte son histoire, et celle de sa famille. Tous les passages où il n’est pas présent (soit parce qu’il n’est pas encore né-e, soit parce qu’il est en fugue), il imagine ce qui s’est passé dans la tête des protagonistes et le rend d’une manière très poétique.

La manière dont il raconte l’histoire de sa conception de l’intérieur, la manière dont le spermatozoïde a rencontré l’ovule, comment il se sentait dans le ventre de sa mère, et sa sortie vers le monde extérieur, est emprunt de magie. Je pense qu’on aimerait tous se rappeler de comment c’était, dans cette vie antérieure.

L’atout majeur de ce livre, outre la magnifique narration, est bien sur tout ce que l’on y apprend. Middlesex est à la fois une fresque historique, un roman et un traité de science. Je développerai plus loin les grands thèmes abordés. On s’attache aussi aux personnages très vite.

17 Dec 1970, England, UK --- Actor Jack Good as Othello, strangling his wife Desdemona, played by actress, Sharon Gurney, 1970. --- Image by © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS
17 Dec 1970, England, UK — Actor Jack Good as Othello, strangling his wife Desdemona, played by actress, Sharon Gurney, 1970. — Image by © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

J’ai flashé sur le prénom de la grand-mère, Desdemona. Desdémone est la femme d’Othello, un drame shakespearien dont un opéra a été tiré, et que j’avais étudié en CM2 – super prof de musique! Othello est très jaloux, et le méchant Iago (référence pour la gamine que j’étais, Iago est aussi le perroquet du méchant vizir dans Alladin (oui, le dessin animé de Disney!)) le manipule en lui faisant croire que sa femme le trompe. Bien sur, elle est innocente, mais le doute est là, et Othello finit par étrangler sa douce. Tragique. Bref, tout ça pour dire que ce prénom à réveillé tout plein de choses, et que d’une manière ou d’une autre, il a joué le rôle de madeleine de Proust.

Desdemona est donc destinée à être un personnage de tragédie. Tragédie de la mort de ses parents, tragédie de son attirance pour son frère, tragédie de sa fuite, tragédie, tragédie… et puis elle est grecque, la tragédie, ça lui coule dans les veines. « Desdemona » veut d’ailleurs dire « celle qui n’a pas de chance ». Tout un programme!

Plusieurs thèmes sont abordés au travers de personnages aux parcours différents, et tout s’enchaîne de manière fluide. Les thèmes sont développés de manière assez poussée, mais sans tourner au cours magistral. C’est un roman, pas un essai. Il y a vraiment plusieurs grilles de lecture possible pour ce roman, chose que j’ai beaucoup aimé. Je tenterai de les aborder un peu plus loin.

svhybridMiddlesex porte vraiment bien son nom: c’est à la foi le nom d’une rue de Detroit qui existe véritablement, et bien sur une référence au fait que Cal-lie soit du « sexe du milieu ». J’adore! Trop bien trouvé.

Pour résumer, un roman fleuve/pavé, instructif, avec beaucoup de rebondissements, et par lequel on apprend vraiment, mais VRAIMENT beaucoup de choses.

L’intersexualité aurait pu être suffisant, mais non, Eugenides a aussi voulu y mettre de l’histoire (pas seulement américaine, mais aussi gréco-turque, excusez-moi du peu!), et une critique de la société américaine à travers l’histoire d’une ville emblématique de l’American Dream. Bref, un chef d’oeuvre.


220px-General_Mustafa_KemalLes thèmes abordés: Les évènements historiques sont rendus de manière à être intrinsèquement liés à l’intrigue – ça ne fait donc pas du tout cours d’histoire – mais on apprend qui était Kemal Atatürk (étant donné l’actualité de la Turquie, c’est intéressant d’assister « de l’intérieur » à sa création) et dans quelles conditions il a imposé la suprématie turque sur le territoire.

Aux Etats-Unis, suivre l’évolution de la ville de Detroit a tout simplement été passionnant: de la prohibition en passant par les heures de gloire du fordisme, pour ensuite commencer à doucement décliner, jusqu’à ne devenir que cette coquille vide d’une ville en faillite (le roman ne va pas jusque là, mais presque).

Detroit

L’immigration est aussi un thème qui est largement traité, et ce qui va de pair avec, c’est bien sur la question de l’intégration. Lefty, le mari de Desdemona, veut absolument être américain, et fait tout pour se fondre dans la masse, tandis que cette dernière s’accroche désespérément à ses racines.

Il est aussi intéressant de suivre l’évolution de la situation financière de la famille Stephanides. Lefty et Desdemona arrivent sans rien en poche, et bénéficient de l’aide de leur cousine Lina. Ils vivent donc à ses crochets les premiers temps. Puis Lefty a assez d’argent de côté pour avoir sa propre maison. Enfin, son fils Milton va faire fortune avec sa chaîne de restaurants, et va déménager avec toute la famille dans une grande maison du quartier huppé de Detroit. L’accueil que la famille reçoit, en tant que nouveaux riches, est assez froid, mais fuck that shit! D’ailleurs, pour se faire plaisir, Milton s’achète une nouvelle voiture de luxe régulièrement. Because he can!

