L’Immeuble Yacoubian (Imarat Ya’qubyan) Alaa al-Aswany, 2002

L’Immeuble Yacoubian (Imarat Ya’qubyan) Alaa al-Aswany, 2002

The yacoubian Building - Alaa al-Aswany L’immeuble Yacoubian est un roman que j’ai pioché au hasard dans la pile de bouquins dont se débarrassait une amie qui déménageait. L’amie en question étant journaliste et écrivain, j’ai entièrement confiance en son jugement littéraire et ai donc plongé les yeux fermés dans cet océan de livres qui cherchaient une nouvelle maison. Je suis repartie avec des kilos de littérature, des livres dont je n’avais jamais entendu parler et qui allaient me ravir… C’était il y a deux ans, et je n’ai toujours pas fini! L’Immeuble Yacoubian en faisait partie, et il ne m’a pas déçue.


L’histoire:

L’immeuble Yacoubian, au Caire, a été bati lorsque Le Caire était au sommet de sa gloire, rivalisant avec les capitales européennes. Il accueille une galerie de personnages attachants et hauts en couleurs: un journaliste homosexuel, un vieux beau désargenté coureur de jupons, son serviteur handicapé prêt à tout pour soutenir financièrement sa famille, une jeune fille bien sous tous rapports qui doit faire des sacrifices pour subvenir aux besoins de sa famille, un jeune homme pauvre, rêveur et religieux, et enfin un businessman qui se lance en politique.

Taha Busaina
Taha et Bussaina sur le toit du Yacoubian

Tout ces personnages nous font découvrir les facettes de la société égyptienne au début des années 2000. Tout d’abord, le toit du bâtiment est un personnage en lui-même, puisqu’y vivent les « pauvres » du Yacoubian. Les étages inférieurs sont occupés par les riches.

yacoubian_building
Taha glisse doucement vers l’extrémisme après avoir été déçu par la vie.

On explore ce que fût le Caire au sommet de sa gloire avec Zaki Bey, l’évolution de la place de la femme dans une société qui se radicalise religieusement avec Busaina, les ficelles des recrutements des filières islamistes avec Taha, et les liens entre la France et l’Egypte avec Hateem. Ce dernier nous fait aussi découvrir la scène gay du Caire. Son amant, un petit gars de la campagne marié avec un fils encore dans les langes, finira par le tuer. La belle Souad, qui se marie à un politicien pour l’argent, et Busaina incarnent toutes les deux la manière dont les femmes sont traitées: pour leur corps.

Hateem
Hatem, journaliste franco-égyptien, et son amant

Mon avis:

On suit avec délice les aventures de certains personnages, avec tristesse le destin des autres. L’auteur parle d’une ville qu’il connait bien, et ce roman est un prétexte à l’exploration. Moi qui n’y connais rien à l’Egypte, j’ai beaucoup appris. Bien documenté, avec des descriptions très visuelles, on est transporté. Les personnages sont attachants, leurs histoires touchantes. Leur portrait est fait tout en finesse. C’est donc à la fois un bon roman, et une bonne étude du microcosme qu’abrite le bâtiment.

Le livre se lit facilement, je l’ai fini assez rapidement. Pas moyen de ne pas en lire quelques pages avant d’aller se coucher, on veut savoir ce qui va se passer! La dernière scène du livre nous laisse sur une note positive, bien nécessaire après l’épisode triste d’une mort inutile.

Un chocolat tout simple, qui cache un merveilleux praliné.

Busaina
Busaina et Zaki Bey

anglais
anglais

Le livre: J’ai lu ce livre en anglais, dans son édition de 2007 chez Harper Perennial.

La jaquette est colorée et attirante. On y voit les silhouettes des habitants du Yacoubian se détacher soit sur le ciel du soir, pour ceux qui sont sur le toit, soit sur les fenêtres des appartements. Le luxe guindé de ces derniers contraste avec le romantisme nonchalant du toit, sur lequel sèche du linge. Une jaquette attirante pour un bouquin fascinant. Gagnant-gagnant

En français, le livre est paru chez Actes Sud en 2006.

D’autres jacquettes, en anglais et dans d’autres langues:


Produits dérivés:

Un film a été réalisé  en 2006 par  Marwan Hamed. Il est difficile d’en trouver des critiques, et je ne l’ai pas vu, mais la bande-annonce laisse présager un film fidèle à l’esprit du livre: une bonne critique de la société égyptienne des années 1990, pleine d’humour.

Voici le film en entier, mais sans sous-titres:

Publicités

4 réflexions sur “L’Immeuble Yacoubian (Imarat Ya’qubyan) Alaa al-Aswany, 2002

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s