Le frère de Callie, le curieusement nommé Chapitre 11 (il doit y avoir une raison, mais je ne m’en souviens pas), nous emmène dans le courant hippie. Il fume des trucs pas nets, arrête ses études, et balance à son père qu’il n’en n’a que pour le pognon. Son papa lui fait remarquer, à juste titre, que sans tout cet argent, qu’il a gagné à la sueur de son front, Chapitre 11 ne pourrait se permettre sa petite rébellion.

L’American Dream est aussi mis à mal par la dépression de Tessa, la mère de Cal. Elle a « tout pour être heureuse », mais elle sombre lentement. Une belle maison et mari riche, ça ne suffit pas, d’où la rébellion de Chapitre 11. On effleure aussi Alzeimer, lorsque Lefty, le grand-père de Callie, perd doucement la mémoire, jusqu’à ne se souvenir que de ses jeux d’enfant avec Desdemona.


intersx6L’intersexualité comme thème principal: C’est une condition très peu connue, que j’avais découverte il y a des années en lisant un manga (IS, de Chiyo Rokuhana) qui traitait du sujet. Le diagramme ci-contre explique très bien ce qu’est un être intersexué: il n’est ni mâle, ni femelle, mais les deux en même temps.

On les a longtemps appelés « hermaphrodites », en référence à la légende grecque – mais bon, ça sonnait un peu péjoratif, vu qu’on utilise ce terme aussi pour les escargots, donc « intersex » est le mot correct à utiliser (je m’excuse d’avance si j’ai écrit quelque chose incorrect ou si j’ai mis les pieds dans le plat, si vous vous y connaissez sur le sujet, n’hésitez pas à venir apporter des compléments d’information à cet article ou à rectifier).

Hermaphroditus05Pour rappel, Hermaphroditus était le fils d’Hermès et d’Aphrodite (dieu messager (celui avec des petites ailes aux talons) et déesse de l’amour (celle qui sort des eaux sur un grand coquillage)). Une nymphe s’éprit de lui, mais elle le saoulait un peu (mon interprétation; hihihi!), donc il s’enfuit. La nymphe jura de ne jamais être séparée de lui. Son voeux fut exaucé, et bam! Voila Hermaphroditus et la nymphe fusionnés, donnant naissance à un être à la fois mâle et femelle.

On suit donc Callie, chez qui l’inceste répété a fait que le gène dormant de l’intersexualité s’est réveillé (arrières grands-parents cousins, grands-parents frère et soeur, parents cousins… Oups!). Callie grandit comme une petite fille normale, même si elle est un peu amoureuse de sa copine d’école.

A l’adolescence, elle sent que quelque chose cloche. Pas de règles, pas de poitrine, et c’est quoi ce très gros clitoris? Elle se cache dans les vestiaires, teinte des serviettes hygiéniques avec de l’encre rouge, et rembourre son sous-tif. Premiers émois sexuels avec une copine, et puis « défloraison » avec le frère de celle-ci (presque un viol, en fait). Cela ne plaît pas du tout à Callie d’ailleurs.

Callie va vivre des moments humiliants lors de la découverte de son intersexualité. Traitée en bête de foire par les médecins, soumise à une batterie de tests, elle me rappelle tou à fait les femmes victimes de violences obstétriques. En gros, tout le monde passe son temps à regarder entre ses jambes. Ouais, trop glamour.

Lors de sa fugue, Cal va rencontrer d’autres intersex, tous avec des caractéristiques physiques différentes. Il rencontre notamment cette magnifique jeune femme, bombe sexuelle, qui est en fait aussi XYY (donc à dominante masculine). Elle a décidé de vivre en tant que femme, alors que Cal veut être un homme. Elle travaille aussi dans le Freak Peep Show, mais en dehors de ça, elle fait des recherches intensives sur l’intersexualité et écrit. C’est elle qui fait l’éducation de Cal.

En paix avec lui-même, Cal peut rentrer au bercail après sa fugue initiatique. Son père décédé, il embrasse totalement sa nouvelle identité en décidant de suivre une tradition de deuil grecque que seuls les fils de la famille peuvent accomplir. La boucle est bouclée, Cal est un homme.

J’ai le souvenir d’une petite phrase que Cal dit à son frère, lorsqu’il vient le chercher au poste de police, pour le ramener à la maison. Il lui explique qu’il bénéficie des avantages des deux sexes. Ca veut dire que Cal ne perdra jamais ses cheveux, comme c’est le cas de son frère. J’ai trouvé cette anecdote super 🙂


n950003Les différentes jaquettes: elles reprennent chacune l’un de nombreux thèmes abordés par l’oeuvre, que ce soit l’intersexualité, l’immigration, le filage de la soie (les paillons bombyx) ou encore le trafic d’alcool. Je les trouve toutes très réussies.

L’édition que j’ai lue représente une plante à bulbe surmontée de plusieurs fleurs. J’avoue ne pas trop voir le rapport – peuit-être sur le fait qu’un seul être est multiple?

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JEL’auteur: Jeffrey Eugenides est un écrivain américain d’origine grecque, né en 1960. Il a grandit à Detroit. Eugenides a très vite su qu’il voulait être écrivain, et a donc étudié la littérature avant de se lancer.

Il est l’auteur de Virgin Suicides, qui a été adapté au cinéma par Sofia Coppola, de Middlesex, qui reçu plusieurs prix, dont le Pulitzer et le Prix Medicis, et enfin de The Marriage Plot, en cours d’adaptation pour la télévision.

Eugenides s’est largement inspiré de sa propre vie pour le personnage de Cal-lie: ses grands-parents ont fuit l’Asie mineure, et il adore sa ville natale, Detroit. Il est marié avec une japonaise, et Cal adulte rencontre aussi une japonaise. La similitude s’arrête là, pour ceux qui se poseraient la question!

J’avais lu Virgin Suicides au lycée, lors de la sortie du film, et avais été très marquée par les descriptions de la dégradation de la maison des cinq soeurs. Eugenides a incontestablement un grand talent pour nous amener au coeur de l’action et nous faire vivre les situations qu’il dépeint.

Un auteur très minutieux, qui aime le travail bien fait, et qui prend son temps.

Un auteur à suivre, donc.

http://www.editorialdesignserved.co/gallery/Princeton-Magazine/621504
http://www.editorialdesignserved.co/gallery/Princeton-Magazine/621504

Pour aller plus loin:

En français:

Un portrait de Jeffrey Eugenides par Le Monde

Une critique de Middlesex par Les Libraires

Le dossier France Culture consacré aux intersex, avec une lecture de Middlesex et des reportages

En anglais:

Une explication du processus d’écriture de Middlesex par Wikipedia (anglais)

Une critique de Middlesex par le New York Times

Une autre critique du livre par The New York Review Of Books

Le manga IS de Chiyo Rokuhana

Bibliorue, Book crossing, Contemporain/Contemporary, En français/In French, Roman/Novel, Science fiction, USA

Le Temps N’est Rien (The Time Traveller’s Wife) Audrey Nieffenegger, 2003

51WsjMRpzmL__SX307_BO1,204,203,200_Samedi dernier, je suis passée devant la boite à livres qui est près de chez moi. Pour une fois, elle était assez remplie. Je me suis dit que je ne pouvais pas tout prendre (quand même!), et entre une biographie de Simone Veil et Le Temps N’Est Rien, je me suis décidée pour le dernier.

Pour me justifier, je dirais juste que j’avais envie d’une lecture pas trop prise de tête, et que j’espère très très fort que la biographie de Mme Veil sera toujours là quand je repasserai… 😉

Il me semble que j’avais vu le film, mais j’en garde un souvenir confus. Il se pourrait bien que je l’ai visionné dans l’avion, et que je me sois endormie à un moment (ou qu’on ait atterri, ce qui est toujours source de frustration car je ne peux pas finir mon film! D’ailleurs la plupart du temps je continue à regarder même quand les hôtesses ont ramassé les écouteurs, mais je digresse).

J’aime bien les histoires de voyage dans le temps, les trucs à la Benjamin Button. Voilà, j’ai donc commencé ce livre samedi après-midi, et je l’ai fini le dimanche soir juste avant minuit, avec entre les deux ma fille et ma vie en général. Bref, une très bonne lecture!


Traduction et illustration autour du monde: Littéralement, le titre original anglais, The Time Traveler’s Wife, se traduit par « La femme de l’homme qui voyageait dans le temps ». Peut-être un peu long, et moins efficace qu’en anglais? Toujours est-il qu’on perd un peu de sens dans cette traduction.

En anglais, l’accent est mis sur l’épouse de cet homme mystérieux, alors qu’en français, le titre plus flou – Ok, on a à faire à une histoire dans laquelle le temps peut jouer un rôle, mais lequel exactement?  Et pourtant, je préfère le titre français, qui fait la part belle au couple qui est au centre de ce livre, et non à seulement l’un des deux protagonistes. Je trouve cela plus équitable (vous verrez pourquoi quand je vous expliquerait le processus de narration).

« Le temps n’est rien » est une citation tirée du livre, une phrase que dit le voyageur à sa femme. J’aime bien aussi le titre en français du film qui a été tiré du livre: Hors du temps.

Dans les autres langues, le titre anglais a été respecté, et la plupart du temps, la jaquette originale a été reprise: on y voit le bas du corps d’une petite fille habillée en écolière dans un champs (le Pré), et sur le sol à côté d’elle, un tas de vêtements, des chaussures d’hommes et un thermos de café. Dans beaucoup de langues, l’affiche du film a aussi été reprise après sa sortie.

J’ai fait une sélection des illustrations qui m’ont le plus intéressée. Certaines montrent une montre de gousset, une petite fille qui attend, une femme solitaire, des amants qui n’arrivent pas à se rejoindre, ou encore un voyageur solitaire. Celle que je préfère est l’édition portugaise, où l’on voit une petite fille rousse hilare dont la chevelure est balayée par le vent, semblable aux banches de l’arbre en arrière-plan, dans le soleil couchant.


L’histoire: Henry DeTamble voyage dans le temps malgré lui. Il a une vie « linéaire » avec un passé, un présent et un futur, mais il fait des bonds dans les deux directions, sans aucun moyen de maîtriser sa « différence ». Le petit Henry naît à Chicago d’une mère chanteuse d’opéra et d’un père violoniste, tous deux virtuoses en leur domaine. Enfance heureuse, parents fous l’un de l’autre et de musique. Par contre, Henry n’a pas du tout l’oreille musicale, et chante faux.

henry and HenryLa première fois qu’il voyage dans le temps, il a cinq ans, et retourne dans un musée qu’il a visité et adoré. Là, l’attend son « lui » plus vieux, qui vient donc du futur. Deux versions d’Henry ensemble, en somme. Le « grand » Henry apprend au « petit » Henry à survivre lors de ces flash temporels.

Les symptômes: vision qui se trouble, nausée, vertiges. Les effets: Henry n’emporte que son corps avec lui, il est donc nu. Il doit se débrouiller pour trouver de quoi se vêtir, de l’argent, et une planque. Et surtout, il s’entraine à courir, car se retrouver tout nu entraîne bien souvent des quiproquos. Henry se base sur ses propre souvenirs d’enfance pour ces leçons de survie (Henry m’avais appris ceci, c’est donc ce que je dois enseigner au petit moi-même).

La vie d’Henry bascule le jour où sa mère meurt dans un accident de voiture, le jour de Noël. Henry aurait lui aussi dû mourir, mais il se volatilise juste à temps pour échapper à la mort. S’en suit une période de vie sombre, pendant laquelle le père d’Henry, Richard, sombre dans l’alcool.

Sa relation avec son père atteint son paroxysme lorsqu’un soir, ce dernier ouvre la porte de la chambre de son fils, pour le trouver à converser avec un lui-même à peine plus âgé, qui vient de quelques mois dans le futur. Henry devient bibliothécaire et déménage dans un studio. Il boit beaucoup, se drogue, et sort avec Ingrid Carmichel, une blonde plantureuse folle de lui mais dont il n’a rien en commun, hormis la drogue et le sexe.

claire sixHuit après Henry, naît Clare Abshire, dans une belle demeure au milieu de la campagne américaine. Bonne famille bien sous tout rapports, un frère aîné et une soeur cadette, une immense maison, une gouvernante et une cuisinière. Bref, la bourgeoisie américaine. Clare aime bien aller dans le Pré, une clairière dans le bois qui est derrière sa maison, et où elle se rend lorsqu’elle a envie de lire un livre ou de jouer tranquille, toute seule.

Clare a six ans lorsqu’Henry se matérialise dans le Pré pour la première fois. Elle n’a pas peur, ils font connaissance, et du haut de ses six ans, comprend tout à fait cette histoire de voyager dans le temps. Henry lui donne d’ailleurs toute une série de dates auxquelles il reviendra. Clare a donc à faire à un Henry déjà âgé, qui a déjà fait beaucoup de voyages temporels dans le Pré avant, et qui a rencontré Clare plusieurs fois.

picnic dans le pre

Tout au long de son enfance et de son adolescence, Clare rencontre Henry dans la clairière. Elle lui laisse toujours des vêtements et de quoi se rassasier, et lui aménage même une cachette dans le sous-sol de sa maison. Lorsqu’elle est enfant, Henry aide Clare avec ses devoirs, lui apprends le français et l’allemand, et des poèmes. A l’adolescence, il doit résister au gringe que lui fait Clare.

Elle sait qu’ils vont se marier dans le futur. Henry fait très attention à ne pas trop en dévoiler, car leur rencontre dans le temps présent doit se faire de manière naturelle et spontanée. Pourtant, il laisse à Clare quelques trucs pour le futur, comme une note à l’attention de son futur docteur.

Clare grandit et s’installe à Chicago pour étudier l’art. Sa spécialité: des structures de fil de fer habillées de papier qu’elle fabrique elle-même. Un jour, à la bibliothèque, elle rencontre Henry, le bibliothécaire, qui a 26 ans et aucune idée de qui est Clare. Celle-ci l’invite à boire un coup pour lui expliquer qu’elle le connaît depuis son enfance. Enfin, pas lui, là, maintenant tout de suite, mais des versions plus âgées de lui. Leur histoire commence sur les chapeaux de roue.

meeting at the library

Mais Clare déchante vite. Le Henry du présent a mauvaise réputation. Il baise tout ce qui passe, a déjà une copine (Ingrid, la blonde sculpturale), et est alcoolique. Rien à voir avec l’homme qu’elle connaît. Et maintenant, tout comme Henry avait du être très prudent quant à ce qu’il lui disait du futur quand il lui rendait visite enfant, c’est à elle de lui taire ce qu’il fera dans son futur à lui, lorsqu’il lui rendra visite. Ce qu’elle lui a confié/lui confiera. Ce qu’ils ont fait/feront ensemble. Car le Henry de son enfance n’existe pas encore, et c’est à elle de le guider vers l’homme qu’il deviendra.

Clare et Henry se marient, non sans quelques appréhensions, car les voyages de Henry sont souvent causés par des moments de stress ou de panique. D’ailleurs, il s’éclipse, mais heureusement son « moi » du futur le remplace pendant la cérémonie, et tout le monde n’y voit que du feu. Le jeune couple s’installe dans un appartement trop petit, dans lequel la créativité de Clare est à l’étroit. Aussi Henry décide-t-il de faire fi de ses principes et de les faire gagner au loto, afin qu’ils puissent s’acheter une maison pourvue d’un studio assez grand pour son artiste de femme.

wedding dance

Henry voit beaucoup de médecins, mais c’est le docteur Kendrick qui sera le premier à le croire, grâce à un petit subterfuge (Henry lui remet un papier sur lequel sont notés les prénoms, le poids, la date et l’heure de naissance de ses enfants, pas encore nés, et le handicap de l’un d’entre eux). Ah, et aussi, Henry disparaît devant ses yeux, ce qui aide quand même pas mal.

Kendrick va donc essayer plein de choses, faire des expériences sur des souris, séquencer le génome d’Henry, et surtout essayer de trouver un remède miracle à sa chrono-déficience, puisque c’est comme cela que ça s’appelle.

En attendant, Clare et Henry décident de faire un bébé, mais ça ne marche pas. Clare fait fausse couche sur fausse couche. Sa créativité en prend un coup, son couple aussi. Clare est obsédée et veut à tout pris un enfant. Kendrick leur explique que toutes ses souris chrono-déficientes enceintes sont mortes car le foetus disparaissait de l’utérus de la maman pour réapparaître un peu plus tard. Bref, quand on est foetus, il ne faut pas s’amuser à ce genre de chose, ça vous tue et ça met en danger votre maman.

Claire pregnant

Henry n’en peut plus de voir sa femme dans cet état et décide de couper le robinet – au sens propre, puisqu’il subit une vasectomie. Mais un Henry un peu plus jeune rend une nuit visite à Clare, un Henry encore en possession de ses petits nageurs, et bam! Clare est à nouveau enceinte. Plus ou moins à ce moment là, Kendrick a trouvé le moyen de stabiliser les souris chrono-déficientes enceintes, et Clare mène sa grossesse à terme.

Henry fait un voyage dans le futur juste avant que Clare n’accouche, et rencontre sa fille, Alba, âgée de 10 ans. Elle est contente de le voir, mais elle est en pleine sortie scolaire, et sa maîtresse peine à croire qu’il s’agisse bien de son père, puisque celui-ci est.. décédé.

Henry encaisse le coup, et découvre qu’il est mort lorsqu’Alba avait 5 ans. En discutant, il apprend qu’Alba est très douée en violon, et que c’est son grand-père qui se charge de son éducation musicale.

Alba est elle aussi chrono-déficiente, mais contrairement à son père, elle peut décider du lieu et de l’époque où elle va atterrir. C’est ainsi qu’elle a pu écouter sa grand-mère chanter à l’opéra. Avertie de la présence d’Henry, Clare rapplique illico, trop contente de revoir son mari disparu, mais Henry s’évapore avant qu’ils ne puissent se toucher la main.

Alba-and-Henry-talk-Time-Travelers-Wife

De retour dans le présent, Henry peut rassurer Clare sur le fait que leur bébé va vivre et devenir une chouette petite fille, maligne et accomplie. La naissance d’Alba se passe bien, même si Henry disparaît pendant 10 min. Il est cependant de retour juste à temps pour cueillir sa fille nouvelle-née lorsqu’elle pointe le bout de son nez.

Une nuit d’hiver, Henry et Clare reçoivent un coup de fil d’urgence d’un Henry du futur qui s’est matérialisé dans un parking. ll fait -26 et il gèle. Les DeTamble attrapent Alba et foncent vers le parking indiqué, mais personne ne s’y trouve. Le Henry du futur est déjà reparti dans son présent.

Alba grandit et fait la joie de ses parents. Elle sauve son grand-père Richard de l’alcoolisme en devenant une élève violoniste investie et douée. Elle joue souvent avec une version plus âgée d’elle-même qui vient lui rendre visite du futur.

Un jour, Henry voyage dans le passé, et se retrouve dans le Pré, derrière la maison des parents de Clare. C’est l’automne, à l’aube. Il s’habille avec les vêtements que la Clare de 13 ans lui a laissé, et commence à marcher. Deux homme chassent, et tirent sur une masse sombre qui se trouve dans le Pré aussi. Une voix s’élève, désespérée, criant « Clare! Clare! ». Les deux hommes, le père et le frère de Clare, ainsi qu’Henry, se précipitent vers la voie. Mais quand ils arrivent, il n’y a plus rien. Juste une trace de sang. Henry comprend qu’il vient d’assister à sa propre mort. Dans le futur, il se fera tirer dessus et en mourra. Et il sait déjà quand: quand Alba aura cinq ans.

Henry naked 1Il rentre dans le présent, perturbé. Clare sent que quelque chose ne va pas, mais Henry ne veut rien lui dire. Un jour, il disparaît, et revient tremblant de froid. Il a fait un saut dans le temps, cette fois où il faisait horriblement froid et qu’il a appelé à la maison, en pleine nuit. Le temps qu’ils n’arrivent, l’Henry du futur avait eu le temps d’avoir de profondes engelures aux pieds, une hypothermie prononcée, et de retourner dans le présent.

Emmené à l’hôpital, Henry doit être amputé des deux pieds. Il sombre dans la mélancolie, jusqu’au jour où il décide de se secouer les puces, et de préparer son départ. Alba a cinq ans, il sait qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il fait une série de vidéos dans lesquelles il lui apprend à survivre, tout comme il avait appris cela au jeune Henry: crocheter des serrures, voler un portefeuille, trouver des habits, se fondre dans la masse. Il apprend aussi à Clare à cuisiner, elle qui n’a jamais su rien faire en cuisine.

Pour Noël, les DeTamble organisent une fête à laquelle sont conviés tous leurs amis. C’est une belle soirée froide. Henry demande à ses meilleurs amis de le rejoindre sur la terrasse, où il leur fait ses adieux. Puis il fait de même avec Clare. Il lui explique qu’elle le reverra lorsqu’elle sera très vieille, puis il disparaît.

Time-Travelers-Wife-house-Christmas-tree

Il se matérialise dans le Pré, chez les parents de Clare. C’est l’automne, au petit matin. Il n’a plus de pieds, il ne peut pas se lever, ni se déplacer. Il sait ce qui va se passer. Henry voit les deux silhouettes des chasseurs mais ne peut rien faire. Il entend la détonation, et sent la balle lui déchirer les entrailles. Il veut voir Clare. Il crie « Clare! Clare! » avant de disparaître, pour réapparaître dans le présent, le soir de Noël, chez lui.

En mourant, il dit à sa femme « Le temps n’est rien ». Clare déprime après la mort de son mari, mais après quelques temps, elle se ressaisit et se remet au travail. Alba rencontre son père régulièrement dans le futur. Mais Henry n’apparaît jamais à Clare.

Enfin, un soir, alors qu’elle est très vieille, Clare sent une présence derrière elle: c’est Henry, qui comme promis, lui rend visite du passé, une dernière fois.

Henry disappears


Mon avis: une tuerie! J’ai vraiment adoré ce bouquin. J’ai lu la traduction française, mais d’après ce que j’ai pu voir, les phrase des l’auteur sont efficaces, sans trop de fioritures.

Le style de narration: tout le récit est au présent. Pas de temps passé ou futur. Le récit est à deux voix: celle de Clare et d’Henry. A chaque début de paragraphe est indiqué qui narre la scène, et quel âge ont les deux protagonistes. Il arrive qu’Henry soit là simultanément, on a donc le droit à des choses du style « 1988, Clare a 20 ans, Henry a 15 et 43 ans » (j’invente, c’est un exemple).

Un petit peu de philo: tout le livre sous-tend la question de la perception du temps, du déterminisme et du libre-arbitre. Par exemple, lorsque le petit Henry voyage dans le temps pour la première fois, il ne sait pas ce qu’il lui arrive. Pourtant, le grand Henry est là à l’attendre. Ce dernier ne savait pas à quelle époque il avait atterri, jusqu’à ce qu’il retrouve son petit lui-même, et se souvienne de ce qu’il avait fait avec le grand Henry. C’est donc grâce à ses souvenirs d’enfance que le grand Henry sait ce qu’il doit faire avec le petit Henry.

Henry young

Henry essaie quelques fois de changer le cour des choses, comme l’accident qui coûte la vie à sa maman. Il retourne sur les lieux des dizaines de fois, à des âges différents, mais jamais il ne peut rien changer. Donc même s’il le voulait, il ne pourrait pas changer non plus la manière dont il agit avec le petit Henry lorsqu’il le rencontre, une fois adulte. Ce qui s’est passé ne peut être changé… Que cela soit arrivé dans le passé, ou dans le futur.

Clare s’accroche aussi à cette bouée. Elle sait qu’Henry et elle vont se marier. Elle prend donc des risques, adolescente, en conduisant, certaine qu’elle ne mourra pas, puisqu’elle doit se marier avec Henry. Logique implacable. Lorsqu’elle est enceinte d’Alba, et qu’Henry lui explique qu’il a rencontré leur fille âgée de 10 ans, elle sait aussi qu’elle ne perdra pas ce bébé, qu’il vivra et deviendra une petite fille vive et pleine de curiosité.

Si les choses sont déjà arrivées, qu’en est-il alors de notre libre arbitre? Clare a-t-elle vraiment d’autre choix que de tomber amoureuse d’Henry? Ca me rappelle cette série de mon adolescence: « Sliders, les mondes parallèles ». Les mondes parallèles se développaient chaque fois qu’une personne prenait une décision au lieu d’une autre. Si elle avait pris la décision A, alors le monde évoluait de telle manière, alors que si elle avait pris la décision B, le monde tournait d’une autre. De fil en aiguille, une multitude de mondes parallèles s’étaient développés.

Ici point de mondes parallèle, par contre. Notre monde a une histoire, une chronologie, et les évènements arrivent tels qu’ils sont destinées à se passer. Et l’on n’y peut rien. Les amoureux passent pas mal de temps à s’interroger là dessus. Henry a aussi pour règle de ne jamais révéler aux autres ce que leur réserve leur futur. Ce que je trouve bien 😉

La psychologie des personnages: c’est un point que j’ai trouvé très bien développé par l’auteure. On a une galerie de personnages très différents, qui ne sont pas du tout lisses, ce qui est très appréciable quand on lit une romance.

Henry et son père sont tous les deux alcooliques car ils ne sont pas arrivés à faire leur deuil. Henry est rongé par la culpabilité, il pense qu’il aurait dû mourir aussi cette nuit là. Depuis, Noël est un cauchemar pour lui (l’accident avait eu lieu à ce moment là). Richard, son père, ne se remet pas d’avoir perdu l’amour de sa vie, en veut vaguement à son fils, et est effrayé par sa chrono-déficience. Père et fils ont rompu la communication, et sont pratiquement au point de non-retour.

La mère de Clare est maniaco-dépressive. Elle fait des crises de nerfs que sa famille « bien sous tous rapports » juge « embarrassantes », et rabaisse ses enfants. Les parents de Clare passent d’ailleurs le plus clair de leur temps à se disputer – contrairement à ceux d’Henry, qui vivaient en osmose. Deux modèles familiaux aux antipodes.

Ingrid Carmichel incarne la période sex, drugs and rock’n’roll d’Henry. Une jeune femme instable, folle d’un homme qui a déjà une promise mais qui l’ignore encore. Une jeune femme qui se perdra lorsqu’Henry la quittera, et qui finira par se tirer une balle sous les yeux de ce dernier lorsqu’elle touchera le fond.

Enfin il y a Ben, le gars séropositif qui bricole des médicaments illégalement (et surement d’autres choses) dans sa cuisine.

Même Clare passera par des périodes sombres. Elle demandera à Henry de tabasser et de ridiculiser un mec qui l’a violentée quand elle a 16 ans. Elle est obsédée par le fait d’avoir un enfant, quitte à risquer sa vie. Sa créativité et ses créations sont le reflet de ses remous intérieurs. Les apparitions d’Henry dans le passé, et ses disparitions dans le présent, font qu’elle passe son temps à attendre, dans l’expectative, sans vraiment savoir dans quel état elle le retrouvera.

L’art: l’auteure étant elle-même artiste, les références ne manquent pas dans ce livre. Je me demande d’ailleurs dans quelle mesure on retrouve l’auteur à travers ses personnages, car de toute évidence, elle parle d’un monde qu’elle connait bien.

Clare travaille un matériau bien particulier, le papier. Elle le fabrique elle-même, et on assiste à des descriptions sensuelles des propriétés des papiers créés par Clare. Henry est bibliothécaire, et adore les livres en tant qu’objets ET en tant qu’oeuvres littéraires. Le livre est émaillé de références littéraires, de poèmes et de citations. On s’instruit tout en se divertissant!

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La médecine: la science et la médecine ont un rôle prépondérant dans le livre. Henry essaie de se guérir par tous les moyens. Il consulte médecin sur médecin, et tous le prennent pour un fou. Jusqu’à Kendrick, qu’il convaincra en lui donnant la date, le poids, le prénom et le handicap de l’enfant qu’il attend.

Henry essaie de trouver un remède, il va même jusqu’à l’illégalité en demandant à Ben de lui fabriquer un médicament du futur, pour pouvoir rester dans le présent.

La violence: Le Temps N’Est Rien est un livre empli d’une grande violence, que ce soit dans les sentiments, le vécu, ou les actes. Henry a dû apprendre à survivre, ce qui passe par le vol, la bagarre, et la course. Il n’hésite pas à passer à tabac ceux qui s’en prennent à lui (l’épisode où il se fait agresser car il est habillé « gay », mais finalement, c’est l’agresseur qui se fait refaire le portrait), ou même à aider Clare à se venger d’un rencard qui a mal tourné (je n’aurais pas aimé être à la place du mec!).

Violence aussi dans les scènes traumatisantes où Clare perd ses bébés, nimbée de sang, serrant dans ses mains ses foetus morts. Violence des disputes de couple, violence de la maladie qui emporte la mère de Clare, de l’amputation qu’Henry doit subir. Violence des traditions catholiques, qui imposent un mariage à deux amants étourdis, qui ne peuvent avorter.

the brideClare, la lumière: Clare est celle qui sauve Henry, et par extension son père. Son prénom parle de lui-même, « la clarté ». Elle est celle par qui Henry s’accomplit, devient le « roi du foyer », comme le signifie son prénom: un mari, un père. Clare enfante Alba la blanche, contraste saisissant entre son prénom et son apparence, elle qui ressemble tant à son père, et par extension, à sa grand-mère: une petite fille brune, méditerranéenne.

Clare est le médium par lequel Henry devient parfait au travers d’Alba: elle a l’oreille musicale, et maîtrise sa chrono-déficience.

Une romance, mais pas que: Ce livre est avant tout une histoire d’amour. Une romance au sens strict du terme. Une histoire où deux êtres sont destinés l’un à l’autre, liés par un amour au dessus de tout. Mais pour toutes les raisons que je viens de lister ci-dessus, c’est une romance qui n’est pas mièvre, qui donne à réfléchir, et surtout (chose que j’apprécie toujours), on apprend des choses.

Ce fut une lecture rapide, deux jours et hop, c’était plié. Pourtant le livre est assez épais – 521 pages – mais ça se lit très vite. Donc un style fluide et efficace.

Pourtant j’ai lu des critiques déçues, pour qui romance et voyage dans le temps ne se conjugaient pas au même temps (je suis fière de celle là, applaudissez moi! 😉 ). Pour moi cette alchimie a fonctionné, et j’ai vraiment pu visualiser et ressentir ce que l’auteur a voulu transmettre. Les seuls passages qui m’ont laissée un peu hermétiques étaient ceux relatifs au papier quand Clare travaille, mais même là, les descriptions très sensuelles ont pu rattraper le coup pour moi.

Les personnages secondaires sont hauts en couleurs. Big up à Kimy et Alicia, qui sont personnages secondaires préférés.


Audrey-Niffenegger-001L’auteure: Audrey Nieffeneger est née le 13 juin 1963 à South Haven, dans le Michigan – tiens, comme Clare, quelle coïncidence! et elle est rousse aussi. Continuons: elle est diplômée d’art d’une école de Chicago, et  elle enseigne maintenant les arts plastiques. Elle est peintre et romancière.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter son site. Vous verrez que son univers est à la fois emprunt de douceur et de noirceur – un bon condensé de son roman, tout compte fait!


The_Time_Traveler's_Wife_film_posterProduits dérivés: Il y a eu un film, et pour faire un travail bien complet, je l’ai regardé à nouveau hier en finissant mon repassage (ma vie est fascinante). Et bien, il se trouve que je l’avais en fait vu jusqu’au bout! Et que je ne m’en souvenais pas… Tout simplement parce que le film n’est pas transcendant.

Le film reprend l’essentiel du livre, mais cette dimension violente, noire, a presque été gommée. C’est trop « romance » et pas assez « sci-fi », par rapport au livre. Exit la mère de Clare à moitié folle, elle se contente de faire une remarque désagréable à sa fille le jour du mariage. L’alcoolisme du père d’Henry parait beaucoup moins dévastateur que dans le livre.

On voit Henry se battre une fois, mais c’est tout. Ingrid est complètement passée à la trappe, et avec elle le passé sex drugs and rock’n’roll d’Henry. Exit aussi les leçons de crochetage de serrure et de vol avec le jeune Henry. Et LA scène violente du livre, celle où Clare demande à Henry de la venger, est tout simplement gommée. Clare n’a jamais été violentée, pas d’ecchymoses, et elle n’a donc pas besoin de se venger (la vengeance était d’ailleurs assez spectaculaire).

Eric BanaLast but not least, le physique de l’acteur qui joue Henry, le bel Eric Bana, ne colle pas du tout au personnage. Oui il est brun, un peu ténébreux. Mais: Henry est censé être félin, un corps souple et en longueur. Pas forcément beau, mais charmant. Un truc, un petit je-ne-sais-quoi. Eric Bana a de la carrure, des gros muscles, et malheureusement pour lui il me rappelle vaguement Partick Fiori (j’aime bien ses chansons, mais pas sa tronche).

girls-w-rachelRachel Mac Adams, rien à redire, je l’adore depuis The Notebook, et elle colle parfaitement au personnage de Clare.

Big up aux deux actrices qui jouent Alba, deux soeur se ressemblant beaucoup, qui jouent la petite fille à des âges différents. Par contre elles sont blondes, alors qu’Alba est censée être brune, comme son père et sa grand-mère.

Le film est mimi et sympa à regarder. Les réalisateurs se sont bien débrouillés pour rendre dans un format exigeant au niveau du temps la plupart des éléments importants d’une histoire longue et difficile à retranscrire, et je comprends leurs choix. La plupart du temps, c’est même fait habilement, et je me suis dit « Ah oui, ils ont mis ça là, comme ça. Pas bête ».

movie posterLa photo est magnifique, rien à redire là dessus. Mais ça reste un film d’amour un peu nunuche, les dimensions philosophique et noire du livre ayant été gommées.

Un truc qui a peut-être fait que je n’ai pas trop aimé le film, c’est que je l’ai regardé en français. Le doublage était un peu nul, je n’ai pas aimé. En même temps, la première fois que je l’avais vu, en anglais, il ne m’avait pas laissé un souvenir transcendant non plus (mais bon, quand on regarde des films dans l’avion, on a tendance à s’endormir).

Voici le film en français: